La rédac’ du mois : Etre en bonne santé

La plume d'hibiscus

Tout commença avec une épicondylite du coude droit, puis du coude gauche, puis les douleurs se sont généralisées. L’acupuncture ne prenait plus, elle ne supportait plus ne serait-ce que l’idée de la pénétration d’une de ces fines aiguilles dans la peau. Que ces aiguilles soient en plus connectées à des électrodes qui le faisaient vibrer pour en accentuer l’effet thérapeutique, c’était de la pure torture, presque diabolique … La kinésithérapeute ne pouvait plus rien pour elle, elle retourna voir le généraliste, un médecin différent à chaque nouveau rendez-vous, à qui il fallait re-raconter l’historique des soins, car il ou elle n’avait jamais le temps de consulter le journal avant la visite.

 

La vie était un combat quotidien : avoir la force de se lever chaque jour, aller au travail, ne pas trop penser aux douleurs, avoir encore la force de s’occuper des tâches ménagères le soir et le weekend, et se battre pour que les médecins fassent leur boulot … Elle s’épuisait petit à petit, mais ne perdait pas espoir et commençait à chercher des informations sur internet. Elle ne se sentait malgré tout pas à l’aise à s’auto-diagnostiquer et fit donc part de ses recherches au médecin qui rejeta toutes ses hypothèses d’un bloc, sans même l’ausculter !… Elle perdit alors patience et confiance et contacta un autre centre de soins. Nouveau médecin, qui écoute, ausculte, et le diagnostic est confirmé.

 

Après quatre ans d’errance, d’inquiétude et d’examens plus ou moins douloureux, enfin une explication et un traitement. Pas encore d’espoir de guérison, mais au moins un mieux-être et des outils pour apprendre à vivre avec. Lors de la visite de contrôle suivante, nouveau choc : nouveau médecin qui ne semble pas convaincu du diagnostic de son prédécesseur. Sans remettre en question totalement le traitement, elle ne sentait aucun engagement de la part du médecin et sa confiance en la profession médicale en pris de nouveau un coup… Mais elle continua à prendre ses médicaments et commença d’elle-même à s’intéresser au yoga et à la méditation, le but étant à terme de pouvoir se passer de ces médicaments qui créent une dépendance.

 

Au cours de ses lectures, elle pris conscience que ses douleurs physiques étaient causées par un déséquilibre dans sa vie en général. Le cheminement fut long pour en arriver finalement à la conclusion que c’était sa relation avec son conjoint qui la rendait malade (et ce n’est que longtemps après la séparation qu’elle en pris toute la mesure). Elle essaya de changer la donne mais les habitudes étaient trop enracinées. Il n’y avait plus qu’une solution : mettre fin à cette relation destructive, amputer la partie malade, pour sauver sa santé — et son intégrité. Une fois la décision prise, elle pu commencer, lentement, à diminuer les doses. Presque un an après, elle ne prend plus qu’un cachet par semaine. La vision d’une vie sans médicament n’est plus un rêve, la route a été longue, avec quelques rechutes lorsqu’elle s’est crue plus forte qu’elle ne l’était, mais le but se rapproche petit à petit.

 

Avec le recul et en analysant le chemin parcouru, elle comprend qu’elle s’est fait violence pendant des années pour ce qu’elle croyait être son bien. En fait, elle se reniait elle-même : inconsciemment, elle savait que ce n’était pas le bon chemin à suivre, mais elle l’a suivi quand même en espérant que tout allait s’arranger un jour… Elle a été victime de sa propre naïveté et de son incapacité à mettre des limites. C’est son corps qui a crié stop en premier. Le déséquilibre avait finit par s’incarner littéralement. Il fallait qu’elle passe par cette expérience de la douleur physique pour apprendre à mieux se connaître, prendre la décision de tourner la page et enfin se rendre compte qu’une vie meilleure était possible. Comme un rite d’initiation.

 

Ceci est ma participation à la rédac’ du mois de novembre qui a pour sujet : ”Être en bonne santé”. Leviacarmina, Agnès et Denis ont aussi planché sur le sujet. N’hésitez pas à visiter leur blog et à leur laisser des commentaires.

La rédac’ du mois : Ma photo de vacances rêvée

Le 15 de chaque mois, à midi pile, des Rédac’Blogueurs écrivent de concert sur le même sujet. Ce mois ci le thème est : Ma photo de vacances rêvée. Les blogueurs Leviacarmina, Agnès et Denis ont planché sur le sujet. Allez également visiter leur blog et n’hésitez pas à laisser des commentaires.

 

Le sujet de la rédac’ de ce mois rejoint celle de la photo du mois et je choisis de continuer sur le même thème.

La photo rêvée de mes vacances

Plus que jamais, j’avais hâte d’être en vacances cette année pour pouvoir m’adonner à la lecture. Bien que je fasse partie d’un cercle de lecture, pour ”m’obliger” à lire, je n’arrive pas à assouvir ma soif de littérature. C’est la faute au manque de temps, mais aussi à une discipline encore défaillante. Les vacances sont une occasion rêvée de remédier à ce problème : une fois libérée des distractions que les obligations quotidiennes et une connexion internet omniprésente procurent, toutes les conditions étaient rassemblées pour me consacrer presque essentiellement à la lecture.

J’avais emmené avec moi la série de livres de bord d’une de mes auteures suédoise préférées, Bodil Malmsten que j’ai dévoré en moins de deux. J’aime le ton tour à tour blasé, amer ou cynique, les situations absurdes et les références aux cultures françaises et suédoises. Certains passages m’ont vraiment fait jubiler !

Bodil Malmsten, Journaux de bords 1-3 Bodil Malmsten, Journal de bord 4

Puis j’ai pioché dans la bibliothèque de mes parents : les dernières BD acquises et deux romans chaudement recommandés (et à juste titre !) : Le Journal d’un corps de Daniel Pennac, génialement illustré par Manu Larcenet, un pavé qui pesa quelques jours sur mes jambes, puis Les insurrections singulières de Jeanne Benameur. Deux romans complètement différents mais que j’ai adoré et qui m’ont beaucoup marqué.

Daniel Pennac, Le Journal d'un corps Jeanne Benameur, Les insurrections singulières

Depuis que j’ai repris le travail, je ne peux bien sûr pas passer autant d’heures à lire, mais je n’ai maintenant plus à me forcer à lire : tous les matins, j’ai hâte de m’assœir dans le métro et d’ouvrir mon livre pour la vingtaine de minutes que le trajet prend, et rebelotte le soir en rentrant.

Kaj Korkea-aho, Gräset är mörkare på andra sidan Gabriella Håkansson, Aldermanns arvinge

Je suis en train d’achever Gräset är mörkare på andra sidan (L’herbe est plus foncée de l’autre côté) de Kaj Korkea-aho, un jeune auteur finlandais de langue suédoise (mon premier contact avec cette littérature et une belle découverte), avant de reprendre Aldermanns arvinge (L’héritier d’Aldermann) de Gabriella Håkansson, un roman historique qui se déroule dans le Londres du XVIIème siècle. Le deuxième tome, aussi entamé, de 1Q84 de Haruki Murakami attend patiemment son tour à mon chevet …

Haruki Murakami, 1Q84

La rédac’ du mois : La couleur rouge

La plume d'hibiscus

Le 15 de chaque mois, à midi pile, des Rédac’Blogueurs écrivent de concert sur le même sujet. Ce mois ci le thème est ”la couleur rouge». Les blogueurs Leviacarmina, Agnès et Denis ont planché sur le sujet. Allez également visiter leur blog et n’hésitez pas à laisser des commentaires.

Passionnée de linguistique que je suis, je choisis de traiter le sujet de ce mois de ce point de vue en vous proposant quelques expressions idiomatiques suédoises dans lesquelles le mot ”röd” [reude] (qui signifie rouge) intervient.

”Den röda tråden” [dène reuda traudène] = le fil rouge, fait référence au fil conducteur d’un récit par exemple. Une image aussi parlante que l’expression française.

”Att se rött” [ate sé reute] = voir rouge, c’est-à-dire devenir furieux (comme en français). Cela viendrait de la couleur de la muleta que le matador agite devant le taureau pour l’énerver lors de la corrida.

Dans le même ordre d’idée, il y a l’expression ”ett rött skynke” [ète reute chunké] = un morceau de tissu, d’étoffe rouge, qui fait allusion à quelque chose, un objet, ou un sujet de discussion, qui rend furieux.

”I rödaste rappet” [i reudasté rapète] = mot à mot, du coup le plus rouge, c’est-à-dire toute de suite, à l’instant, sans tarder.

En suédois, comme en français (et dans bien d’autres langues aussi j’imagine) le rouge indique le danger, la colère ou l’urgence. Ce qui, somme toute, semble normal puisque cette couleur est si facilement visible et donc pratique pour signaler quelque chose d’inhabituel.

La rédac’ du mois : Que mangeons-nous ?

La plume d'hibiscus

Le 15 de chaque mois, à midi pile, des Rédac’Blogueurs écrivent de concert sur le même sujet. Ce mois ci le thème est ”Que mangeons nous ?» et ceux qui s’y collent sont : Leviacarmina, Agnès et Denis. Allez également visiter leur blog et n’hésitez pas à laisser des commentaires.

Les derniers scandales dans l’industrie alimentaire peuvent en effet amener à se poser la question : de la viande de cheval dans les plats surgelés, de la viande de porc dans les kebabs, ou même des tartes à la viande végétarienne (ma préférée !).

Dans l’absolu, cela ne me pose de problème de manger de la viande de cheval, mais j’apprécie de savoir ce que j’ingurgite. Si l’emballage déclare de la viande de bœuf, il est normal de s’attendre à retrouver de la viande de bœuf dans son assiette. Si cela n’est pas le cas, il y a clairement tromperie sur la marchandise, et ce n’est jamais bon pour créer une relation de confiance entre le producteur et le consommateur. Et je ne parle pas des gens qui, par conviction religieuse ou autre, excluent de leur alimentation telle ou telle viande, choix que l’on se doit de respecter.

On peut se demander comment on en est arrivé là. Mais je dois avouer que je ne suis pas vraiment étonnée de l’évolution des choses. À toujours vouloir presser les prix vers le bas au maximum, on ne peut pas s’attendre à un suivi de qualité qui soit à la hauteur. Des prix bas sous-entendent qu’on fasse des économies quelque part dans la chaîne de production et dans ces cas-là, on a choisi de ne pas contrôler la provenance de la viande.

J’ai toujours été sceptique envers les produits très bon marché, qu’il s’agisse de nourriture, de vêtements, de meubles ou même de billets d’avion. Si c’est presque gratuit, pour moi, c’est louche. Quelque part, il y a quelqu’un qui en paye malgré tout le prix, et c’est souvent la qualité et/ou la securité qui en pâtit.

Personnellement, je ne me suis pas vraiment sentie concernée par le scandale de la viande de cheval dans les plats surgelés, car je ne consomme pas ces produits-là. D’un côté, on pourrait dire que c’est la faute du consommateur qui veut des repas tout prêts pour pas cher. Ceux qui veulent vraiment savoir ce qu’ils ont dans leur assiette cuisinent leurs lasagnes eux-même, en achetant les ingrédients de base. Mais même là, on ne peut pas toujours être sûr de la qualité des aliments. Des filets de porcs ont par exemple été vendus en Suède comme des filets de bœufs après qu’on y ait rajouté un colorant… Donc on ne peut pas toujours faire confiance à 100 % aux produits basiques.

Mais à y réfléchir, il faut quand même avouer que c’est aussi (et peut-être surtout) la faute du producteur, de l’industrie alimentaire. Car si les consommateurs choisissent la solution de facilité en achetant des plats tout prêts, ce n’est pas une raison pour les tromper. Et c’est là où je trouve qu’on arrive sur un pente dangereuse : parce que les consommateurs sont paresseux (ou pressés) et veulent dépenser le moins possible, ce serait la porte ouverte à la fraude ? Ce n’est pas un comportement éthique, je trouve. Mais l’éthique a rarement sa place quand il s’agit de faire de l’argent …

Ça m’attriste toujours de voir que des gens perdent la fierté de leur profession pour la seule raison de faire du gain. Je pense par exemple aux éleveurs de bétail qui parfois finissent par ne plus voir les animaux, mais seulement de la viande sur pattes, et au bout du compte, un chiffre d’affaire. Ils ne s’occupent plus des bêtes, ils se moquent totalement de leur bien-être. Comment peut-on être fier de sa profession quand on perd ces perspectives-là ? Mais c’est malheureusement ce qui se passe dans l’industrie alimentaire aussi : le client n’est plus le premier intérêt, et on est prêt à le tromper pour gagner encore plus d’argent. Ce qui peut sembler paradoxal, puisqu’une fois le pot aux roses découvert, le risque de perdre des clients, et par conséquent de l’argent, est imminent.

Pour conclure, j’estime que l’industrie alimentaire a une grosse part de responsabilité dans ces scandales, plus importante que celles des consommateurs. Il n’est pas seulement question de confiance et de qualité, il y a aussi l’aspect sanitaire. Car si le suivi de la provenance de la viande flanche, on peut aussi se poser des questions quant au suivi des règles de sécurité… Et dans ce domaine-là, je comprends que le consommateur se sente plus ou moins impuissant. La seule arme avec laquelle le consommateur peut contre-attaquer est celle de ne justement pas consommer. Mais pour cela, il faut que ce genre de fraude soit révélé. Le consommateur a un certain pouvoir, mais il n’est pas omnipotent et j’ai malheureusement l’impression que le monde des finances gagne toujours au final, malgré des pertes temporaires, qui ne sont sûrement que des gouttes d’eau dans l’océan …

La rédac’ du mois: Peur d’enfant

La plume d'hibiscus

Le 15 de chaque mois, à midi pile, des Rédac’Blogueurs écrivent de concert sur le même sujet. Ce mois ci le thème est « Peur d’enfant ». Leviacarmina, Agnès, Hibiscus et Denis ont planché sur le sujet. Allez également visiter leur blog et n’hésitez pas à laisser des commentaires.

Je dois vraiment réfléchir pour me souvenir de mes peurs d’enfant … Cela doit être la preuve que j’ai eu une enfance calme et plutôt heureuse, sans gros traumatisme. 🙂 Je ne me souviens pas de mes cauchemars, je ne me souviens pas que je croyais qu’un monstre se cachait sous mon lit la nuit, je ne me souviens même pas si j’avais peur de la mort.

Les seules peurs qui me viennent à l’esprit sont lorsque, dans un magasin par exemple, je me retournais et ne voyais pas mes parents derrière moi, alors qu’ils y étaient deux secondes avant. Pour un enfant, c’est une évidence que les parents sont toujours là, à (sur)veiller sur nous. Mes parents ne m’ont jamais abandonnée ; dans ces occasions-là, ils n’étaient jamais absents, ils n’étaient simplement pas exactement là où je m’attendais à les voir et le quart d’une seconde, une peur subite me saisissait. Elle disparaissait dès que je les voyais quelques mètres plus loin.

Même s’ils faisaient attention et avaient toujours un œil sur moi, cela n’allait jamais jusqu’à ne jamais me lâcher la main. Ils m’ont appris à être indépendante et responsable relativement tôt et à ce que je fasse moi-même attention à mon entourage. Ils me faisaient confiance, ils savaient que j’en comprenais les enjeux et les conséquences de mes actes. Cela fait que je me sens aujourd’hui confiante en la vie, que je sais comment faire face aux adversités tout en conservant mon intégrité sauve, et c’est le plus important : faire ce que l’on veut de sa vie en accord avec ses convictions, même si cela peut faire peur de temps en temps. Alors pour tout ça, je suis éternellement reconnaissante envers mes parents ! 🙂

 

La rédac’ du mois: Ma vie pré-portable

La plume d'hibiscus



Le 15 de chaque mois, à midi pile, des Rédac’Blogueurs écrivent de concert sur le même sujet. Ce mois ci le thème est « Votre vie avant le téléphone portable, comment était-elle ? ». Leviacarmina, Agnès, Hibiscus et Denis ont planché sur le sujet. Allez également visiter leur blog et n’hésitez pas à laisser des commentaires.

Cela fait maintenant 13 ans que le téléphone portable a fait son entrée dans ma vie. Et c’est allé en s’intensifiant. Au début, je ne l’utilisais que pour téléphoner, envoyer des SMS, et comme agenda et carnet d’adresses. Aujourd’hui, il est pratiquement transplanté dans ma main gauche ; même cette rédac’ est rédigée sur le portable, désormais smart phone (je suis une inconditionnelle de l’iPhone). Mais comment faisais-je avant ?…

J’ai toujours aimé organiser ma vie un minimum (peut-être parfois trop ?) et garder la trace des jours qui passent. Un des mes petits plaisirs de chaque nouvelle année était donc l’achat de l’agenda qui allait me suivre pendant 365 jours. Un reste de ma scolarité, avec le cahier de devoirs où l’emploi du temps avait sa place indéniable. (Oui, je suis une fille ordonnée.)

Le carnet d’adresses était également régulièrement mis à jour. Le radio-réveil avec ses fonctions ”sleep” et ”snooze” suivait le rythme de mes nuits. Le journal intime se constituait d’une série de cahiers dont je couvrais les pages de mes réflexions quotidiennes. L’appareil-photo, analogue d’abord, puis numérique, documentait ma vie.

Aujourd’hui, c’est mon iPhone et ces différentes ”app” qui sont ma mémoire, avec quelques fonctions supplémentaires comme la possibilité de partager mes idées et mes photos sur les médias sociaux ”in real time”. Le fait de pouvoir tout rassembler dans un objet qui tient dans la main est un autre avantage, mais présente aussi des risques. Car si je pouvais vivre sans portable avant, comment ferais-je aujourd’hui si je le perdais subitement ?… C’est qu’on en devient rapidement dépendant de ce petit ordinateur de poche. 🙂

La rédac’ du mois : Jour de neige

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Le 15 de chaque mois, à midi pile, des Rédac’Blogueurs écrivent de concert sur le même sujet. Ce mois ci le thème est : Jour de neige, et Leviacarmina, Agnès et Denis ont aussi planché sur le sujet. Allez également visiter leur blog et n’hésitez pas à laisser des commentaires !

 

Un jour de neige et de givre.

Stockholm, 19 janvier 2013, un samedi.

Le soleil brille, le ciel est dégagé. L’air froid se fige dans les narines à chaque inspiration, signe qu’il fait au moins -10 degrés. Tous les éléments sont réunis pour que l’hiver suédois se montre sous son plus beau jour. Ses journées sont tous simplement magnifiques, magiques et malheureusement pas assez nombreuses.

Alors autant profiter de l’occasion pour faire une belle promenade autour de mon île préférée, Skeppsholmen, respirer l’air pur à plein poumons et immortaliser le moment à l’aide d’un appareil-photo.

À gauche à l’entrée de l’île, l’ancienne église blanche de Skeppsholmen se détache contre le ciel azur, surplombant un bâtiment à la façade jaune.

Église de Skeppsholmen

À droite, la maison rouge de l’Amirauté, avec ses tourelles effilées, trône sur sa colline, encadrée d’arbres blancs de givre. La neige crisse sous les pas des nombreux promeneurs qui déambulent le long des berges déblayées.

Maison de l'AmiralitéLa glace commence à se former à la surface de la mer Baltique. L’eau s’évapore au contact de l’air froid et crée une brume féerique illuminée par les rayons du soleil bas de l’hiver.

Le long des berges de Skeppsholmen

Sur l’autre rive, les quartiers de Slussen et de la Gamla Stan surgissent à travers cette brume qui étouffe les vrombissements de la circulation.

Slussen et Gamla Stan

Loin de l’agitation de la ville, doucement enveloppées dans leur écrin d’arbres givrés, apparaissent les maisons basses et allongées de la petite île de Kastellholmen. Elles semblent reposer paisiblement, baignant dans la lumière du soleil.

Le long des berges de Skeppsholmen Kastellhomen

À la manière impressionniste, les arbres jettent des d’ombres bleutées sur la neige. Où est-ce la neige qui reflète le firmament ?

Kastellholmen

La rédac’ du mois : Perdu(e) dans un autre temps

La plume d'hibiscus


Le 15 de chaque mois, à midi pile, des Rédac’Blogueurs écrivent de concert sur le même sujet. Ce mois-ci le thème est ”Perdu(e) dans un autre temps” et Leviacarmina, Agnès et Denis ont planché sur le sujet. Allez également visiter leur blog et n’hésitez pas à laisser des commentaires.

 

Le moyen de transport le plus efficace pour un voyage dans le temps, vers le passé ou vers l’avenir, ce sont les romans et les films, y compris les séries télévisées, historiques. Je me laisse facilement séduire par les milieux et l’ambiance de Mad Men ou Downton Abbey, par exemple, sans pour autant regretter de ne pas avoir vécu à ces époques. Mais j’aime à m’imaginer portant les vêtements de l’époque et me mouvant dans ces sociétés lointaines, avec des codes et des règles différentes d’aujourd’hui.

 

Dans le cas de Downton Abbey, il y a une sorte de dignité dans les personnages et dans leurs relations entre eux qui m’attire spécialement. Je ne sais pas si j’aimerais appartenir au monde ”donwstairs” ou ”upstairs” ; les deux sont comme des sociétés en miniature toutes aussi intéressantes l’une que l’autre. Cette époque est d’autant plus captivante que la société était en train de connaître un changement radical avec des frontières des plus en plus floues entre les différents classes sociales et l’amélioration de la condition de la femme. D’autres périodes dans lesquelles je me perds volontiers sont les romans de Jane Austen, tel Orgueil et préjugés, entre autres pour les paysages anglais et la mode Empire.

 

Les romans prennent plus de temps à lire que les films et on peut s’y perdre pendant des heures : le temps de la lecture, mais on peut aussi y laisser une partie de son esprit entre les temps de lecture. Je suis actuellement en train de lire Le Ventre de Paris ; les descriptions d’Émile Zola sont tellement détaillées qu’on s’imagine facilement les couleurs, les odeurs et les ambiances des milieux dans lesquels il place ses personnages. À tel point que ce roman donne presque faim !

 

L’avantage de se perdre dans le temps est que le voyage de retour est sans risque (tant qu’on ne souhaite pas rester dans les autres temps). En même temps, on s’est enrichi d’expériences qui peuvent éventuellement servir dans la vie actuelle, même si ce n’est que pour se rendre compte que la vie d’aujourd’hui n’est pas plus mal non plus. 😉

La rédac’ du mois : Une rencontre improbable

La plume d'hibiscus


Le 15 de chaque mois, à midi (heure de Paris), des Rédac’Blogueurs écrivent de concert sur le même sujet. Ce mois-ci le thème est : une rencontre improbable, et les participants sont : Leviacarmina, Agnès et Denis. Allez également visiter leur blog et n’hésitez pas à laisser des commentaires !

 

Il y a quelques années, j’ai fait la rencontre d’un homme à travers les archives personnelles qu’il avait légué au musée qu’il avait créer plusieurs décennies auparavant. J’avais été embauchée comme archiviste au Moderna Museet, le musée d’art moderne de Stockholm, sur la base de ma formation dans le domaine mais également de mes compétences linguistiques puisqu’une grosse partie de ces archives étaient en français.

L’homme à l’origine de ces archives était Pontus Hultén. Il débuta sa carrière au Nationalmuseum à Stockholm et fut à l’origine de la scission entre ce musée et son département d’art moderne qui devint le Moderna Museet, qui connut ensuite ses heures de gloire dans les années 60. Plus tard, il sera appelé à diriger de grands musées à l’étranger, tels le centre Pompidou/Beaubourg à Paris, le MoCA en Californie, le Palazzo Grassi à Venise et le Museum Jean Tinguely à Bâle, bien souvent dès leur genèse.

En 2005, il fit don de sa collection d’art, de ses archives et de sa bibliothèque de livres d’art au Moderna Museet. En novembre 2006, je m’attelais à la tâche de mettre de l’ordre dans les archives et surtout de les inventorier. (Sa secrétaire était très ordonnée !) Le 26 octobre 2006, c’est à dire une semaine environ avant que je commence mon nouveau travail, j’appris la nouvelle de son décès, âge de 82 ans. Un âge non négligeable, si l’on prend en plus en compte tout ce qu’il a eu le temps de réaliser au cours de sa vie. Sans l’avoir jamais rencontré, cette nouvelle m’attrista et plus j’allais apprendre à le connaître par l’intermédiaire de ses archives, plus j’allais regretter de ne jamais avoir au moins la possibilité un jour de lui serrer la main et de lui dire à quel point j’ai étais impressionnée par son œuvre…

Il était un homme cultivé, de formation classique, avec de solides bases de latin, de philosophie et d’histoire de l’art (il écrivit sa thèse sur Spinoza et Vermeer). Il avait un ”nez” infaillible pour les nouveaux talents artistiques. Grand ami de Niki de Saint-Phalle et de Tinguely, il fréquentait également les grands noms du monde de l’art : Marcel Duchamp, Robert Rauschenberg, Jasper Johns, Andy Warhol, Claes Oldenburg, On Kawara etc. Ce monde-là a beaucoup évolué depuis : les relations entre artistes et commissaires d’exposition/chefs de musées ne sont plus du tout les mêmes. La donne est complètement différente au niveau économique, même si l’on considère les jeunes artistes émergents contemporains. Pontus Hultén est pour moi le symbole d’une période résolue qui ne reviendra jamais et qu’on ne doit peut-être pas regretter, mais qu’on ne se doit pas d’oublier pour autant car elle est primordiale dans l’histoire de l’art occidentale.

C’était définitivement une époque différente, beaucoup moins numérique qu’aujourd’hui. Si parfois je pouvais jurer sur le nombre de variantes de textes de catalogue ou le nombre de fax envoyés par Niki de Saint-Phalle, je ne pouvais en même temps pas m’empêcher de penser au peu de choses qu’il en resterait si Pontus Hultén avait vécu à notre époque, avec les mails et les SMS pour moyens de communication principaux…

Ma rencontre avec Pontus Hultén est improbable car impossible, physiquement tout du moins, mais paradoxalement, elle a bien eu lieu et son souvenir en est tout à fait tangible, puisque j’étais plongée dans son univers pendant presque deux ans, au moins cinq jours sur sept. J’ai côtoyé ses pensées, ses textes, ses relations avec les artistes, galeristes, autres chefs de musées par l’intermédiaire des courriers qu’ils s’échangeaient de telle manière que j’ai parfois l’impression de l’avoir rencontré en vrai, finalement.

La rédac’ du mois : Le vin

La plume d'hibiscus


Le 15 de chaque mois, à midi (heure de Paris), des Rédac’Blogueurs écrivent de concert sur le même sujet. Ce mois ci le thème est : le vin et les participants sont : Leviacarmina, Agnès et DenisAllez également visiter leur blog et n’hésitez pas à laisser des commentaires !

 

Je préfère annoncer la couleur dès le début : je ne suis ni connaisseuse ni grande buveuse de vin 🙂 (au grand dépit de mes connaissances suédoises qui viennent me demander conseil de temps en temps car ils croient que je le suis en tant que Française…) Le vin n’était pas une boisson quotidienne dans ma famille. Mon grand-père versait une ”lichette” de vin dans mon verre d’eau de temps en temps. Pour tout dire, je ne me suis jamais prise de cuite. Je connais mes limites : un verre de vin au cours d’un repas me suffit largement, je n’ai même pas besoin de le boire en entier pour que cela me monte à la tête.

Je me souviens d’une soirée en particulier, le repas de fête des 50 ans du Moderna Museet pour le personnel du musée. Chaque employé était invité avec leur conjoint respectif, chose très rare ! Chaque plat était accompagné d’un vin spécifique. Je faisais bien attention de ne pas finir mes verres, pour ne pas qu’un serviteur s’empresse de le remplir. En rentrant à la maison, j’étais bien contente que mon « sambo » m’offre son bras pour me soutenir : j’avais du mal à marcher droit, qui plus est avec des talons. Mais j’étais joyeuse ! 🙂 Je n’ai jamais bu autant depuis. Je n’ai jamais compris le but de boire à ne pas se souvenir le lendemain ce qui s’est passé la veille …

 

Ce sujet me donne l’occasion d’aborder la question de l’alcool en Suède. Toutes les boissons ayant un degré d’alcool supérieur à 3,50 sont vendues dans les magasins Systembolaget qui sont monopoles de l’État, et ce dans le but de limiter l’accès et la consommation d’alcool. Il y a une dizaine d’années, quand je suis arrivée en Suède, les horaires d’ouverture étaient encore restreintes. Les vendredis vers 17h, la queue était longue devant chaque boutique, car c’était le dernier délai pour acheter de l’alcool pour le week-end. Aujourd’hui, la plupart des boutiques sont ouvertes le samedi. La vente d’alcool est interdite aux moins de 20 ans. Personnellement, j’apprécie quand les caissiers me demandent encore de présenter ma carte d’identité (à 34 ans !) 😉

D’aucuns s’opposeront à cette manière de commercialiser l’alcool, à ce contrôle de l’État suédois sur sa consommation par les habitants, d’autres s’offusqueront des prix. Pour ma part, comme je ne bois que rarement, cela ne me gêne pas de payer 7 € une bouteille de vin, ce qui n’arrive que quand j’ai du monde à dîner. De plus, comme je suis totalement ignorante dans ce domaine, j’apprécie que les vendeurs des Systembolaget puissent me conseiller les vins qui accompagneront le mieux mes plats. J’ai toujours était satisfaite de leur choix, d’autant plus satisfaite que leur but n’est pas de vendre les bouteilles les plus chères. Si je dis que je veux dépenser 7-8 € par bouteille, ils s’y tiennent. Par contre, pour ce qui est des alcools plus forts que le vin, j’avoue préférer me fournir lors de mes voyages en France. 😉 Mais il m’est arrivé de trouver du champagne à un prix relativement raisonnable.

 

Par contre, je ne suis pas sûre d’être persuadée de l’efficacité de contrôler la commercialisation de l’alcool. L’alcoolisme est courant en Suède, dans toutes les tranches d’âge, personne ne me contredira là-dessus. Je trouve que les Suédois ont un rapport problématique à l’alcool. Les Suédois ont tendance à considérer les Français comme alcoolistes, puisqu’il est habituel de consommer du vin à tous les repas – les Suédois s’en tiennent éventuellement à une bière (inférieure à 3,50 degrés). Mais, sans vouloir généraliser, de nombreux Suédois se lâchent complètement le week-end et boivent sans limite. Pas tous, bien évidemment, mais je trouve cette relation à l’alcool plus problématique que le fait de boire un ou deux verres de vin par jour. Il n’est pas rare que des jeunes se retrouvent à l’hôpital dans des comas éthyliques. On peut se demander comment ils trouvent de l’alcool, mais cela fonctionne sûrement de la même manière que les cigarettes : il suffit de trouver quelqu’un d’un peu plus âgé qui accepte d’acheter aux mineurs. Un habitant de ma commune avait par exemple un ”mini-Systembolaget” dans son appartement et revendait à des jeunes … Il n’est pas rare non plus que l’on découvre des alcools de fabrication douteuse … Il ne s’agit alors pas de vin, mais de boissons bien plus lourdes, et leur effet est souvent bien plus grave qu’une bonne cuite …