Le mot de la semaine : « hylla »

J’ai une collection de livres — et surtout de livres de cuisine … — conséquente. J’étais étonnée de réussir à les caser dans les étagères que j’ai récupéré de l’ancien appartement… (En même temps, je me suis rendue compte pendant la phase de rangement que je devrais faire le tri et virer les livres les moins intéressants…)

Bibliothèque

en hylla [ène ‘hula] = une étagère

hyllan [‘hulane] = l’étagère

hyllor [‘hulore] = des étagères

hyllorna [‘hulor(e)na] = les étagères

 

en bokhylla [ène bouk’hula] = une bibliothèque (étagère à livres)

NB: ett bibliotek [ète bibliotèke] = une bibliothèque (le bâtiment, l’institution, la pièce)

 

Ma collection de DVD n’est pas (encore) aussi importante mais j’avais quand même besoin d’étagères pour la ranger. La solution la plus simple est la tour DVD BENNO (qui semble être un prénom masculin), que j’ai choisi en plaqué chêne puisque le parquet et les meubles de cuisine sont en chêne. Peu profonde, haute et étroite, elle ne prend pas de place. J’en ai acheté trois et les ai installées sur le côté court du mur séparant la cuisine du salon. Elles sont tellement faciles à monter que c’en était presque ennuyant. 🙂 La bonne surprise, c’est que j’ai largement la place d’augmenter la collection. 🙂

 

Tour DVD videTour DVD remplie

en DVD-hylla [ène dévédé’hula] = une étagère à DVD

en CD-hylla [ène cédé’hula] = une étagère à CD

en hatthylla [ène ‘hate’hula] = une étagère à chapeaux

 

Version suédoise ici

 

Les mots de la semaine : « bord och stolar »

La table de cuisine est centrale pour moi. J’y prends tous mes repas et j’aime y avoir des invités. Mon appartement n’est pas grand, mais je ne pouvais pas me résoudre à acheter une petite table de cuisine. Moi qui aime cuisiner et recevoir, il me fallait une table digne de ce nom. J’ai donc choisi une table à rallonges et six chaises, en blanc pour garder l’ambiance claire de la pièce. Il est toujours facile d’égayer avec des sets de tables, une nappes ou une déco de table colorée.

Table BJURSTA

ett bord [ète bourde] = une table

bordet [bourdète] = la table

bord [bourde] = des tables

borden [bourdene] = les tables

Pour la table BJURSTA, j’ai heureusement eu l’aide d’une amie. Elle n’était pas compliquée à monter, mais pour la retourner et la mettre sur ses pieds, il valait mieux être deux. Pour les chaises BÖRJE, j’avais un peu l’impression de faire du montage à la chaîne à partir de la troisième …

 

en stol [ène stoule] = une chaise

stolen [stoulène] = la chaise

stolar [stoulare] = des chaises

stolarna [stoular(e)na] = les chaises

Chaise BÖRJE Table et 6 chaises
Cette table a été inaugurée lors de la pendaison de crémaillère, mais a depuis eu de nombreuses occasions de rassembler pas mal d’amis. Le record pour le moment est de neuf personnes, mais les dîners en petit comité voire en tête-à-tête sont tout aussi agréables. 🙂

Table-buffet de la crémaillère Table dressée

Bjursta est un village situé dans la commune de Sollefteå, dans le comté de Västernorrland.

Börje [beuryé] est un prénom masculin (qui n’a pas vraiment la cote en ce moment : 40 enfants ont reçu ce nom en 2003 mais pas en tant que premier prénom).

 

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « soffa »

Le mot de la semaine : « soffa »

 

Le deuxième meuble à monter fut le canapé MOHEDA.

 

en soffa [ène sofa] = un canapé

soffan [sofane] = le canapé

soffor [sofore] = des canapés

sofforna [sofor(e)na] = les canapés

Méridienne du canapé  MOHEDA

Le mien est à la fois « hörnsoffa » [‘heurnesoffa] = canapé en angle et « bäddsoffa » [bèdesofa] = canapé convertible, « en hörnbäddsoffa » = un convertible d’angle comme le dit IKEA. L’angle, parce que j’aime le côté cosy avec une méridienne sur laquelle on peut étendre les jambes. Convertible, car je veux pouvoir héberger des invités.

Canapé MOHEDA sans coussins Canapé-lit double MOHEDA

Le monter ne fut pas une mince affaire, d’autant qu’une étape exigeait qu’on soit deux, et que j’étais seule, mais j’y suis arrivée quand même. Une fois monté, il est très facile à convertir en lit deux places en tirant une sorte de tiroir. J’ai eu l’occasion d’y dormir lorsqu’une amie m’a rendu visite en mai ; pour ne pas la réveiller les matins où je partais au travail et pour lui épargner un peu les nuits claires suédoises, je lui ai laissé ma chambre (le nombre de fenêtres sans rideaux dans le salon est considérable alors que dans la chambre, il n’y en a qu’une petite avec des rideaux). Et j’ai trouvé le canapé très confortable. Il est donc testé et approuvé. 🙂

Canapé d'angle convertible MOHEDA avec coussins

Moheda est une agglomération suédoise située dans la commune d’Alvesta, dans le comté de Kronoberg, en Småland.

 

Version suédoise ici

 

Le mot de la semaine : « säng »

La première livraison IKEA arriva deux semaines après mon emménagement. En attendant, je dormais sur un petit canapé convertible (SOLSTA, d’IKEA aussi). Il était relativement confortable, mais dormir au ras du sol, ce n’est pas vraiment l’idéal quand même. Je n’ai donc pas besoin de vous dire que le premier meuble que j’ai monté était le lit, pour pouvoir y dormir le soir même.

 

en säng [ène sèngue] = un lit

sängen [sènguène] = le lit

sängar [sènguare] = des lits

sängarna [sènguar(e)na] = les lits

 

en enkelsäng [ène énkèlesèngue] = un lit simple

en dubellsäng [ène dubèlesèngue] = un lit double

 

Tête de lit BRIMNES

J’ai choisi le lit BRIMNES avec les tiroirs de rangement en dessous et la tête de lit avec des étagères de chaque côté. Ma chambre étant plutôt petite, je voulais ainsi maximiser la surface au sol. Avec le sommier, j’ai largement gagné en hauteur par rapport au petit canapé convertible … qui est maintenant relégué dans la loggia (provisoirement, en effet je ne suis pas sûre que je vais le garder car j’ai d’autres projets d’aménagement pour la loggia). Les tiroirs de rangement sont suffisamment grands pour y entreposer les couettes, draps et linge de salle de bain et de cuisine.

Lit BRIMNES

Brimnes (prononcez [brimenèsse]) est un nom de lieu norvégien, dans la commune d’Eidfjord, dans le comté de Hordaland.

(Plus d’info sur la nomenclature d’IKEA ici, en anglais.)

 

PS : Un conseil : n’oubliez pas d’acheter des lattes, car elles ne sont pas comprises dans le cadre-lit. Je n’ai pas refait cette erreur que j’avais fait il y a dix ans. 🙂

 

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « möbler »

On dira ce qu’on veut d’IKEA, mais je trouve que c’est quand même un concept génial !

Suite à mon déménagement, j’ai eu besoin de me procurer de nouveaux meubles. J’ai créé un compte sur leur site, où j’ai pu tranquillement choisir mes meubles et en faire une liste avant de faire l’achat définitif, quelques jours avant l’emménagement dans mon nouvel appartement. J’avais aussi commandé la livraison à domicile, deux semaines plus tard, ce qui m’a permis de défaire les cartons en attendant et de m’installer tranquillement avec les meubles qui m’avaient suivi : quatre étagères pour les livres, un petit canapé convertible qui me servit de lit les premiers temps, une table de bureau qui fit office de table de cuisine, trois chaises, et une petite table qui me sert encore aujourd’hui de petit bureau.

La première grosse livraison d’IKEA est arrivée avec un lit, un canapé en angle convertible, une table de cuisine et ses 6 chaises.

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Je vous assure que je me suis sentie un peu lasse en voyant tous ces cartons, mais le mois de mai comptait heureusement plusieurs longs week-end et le montage des meubles s’est bien passé, très bien passé même !

Ce qui m’épate chez IKEA, c’est la pédagogie avec laquelle ils expliquent le montage des meubles. Il arrive qu’on se trompe de temps en temps, mais on s’en rend compte en général rapidement et on peut toujours revenir en arrière. Je suis aussi fascinée par l’ingéniosité de la construction des meubles : il faut vraiment que les designers aient toujours dans l’idée que les meubles doivent être montés par des gens pas forcément très bricoleurs et avec un minimum d’outils. Deux amies m’ont aidée pour une partie du lit et la table de la cuisine, mais pour le reste, je me suis débrouillée toute seule, moi un petit bout de femme de 1,62 m et pas spécialement musclée. J’aimerais affirmer qu’IKEA participe à sa manière à l’émancipation de la femme. 🙂 Et finalement, je me demande si le plus fatigant n’est pas de jeter tous les cartons d’emballage … Car monter ses propres meubles donne un sentiment de satisfaction énorme, mais jeter les emballages, c’est vraiment une corvée, surtout quand le container pour les cartons est plein, voire même déborde …

La deuxième livraison d’IKEA est arrivée vendredi dernier avec la télé et son meuble, ainsi que des caillebotis, une table et deux chaises pour le balcon. J’ai tout monté ce week-end et je suis, cette fois aussi, satisfaite du résultat.

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Je suis aussi contente du service client d’IKEA. Au téléphone, ils sont toujours aimables et font toujours leur possible pour résoudre les problèmes. Comme quand j’ai dû commander l’enlèvement d’un sommier que j’avais par inadvertance acheter en double … et je n’ai pas eu à rappeler qu’on me le rembourse, le virement a été fait rapidement, moins le prix de l’enlèvement. Ou quand j’ai voulu rajouter une chaise de balcon à la dernière commande ; en plus, j’avais atteint le maximum de crédit qu’IKEA m’accordait, mais je pouvais sans problème payer la différence en ligne.

Quand ils téléphonent pour convenir du jour de livraison, c’est aussi un peu comique car c’est une voix automatique qui demande confirmation de l’adresse et du numéro de téléphone, si un camion de 12 mètre peut se garer dans la rue, s’il y a un code pour rentrer dans l’immeuble etc… Ça fait un peu bizarre de parler à ordinateur qui comprend les ”oui”, les ”non” et les chiffres, mais le principal est que ça fonctionne. 🙂

en möbel [ène meubél] = un meuble (oui, ça vient du français 😉 )
möbeln [meubélne] = le meuble
möbler [meublère] = des meubles
möblerna [meublèr(e)na] = les meubles

Dans les semaines à venir, nous aborderons les noms des différentes meubles, et par là, je ne veux pas dire seulement les noms qu’IKEA leur donne. 🙂

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « smycke »

Attention : ”Poste de fille” ! Je vous aurais prévenus. 🙂

 

Grâce à (ou à cause de ? 😉 ) Le Chat qui, je me suis découvert un nouveau hobby : les bijoux-DIY (= do it yourself). Lors de sa visite récente en Suède, une visite à la boutique de loisirs manuels Panduro s’imposait, et il y avait alors des soldes sur tous les kits de bijoux Elements. Il n’y avait aucun moyen de résister à la tentation et j’ai acheté quelques kits et tenailles utiles pour le travail du métal. En plus du matériel en lui-même, ce genre de hobby demande en effet tout un attirail d’outils et j’ai rapidement été obligée d’y retourner pour me procurer des pinces … et j’en suis ressortie avec encore quelques kits …

 

Les bijoux les plus simples à faire sont ceux à base de rubans et de perles ou médailles. Voici les colliers Velvet Bow et Forgotten Dynasti :

Velvet Bow Forgotten Dynasti

Il me reste encore ceux-ci à faire : trois bracelets et deux bagues.

Bijoux Elements

Et bientôt, je pourrais peut-être en faire de mon propre ”design” en choisissant les perles et supports que je veux … Un gouffre sans fond … 😀 Il va falloir que je me procure une nouvelle boîte à bijoux … Comme si j’en avais pas déjà assez … 😛

Porte-bijouxBoîte à bijoux

ett smycke [ète smuké] = un bijou

smycket [smukète] = le bijou

smycken [smukène] = des bijoux

smyckena [smukéna] = les bijoux

 

Version en suédois ici

Le mot de la semaine : « spritsa »

Les banlieues stockholmoises ont retrouvé leur calme, le printemps s’est rapidement éclipsé sous la pression de l’été et la vie en Suède est bien agréable ! Et mon plaisir de faire la cuisine subsiste. Que demander de plus ? 😉

 

Hier, ce sont les amis qui m’ont aidé à déménager qui en ont profité. Sans eux, je n’en serais pas là où j’en suis aujourd’hui, et je voulais les remercier particulièrement, d’autant que tous ne pouvaient pas être présents à la pendaison de crémaillère d’il y a trois semaines. Je les ai donc invités à ce que j’ai appelé un dîner-VIP dont voici le menu :

  • feuilleté de chèvre au miel
  • bœuf bourguignon, pommes de terre nouvelles et patates douces au four
  • gâteau aux fraises meringué

Feuilleté de chèvre au miel

Je suis tombée sur la recette de ce gâteau aux fraises, avec une photo très alléchante, dans un mensuel gastronomique il y a une semaine ou deux et j’ai eu très envie de le faire ! La recette était précédée d’un avertissement : « Ça prend un peu de temps à préparer ce gâteau, et certaines étapes peuvent être difficiles si on n’est pas habitué » mais cela ne m’a pas effrayée outre mesure. Au contraire, c’est devenu un fantastique défi que je ne pouvais pas m’empêcher de relever !

Bœuf bourguignon

La grosse difficulté pour moi dans cette recette était l’usage de la poche à douille, par deux fois en plus ! Je n’ai jamais été très habile avec la poche à douille mais je ne suis pas non plus de celles qui abandonnent si vite. Pour s’améliorer, il n’y a qu’à s’entraîner. « Il n’y a qu’à … » C’était un peu l’épreuve du feu, ce gâteau, je n’avais pas vraiment droit à l’erreur. Dans le pire des cas, j’aurai essayé de faire des petits tas de meringue à la cuillère, mais ce n’est quand même pas pareil. Je mettais la barre un peu plus haute cette fois-ci.

Gâteau aux fraises meringué

J’ai trouvé un set de douilles et des poches en plastique à usage unique, et elles se sont avérées être efficaces. Auparavant, j’ai essayé avec des sacs de congélation ou des poches en tissus, mais c’est trop mou comme matériel et je me retrouvais toujours avec plus de préparation sur les mains que sur le gâteau … Ces poches-là sont en plastique un peu plus rigide et c’était parfait.

 

La langue suédoise a l’avantage d’avoir un seul mot pour dire « décorer de crème (ou de meringue) à la poche à douille » = « spritsa » (se prononce comme ça s’écrit, peut-être plus facile à ”dire” qu’à faire 😉 )

 

jag spritsar [jâgue spritsare] = je décore …

jag har spritsat [jâgue ´hare spritsate] = j’ai décoré

jag spritsade [jâgue spritsadé] = je décorais …

jag ska spritsa [jâgue ska spritsa] = je décorerai …

 

Après cette réussite (je ne suis pas peu fière du résultat !…), je ne pense plus qu’à trouver des recettes où il faut « spritser » ! 🙂

 

La recette, traduite en français, est ici, dans la rubrique des délices d’hibiscus.

 

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « upplopp »

Le mot de cette semaine est évident au vu des événements qui ont récemment secoué les banlieues de Stockholm, événements qui ont été relayés même par la presse étrangère (j’ai surtout lu les articles du Monde).

Lundi matin, j’ai eu un petit choc en lisant dans le journal gratuit Métro (pas dans Dagens Nyheter, le quotidien auquel je suis abonnée et que je lis tous les matins au petit déjeuner) qu’il y avait eu des émeutes la veille au soir à Husby, dans une banlieue au nord-ouest de Stockholm. (Notez que l’article donne déjà en peu de phrases la réputation d’une banlieue à problèmes …) Des incendies de voitures se sont déclarés et quand les pompiers et la police sont arrivés sur les lieux, ils ont été accueillis par des jets de pavés. Il semblerait que ces émeutes furent déclenchées par la mort d’un homme de 68 ans, tué par la police une semaine auparavant. Ces émeutes n’étaient malheureusement pas un cas isolé : elles continuèrent les nuits suivantes, s’intensifièrent et se répandirent à d’autres banlieues autour de Stockholm. Il y a eu une sorte d’effet boule de neige, comme si le mécontentement des uns était contagieux.

Propagation des émeutes
Jeudi matin, une collègue me demande comment ça se passe dans mon nouveau quartier. J’étais étonnée de la question et elle m’explique qu’elle a lu dans le journal Dagens Nyheter que le bureau de police de Rågsved avait brûlé dans la nuit. J’étais doublement étonnée : j’avais lu le même journal le matin même sans voir cette information. Triplement étonnée : je ne savais même pas qu’il y avait un bureau de police à Rågsved !… J’ai quand même pu vérifier ses dires en consultant l’article en ligne. Mais j’étais toujours étonnée : le bureau de police s’avère être situé tout près de la station de métro et je vous jure que je n’avais rien remarqué de bizarre en me rendant au travail ce jour-là.

Cela arrive tellement rarement en Suède que je ne sais vraiment pas quoi croire : est-ce aussi grave que la presse le décrit, ou est-ce que la presse ”grossi” les événements ? Ce qui me pousse à poser cette question, c’est que j’ai plusieurs fois eu l’impression cette semaine que ce que je lisais dans le journal ne correspondait pas à la réalité. Et d’autres voix témoignent de la même chose : les médias décrivent une situation proche de la guerre, les photos de voitures qui brûlent choquent, mais les gens habitant les quartiers parlent de calme normal… ou alors de calme anormal ?

Tout ceci fait bien sûr les choux gras de l’extrême-droite suédoise qui ne se prive pas de critiquer le gouvernement actuel en le traitant d’irresponsable pour vouloir créer une société multiculturelle, car c’est bien sûr la faute des immigrés (toujours le même disque …). Ils voulaient entre autre donner l’autorisation aux policiers d’utliser des méthodes plus violentes, instaurer un couvre-feu (!!!) et renvoyer à la frontière les fauteurs de troubles étrangers. Une solution, à mon avis, complètement absurde puisque ces fauteurs de troubles ont au maximum 25 ans, ce qui veut dire qu’ils sont sûrement nés en Suède, donc immigrés de deuxième génération, et par conséquent certainement citoyens suédois…

Certes, les banlieues touchées par les émeutes sont peuplées en majorité d’immigrés. Certes, une grosse partie de ces immigrés sont au chômage, plus ou moins en marge de la société. Un pourcentage non négligeable de leurs enfants sont en échec scolaire. On ne peut pas nier qu’il règne un certain malaise dans ces quartiers, mais toujours est-il que ces émeutes sont le fruit des quelques individus qui ne sont même pas tous issus de ces quartiers ! Les derniers articles que j’ai lu font état d’une planification bien organisée : on a par exemple trouvé des sacs à dos remplis de pavés placés à des endroits stratégiques en vue d’altercations avec les forces de l’ordre. Sur 12 personnes arrêtées un soir à Husby, la moitié avait déjà auparavant été condamnée pour des ”petits” crimes (drogues, vol, violences) et deux seulement venaient d’Husby.

Avec le recul, on réussit à analyser un peu mieux ce qui s’est déroulé ces derniers jours, mais les raisons sont beaucoup trop nombreuses et complexes pour trouver une solution simple au problème. Et le traitement des informations par la presse ne facilite pas les choses : il y a pas mal de faits et d’arguments contradictoires. Même s’il existe déjà un article Wikipedia sur les émeutes de 2013 à Stockholm, je crois qu’il est encore trop tôt pour pouvoir être sûr de tout ce qui a été affirmé au cours de cette semaine. À vrai dire, j’ai presque envie de remettre en question le mot d’émeute en lui-même. Je ne veux pas dire par là qu’elles n’ont pas eu lieu, mais comparé aux évènements en France ou en Angleterre il y a quelques années, les émeutes de Stockholm ressemblent plutôt à des conflits entre des groupes de jeunes, peu nombreux, et la police.

 

ett upplopp [ète uplope] = une émeute

upploppet [uplopète] = l’émeute

upplopp [uplope] = des émeutes

upploppen [uplopène] = les émeutes

 

ou

 

kravaller [cravalère] = des émeutes

kravallerna [cravalèr(e)na] = les émeutes

 

Et pour rejoindre le thème de la semaine dernière, je vous fais cadeau d’un mot supplémentaire : « kravallpolis », qui équivaut plus ou moins au CRS. Je dis bien « plus ou moins » car les CRS n’existent pas en Suède, et j’espère qu’ils n’existeront jamais. J’ai eu peur quand j’ai lu cette semaine un article qui disait que les policiers suédois ne savent pas comment agir dans ce cas de situation contrairement aux CRS qui sont formés pour ça… La violence engendre la violence, et ce n’est définitivement pas le bon chemin à prendre.

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « polis »

Mardi dernier, en sortant du travail sur les coups de 17 h, j’arrive au croisement Kungsträdgårdsgatan/Strömgatan/Strömbron et vois qu’une voiture de police s’y arrête en plein milieu. Un policier en sort et stoppe la circulation d’un geste de la main.

La suite se déroule rapidement. En l’espace de quelques minutes (le temps pour moi d’attendre que le feu passe au vert pour les piétons et que je traverse la rue), on voit défiler deux motos de police, une voiture de police, deux voitures noires aux vitres teintées, puis encore une voiture de police fermant le cortège. Le policier regagne sa voiture, démarre et repart, et la circulation reprend. Je remarque alors qu’un hélicoptère de police survole Kungsträdgården.

Voiture de police suédoise

Je savais que John Kerry, le ministre des affaires étrangères américain, était de visite en Suède ce jour-là, mais j’avais entendu qu’il devait repartir plus tôt que ça. J’ai donc consulté le site de la police suédoise qui informait effectivement que la circulation à Stockholm serait quelque peu perturbée dans la journée, l’autre visite éminente de ce 14 mai 2013 étant celle du danois Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, qui vers 17 h devait se rendre au Grand Hôtel.

J’ai été épatée de l’efficacité et de la simplicité avec lesquelles la police suédoise a momentanément stoppé la circulation. En France, je suis sûre qu’on l’aurait fermée totalement avec une bonne marge de temps avant et après le passage de ce cortège, qui de surcroit aurait été plus long et vraisemblablement retardé. Mais en Suède, on est pragmatique et on ne cherche pas à perturber la circulation — qui plus est aux heures de pointe — plus que nécessaire.

Quand John Kerry se rendait le matin même de l’aéroport Arlanda au centre de Stockholm, cela a créé quelques embouteillages, mais la circulation n’a pas du tout été fermée. La Suède développe rarement tous ses dispositifs de sécurité lors de visites officielles. Quand cela arrive, c’est que les invités eux-mêmes l’ont exigé (par exemple Medvedev ou des personnalités du Moyen et Proche Orient qui, paranoïdes, voient des terroristes partout…)

 

en polis [ène police] = un policier

polisen [policène] = le policier / la police

poliser [policère] = des policiers

poliserna [policèr(e)na] = les policiers

 

« Säkerhetspolisen » [sèkér’hètspolicène] (ou « säpo » [sèpau]), la police de sécurité, est l’équivalent de la DCRI française.

 

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « inflyttningsfest »

Ces derniers onze (!!!) mois, mon blog a survécu presque uniquement grâce aux postes mensuels de la rédac’ et de la photo du mois, qui ont ainsi permit de le maintenir plus ou moins en vie.

La raison de la pauvre production de texte en est que d’importants changement ont surgi dans ma vie. Pour faire une histoire longue courte, je me suis séparée et j’ai déménagé. Cela épuise pas mal et l’inspiration en a pris un coup, pour ne pas parler du manque de temps dû au déménagement en lui-même. Mais je me sens maintenant mieux que jamais et les doigts me démangent de nouveau. 🙂

 

J’ai déménagé dans mon nouvel appartement il y a exactement un mois et hier, c’était la pendaison de crémaillère = « inflyttningsfest » en suédois.

On peut décomposer le mot ainsi: « in-flytt-ning-s-fest ». Le verbe « att flytta » [ate fluta] veut dire bouger, déménager. « Att flytta in » signifie emménager (« in » = dans ; « flytta ut » = déménager). En déplaçant « in— » devant la racine « flytt », et en rajoutant le suffixe « —ning », on forme le substantif « inflyttning » = emménagement. On raccroche ensuite le mot « fest » (dont j’avais parlé en septembre 2008 …) à l’aide d’un —s— de liaison, et on obtient enfin le mot « inflyttningsfest » qui est donc l’équivalent de pendaison de crémaillère. Il se décline de la même manière que le mot « fest » :

 

en inflyttningsfest [ène in(e)flutningsfèste] = une pendaison de crémaillère

inflyttningsfesten [in(e)flutningsfèstène] = la pendaison de crémaillère

inflyttningsfester [in(e)flutningsfèstère] = des pendaisons de crémaillère

inflyttningsfesterna [in(e)flutningsfèstèrna] = les pendaisons de crémaillère

 

Parallèlement au silence presque total du blog, j’avais perdu le plaisir de faire la cuisine. J’étais en couple, mais je vivais seule, et faire la cuisine pour moi toute seule, et manger toute seule, était devenu terirblement ennuyeux. Mais depuis que j’ai emménagé dans mon petit chez moi, l’appétit est — finalement et heureusement ! — revenu. Même si je vis seule et mange le plus souvent seule, j’ai repris plaisir à me mettre aux fourneaux. Vous imaginez donc aisément que ce fut un réel plaisir pour moi de passer une douzaine d’heures, réparties sur deux jours, à préparer le buffet pour la pendaison de la crémaillère ! Ce fut d’autant plus agréable que tous les plats furent très appréciés par les nombreux invités ! Un pur bonheur ! 🙂

Pendaison de crémaillère

Sur la table, il y avait du salé et du sucré. Du côté salé : des roulés de saumon au fromage frais, œufs de lump et aneth, une tarte au chèvre, bacon et pruneaux, une pizza à la sauce tomate, oignon et anchois, trois sortes de petits pains et du fromage frais au Västerbotten. Du côté sucré : un bavarois framboise-chocolat blanc, un gâteau aux marrons (qui a fait un tabac chez les grands comme chez les petits !), un cheesecake aux fruits de la passion et des gâteaux à la rhubarbe.

Il y avait aussi trois sortes de mini-canelés (vanille, orange et café) que j’avais commandé chez mon amie Sophie. Étant donné qu’elle experte dans le domaine, je n’ai aucunement l’ambition de concurrencer son savoir-faire et je soutiens plus que volontiers sa petite entreprise. C’est pourquoi j’en profite pour lui faire un peu de pub ici : si vous habitez dans la région de Stockholm, n’hésitez pas à visiter son site et à lui passer une petite commande ! 🙂

J’espère que ce poste est un signe certain que le blog sort de sa torpeur et que vous, mes fidèles lecteurs, n’avaient pas perdu patience pendant cette longue traversée du désert. À la semaine prochaine, pour un nouveau mot ! 🙂

 

Version en suédois ici