Hans Gedda au Nationalmuseum

Dans son exposition actuellement en cours, le Nationalmuseum de Stockholm a choisi d’inverser la chronologie. Au lieu d’exposer de l’art ancien et de le commenter avec des œuvres modernes, on montre cette fois-ci de la photographie contemporaine à laquelle se juxtapose des peintures du XVIIème siècle. L’exposition s’intitule Hans Gedda et les maîtres de l’obscurité. Hans Gedda est un photographe suédois né en 1962; les maîtres de l’obscurité sont les caravagesques, des peintres européens qui peignaient dans le style du Caravage.

 

Hans Gedda

Hans Gedda [prononcer ‘hanse yéda] reçut son premier appareil-photo de son père lorsqu’il avait 12 ans. Dès 1957, il gagna un concours photographique avec à la clé un meilleur appareil, avec lequel il prit ses œuvres de jeunesse que l’on voit au début de l’exposition. Il n’a pas suivi de formation photographique à proprement parler, à part le fait de travailler dans la chambre noire du célèbre Atelier Uggla à Stockholm. C’est là que Rolf Winquist lui appris le métier.

 

 

Dans les années 1970, il travailla pour divers magazines et faisait des reportages de mode et de déco, ainsi que de la photo publicitaire. À chacune de ses missions, il en profitait toujours pour prendre des portraits pour lui, bien souvent plus personnels, toujours en noir et blanc, qui n’étaient alors pas publiés, mais qui aujourd’hui caractérisent bien son style. La plupart du temps, il garde le cadre du négatif, car il lui est impensable de recadrer le motif après coup; selon lui, il faut le faire directement dans l’objectif. Il utilise le plus souvent des appareils Hasselblad et il se réclame plus volontiers du format carré.

Au fil des années, il a pris de nombreux portraits de Suédois plus ou moins connus, mais il s’est aussi fait un nom hors les frontières avec les portraits de Andy Warhol, Al Jarreau ou Nelson Mandela. Nelson Mandela avait choisi la Suède comme destination pour son premier voyage officiel à l’étranger après sa libération de prison et c’est dans ce contexte que Hans Gedda a eu l’occasion de faire une série de portrait. La photo désormais devenue icône où le pacifiste ferme le poing sur son front était la dernière de la série, la dernière du film — et celle qui allait conquérir le monde avec une force de frappe inouïe.

À l’occasion des 50 ans du roi Carl XVI Gustav, Hans Gedda fut chargé de prendre une série de portraits officiels. Là aussi, il réussit à négocier une série de portraits plus intimes, qui désormais appartiennent aux collections du Nationalmuseum et font partie de la Galerie nationale de portraits. C’est ainsi que débuta une relation fructueuse entre le photographe et le musée, qui résulta entre autre dans le très beau portrait de Tomas Tranströmer — probablement ma photo préférée de Hans Gedda. Dans une composition rappelant les portraits de la Renaissance, le poète (plus tard prix Nobel de littérature) est assis de profil, la main reposant sur la table; un scarabée symbolise son intérêt pour les insectes. Cette photo respire le calme, la modestie, l’introspection et l’intégrité.

Jusqu’à il y a seulement quelques années, Hans Gedda travaillait en argentique et développait lui-même ses photos dans son studio à Stockholm. Aujourd’hui, il compose aussi des natures mortes, qui bien souvent prennent des allures de portraits. Pour ces natures mortes, il utilise des objets qu’il a collectioné au cours des années et qui lui ont servi d’accessoires dans ses portraits. À partir de ce nouveau style, il a aussi commencé à s’exprimer sous forme de sculpture. Le photographe connu pour une activité plutôt commerciale est en fait un artiste qui ne cesse d’évoluer.

 

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Les dix commandants de Gedda :

Laisse le modèle être lui-même

Approches-toi

Cadres dans le viseur

Ne surestime pas la technique car elle te fera échouer

Tu n’auras d’autre dieu que toi-même

Fiche-toi de Mammon car elle te rendra conciliant et obséquieux

Reste amateur dans le coeur et professionnel dans la cervelle

Fais confiance à ton intuition

Ne crois pas au soleil

Crois en toi

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Les maîtres de l’obscurité — les caravagesques

Du noir et blanc de Gedda au clair-obscur des caravagesques, il n’y a qu’un pas. Le Caravage (1571-161) était actif entre autre à Rome et développa un réalisme avec de forts contraste entre la lumière et les ombres. De nombreux artistes, les caravagesques, suivirent ses traces, par exemple José de Ribera (italien), Francisco de Zurbarán (espagnol) och Jacob Jordaens (flamand) qui comptent parmi les 24 artistes présents dans la deuxième partie de l’exposition. On peut y voir une trentaine d’huiles sur toile — magnifiquement éclairées par Jan Gouiedo ! — traitant de sujets religieux et profanes. Les motifs religieux n’étaient pas toujours très appréciés dans ce style par les églises qui les avaient commandités et ils finissaient bien souvent dans des collections privées, une des raisons pour lesquelles ils sont maintenant répartis dans des musées partout dans le monde. Les ermites et les saints en souffrance côtoient des diseuses de bonne aventure, des portraits, des vanités et des natures mortes.

Le voile de Véronique par Francisco de Zurbaran

Le seul Georges de La Tour, un autre caravagesque, que le Nationalmuseum possède ne fait malheureusement pas partir de l’exposition puisqu’il était prêté à un musée français, mais à la place vous pourrez le voir à la prochaine exposition du musée, Baroque!, à Kulturhuset, du 5 avril au 19 octobre.

 

L’exposition Hans Gedda et les maîtres de l’obscurité continue jusqu’au 30 mars 2014.

 

Version suédoise ici

Fotografiska

En l’espace de quelques années, deux nouveaux lieux d’expositions privés ont vue le jour, dans des bâtiments impressionnants, j’ai nommé Artipelag (en 2012) situé à Gustavsberg dans un milieu naturel magnifique, été comme hiver, et Fotografiska (en 2010) à deux pas de Slussen, avec une vue imprenable sur l’eau, la Vieille Ville, Skeppsholmen et Kastellholmen. Ce ne sont ni des musées dans le sens où ils n’ont pas de collections d’art, mais ni des galeries puisque les œuvres exposées ne sont pas à vendre.

Fotografiska Entrée du Fotografiska

Je vais souvent au Fotografiska, car il est très facile d’accès et qu’il propose de nombreuses expositions. Les horaires d’ouverture du Fotografiska sont aussi plus généreuses (dimanche—mercredi 9h-21h, jeudi—samedi 9h-23h) et l’entrée un peu moins chère (120 kr) qu’à Artipelag. Ces deux dernières années, je me suis procurée la carte à l’année (pour 495 kr) qui me permet d’y rentrer gratuitement (et de plus me donne 10 % au restaurant, des réductions dans la boutique et 5 % sur les cours de photos — le jour où je m’offrirai ce luxe).

Vue depuis le Fotografiska Vue depuis le Fotografiska

Au Fotografiska, il y a toujours deux à quatre expo-photo en même temps (à part la fois où David LaChapelle monopolisa les trois étages de cet ancien bâtiment des douanes), ce qui fait qu’il y a toujours quelque chose qui me plaît. Depuis l’ouverture, il y a eu une trentaine d’expositions de caractères très différents : photo classique, de mode, documentaire, ou plus commerciale, noir & blanc, couleur, des paysages, des portraits humains et animaux, ”photoshopés” ou pas, des photographes plus ou moins connus, de différentes nationalités … Le programme est étendu, la qualité varie. Mais le plus important pour moi est de me faire l’œil, d’apprendre, et d’être éventuellement inspirée. (Je me moque qu’une partie de l’ ”élite culturelle” stockholmoise critique le Fotografiska pour ne pas exposer des œuvres originales et faire des expos dans le seul but d’attirer du public.)

 Exposition Cartier Bresson

J’y étais le week-end dernier car c’était les derniers jours pour l’exposition de Paolo Roversi, un photographe de mode italien. La plupart de ses photos ont quelque chose de mystérieux en elles. Je ne trouvais pas qu’il s’agissait de photos de mode à proprement parlé, du moins pas telles que nous sommes habitués à les voir sur les affiches publicitaires ou dans les magazines, elles sont un peu plus artistiques. En même temps, je trouvais qu’il y avait un peu trop de nus, mais ce que me dérangeais le plus était en fait la minceur des modèles. Une série de nus debout m’a plu sur le plan esthétique — comme si les contours des corps avaient été dessinés au crayon sur papier d’aquarelle blanc — mais elle était si longue que ça m’a fait pensé au fétichisme et m’a mis un peu mal à l’aise. J’ai eu le même sentiment mitigé pour la série autour du modèle Natalia : dans un portrait isolé, on voit une fille aux grands yeux farouches, mais on comprend plus tard avec les autres photos qu’il s’agit en fait d’une femme adulte. Roversi fait aussi des photos qui font penser aux années 1920 : elles sont un peu plus oniriques, un peu nostalgiques d’un temps perdu, mais que le photographe peut re-créer à l’aide d’un éclairage tamisé.

 Exposition Paolo Roversi

Il y avait trois autres expositions ce week-end-là.

L’une traitait du printemps arabe et montrait des photos que Paul Hansen, Roger Turesson, Anders Hansson et Thomas Karlsson, photographes au journal Dagens Nyheter, ont pris en Tunisie, Syrie, Libye, Égypte, Bahrain et au Yémen ces trois dernières années. Des photos qui témoignent du chaos, du désespoir, de la douleur et du chagrin mais aussi de l’espoir et de la croyance en l’avenir.

Exposition Printemps arabe

L’autre montrait des photos de Jill Greenberg : des portraits d’enfants en pleurs, d’ours, de chevaux et de singes. Ses photos sont à mes yeux trop retouchées, la lumière est trop forte et résultent en un hyperréalisme qui n’est plus crédible. Je ne veux pas dire par là que la crédibilité fait forcément de la bonne photo, mais dans ce cas précis, j’ai trouvé que ça allait un peu trop loin.

Exposition Jill Greenberg

 

La dernière exposition (que j’ai en fait vue en premier) était celle que j’ai préférée : des photos en noir et blanc d’Elliott Erwitt, un peu dans le style de Cartier-Bresson (comme la photo de l’homme sautant au-dessus d’une flaque d’eau avec la Tour Eiffel en arrière-plan), mais avec pleins de petits clins d’oeil.

Exposition Elliot Erwitt

Certaines photos étaient vraiment marrantes et portaient en même temps à réflexion : des visiteurs au château de Versailles qui semblent plus intéressés par un tableau qui manque sur le mur que par ceux qui y sont; un groupe d’hommes dans un musée espagnol devant un tableau avec une femme dénudée, alors qu’une femme seule regarde la même femme habillé sur le tableau d’à côté ; un groupe d’hommes et de femmes nus qui dessinent un modèle habillé, etc. Mais Erwitt a surtout l’œil pour le petit détail qui donne toute sa qualité à une photo : le corps d’un héron dont la forme répond à celle d’un robinet ; un éclat sur une vitre de voiture qui couvre l’œil sur un visage de garçon ; deux courges bien placées comme pour ”remplacer” la poitrine de la femme assise derrière ; le grand caniche qui se tient debout sur les pâtes arrières de la même manière que son maître ; l’homme avec la figure de bouledogue français sur l’escalier d’une maison. Erwitt a aussi fait des photos un peu plus sérieuses (comme celle avec les lavabos réservés aux blancs et aux noirs, ou Jackie Kennedy à l’enterrement de JFK) ou romantiques (le reflet du couple s’embrassant dans le rétroviseur). Ma photo préférée est celle de la femme chapeautée se tournant vers les gratte-ciels de New York. Et j’aime aussi son approche de la photographie comme art et moyen d’expression.

Citation Elliott Erwitt Citation Elliott Erwitt

 

Expositions en cours:

The Arab Spring, Fotografiska for life & Dagens Nyheter, jusqu’au 28 janvier

Jill Greenberg, Works 2001-2011, jusqu’au 9 février

Elliott Erwitt, 100+1, jusqu’au 2 mars

 

Expositions à venir :

Johan Rheborg, Backstage, 17 janvier—9 mars

Corinne Mercadier, Wicked Gravity, 17 janvier—9 mars

Pieter ten Hoopen, Testimonies from the North Caucasus, 30 janvier—23 février

Julia Fullerton-Batten, Staged Reality, 14 février—4 mai

 

Version suédoise ici

L’été des concerts

L’été est une saison agréable avec ses festivals de musique en plein-air. J’en ai profité un peu en France comme en Suède.

 

Les Francofolies

En France, ce fut très nostalgique : un concert des Francofolies à La Rochelle, auxquelles j’avais déjà assisté à leur genèse, au milieu des années 1980. Cette année, la raison de cette petites escapade dans ma région (presque) natale était l’idole de ma jeunesse : j’ai nommé Patrick Bruel, qui ouvrait le festival le 12 juillet. Il était précédé de trois autres chanteurs, que je ne connaissais pas car je ne suis pas vraiment l’actualité musicale française depuis la Suède. Mais les festivals peuvent être l’occasion de belles découvertes. Cependant, le suisse Bastian Baker ne m’a pas laissé de souvenirs inoubliables. Raphaël était trop intime pour la grande scène de Saint Jean d’Acre, j’ai aimé ses textes, mais moins le fait qu’il change de guitare à chaque chanson. Cali m’a beaucoup impressionné : j’aime ses textes, engagés, mi-tendres, mi-cyniques, et son énergie sans limite. Une bête de scène qui ne se lasse pas du contact avec le public, un contact même physique puisqu’il s’est jeté dans la foule par deux fois, faisant totalement confiance aux bras qui le portaient. La deuxième fois, à la fin de son concert, la foule lui a fait traverser l’esplanade entière jusqu’en haut des gradins !

Cali aux Franco 2013 Raphaël aux Francos 2013

Le concert de Patrick Bruel a surpassé mes attentes ! En tant que fan inconditionnelle, je ne suis peut-être pas très objective, 😉 mais les retrouvailles ont été très réussies ! Un mélange de chansons anciennes et plus récentes, un medley de chansons supprimées du programme par manque de temps (ingénieux !), au piano ou à la guitare, avec les musiciens derrière lui ou en solo, il était parfait ! Les petits discours pour introduire certaines chansons étaient aussi très appréciés.

Patrick Bruel aux Franco 2013 Patrick Bruel aux Franco 2013

Patrick Bruel aux Franco 2013 Patrick Bruel aux Franco 2013

Mais ce qui m’a plu le plus, c’est le contact avec le public. Et c’était évidemment réciproque : il nous a ému autant que nous l’avons ému. La fin de ”Les larmes de leurs pères” restera une expérience inoubliable avec la voix du public unie dans un murmure profond et bouleversant. Ce fut un moment très fort, la communion était totale ! (quoique un peu troublée par quelques hystériques qui ne pouvaient pas s’empêcher de crier comme au temps de la Bruelmania…)

Ma playlist de mes concerts préférés de cet été :

 

Stockholm Music & Arts

L’île de Skeppsholmen est depuis des années le site d’un festival de musique de quelques jours début août. Il s’appelait autrefois Stockholm Jazz Festival ; j’y ai entre autre découvert la chanteuse suédoise Laleh et eu le privilège d’y voir Patty Smith. Ce festival se déroule depuis quelques années en octobre sur d’autres scènes de Stockholm. Sur Skeppsholmen, il a laissé la place à Stockholm Music & Arts. L’an dernier, je n’avais pris un billet que pour le dernier jour, pour Björk, qui m’a malheureusement déçue. Cette année, je me suis offerte le passe pour le festival complet, les 2, 3 et 4 août. La météo était aussi de la partie, un détail non-négligeable.

Sthlm Music & Arts

Sthlm Music & Arts Bracelet du festival

Le festival a commencé par un incident diplomatique car le consulat de Suède en Turquie refusa d’accorder son visa au Syrien Omar Souleyman sous prétexte qu’il pouvait risquer de demander l’asile politique une fois sur le sol suédois … L’arrangeur Luger s’est battu et le visa a finalement été accordé pour le festival Way Out West à Göteborg une semaine plus tard.

 

Vendredi 2 août

Goran Kajfeš Subtronic Arkestra

14:45 Goran Kajfeš Subtronic Arkestra (à la place d’Omar Souleyman)

Mattias Alkbergs Begravning

16:15 Mattias Alkbergs Begravning

Diamanda Galas

17:45 Diamanda Galás

CocoRosie CocoRosie

19:15 CocoRosie qui rappelle parfois Björk (moins la déception heureusement). J’ai trouvé Bianca ”Coco” plus présente et à l’aise sur scène que sa sœur Sierra ”Rosie”. J’ai aimé que Bianca joue de la harpe. Parmi leurs musiciens, il y avait un ”human beatbox” qui nous a fait un solo impressionnant !

First Aid Kit

20:45 First Aid Kit, le duo suédois qui connait un succès énorme depuis quelques années. Les disques sont bien, mais il faut aussi les voir sur scène : Johanna est visiblement experte en jeu de synté avec les pieds et en ”headbanging”. 🙂

Regina Spektor Regina Spektor

22:30 Regina Spektor était tout simplement sublime ! Ce petit bout de femme a une présence incroyable sur scène !  C’était touchant de l’entendre s’étonner que le public reconnaisse ses chansons. Je retournerai la voir sans hésitation dès qu’elle se produira sur une scène stockholmoise.

 

Stand de nourriture au festival Sthlm Music & Arts Stand de nourriture au festival Sthlm Music & Arts

Samedi 3 août

Susanne Sundfør

14:15 Susanne Sundfør

Modern Fantazias

15:45 Modern Fantazias

Maia Hirasawa

17:30 Maia Hirasawa était une des chanteuses, outre Regina Spektor, que je ne voulais pas manquer, et elle ne m’a pas déçue non plus. Maia est Suédoise d’origine japonaise et à vécu quelques années au Japon. Ses dernières chansons traitent du tremblement de terre et du tsunami qui a ravagé les côtes japonaises en 2011 et ses textes prennent aux tripes. Cela vaut aussi pour la chanson avec laquelle elle a achevé son concert, une chanson qui aborde le traumatisme de l’accouchement, un moment qui aurait dû être heureux.

Coucher de soleil sur Skeppsholmen

19:00 Sofia Jannok chante la cause du peuple Sami et la beauté des paysages lapons. Même ses discours entre les chansons sont très poétiques.

Efterklang

20:30 Efterklang

Rodriguez

22:15 Rodriguez était l’artiste le plus attendu de cette soirée. Le documentaire Sugar Man qui l’a remis au goût du jour, réalisé par le Suédois Malik Bendjelloul (récompensé par un Oscar cette année) avait conquis le public suédois qui venait l’écouter ce soir-là. Au moment du concert, j’étais peut-être une des seules qui n’avait pas encore vu ce documentaire, mais ce ne m’a pas empêchée d’être touchée par la performance de Rodriguez … et d’être d’autant plus étonnée au vu des critiques le lendemain et des commentaires sur divers médias sociaux.

Je ne comprends pas comment on peut s’attendre à ce qu’un homme, âgé de 71 ans, perdant la vue, après une vie difficile et n’ayant plus l’habitude de la vie de tournée, puisse se comporter comme une star. Étant données les circonstances, je trouve qu’il a fait un concert tout à fait honorable. Je suis contente de l’avoir vu sur scène. Car même s’il est prévu un nouvel album cet automne, je ne suis malheureusement pas sûre qu’il ait la force de refaire une tournée …

Glace Ben & Jerry Churros sucre/canelle  Arancini à la suédoise

Dimanche 4 août

Lune

14:15 Lune

Mariam the Believer

15:45 Mariam the Believer

Billy Bragg

17:00 Je ne connaissais pas du tout Billy Bragg mais j’ai aimé son humour et son côté militant de gauche.

Laura Mvula

18:45 Laura Mvula

En attendant Prince Pluie de confettis violets

20:30 Prince était LA star du festival et comme toute star, il a fait sa diva. Interdiction totale de photographier (impossible à contrôler vu la densité des smartphones dans le public qui sont difficilement confiscables au contraire des gros appareils-photos) et retard d’une heure. Les arrangeurs auraient pu rajouter un artiste entre Laura Mvula et Prince… Et quand un des membres du groupe vient nous dire, 15 min avant l’arrivée de la star sur scène, qu’ils ont hâte de faire leur show, on se demande s’ils ne se moquent pas de nous. Cela a dû influencer mon humeur, car je n’ai pas vraiment aimé la première partie de son concert.

Prince

Mais après la pause, ça c’est amélioré et à la fin, je ne regrettais vraiment pas d’être venue. On a rappelé Prince sur scène trois fois, il est revenu avec la même énergie à chaque fois, et il a vraiment réussi à mettre une bonne ambiance dans le public. Il sait comment caresser le public dans le bon sens du poil, même si personnellement je ne me suis pas laisser dupée, mais il m’était difficile de ne pas me laisser emporter par l’enthousiasme général. Comme une critique la écrit le lendemain, Prince est peut-être hors de propos mais ça fonctionne quand même.

La playlist du festival sur Spotify :

 

Stockholm by night

Leonard Cohen

Le dernier concert de cet été n’était pas en plein-air et aurait pu se dérouler dans une salle plus petite, pour une ambiance un plus intime avec l’homme à la ”golden voice”. Mais ce fut malgré une expérience inoubliable : 3 heures de musique, 28 chansons, avec quelques 9 500 autres personnes. J’aime sa voix, son humour, sa simplicité, sa modestie, et je suis impressionnée qu’il tienne la route comme ça, à presque 79 ans !

Les musiciens derrière lui ne sont pas en reste non plus. J’ai beaucoup aimé les solos de bandurria de Javier Mas. Voyez ce clip YouTube pour preuve :

J’ai aussi aimé qu’il laisse les choristes chanter des chansons entières :

La playlist avec les 28 chansons du concert de Leonard Cohen :

 

Le public suédois

Je suis un peu déconcertée par le comportement du public suédois. Il semble parfois complètement apathique. Sans être du genre à faire des bonds de plusieurs mètres de haut ou à hurler, je ne peux jamais m’empêcher de marquer le rythme, de danser et de chanter, cela fait partie du concert pour moi, sinon, je reste à la maison. Mais les Suédois restent pratiquement immobiles, à la rigueur, ils se réveillent à la fin du concert… Je vous assure que même lors du concert de Prince, j’en ai vu quelques-uns qui ne bougeaient pas d’un centimètre ! Du coup, on se sent bête quand on commence à remuer un peu les hanches ou à frapper dans les mains en ryhtme. Les Suédois sont polis quand même : ils applaudissent à l’arrivée des artistes et entre les chansons comme il se doit, mais ils ne sont pas particulièrement spontanés. Il faut vraiment que les artistes les incitent à se bouger un peu pour qu’ils le fassent. Mais à la fin du concert, les rappels ne sont pas rares ; les artistes ne doivent rien y comprendre … Je ne recommanderais pas à Cali de se jeter dans la foule s’il venait en Suède, il risquerait de se retrouver par terre …

Public suédois au soleil

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Un sourire pour toi

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

Une grande salle aux murs bleus, bordée de grandes fenêtres donnant sur l’extérieur. Dans la salle, de hauts trépieds supportant des bols tibétains chantants. Une tringle aux courbes souples suspendue au plafond traverse la salle. Sur cette tringle, des boules en caoutchouc noir qui, en fonction de leur oscillement, heurtent, frôlent ou évitent complètement les bols. L’exposition entière résonne du timbre des bols chantants, au rythme des visiteurs, car chaque nouveau billet d’entrée acheté laisse partir une boule qui commence alors son tour.

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

En parcourant le reste de l’exposition, on peut s’asseoir sur un banc et disparaître en fumée, passer sous un chapiteau fait d’ampoules qui s’allument quand on pédale sur un vélo, contempler une plume flotter dans une boule de verre … Les miroirs sont nombreux : de grands miroirs, dont un vibrant, qui repoussent les limites de la salle, deux plus petits miroirs portant des messages en néon, des miroirs montés en angles ou en cube qui dans leur mouvement rotatif défient notre perception de l’espace.

C’est à la fois facétieux et paisible. On a qu’une envie : s’asseoir un peu à l’écart et profiter du calme, ce qui est rendu possible par des coussins répartis sur le banc logeant l’une des façades de verre.

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

Cette exposition, je voulais la faire seule et je ne regrette pas ma décision : je voulais en faire l’expérience moi-même, garder mes impressions pour moi et m’en imprégner sans risquer d’être distraite par les celles que des amis auraient voulu partager avec moi (car c’est ce qu’on fait quand on visite une exposition avec des amis, ça coule de source et c’est tout à fait normal).

Un autre aspect de l’exposition que j’aime bien, c’est la capacité de l’artiste à laisser la place au hasard, malgré tout la planification que l’exposition a dû exiger : on ne sait jamais quand un bol chantera, ni vers où la plume va continuer sa balade légère, ni ce que les miroirs tournant vont montrer. On arrête enfin d’essayer de trouver une régularité dans ces mouvements aléatoires pour seulement les suivre, inlassablement. Comme une ode à la vie, avec ses aléas. Il n’y a qu’à se laisser porter …

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

L’artiste est Jeppe Hein et l’exposition, intitulée Un sourire pour toi (A Smile for You), aborde un sujet aussi difficile à traiter que le bonheur. Né en 1974 i Copenhague et actif à Berlin, Jeppe Hein est un artiste qui aime jouer avec notre notion de l’espace. Son art est souvent interactif dans le sens où les visiteurs sont invités à contribuer à ses oeuvres. Selon les critiques d’art, il s’inscrit dans le courant minimaliste ; dans cette exposition spécifique, on sent également une influence claire du bouddhisme zen.

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

20130804-093409.jpg Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

Dans la salle bleue, il y a une autre salle, dont les murs rose pâle sont couverts du sol au plafond de petites phrases que Jeppe Hein a peint au cours d’une dépression d’épuisement. Dans cette salle, il s’agit d’angoisse, de frustration, de chagrin, de regret, presque de désespoir, mais il y a aussi des pointes d’espoir et de bonheur au fur et à mesure que l’artiste se remettait doucement. On ressent les hauts et les bas, le doute face aux petits signes d’amélioration, l’inquiétude face à l’avenir, la peur de perdre sa famille. Les fautes d’orthographe renforce le sentiment d’épuisement. Mais il y a là aussi des bols chantants, la tringle continue son trajet dans cette salle, les boules y trouvent leur chemin et le tintement des bols soulage un peu la douleur.

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Malgré cette partie de l’exposition moins ludique, tous les visiteurs avait le sourire aux lèvres. Les sourires lissaient les trais du visage et on avait l’impression de marcher sur un petit nuage. Je sentais que mon corps entier souriait intérieurement. En quittant la galerie, je me sentais satisfaite et légère comme la plume dans sa boule de verre… Et j’ai gardé cette sensation toute la journée. Rien n’aurait pu gâter cet état d’esprit, quoiqu’il arrive. Ou alors ma bonne humeur était à ce point contagieuse que rien de mauvais ne pouvait arriver ?… Vous en avez fait beaucoup, vous, des expositions qui vous rendent si heureux, si comblé et en même temps si paisible ? C’est pourquoi je suis infiniment reconnaissante envers Jeppe Hein !

Un sourire pour toi, un sourire pour tous.

 

Pour en savoir plus sur Jeppe Hein et sur la galerie Bonniers Konsthall.

 

Version suédoise ici

Ett leende till dig

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

Ett stort rum med blåa inneväggar och stora fönster utåt på sidorna. I rummet står det höga svarta stativ som bär på tibetanska s.k. sjungande skålar. En skena hänger på taket och går genom rummet i mjuka svängar. På skenan hänger svarta gummikulor som följer den och, beroende på hur de svävar i luften, slår de, snuddar vid eller undviker helt skålarna. Hela utställningslokalen ljuder då och då av skålarnas klang, i rytm med besökarna, för att varje löst inträdesbiljett släpper loss en ny kula som börjar då sin bana.

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

De andra verken är till exempel en bänk som sprutar rök när man sätter sig på den, en tält gjord av lampor som tänds när man trampar på en cykel, en fjäder som svävar i en glaskula … Det är många speglar också: stora speglar, varav den ena vibrerande, som skjuter upp rummets gränser, två mindre speglar med neonbudskap, roterande speglar hopsatta i vinkel eller i kuber som utmanar ögats rumsuppfattning.

Det är lekfullt och fridfullt på ett och samma gång. Man vill bara sätta sig i avskildhet och njuta av lugnet, vilket är fullt möjligt eftersom det finns kuddar är och där på bänken som löper längs med det ena glasade fasaden.

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

Detta är en utställning som jag ville se ensam och jag ångrar inte mitt beslut: jag ville uppleva den själv, behålla mina intryck för mig själv och låta mig impregneras av dem utan att riskera att bli störd av vänner som skulle dela med sig av sina egna intryck (för det gör man alltid när man ser en utställning tillsammans med någon annan, det säger ju sig självt och helt normalt).

En annan aspekt som jag uppskattar mycket i utställningen är konstnärens förmåga att lämna utrymme åt slumpen, trots allt planerande som utställningen måste ha krävt: man vet aldrig när en skål kommer att ljuda, åt vilket håll den lilla fjäder ska fortsätta sin svävande resa, vad de roterande speglar kommer att visa. Till slut slutar man försöka hitta ett mönster i dessa rörelser och man bara följer dem, outtröttligt. Som ett ode till livets skiften. Det är bara att ge efter …

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

Konstnären är Jeppe Hein och utställningen, som heter Ett leende till dig, handlar om ett så svårt ämne som lyckan. Född i Köpenhamn år 1974 och aktiv i Berlin, Jeppe Hein är en konstnär som tycker om att leka med vår rumsuppfattning. Hans konst är ofta interaktiv i och med att besökarna inbjuds till att medverka i verken. Enligt konstkritikerna tillhör han minimalismen; i den här specifika utställningen ser man också tydliga intryck från zenbuddismen.

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

20130804-093409.jpg Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

Innanför det blåa rummet finns det ett annat rum med ljusrosa väggar täckta från golv till tak av mängder av meningar, som Jeppe Hein målade under son utbrändhetsdepression. Här handlar det om ångest, frustration, sorg, saknad, nästintill desperation, men det finns också några glimtar av hopp och lycka allteftersom konstnären började må bättre. Man känner av upp- och nedgångarna, tvivlen inför de små tecken av förbättringar, oron inför framtiden, rädslan att förlora sin familjen. Felstavningar förstärker känslan av uppgivenhet. Men så finns det också några tibetanska skålar därinne, skenan fortsätter i det här rummet, kulorna hittar sin väg dit och klangen från skålarna lindrar smärtan något.

Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers KonsthallJeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall Jeppe Hein, A Smile for you, Bonniers Konsthall

Trots att den här delen av utställningen är lite tyngre, hade alla besökare ett leende på läpparna. Leenden slätade ut ansiktsdragen och man gick nästan som på moln. Jag kände att hela min kroppen log inombords. När jag kom ut därifrån kände jag mig så tillfreds med mig själv och lätt som vore jag fjädern i sin glaskula… Och jag bar på den här känslan resten av dagen. Ingenting kunde förstöra den här sinnesstämningen vad som än skulle hända. Eller så var det så att mitt goda humör smet av sig så att ingenting illa kunde hända?… Har ni varit på så många utställningar som gör en så lycklig, så överväldigad, och samtidigt så rofylld? Därför är jag oerhört tacksam gentemot Jeppe Hein!

Ett leende till dig, ett leende till alla.

 

Mer info om Jeppe Hein och om Bonniers Konsthall.

 

 

Fransk version här

Sthlm Jazzfestival 25th 2008

Une semaine illustrée un peu différente.

Cette semaine, je n’ai dans mon appareil-photo que des images du festival de jazz de Stockholm qui s’est déroulé de mercredi à samedi. Du fait que le Moderna Museet se retrouve en plein milieu de la zone du festival, ceux qui travaillent cette semaine-là se voit donner l’accès gratuit au festival. (Autant vous dire que pas mal de mes collègues travaillaient cette semaine … 😉 Je travaille encore une semaine après.) Le passe-partout cette année était en un bracelet en tissu qu’on ne pouvait pas retirer sans le couper.

16 juillet

La pire journée du festival, avec un monde fou, tout le monde garde ses places jalousement. La grande artiste de la journée est Mary J Blige, mais brinquebalée à droite à gauche par les gens qui veulent gagner quelques mètres dans la foule avec le résultat de ne toujours rien voir malgré tout, je n’ai pas la force de rester aussi longtemps. J’ai entendu Rigmor Gustafsson Quartet, Bobo Stenson Trio et un peu Tower Power.

17 juillet

Alberto Pinto Quintet dans l’auditorium du musée, avec places assises assurées et confortables !

Puis Christian Kjellvander, Marit Bergman et the Sountrack of our lives sur la Grande Scène.

18 juillet

Tommy Körberg & The Way Beyond Band, SFJAZZ Collective sur la Grande Scène.

J’ai fuit la musique de Nils Petter Molvaer Group pour aller écoter Deborah Brown et Andreas Pettersson Quartet sur la Nouvelle Scène.

Puis je suis retournée vers la Grande Scène pour le meilleur concert du festival (parmi ceux que j’ai entendu) : Patti Smith.

19 juillet

Sur la Grande Scène : Fredrik Ljungkvist – Yun Kan 10 : bof bof … Un peu trop contemporain/expérimental pour mes oreilles. Trondheim Jazz Orchestra : bof bof bis. Un peu trop de musique électronique à mon goût.

Wildbirds & Peacedrums sur la Nouvelle Scène : une révélation ! Quelle voix, quel talent, quelle énergie !

De retour devant la Grande Scène, pour un peu de Scott Hamilton Scandinavian Five, puis le grand concert de la journée : Van Morrison. Grosse déception … Aucune communication avec le public, demande expresse de la part de l’artiste de ne pas prendre de photo, et aucune envie de revenir pour un numéro supplémentaire à la fin du concert … Le concert de Joan Armatrading à 22h30 était sûrement mieux, mais mon amie et moi n’avions plus la force de rester.

Impression totale

Par rapport au festival de l’an dernier, celui-ci était moins intéressant, mais mieux réussi dans le sens où ils ont créé une nouvelle scène où l’on jouait plus de « vrai » jazz. J’espère que le Festival aura les moyens financiers de survivre dans les années à venir pour donner à cette Nouvelle Scène la chance d’évoluer.
Le concert qui m’a le plus impressionné était celui de Patti Smith, que je connaissais juste de nom. (Je sais, ce n’est pas du jazz, mais sans ces grands noms, le Festival ne tient pas. Il faut malgré tout attirer le grand public pour s’en sortir.) Patti Smith m’a impressionnée par son âge, ses textes, son contact avec le public, son message. Ce message est très typique des années 70, très « flower power », peut-être un peu naïf à notre époque, mais je me dis qu’on a peut-être besoin de gens comme elle de temps en temps pour nous rappeler certaines choses.

Plus de photo ici.

Commentaires
Très joli montage avec tes photos !
Il est très chouette cet article 😉

=^.^=
Commentaire n° 1 posté par Le Chat Qui… le 21/07/2008 à 11h53

Et moi qui trouve que ca fait très amateur … Mais bon, je suis amateur aussi. 😉
Merci pour le compliment ! 🙂
Réponse de hibiscus le 21/07/2008 à 12h25

Mary J. Blige c’est du jazz ou c’est pour faire venir du monde ?
Commentaire n° 2 posté par Deline le 22/07/2008 à 15h26

C’est pour faire venir du monde. Patti Smith, c’est pas vraiment du jazz non plus …
Ca fait pas mal de temps maintenant que le Festival de Jazz de Stcokholm n’est plus un festival de jazz 100 %. Mais ils s’en sortent pas mieux économiquement pour autant … 🙁
Réponse de hibiscus le 23/07/2008 à 08h22

det ser mycket bra ut ! 🙂 har du tittat pà vad som ska hända nästa mànad pà Stampen ?
Commentaire n° 3 posté par nicolas le 24/07/2008 à 14h20

Nej, det har jag faktiskt inte gjort nu. Just nu tänker jag mest på min semester och ommålningen av vardagsrummet och en särskild liten weekendresa. 😉
Réponse de hibiscus le 24/07/2008 à 14h25

Ah les 70s… toute une époque
Des fleurs, un style assez kitsch, Kapmandou..
Commentaire n° 4 posté par Pascal le 11/08/2008 à 18h04

Tu veux dire Katmandou ? 😉
Réponse de hibiscus le 11/08/2008 à 19h54

Le mois d’août au Pavillon chinois

Le mois d’août au Pavillon chinois était vraiment très agréable, même si la fréquentation commençait à diminuer pas mal aux alentours du 15 août. Du coup, on a moins envie de travailler, mais en même temps, on espère quand même qu’il va y avoir des visiteurs qui veulent suivre les visites guidées gratuites, sinon, on risque de s’ennuyer pas mal…

Beaucoup de visiteurs français

Au tout début d’août, j’ai eu la chance de faire une visite guidée en français. Ça arrive très rarement. Un petit groupe de 5 personnes qui étaient vraiment intéressées et très reconnaissantes d’avoir une guide qui parle français ! Un des membres du groupe est revenu deux semaines plus tard avec d’autres personnes et a chanté mes louanges à ma collègue à l’entrée. (Je n’étais pas là à ce moment-là.)

Si les visiteurs se souviennent de vous à ce point, moi, je me dis que j’avais fait du bon boulot ce jour-là ! 🙂

Comment bien se comporter comme touriste

Il y avait beaucoup de Français, ce mois d’août, au Pavillon chinois. La plupart très sympa. Mais quelques-uns râlaient dès qu’on leur demander de laisser leur gros sacs à la consigne (c’est partout pareil, c’est pas la première fois qu’on le leur demande, c’est pas la peine de jouer aux étonnés !). Alors dans ces cas-là, je suis tout de suite moins aimable et surtout moins encline à être serviable. Ce qui fait que la petite brochure en français qu’on peut prêter … pfuit ! rien du tout, je ne la mentionne même pas ! Na ! Non mais !

Vous savez ce qu’ils vous reste à faire la prochaine fois que vous allez au Pavillon chinois ! 🙂

Non mais, sincèrement, pourquoi est-ce que le personnel saisonnier devrait aimable envers les visiteurs, mais pas les visiteurs envers le personnel ? Il s’agit bien d’une relation dans les deux sens non ?

« Ah bon, c’est payant ? »

Ce qui m’a étonné le plus, c’est le nombre de visiteurs qui essayent de passer devant la caisse sans payer. Alors que les prix sont affichés sur la porte et que la caisse est bien voyante !

Alors nous, gentiment, on dit : « Pardon, puis-je voir votre billet ? ». On n’a des réponses un peu différentes :

Étonné : « Ah bon, faut payer ? »

Fâché : « Parce qu’il faut payer ici aussi ? »

L’air de rien : « Je voulais seulement jeter un coup d’œil… »

On nous prend vraiment pour des imbéciles des fois !…

Par contre une fois, on s’est payé une de ces averses, et les gens se sont réfugiés dans l’entrée du Pavillon. Et tout de suite, je me suis dis : « Là, va falloir faire attention qu’ils n’essayent pas de rentrer sans payer ». Et bien non, ils sont tous restés là, bien sagement, à attendre la fin de l’averse !

Les avantages de travailler au Pavillon Chinois

Par rapport au château de Drottningholm, il y a déjà moins de visiteurs. D’un côté, je trouve que c’est dommage qu’il n’y ait pas plus de visiteurs que ça, parce que je trouve que ça vaut vraiment le coup de le visiter. Mais d’un autre côté, c’est un endroit plus petit avec une ambiance plus intime, et je ne veux pas y voir débarquer 1 000 visiteurs/jours. Et puis autant recevoir des visiteurs intéressés ! Ça n’en rend les visites guidées que plus agréables.

Le Pavillon Chinois est très beau et très intéressant, avec une histoire assez courte (la fin du XVIIIème siècle). C’est donc, à mon avis, plus facile à guider, mais en même temps, il faut être un plus spécialisé. Au château de Drottningholm, il y a plusieurs styles et on n’a pas le temps d’entrer dans les détails.

En plus, quand on ne guide pas, on a la possibilité de s’asseoir au premier étage en tant que gardien et de lire en même temps. J’en ai profité pour en apprendre plus sur les symboles chinois, sur le commerce entre la Chine et la Compagnie des Indes suédoise, sur les techniques du laque, de la porcelaine, de la peinture sur verre etc …

Les groupes « extérieurs » avec leur propre guide (souvent « guide de Stockholm ») ne viennent que très rarement au Pavillon Chinois. Et quand ils le font, ils restent bien souvent à l’extérieur. Ce qui fait, qu’à l’intérieur, quand on fait nos visites guidées, on n’est jamais gêné par d’autres groupes.

Les gaufres du café du Pavillon Chinois

À proximité du Pavillon chinois, dans les anciennes cuisines, il y a un petit café tout à fait charmant, qui vend des sandwichs, des pâtisseries, des glaces, des boissons et … des gaufres ! Des gaufres à la suédoise ! Elles ne sont pas aussi épaisses que celles qu’on a l’habitude de trouver en France. Elles sont rondes, pas rectangulaires. Et dessus, on met du sucre, de la crème fouettée et de la confiture de fraise !!! Pas vraiment à recommander si on veut perdre des kilos, mais de temps en temps, ça fait du bien ! 🙂 (Je n’en ai mangé que deux fois.)

Au Pavillon chinois

Première journée au pavillon chinois dans le parc du château de Drottningholm et déjà deux anecdotes.

La première montre la bêtise d’un touriste qui se révèle être Américain …

Il avait visiblement décidé de passer son temps à remettre en question tout ce que la guide disait. Lorsqu’elle explique que les revêtements des murs dans certaines pièces ont été changés à plusieurs reprises à cause de l’humidité, il ne veut pas la croire. L’humidité, c’est bon pour les pays tropicaux (il vient de Floride, et il sait ce qu’un climat tropical est) et la Suède est bien loin d’être un pays tropical. La guide lui répond du tac au tac que Stockholm est construite sur des îles, que le château et le pavillon sont construits au bord d’un lac, et qu’il pleut/neige quand même pas mal ici au cours d’une année.

Plus tard, quand la guide raconte au groupe que la reine se refaisait une beauté dans une autre pièce, elle utilise l’expression « refresh herself ». L’Américain lui dit : « C’est bizarre ça, je n’ai jamais entendu cette expression « freshen up » … » (1. Il ne peut même pas citer correctement. 2. L’expression est correcte, on a vérifié dans le dictionnaire après.) La guide s’excuse en disant que l’anglais n’est pas sa langue maternelle et le reste du groupe (qui commence à en avoir marre de ce type…) la rassure en lui disant qu’ils ont compris ce qu’elle voulait dire.

Enfin, quand la guide aborde le sujet de de la mode des « chinoiseries », l’Américain s’étonne qu’un pays aussi avancé que la Suède, avec une culture si riche, puisse s’intéresser à la Chine. Cela dit sur un ton péjoratif. Pourquoi dans ce cas-là ne pas s’intéresser aux Indiens d’Amérique et aux cow-boys ? Mmmm, les cow-boys au XVIIIème siècle ? « I don’t think so … » C’est ce que je lui aurai répondu si c’était moi qui avait eu affaire à lui. Mais la guide a gardé son sang-froid et essayé de lui expliquer que l’intérêt pour la Chine n’était ni spécifique à la Suède, ni soudain, mais que le XVIIIème siècle était en quelque sorte l’apogée de ce courant. (En plus, il y avait des Asiatiques dans le groupe… Il s’était bien rendu ridicule, l’Américain qui voulait brillait avec ses « connaissances ».)

Après la visite guidée, une Américaine s’est approchée de la guide pour la remercier et la féliciter. Elle lui a précisé qu’elle venait de New-York et qu’elle avait parfaitement compris ce qu’elle disait … sous-entendu, celui de Floride sait même pas parler correctement anglais. À voix basse, elle l’a même traité de « white trash » et accuser de « voter Busch » (mais il avait déjà disparu)…

L’anecdote suivante est le genre d’histoire qui vous fait dire qu’aujourd’hui était une bonne journée.

Un homme en fauteuil roulant, accompagné de son fils, se présente au pavillon et pour accéder au rez-de-chaussée, il n’y a pas de problème, puisqu’il y a une sorte d’ascenseur. Mais il y a aussi un étage et il avait bien envie d’y aller, et il était tellement têtu qu’il y est arrivé ! Aidé de son fils, il a monté les escaliers (étroits et en spirale), et deux gardiennes le soutenaient pendant que son fils et moi portions le fauteuil roulant,. Il était très content de voir le premier étage qu’il trouvait plus joli que le rez-de-chaussée. On s’inquiétait un peu pour la descente, mais ça c’est très bien passé : d’abord le fauteuil porté par deux personnes, puis le monsieur handicapé soutenu par deux gardiennes et hop, le voilà de nouveau assis dans son fauteuil, tellement content qu’il tient absolument à serrer ses bienfaiteuses dans ses bras, avec un sourire immense !

La force de volonté de cet homme handicapé m’a beaucoup frappée et son bonheur m’a fait très plaisir !

Commentaire de : jc

Le 20 juillet 2005

Je passerai jeter un oeil a ton chateau cet ete en Aout. Jai prevu detre ds le coin vers le 20..en esperant que ca soit joli! Lol

Commentaire de : deline

Le 22 juillet 2005

ah les americains !!!!…(j’espere qu’ils sont pas tous comme ca…)

en tout cas ca m’etonnerait pas qu’un mec comme ca vote bush, ca doit le style qui vote pour un con …

Commentaire de : jean-pierre

Le 7 août 2005

Eh bien pour une premiere journée c’est une jounée riche en annecdote .

Un américain qui se singuliarise ce n’est pas tres étonnant certain se crois supérieur au reste du monde .

J’attends le reste de tes aventures avec impatience .

Commentaire de : Michel

Le 14 août 2005

j’ai été heureux de voir que tu n’avais pas relaté ma prise de bec avec la guide asiatique au château, qui, n’ayant pas de visite en français ni en allemand à me proposer, m’a dit que lorsqu’on ne parlait pas couramment l’anglais on devait rester chez soi.

Commentaire de : deline

Le 28 juillet 2006

J’aime beaucoup les maisons de la rue de Canton…elles se vendent ?? 😉

Untold scandal

Voilà un film qu’il faut voir ! Il vient juste de sortir en Suède (alors qu’il est de 2003 et qu’il a été montré en 2004 au festival de Deauville, à en croire Internet).

Untold scandal est une adaptation sud-coréenne des Liaisons dangereuses de Laclos. Je n’ai pas lu le livre, mais j’ai déjà vu deux versions filmatisées dont celle de Stephen Frears de 1988, Dangerous liaisons (en anglais) avec Glenn Close, John Malkovich, Michelle Pfeiffer et un jeune Keanu Reeves. Malkovich joue très bien évidemment, comme dans la plupart de ses films. Il a vraiment le chic pour les rôles cyniques et cruels ! 😉 (Je l’ai vu dernièrement dans le rôle de Talleyrand dans Napoléon que la télévision suédoise diffusait en juin, et c’était vraiment un plaisir de le voir ! :-))

Il y a évidemment des ressemblances entre les deux films, mais je trouve que la transposition de l’histoire dans la Corée du XVIIIème siècle est très bien faite. C’est le film le plus cher de Corée du sud, jusqu’à maintenant, et un tiers du budget est passé dans les costumes … et ils sont tout simplement MA-GNI-FI-QUES ! Les costumes féminins comme les costumes masculins. Beaucoup de soie et de tissus légers, des couleurs fortes, le tout avec beaucoup de goût. Et les coiffures de l’actrice principale !… C’est tout à fait la hauteur de la mode européenne de la même époque ! Les milieux sont aussi magnifiques, avec des maisons traditionnelles, des jardins fleuris, etc…

Le film est interdit au moins de 18 ans en France. La limite d’âge en Suède est fixée à 7 ans ! Bon d’accord, il y a quelques scènes de nu (qui ne sont pas vraiment nécessaires en fait, et surtout pas celle du tout début), mais quand même… C’est un film très sensuel et l’histoire est mine de rien très morale mais belle. La fin de Untold scandal n’est pas vraiment la même que celle de Dangerous liaisons, mais je ne veux rien dévoiler. 😉 La fin est même sujette à discussion puisque je ne la comprends pas de la même manière que mon copain. On ne l’interprète pas de la même manière.

Voici le résumé trouvé sur le site de Cineasie :

« Fin de la dynastie Chosun. Lady Cho est une femme brillante à la double vie débordante. Soumise à son mari en apparence, elle organise en secret des jeux érotiques. Son cousin Cho-won, bien que très cultivé, refuse un poste important au sein du gouvernement. Rejetant les conventions sociales de l’époque, il préfère assouvir ses désirs hédonistes auprès des femmes. Amants de la première heure, ils éprouvent beaucoup de plaisir à jouer aux conspirateurs dans ce jeu dangereux où s’entremêlent amour et intrigue. Un jour, Lady Cho demande à Cho-won de déflorer la jeune et innocente Lady Chung, future concubine de son mari. »

Un mois à Drottningholm

J’avais pensé écrire de temps en temps pendant ce mois de travail et vous raconter mes « aventures » au château, mais je n’ai jamais eu le temps. Les soirées passaient trop vite… Maintenant, je suis en vacances pour un mois, alors je vais essayer de rattraper le temps perdu !

Drottningholm, le retour

J’avais déjà travaillé l’été dernier au château de Drottningholm et c’était vraiment un plaisir d’y retourner cet été. L’ambiance entre collègues est vraiment sympa !

Je n’y travaillais qu’en juin, seulement, mais c’est le meilleur mois en fait. Avant l’invasion des touristes de juillet… Début juin, on avait des visites guidées publiques, toutes les heures, seulement les samedis et dimanches. En semaine, on avait déjà pas mal à faire avec les classes scolaires. Et puis à partir du 11 juin, c’était visite guidée publique, toutes les heures, tous les jours, mais encore assez calme. Pour plus d’informations (en anglais) et quelques images (en français).

Les guides employé(e)s (la plupart sont des femmes) par le château peuvent guider en suédois, en anglais, en allemand et en français. Il y a aussi pas mal de groupes qui viennent avec leur propre guide, ce qui est aussi bien, parce que pour guider en chinois ou en japonais, c’est dur dur … (Oui, je sais, je devais me mettre au japonais, mais je ne l’ai pas encore fait…  Je vais essayer de profiter de ce mois de vacances.)

Visites guidées publiques

Les visites guidées publiques sont en suédois et en anglais. On remarque rapidement une différence entre les deux sortes de groupes.

… En suédois

Les groupes suédophones sont bien souvent moins nombreux, mais surtout beaucoup plus distants. J’ai déjà parlé de la distance « réglementaire » d’au moins 60 cm entre deux personnes suédoises. Mais là, ils exagéraient : des fois, ils se mettent carrément de l’autre côté de la pièce, comme si j’avais une maladie contagieuse, et je peux vous dire que dans ce cas-là, il est difficile d’avoir un contact agréable avec les gens. D’autant plus qu’ils posent rarement des questions (alors que je les y encourage toujours, c’est plus sympa quand il y a une sorte de dialogue), sûrement parce qu’ils ont peur de poser des questions bêtes. (« Il n’y pas de questions bêtes ! » comme me disait une de mes profs de suédois.) Et même des fois, ils ne regardent pas en direction de ce qu’on montre, mais ils fixent le guide, comme si c’était le plus important…

… En anglais

Les groupes anglophones, au contraire, sont beaucoup plus variés, puisque ce ne sont pas que des Anglais ou des Américains, mais aussi des gens d’autres nationalités qui comprennent l’anglais. Ça peut être des Espagnols, des Hollandais, des Français etc… Là, la « règle » des 60 cm n’existe pas, et des fois ils peuvent être vraiment très (voire trop) près du guide ! 😉 Et puis ils sont souvent plus joyeux, plus communicatifs, rigolent à nos petites pointes d’humour. (Vous pouvez pas savoir à quel point on se sent ridicule quand on raconte quelque chose rigolo et que personne ne réagit, pas même un peu petit sourire…) Ce n’est pas un cours dans un amphi qu’on tient, on essaye seulement de faire découvrir aux touristes ce qui est intéressant à savoir sur le château, et ce de manière détendue.

Visites guidées réservées

Et puis il y a les groupes qui ont réservés une visite guidée, dans les quatre langues citées plus haut. Ce sont des groupes en général sympa, puisqu’ils se connaissent déjà, ils ne sont pas mal à l’aise dans ce groupe (comme s’ils étaient parmi 20 autres étrangers).

… Les Français

Les groupes français que j’ai eu cette année étaient très sympa ! Ils appréciaient beaucoup le château (pas comme un groupe l’an dernier qui, entre deux salles, sort : « C’est quand même bien entretenu par ici ! »  Et pourquoi ça ne le serait pas ???) et étaient ravis de bénéficier d’une visite guidée en français. Ce sont même eux qui m’ont donné le plus des pourboires ! 🙂

Des fois, ils étaient vraiment très très proches de moi… C’est là que je me rends compte que je me suis quand même bien adaptée à la société suédoise ! 😉

… Les Américains

Les Américains sont faciles à satisfaire, puisqu’ils trouvent que tout est tellement magnifique, et fabuleux etc… « Gorgeous », c’est pratiquement le seul mot qu’ils ont à la bouche ! Et puis cette année, j’ai eu pas mal de questions en ce qui concerne l’authenticité des meubles et des peintures exposés. « Is it original or restaured? » C’est un peu difficile de répondre, parce que ça peut être original mais restauré par endroits, alors je me demande ce qu’ils veulent dire par « restaured ». Je crois qu’on n’a pas vraiment les même notions dans ce domaine-là.

« Est-ce que c’est original ? »

À propos d’original, une anecdote de l’année passée : un touriste tapotait du doigt une des peintures du XVIIème siècle, un garde arrive de suite pour lui dire qu’il ne faut pas toucher, et le touriste de répondre (je ne me souviens plus dans quelle langue) : « Je voulais seulement vérifier que c’était une vraie toile ! ». Quoi ? Il s’imaginait peut-être que c’était une affiche ??? Des fois, on se demande vraiment quelles habitudes muséales les touristes ont…

Anecdote de cette année : des Espagnoles sont venues se plaindre à l’une de nos guides (qui parle espagnol) pour lui dire qu’elles trouvaient que le château était moche et que rien n’était original, que c’était à la limite du scandale … Elles venaient de St-Pétersbourg, et là, ça avait l’air d’être autre chose, et à Versailles aussi … Oui, pour quelque chose qui est complètement rénové et redoré, évidemment, ça en met plein la vue … Mais la Suède a eu la chance de ne pas subir de révolutions destructrices pour les arts et tout est vraiment original, donc un peu vieilli, donc moins doré …

Les touristes italiens

Les touristes qui m’énervent le plus … désolée … ce sont les Italiens. Quoique les Allemands n’étaient pas mal cette année, non plus. On dirait qu’ils se sont dévergondés depuis l’an dernier. Les Italiens et les Allemands étaient les spécialistes « d’ouverture de fenêtre ». Il faut bien ouvrir les fenêtres de temps en temps dans ce château du XVIIème siècle, sinon on crèverait de chaud, mais à cause du vent et des oiseaux qui pourraient rentrer, on les ouvre à l’espagnolette. Eh bien, non il faut toujours que ces touristes-là les ouvrent tout grand, même les fenêtres qui sont complètement fermées !!! On accoure pour les fermer aussitôt, et dès qu’on a tourné le dos, ils les rouvrent ! Si c’est pas du culot ça ?

Les touristes japonais

Les touristes que je préfèrent sont les Japonais (quoique les Chinois arrivent de plus en plus aussi et ils sont du même genre que les Japonais). Les Japonais sont toujours bien organisés, bien disciplinés et aimables. Ils arrivent en grands groupes, « armés » de leurs appareils ou caméras – désormais numériques –, mais ne les utilisent jamais à l’intérieur, parce qu’ils savent que c’est interdit. Ils ont toujours des petits sacs en bandoulière, pour ne pas perdre de temps à les laisser et les récupérer au vestiaire (il faut laisser les grands sacs), comme ça il sont rapidement de retour dans leur bus pour la prochaine visite. Avec mes collègues, on s’est souvent demandé ce que les Japonais et les Chinois pensent et se souviennent de « notre » château. Ils font en général le tour de l’Europe en une ou deux semaines, tout doit se mélanger dans leurs têtes…

De « vieilles bonnes femmes » …

Une anecdote très spéciale concernant les Japonais. Un groupe d’hommes japonais débarque à la boutique de souvenirs, accompagné de leur guide japonaise-suédoise, qui se plaint, en suédois, aux caissières, de leur comportement. Ils ne font que se plaindre que le château n’est pas beau et que les femmes qui y travaillent sont des « vieilles bonnes femmes » !!! On est en moyenne aux alentours de 25—30 ans, mais visiblement, au Japon, ils sont habitués à voir des jeunes et jolies filles de moins de 20 ans qui les accueillent avec leur plus beau sourire. Rien que pour ça, ils ont refusé d’acheter quoique ce soit dans la boutique. Et pourtant, la guide a essayé de leur expliquer que c’est une autre culture ici, et qu’on est qualifié (parfois trop … mais c’est un autre problème) pour faire ce boulot. Mais rien n’y a fait…

Au début, ça nous a choqué cette histoire, parce que ça en dit quand même pas mal sur la situation de la femme au Japon. Et puis on n’aime quand même pas se faire traiter de « vieilles bonnes femmes » ! 😉 Mais maintenant, je préfère en rire. Ce n’était le cas que d’un seul groupe de Japonais ; en comparaison avec tous les autres qui nous rendent visite, c’est une goutte d’eau dans l’océan.

Commentaire de : Deline

Le 5 juillet 2005

C’est marrant…on s’est amusé au chateau de Versailles l’autre jour en regardant les groupes de touristes…alors moi je peux te dire que les japonais ils savent peut etre que les photos sont interdites mais ils se genent pas. et les pire c’etait les gens (pas forcement japonais) qui prenait les panneaux d’explication dans la galeries des glaces pour des bancs alors qu’on etait en train de les lire…qu’est ce que tu veux leur dire ?? on devait etre 3 a parler francais dans tout le chateau ! par contre, les gens qui fixent leur guides ca on a vu…on a mm bien rigolé…on a mm subtilisé leurs guides de temps en temps en tendant l’oreille 🙂

ouh c pas bien !!! ben oui mais comme ca on a revisé notre anglais, notre espagnol et notre…francais !

Commentaire de : p110257r

Le 7 juillet 2005

Je n’ai jamais trop aimé les visites ”guidées” lorsque je voyage. Les seules fois où je les ”subis” (c’est pas une critique) c’est lorsque c’est ”obligatoire”.

J’aime bien me retrouver seul (avec mon épouse bien sur) lors d’une visite, et alors je me mets à rêvasser et à imaginer ce que devait être la vie des ”gens” de l’époque. C’est juste mon avis mais je trouve que les visites guidée se font suivant un ”timing” et j’ai l’impression lorsque je sors d’avoir visité l’endroit ”au pas de charge” (Il faudra que je pense à remercier l’inventeur des guillements).

Par exemple à Varberg, lorsque je me retrouve devant les restes de ”Bockstensmannen” et que je regarde ce qu’il portait, je m’arrête au détails, comme l’assemblage des vêtements ou des chaussures, et je m’imagine  celui/celle qui les as assemblé.

Idem pour le mobilier etc …

Le pire que j’ai observé lors de mes périgrination c’est un groupe de francophones (mais à l’accent des français, soit de Paris soit du nord de la France mais je ne suis pas assez expert que pour les placer sur la moitié nord de la France) qui suivaient un groupe guidé suédois/anglais et qui ne se privaient pas de faire des remarques désobligeantes sur l’endroit et sur la pauvre guide. J’avais l’impression qu’elle comprenait mais n’a pas (osé ?) réagir. Avec le recul je me dis que j’aurais du le faire.

Et pour les suédois qui se tenaient de l’autre côté de la pièce comme si tu étais atteinte d’une maladie contagieuse, eh ben oui, tu parles avec un accent, quelle horreur ! J’ai connu ça, mais dans lautre sens. Ce serait trop long à expliquer ici.

Commentaire de : nadou

Le 10 juillet 2005

Ciao!

Je n’ai jamais été une fana des visites guidées. Au château de Turku, les visites guidées sont principalement en Finnois, en Suèdois et en Anglais. On peut réserver un guide pour une visite familiale, aussi.

Comme il se passe toujours quelquechose au château, chacun trouve son bonheur.

Mon légitime a visité le Musée de l’Ermitage, à Saint Petersbourg et en a gardé un souvenir émerveillé. C’est l’un des endroits que je visiterais bien!

Amicalement,

Nadine