Kategoriarkiv: Le mot de la semaine 2008—2013

Le mot de la semaine : « brytning »

Cela fait 12 ans que je suis en Suède. Je parle suédois couramment, dans la vie quotidienne, avec mon « sambo » et sa famille, avec mes amis, au travail. Je fréquente plus de Suédois que de Français. Mais lors de nouvelles rencontres, une question arrive relativement rapidement : d’où je viens. Ce qui est un peu marrant, c’est que les gens ont souvent du mal à deviner : danoise ? allemande ? Ce n’est pas toujours qu’on devine du premier coup que je suis Française. Dans un sens, c’est flatteur : cela veut dire que mon accent français n’est pas trop prononcé. (Un accent français fort en suédois, c’est terrible, croyez-moi …)

en brytning [ène brutning] = un accent

brytningen [brutningène] = l’accent

brytningar [brutningare] = des accents

brytningarna [brutningare] = les accents

Mais d’un autre côté, mes interlocuteurs français peuvent être déconcertés quand je parle français. Il n’est pas rare qu’on me complimente pour mon français, et quand je révèle mon origine (et que je n’ai donc aucun mérite), on me fait alors remarquer que j’ai un accent. Est-ce un accent suédois ? C’est bien possible. La mélodie des phrases et la longueur des voyelles (qui n’existe pas en français) a dû changer au cours de ces années où je parle plus suédois que français.

Cela semble logique, même naturel peut-être, je veux dire, pour une franco-suédoise, de parler suédois avec un accent français et français avec un accent suédois. 🙂

Le mot de la semaine : « andning »

Depuis quelques années, je fais du yoga et de la méditation. Dans ces deux activités, la respiration est centrale, même s’il est difficile de respirer normalement dans les poses de yoga les plus exigeantes.

andningen [andningène] = la respiration

inandning [inandning] = inspiration

utandning [utandning] = expiration

La respiration est pourtant tout ce qu’il y a de plus naturel, on a très rarement besoin de penser à respirer, l’organisme s’en charge automatiquement. Et c’est peut-être pour cette raison que l’on porte rarement attention à sa respiration. On la prend tout simplement pour acquise.

jag andas [jâgue andasse] = je respire

jag har andats [jâgue ‘hare andatse] = j’ai respiré

jag andades [jâgue andadèsse] = je respirais

jag ska andas [jâgue ska andasse] = je respirerai

Mais si la respiration est ce qu’il y a de plus naturel, il est paradoxalement très difficile de ne pas y penser sans l’influencer. Et c’est un des exercices les plus difficiles pour moi : porter attention à ma respiration sans l’approfondir, sans la ralentir. Mais d’un autre côté, s’efforcer à approfondir et ralentir sa respiration permet indéniablement de se relaxer et c’est toujours ça de pris. Le reste viendra bien un jour où l’autre. Ce n’est pas le but le plus important, mais le chemin parcouru entre temps. 🙂

jag andas in [jâgue andasse ine] = j’inspire

jag andas ut [jâgue andasse ute] = j’expire

Le mot de la semaine : « reklam »

La « reklam » en suédois, c’est la publicité. (Le verbe « reklamera » existe, mais ça veut dire réclamer dans le sens faire une réclamation, pas de faire de la pub.)

Il est courant de voir sur les boîtes aux lettres suédoises le petit panneau suivant :

[inegène réclame tak] — ”Pas de pub, merci”

Même si la distribution de la publicité est groupée, nous en recevons — que dis-je : recevions ! — plusieurs fois par semaine. Pendant un long moment, je trouvais que la pub pouvait être intéressante pour m’avertir des promotions du supermarché où j’ai l’habitude de faire mes courses. Puis finalement, je me suis rendue compte que je faisais de moins en moins souvent les courses en fonction des promotions.

Et depuis que nous nous faisons livrer les commissions à la maison, je ne trouve plus aucun intérêt à feuilleter la pub. J’y vois finalement plus d’inconvénients que d’avantages. Car j’ai aussi arrêté de regarder la pub des autres magasins (pour ne me pas laisser tenter à sur-consommer). En fait, je jetais la pub dès que je la recevais. Et après, il fallait descendre la jeter par sacs entiers au tri des déchets. Complètement inutile !

Depuis que j’ai investi dans ce petit panneau, je me réjouis de ne plus avoir à ”collectionner” des tonnes de papier. Je me suis bien poser la question au début : ”Est-ce que les distributeurs de pub (le facteur parfois) respectent ce panneau ?”. Oui, ils le font ! La pub qui m’est directement adressée me parviendra toujours, mais j’élimine quand même le maximum.

en reklam [ène réclame] = une publicité

reklamen [réclamène] = la publicité

reklamer [réclamère] = des publicités

reklamerna [réclamèr(e)na] = les publicités

Le mot de la semaine : « ros »

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Rosa rosa rosam

Rosae rosae rosa

Rosae rosae rosas

Rosarum rosis rosis …”

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Non, ne vous inquiétez pas, je n’ai pas l’intention d’écrire mon blog en latin. 😉 (Mais souvenirs de latin de collège et de lycée sont lointains et par conséquent flous.)

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en ros [ène rousse] = une rose

rosen [roussène] = la rose

rosor [roussoure] = des roses

rosorna [roussourna] = les roses

Lors de mon séjour de vacances dans les Hautes-Alpes, j’ai eu l’occasion de visiter la roseraie du Domaine de Charance sur les hauteurs de Gap qui ne contient que d’anciennes variétés de roses.

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Puis à Järna, à une heure de voiture au sud de Stockholm, il y avait également une roseraie, de plus petite envergure certes, mais tout à fait charmante. J’ai aimé me promener au fil des allées, de rosiers en rosiers, aux noms plus mystérieux les uns que les autres.

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En Suède, l’églantier – nyponros [nuponerousse] – est un rosier sauvage qui pousse facilement sur le bord des routes. Des fruits (les cynorhodon) ont fait de la soupe – nyponsoppa [nuponessopa] – : une soupe sucrée, que l’on déguste chaude ou froide, souvent accompagné de sortes de petits macarons, un goûter apprécié des enfants mais aussi des sportifs, car bourré de vitamine C.

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Le mot de la semaine : « känna smaken »

Souvenirs de vacances V

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Je sens

L’acidité des groseilles

La douceur des framboises jaunes

L’onctuosité du fromage blanc

Le croquant du müesli

Le moelleux des raisins secs

L’âpreté du thé du matin

Les épices de celui de l’après-midi

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Je (re)découvre les goûts

De la confiture de marron

De la confiture de lait

Des ravioles

Des tourtons

Du boudin noir au pommes

De la glace au thé vert

Celle à la crème brûlée

Celle au caramel fleur de sel

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att känna smaken [ate chèna smâkène] = sentir le goût

jag känner smaken [jâ(gue) chènère smâkène] = je sens le goût

jag har känt smaken [jâ(gue) ’hare chèn(e)te smâkène] = j’ai senti le goût

jag kände smaken [jâ(gue) kän(e)dé smâkène] = je sentais le goût

jag ska känna smaken [jâ(gue) ska chèna smâkène] = je sentirai le goût

Le verbe « smaka » signifie goûter dans le sens de déguster, ou d’avoir bon (ou mauvais) goût : « det smakar gott » = ça a bon goût.

***

smaken [smâkène] = le goût

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Le mot de la semaine : « känna lukten »

Souvenirs de vacances IV

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Je sens l’odeur

De la pluie dans l’air humide

Puis celle de la terre mouillée

Du poulet rôti aux épices

Des fraises sucrées, fraîchement cueillies

Des roses suaves

De la paille sèche

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att känna lukten [ate chène luktène] = sentir l’odeur

jag känner lukten [jâ(gue) chènère luktène] = je sens l’odeur

jag har känt lukten [jâ(gue) ’hare chèn(e)te luktène] = j’ai senti l’odeur

jag kände lukten [jâ(gue) chèn(e)dé luktène] = je sentais l’odeur

jag ska känna lukten [jâ(gue) ska chèna luktène] = je sentirai l’odeur

Le verbe « att lukta » signifie sentir dans le sens de l’odeur, du parfum : « det luktar gott » = ça sent bon.

***

luktsinnet [luktène] = l’odorat

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Le mot de la semaine : « känna »

Souvenirs de vacances III

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Je sens

La dureté de la pierre sur laquelle je suis assise

La douceur du fil de laine que je tricote

Le pelage du chat sous ma main

La chaleur des rayons du soleil sur ma peau

Puis la fraîcheur du vent

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att känna [ate chèna] = sentir (dans le sens de toucher mais aussi connaître)

jag känner [jâ(gue) chènère] = je sens

jag har känt [jâ(gue) ’hare chèn(e)te] = j’ai senti

jag kände [jâ(gue) chèn(e)dé] = je sentais

jag ska känna [jâ(gue) ska chèna] = je sentirai

***

känseln [chèn(e)cèlne] = le toucher

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Le mot de la semaine : « se »

Souvenirs de vacances II

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Je vois

Le bleu azur du ciel

Le jaune du tuyau d’arrosage blanchi par le soleil

Le rose tacheté des tuiles du toit de la maison

Les nuances de verts des feuilles des arbres

Le gris des montagnes

L’ocre du crépis de la maison

Le violet profond des clématites

Le pelage tigré du chat

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att se [ate sé] = voir

jag ser [jâ(gue) sère] = je vois

jag har sett [jâ(gue) ’hare sète] = j’ai vu

jag såg [jâ(gue) saugue] = je voyais

jag ska se [jâ(gue) ska sé] = je verrais ou je vais voir

***

synen [sunène] = la vue

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Le mot de la semaine : « höra »

Souvenirs de vacances I

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J’entends

Les cloches des vaches

Le bruissement du vent

Le piaillement des oiseaux

Une voiture qui passe

Le crissement des grillons

Un avion qui traverse les cieux

Le cri d’une pie

Le vrombissement d’un tracteur

Les mouches qui sillonnent l’air

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att höra [ate ’heura] = entendre

jag hör [jâ(gue) ’heure] = j’entends

jag har hört [jâ(gue) ’hare ’heur(e)te] = j’ ai entendu (aussi : j’ai entendu dire)

jag hörde [jâ(gue) ’heur(e)dé] = j’entendais

jag ska höra [jâ(gue) ska ’heura] = j’entendrai (aussi : je vais m’en enquérir)

***

hörseln [’heurchèlne] = l’ouïe

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Le mot de la semaine : « åskväder »

Cela faisait des jours que nous attendions la pluie. Chaque jour se lèvait avec un grand soleil, puis les nuages arrivaient,  blancs d’abord, puis gris — plus ou moins gris. De courtes périodes ensoleillées et chaudes se succèdaient à de courtes périodes couvertes et plus fraîches. Puis, doucement, quelques grosses gouttes de pluie tombaient lourdement. Quelques-unes seulement, juste le temps de nous faire demander si c’était la pluie tant attendue, ou seulement passager. Juste le temps de nous embêter un court moment.

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Les premiers jours, je rentrais la chaise-longue dès la première goutte, puis je rassemblais mes affaires et me réfugiais à l’intérieur de la maison pour me rendre compte bien rapidement, et tout bête, que je m’étais affolée pour rien.

Ce jour-là, j’etais de nouveau sur ma chaise-longue, à l’abri du soleil sous le parasol. Qui m’avait, durant quelques minutes, également protégée de trois quatre grosses gouttes de pluie, qui étaient tombées distinctement sur la toile bien tendue entre les baleines de bois. Forte de mes expériences des jours passés, je ne m’etais pas laissée me déconcentrer de ma lecture.

Le ciel s’assombrit toutefois, alourdi de nuages gris presque anthracite. L’air se rafraîchit, les feuilles des arbres s’agitèrent dans le vent qui s’était levé. Puis au loin, ce que je croyais d’abord être le bruit d’un avion dans le ciel se révéla être un grondement de tonnerre. Qui roula, se rapprocha, s’éloigna, se re-rapprocha, se ré-éloigna… Allait-il finalement faire de l’orage ?

åska [auska] = tonnerre

åskan [auskane] = le tonnerre

Ce ne fut que quelques heures plus tard que les cieux se déchainèrent pour de bon. D’abord, quelques éclairs discrets. Suivis de grondements de tonnerre qui se rapprochaient petit à petit. La nuit tombait et ne rendait les éclairs que d’autant plus clairs lorsqu’ils fendaient violemment les nuages.

en blixt [ène blixte] = un éclair (également: un flash)

blixten [blixtène] = l’éclair

blixter [blixtère] = des éclairs

blixterna [blixtèr(e)na] = les éclairs

* Pour les gourmands, les éclairs (au chocolat, au café) gardent leur appellation française en suédois.

La pluie se solidifia en partie en grêle un court moment, puis redevint pluie et tomba fortement et longtemps. Le claquement du tonnerre faisait désormais écho entre les sommets des montagnes environnantes aux éclairs qui sillonnaient l’air chargé d’électricité, qui d’ailleurs nous en privait de courts instants. L’intensité des éclairs faisait luire les feuilles des arbres qui dégoulinaient d’eau. La pluie ricochait sur les tuiles du toit et faisait un bruit assourdissant sur les velux de l’étage.

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Puis les éclairs se firent de plus en plus rares, le tonnerre s’éloigna, la pluie cessa et on n’entendit bientôt plus que le bruit des arbres qui s’égouttaient. L’orage était passé.

ett åskväder [ète auskvèdère] = un orage

åskvädret [auskvèdrète] = l’orage

åskväder [auskvèdère] = des orages

åskvädren [auskvèdrène] = les orages

N.B. Remarquez bien la disparition du -e- entre le d- et le -r lorsque l’on ”décline” le substantif.