Kategoriarkiv: Le mot de la semaine 2008—2013

Le mot de la semaine : « ljusstake »

Voici un mot composé de deux substantifs : « ljus » [yusse] = bougie, lumière, et de « stake » [stâké] = piquet, poteau, pieu, qui signifie chandelier, bougeoir.

en ljusstake [ène yusstâké] = un chandelier

ljusstaken [yusstâkène] = le chandelier

ljusstakar [yusstâkètare] = des chandeliers

ljusstakarna [yusstâkètar(e)na] = les chandeliers

En cette période de Noël, les Suédois ont l’habitude d’allumer, chaque dimanche de l’avent, une bougie supplémentaire à l’« adventljusstake ». Ces chandeliers sont souvent décoré de mousse à la base ; la nôtre est imprégnée pour ne pas prendre feu. Si l’on utilise de la mousse non-traitée, ramassée dans la forêt ou acheté chez le fleuriste, mieux vaut la vaporiser d’eau avant d’allumer les bougies pour éviter tout incident … incendie même. (Les pompiers suédois ont beaucoup à faire en période de Noël justement à cause de toutes ces bougies ”vivantes”, « levande ljus », qui donnent une ambiance tellement ”cosy” à la maison.)

En 1934, un certain Oscar Andersson (1909-1996), employé chez Philips à Göteborg construisit le premier chandelier de l’avent électrique en associant les bougies électriques d’une guirlande pour sapin et un chandelier arqué. Peu croyaient en l’idée, mais ce prototype servit de modèle et on commença à les fabriquer en masse en 1937. La production entière de cette année était vendue avant Noël.

Aujourd’hui, toutes les fenêtres suédoises, dans les maisons et appartements mais aussi dans les bureaux, sont ornées de ces « adventsljusstake » [advènt(e)ssyusstâké] à 5 ou 7 branches. Leur chaude lumière rendent les longues hivernales un peu plus agréables. Il sont souvent en bois, naturel ou peint en blanc, rouge ou bleu, mais on en trouve aussi en métal. Autour des bougies, on peut mettre des petites décorations représentant des feuilles de houx par exemple.

Le mot de la semaine : « julbock »

Le « julbock » (ou « bouc de Noël ») est une des figures typiques du Noël suédois. Son origine remonte à la période pré-chrétienne : en effet, selon la mythologie nordique, ce sont des boucs qui tirent le char de Thor. C’est à partir du XVIIème siècle que l’on a commencé à fabriquer des petits boucs ou des petites chèvres en paille, matériel qui peut aussi rappeler la tradition de la crèche chrétienne. Au XIXème siècle, c’est le « julbock » qui distribuait les cadeaux de Noël. Aujourd’hui, cette tâche revient au Père Noël et à ses lutins, et le bouc de Noël est devenu une décoration de Noël.

en bock [ène boque] = un bouc

bocken [boquène] = le bouc

bockar [boquare] = des boucs

bockarna [boquar(e)na] = les boucs

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julbocken [yuleboquène] = le bouc de Noël

(À ne pas confondre avec : julbok [yulebouque] = livre de Noël ! :-)]

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Gävlebocken [yèvléboquène] = le bouc de Gävle

Le bouc géant de Gävle, « Gävlebocken », une ville situé à environ 200 km au nord de Stockkholm, est devenu tristement célèbre de part le fait qu’il fait rarement long feu. Je l’admet : le jeu de mot est très mauvais… En effet, des personnes mal intentionnées ou à l’humour douteux ont l’habitude de le saboter en le mettant en feu. Ce n’est pas le bouc en lui-même qui est célèbre finalement, même internationnellement, mais le fait qu’il brûle presque tous les ans.

« Julbocken » à Svindersvik, Nacka, en décembre 2010.

« Gävlebocken » a été imprégné pour la première fois en 2006, mais l’effet mouillé que cette mesure lui donnait n’a pas plu au habitants de Gävle, et depuis 2008, on essaye de trouver d’autres solutions, comme par exemple de le faire surveiller 24h/24 par des gardes. Les webcams apparurent dès 1996. Au pire, il a brûlé avant même d’être mis en place sur la place du château de Gävle, « Slottstorget », le premier dimanche de l’avent. Au mieux, il a tenu jusqu’au Nouvel An. Parfois, il a été remplacé. En 45 ans (le premier date de 1966), il n’a survécu au feu que 12 fois. Cette année, il a brûlé dans la nuit du 2 décembre.

« Julbocken » à Svindersvik, Nacka, en décembre 2011…

Le mot de la semaine : « fotografi »

Je n’ai pas besoin de traduire le mot de la semaine, mais une explication quant à sa déclinaison s’impose.

« Fotografin » signifie photographie dans le sens de la technique ou de l’art en lui-même : par exemple « fotografins historia » = l’histoire de la photographie.

Tandis que « fotografiet » désigne la photographie dans le sens de l’objet en lui-même, la photo sur papier.

« Fotografiet » se décline de manière atypique, c’est en effet un substantif en « ett », mais qui se décline au pluriel comme les substantifs en « en » :

ett fotografi [ète foutografi] = une photographie

fotografiet [foutografiète] = la photographie

fotografier [foutografière] = des photographies

fotografierna [foutografièr(e)na] = les photographies

On utilise, tout comme en français, souvent l’abréviation « foto ». Et là, la déclinaison suis normalement celle des mots en « ett » :

ett foto [ète fouto] = une photo

fotot [foutote] = la photo

foton [foutone] = des photos

fotona [foutona] = les photos

Si cela vous semble trop compliqué à mémoriser, vous pouvez également utiliser le mot « bild » = image, qui suit la déclinaison régulière des substantifs en « en » :

en bild [ène bilde] = une image

bilden [bildène] = l’image

bilder [bildère] = des images

bilderna [bildèr(e)na] = les images

Le verbe « fotografera » se conjugue ainsi :

jag fotograferar [jâgue foutograférare] = je photographie

jag har fotograferat [jâgue ‘hare foutograférate] = j’ai photographié

jag fotograferade [jâgue foutograféradé] = je photographiais

jag ska fotografera [jâgue ska foutograféra] = je photographierai

On peut aussi utiliser le verbe « fota » :

jag fotar [jâgue foutare] = je photographie

jag har fotat [jâgue ‘hare foutate] = j’ai photographié

jag fotade [jâgue foutadé] = je photographiais

jag ska fota [jâgue ska fouta] = je photographierai

Ou encore « ta ett foto » ou « ta en bild » = prendre une photo :

jag tar ett foto/en bild [jâgue tare ète foto/ène bild] = je prends une photo

jag har tagit ett foto/en bild [jâgue ‘hare taguite ète foto/ène bild] = j’ai pris une photo

jag tog ett foto/en bild [jâgue tougue ète foto/ène bild] = je prenais une photo

jag ska ta ett foto/en bild [jâgue ska ta ète foto/ène bild] = je prendrai une photo

Si vous venez prochainement à Stockholm, je vous recommande vivement d’aller visiter le Moderna Museet qui a mis en réserve toutes ses peintures, sculptures et autres installations pour laisser place à une partie de sa collection photographique, qui est immense et magnifique !

Le changement de décor, intitulé ”Une autre histoire”, s’est déroulé en trois phases et l’accrochage est fait dans un sens chronologique inversé, tout comme l’était la collection permanente.

À partir de février 2011, la première partie, ”Sous l’emprise de l’appareil photo (1970-2010)” montre comme on a utilisé la photographie, non plus pour montrer la réalité, mais pour étudier la notion d’identité, bien souvent construite.

Avant l’été, on ouvrait la deuxième partie, ”Voir le monde (1920-1980)”, qui se concentre sur le caractère documentaire de la photographie.

Puis récemment, la troisième partie, ”Inscrit dans la lumière (1840-1930)”, expose les débuts de la photographie avec entre autres des daguerrotypes, calotypes, impression à l’albumine et autres expériences photographiques.

En 1971, on créa un nouveau département au sein du Moderna, le Fotografiska Museet, dont la collection se basait essentiellement sur l’acquisition par l’État suédois en 1964 et 1965 de deux grandes collections photographiques : ”The Helmut Gernsheim Duplicate Collection” et celle de Helmer Bäckström. La collection du Fotografiska Museet fut, lors d’une réorganisation du Moderna, intégrée dans les autres collections du musée. Même si la photographie n’était pas très présente dans l’ancien accrochage des collections permanentes du Moderna (quelques expositions temporaires de photos ont été organisées), on continuait à acquérir des œuvres photographiques, si bien que la collection photographique du Moderna compte aujourd’hui environ 100 000 œuvres.

L’accrochage actuel est ouvert au public jusqu’au 19 février 2012. En rapport avec cet acrochage, deux catalogues ont été publiés : ”Another story” (une édition en suédois et une autre en anglais) et ”Åter till verkligheten” (une édition suédo-anglaise, = ”Retour vers la vérité”). En 2012, les collections permanentes seront de retour, mais d’une autre manière, et intègreront plus amplement l’art de la photographie.

En attendant, si vous voulez voir les pièces maîtresses du Moderna, il vous faudra vous rendre à Malmö où le Moderna Museet Malmö montre des œuvres de Nils Dardel, Henri Matisse, Sigrid Hjertén, Fernand Léger, Constantin Brancusi, Alexander Calder, Siri Derkert, Issac Grünewald, Paul Klee, Pablo Picasso etc…

Un autre lieu de la photographie à Stockholm est, depuis l’an dernier, Fotografiska. Pas ”Fotografiska museet”, seulement ”Fotografiska”, car il s’agit plutôt d’une galerie, privée, sans collection, qui propose le plus souvent trois expositions en même temps, le tout plusieurs fois par ans. Depuis son ouverture j’y ai vu des expositions de photographes aussi divers que Annie Leibovitz, Lennart Nillson, Albert Watson, Robert Mapplethorpe, Vee Speers etc. Jusqu’au 8 janvier, vous pourrez par exemple y admirer les photos superbes d’animaux sauvages africains de Nick Brandt. C’est un endroit que j’apprécie beaucoup, abrité dans un bâtiment industriel (ancienne douane portuaire) en brique rouge du début du XXème siècle dessiné par l’architecte suédois Ferdinand Boberg. La vue depuis le restaurant sur Gamla Stan et Skeppsholmen est magnifique en toute saison et on y mange très bien !

Le mot de la semaine : « ringaren »

« Ringaren » est un substantif issu du verbe « ringa » = sonner (les cloches, à la porte, téléphoner etc…). « Ringaren » peut donc se traduire par « sonneur ». Dans le contexte de ce billet du mot de la semaine, il s’agit du sonneur de Notre-Dame, Quasimodo.

en ringare [ène ringaré] = un sonneur

ringaren [ringarène] = le sonneur

ringare [ringaré] = des sonneurs

ringarna [ringar(e)na] = les sonneurs

(le segment -ing se prononce comme dans ”camping”)

L’Opéra Royal de Stockholm a mis en scène le héros de Victor Hugo dans un ballet néo-classique très réussi. La production est essentiellement suédoise. Le chorégraphe Pär Isberg (suédois, né en 1955) et le compositeur Stefan Nilsson (suédois, né en 1955, a aussi écrit de nombreuses bandes originales de films) semblent avoir travailler en parfait symbiose pour parvenir à communiquer au public, par l’intermédiaire des pas de danse et de la musique, l’histoire et les sentiments des différents personnages. Il n’était pas nécessaire de connaître l’histoire à l’avance pour comprendre ce qui se passait sur la scène, et le tout sans un seul mot…

© Alexander Kenney/Kungliga Operan

La scénographie, dûe à Bo-Ruben Hedwall (suédois, né en 1938) et les costumes, dûs à Jérôme Kaplan (français, né en 1964), s’intégraient parfaitement. Dans le domaine scénographique, j’ai particulièrement aimé la manière de faire vibrer le décor pour simuler les cloches qui sonnent. Tous les costumes étaient magnifiques – inspiration moyenâgeuse mélangée à un style relativement moderne – mais ceux qui m’ont le plus impressionnée étaient les gargouilles : l’effet donné par leurs silhouettes à la fin du ballet était magnifique !

© Alexander Kenney/Kungliga Opera

J’ai vu ce ballet vendredi ; ce soir-là, AdiLiJiang Abudureheman dansait à merveille le rôle de Quasimodo et Nadja Sellrup celui d’Esmaralda. Leur pas de deux dans le clocher, après que Quasimodo ait sauvé Esmaralda de l’exécution, était très émouvant !

© Hans Nilsson/Kungliga Operan

(Les photos sont issues du site de l’Opéra Royal.)

Le mot de la semaine : « besvikelse »

La vie n’est pas toujours facile et parfois, elle déçoit énormément…

Il y a quelque temps, j’avais fait part de mon intérêt à participer à une étude scientifique lancée par l’Institut Karolinska qui a pour but d’analyser les effets de la relaxation et de la musculation sur 40 patientes atteintes de fibromyalgie.

Après un premier contact téléphonique et une batterie de questions pour s’assurer que je ne souffrais pas d’autres maladies (rhumatismes, problèmes cardiaques, sclérose etc), on m’avait convoquée à une première visite médicale.

En vue de cette première visite, on m’avait informée que je devais arrêter mon traitement médicamenteux 48 h avant pour ne pas fausser les différents prélèvements qui allaient été faire. Cette visite était à l’origine prévue pour vendredi dernier et comme je partais à Dublin deux jours, je ne m’étais pas chargée de mes médicaments. Mais juste avant le décollage, on me téléphone pour déplacer le rendez-vous au mercredi de cette semaine.

Un fois rentrée de Dublin, je me suis dit que c’était (peut-être ?) un peu bête de reprendre mes médicaments pour trois jours et arrêter de nouveau dès lundi, donc j’ai fait au total une pause d’une semaine.

Je ne vous ferais pas de description en détails des conséquences de cette pause. Toujours est-il que je n’allais pas bien du tout : insomnie, constamment mal au coeur, plus de douleurs que d’habitude … Je sais qu’il ne faut pas arrêter de prendre les médicaments que je prends depuis plusieurs années du jour au lendemain (antidépresseur tricyclique et antiépileptique), mais venant de personnel de santé, je me disais qu’ils savaient de quoi ils parlaient …

Arrive le jour de la visite médicale. La femme-médecin qui me reçoit m’apprend que j’ai été mal informée : je n’aurais dû arrêter que mon médicament anti-douleurs, pas les autres … Elle me présente ses excuses en m’expliquant qu’elle avait délégué aux kinésithérapeutes (qui plus tard vont conduire les séances de muscu) le soin de prendre contact avec les patientes et qu’elles avaient mal interprété les instructions qu’elles avaient reçu au sujet des médicaments … OK, j’ai donc vécu un enfer pendant une semaine pour rien…

La femme-médecin me demande ensuite quelles zones de douleurs sont les plus problématiques pour moi au quotidien. Je les marque sur un croquis du corps humain. Elle remarque que je ne mentionne pas le dos, le long de la colonne vertébrale ; je lui réponds que des douleurs y surgissent de temps en temps, mais que ce n’est pas le plus problématique pour moi. La chercheuse qui dirige cette étude scientifique est intransigeante : des douleurs problématiques le long de la colonne vertébrale sont une condition sine qua non pour être admise dans le panel de patientes. On me remercie donc pour ma participation, mais elle s’arrête là : je ne remplis pas toutes les conditions pour faire partie de l’étude.

Ok, j’ai donc vécu un enfer pendant une semaine pour … rien, absolument rien …

Moi qui comptais sur cette étude pour en apprendre plus sur ma situation du côté santé, moi qui était prête à prendre sur mon temps de travail pour faire de la muscu ou de la relaxation deux fois par semaine, pendant 15 semaines, on me refuse car je n’ai pas mal au ”bon endroit”.

en besvikelse [ène bèss(e)vikèl(e)sé] = une déception
besvikelsen [bèss(e)vikèl(e)sène] = la déception
besvikelser [bèss(e)vikèl(e)sère] = des déceptions
besvikelserna [bèss(e)vikèl(e)sèr(e)na] = les déceptions

PS : J’ai repris mes médicaments depuis mercredi soir et mon état s’améliore petit à petit, je dors de nouveau et c’est définitivement le plus important.

Le mot de la semaine : « på Irland »

NB : J’ai rédigé cet article à l’aide de mon iPhone et les possibilités de redimensionnement des photos sont limitées, comme vous le remarquez. Le problème est en cours de résolution.

L’Irlande est une île – « en ö » [ène eu] – et en suédois, on dit qu’on est ”sur une île” = « på en ö » [pau ène eu], même si l’île est un pays. On ne dit donc pas qu’on est ”en” Irlande mais ”sur” l’Irlande = « på Irland » [pau irelande].
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Mardi soir, je me suis envolée pour Dublin avec cinq de mes collègues pour un voyage d’études de deux jours. Petite correction : nous avons bien travaillé mercredi avec nos collègues de la National Gallery et jeudi matin, nous nous sommes baladé en ville et avons fait du shopping avant de repartir dans l’après-midi (pendant que notre chef retournait travailler à la National Gallery).

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Ce voyage dépassa nos attentes : le contact est très bien passé avec nos collègues irlandais et les échanges furent très enrichissants ; le temps était parfait (pas une goutte de pluie, ni trop chaud ni trop froid, et même un beau soleil au moment de notre départ) ; les Irlandais sont des gens plein d’humour, facile à approcher, polis et aimables. J’ai aimé l’architecture dublinoise où la brique domine, les portes multicolores, le mélange réussi d’ancien et de moderne, les lampadaires à volutes, les fenêtres à vitraux, …

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Nous sommes arrivés relativement tard mardi soir à Central Hotel (Exchequer Street) où nous logions. Après avoir déposé nos valises dans nos chambres respectives, nous nous sommes affalé dans les fauteuils et canapés cosy de Library Bar, au-dessus de la réception, pour achever tranquillement la journée. Mes collègues ont pris des bières, j’ai jeté mon dévolu sur un jus de cranberries et une tisane à la camomille.

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Mon appréciation de cet hôtel : beau bâtiment, beaucoup de boiseries, moquettes partout, à l’exception de la salle de bains. Ma chambre donnait sur une rue plutôt bruyante la nuit (les visiteurs sortant des pubs tard le soir étaient relayés par les éboueurs et autres camions) et un peu trop chauffée à mon goût, mais le lit était confortable. Le petit déjeuner par contre était une grosse déception, qui ne valait pas du tout les 10 € requis. :-@

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Mercredi matin, nous nous sommes rendus à pied à la National Gallery. (Nous nous sommes d’ailleurs déplacés seulement à pied, à l’exception du transfert depuis et vers l’aéroport – mes pieds s’en souviennent …) Nous avons discuté avec nos collègues des changements auxquels nos deux musées font face actuellement, changements dûs aux projets de rénovation.
À midi, nous avons déjeuné au café Bewleys (Grafton Street), pour ma part un sandwich ”bap” au poulet (servi avec des chips).
L’après-midi, nous sommes retournés à la National Gallery pour visiter les collections irlandaises et européennes.

Nous avons ensuite visité la célèbre bibliothèque de Trinity College : on ne pouvait pas passer à Dublin sans voir le Book of Kells ; la Long Room était impressionnante dans sa longueur, hauteur et par le nombre de livres qu’elle contenait ! (Il était interdit de prendre des photos, mais une recherche sur Google vous donnera une idée. De même pour le Book of Kells.)

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Avant d’aller dîner, nous avons pris une bière au pub The Stag’s Head (Dame Lane) – une Guinness pour moi, bien sûr !

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On nous avait recommandé de dîner au Pig’s Ear pour manger ”irlandais”, mais sans réservation au préalable, il nous fut impossible d’y entrer. Nous nous sommes rabattus sur le restaurant Fallon & Byrne, à deux pas de l’hôtel, et nous ne l’avons pas regretté ! Pour ma part, je me suis régalée de cannellonis à la courge gratinés au fromage de chèvre dans un velouté de blettes et d’épinard et d’un ”Knickerbocker Glory” en guise de dessert (fruits frais, glace à l’amaretto et crème chantilly). Nous avons achevé la soirée dans un autre pub – et un Bailey’, un !

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Jeudi matin, nous n’avons pas répété notre erreur de la veille ; nous sommes retourné à Fallon & Byrne pour une petit déjeuner certes moins conséquent, mais tout aussi rassasiant, moins cher et bien meilleur : un bol de granola déliceux, avec du yaourt et des fruits frais, et du thé. Puis nous nous avons fait du shopping dans Grafton Street et Nassau Street.

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Avant de repartir vers l’aéroport, nous avons déjeuné au Pygmalion Café, dans Powerscount Center, où je me suis régalée d’une salade de jeunes pousses d’épinard et de cranberries. Je suis retournée à Fallon & Byrne pour m’acheter une tarte à la rhubarbe pour mon goûter à bord de l’avion (accompagné d’une tasse de thé Ryanair).

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Le mot de la semaine : « äntligen! »

Chaque année, à l’annonce du prix Nobel de littérature, il y a toujours quelqu’un dans la horde de journalistes qui se presse à l’Académie suédoise, pour crier « äntligen! » [èn(e)tligène] = enfin !, quelque soit le nom du lauréat.

Traduction en français : Le prix Nobel de littérature pour l’année 2011 est attribué à Tomas Tranströmer « car par des images denses, limpides, il nous donne un nouvel accès au réel ».

Cette année, personne n’a crié « äntligen », mais vous entendez les cris de joie de l’assistance à l’annonce du nom de Tomas Tranströmer. Vous voyez aussi le grand sourire qu’affiche le secrétaire perpétuel, Peter Englund, qui applaudit lui-même.  🙂 Car cela fait longtemps que nombre de Suédois trouvent que Tomas Tranströmer mérite ce prix suprême de littérature. C’est maintenant chose faite — et il était temps.

Donc, même si personne n’a crié « äntligen », c’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit quand j’ai appris la nouvelle et je ne suis sûrement pas la seule à l’avoir pensé. J’avoue n’avoir rien lu de lui, mais tout le monde dit que sa poésie est si facile à lire que je vais peut-être m’y essayer.

D’aucuns diront que c’est encore un homme, encore un européen, encore un Suédois. Mais la vérité est que cela fait 27 ans qu’on a décerné le prix Nobel de la littérature à des Suédois; il s’agissait alors d’Eyvind Johnson et Harry Martinson en 1974. Eyvind Johnson était en plus membre de l’Académie suédoise et la critique ne s’est pas fait attendre. Depuis, il semble que l’Académie suédoise ait eu peur de décerner le prix Nobel à un Suèdois.

Pour en savoir plus sur Tomas Tranströmer [toumasse trans(e)treumeure], je vous renvois à la notice bibliographique disponible en français sur le site de l’Académie suédoise.

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Photo Wikipedia/Andrei Romanenko

Veckans ord: ”äntligen!”

Varje år, när Nobelpriset i litteratur offentliggörs, finns det alltid någon i journalistskaran som tränger sid på Svenska Akademin, för att skrika ”äntligen!”, oavsett namnet på pristagaren.

I år skrek inga ”äntligen!” men glädjeropen hörs tydligt från publiken när Tomas Tranströmer nämns. Peter Englunds leende ser större ut än vanligt och han applåderar själv Akademins val. För visst är det så att många svenskar har sedan länge tyckt att Tomas Tranströmer var mer än värd detta högsta litteraturpris. Nu är det gjort — och det var på tiden.

äntligen! = enfin !

Så, även om ingen skrek ”äntligen” var det det första ordet som dök upp för mig när jag fick höra nyheten, och jag var säkert inte den enda. Jag måste medge att jag inte har läst något av honom, men alla säger att hans dikter är så lättillgänliga att jag kanske ska prova mig fram.

Somliga kommer att säga: ännu en man, ännu en europé, ännu en svensk… Men faktum är att det var 27 år sedan sist som man tilldelade Nobelåriset i litteratur till två svenskar: det var Eyvind Johnson och Harry Martinson som fick äran år 1974. Eyvind Johnson var dessutom medlem av Svenska Akademin, och kritiken lät sig inte väntas. Sedan dess verkar det som att Svenska Akademin har varit rädd för att tilldela priset till en av sina medlem.

Foto Wikipedia/Andrei Romanenko

 

Fransk version här

 

Le mot de la semaine : « lust »

Il y a des jours avec et des jours sans…

Aujourd’hui est un jour sans et le pire, ce dimanche, c’est ne pas seulement que l’inspiration me manque, mais aussi l’envie (et l’un a sûrement un rapport avec l’autre).

att ha lust [ate ’ha luste] = avoir envie

att inte ha lust [ate inté ’ha luste] = ne pas avoir envie

jag har inte lust [jâgue ’har inté luste] = je n’ai pas envie

jag hade inte lust [jâgue ‘hadé inté luste] = je n’avais pas envie

jag kommer inte att ha lust [jâgue komeure inté att ’ha luste] = je n’aurai pas envie

Espérons que la « lust » me sera revenue dimanche prochain …

en lust [ène lust] = une envie

lusten [lustène] = l’envie

Le mot de la semaine : « inställd »

Vous vous souvenez de l’exposition sur laquelle je travaillais et dont je parlais l’an dernier ? Je disais à la fin du poste qu’elle partirait ensuite au musée de l’Ermitage. Bon, elle n’y est pas allée, donc je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir Saint-Pétersbourg. Mais elle a actuellement droit à sa version française : Destins souverains, présentée en parallèle sur deux sites : le premier volet Napoléon 1er, le Tsar et le Roi de Suède au palais de Compiègne, et le deuxième traitant de Joséphine, la Suède et la Russie au château de Malmaison. Les expositions ouvrent ce week-end et se poursuivent jusqu’au 9 janvier 2012.

Nous étions bien entendu invités à l’inauguration (« invigning ») en grande fanfare à Compiègne, dans la soirée du jeudi 22 septembre. L’inauguration officielle de l’exposition de Malmaison étant le mardi 27 septembre, nous avons pu assisté à une visite privée, le lendemain matin.

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Mais ce voyage ne fut pas sans encombre …

Nous devions partir avec le vol SAS de 10h35 jeudi dernier. C’est en arrivant à l’aéroport deux heures avant le décollage que j’ai appris que le vol était annulé pour des raisons techniques. On a finalement réussi à être recasé sur le vol Air France de 14h25 qui nous faisait atterrir à Roissy à 17h05 … quand nous étions attendus à Compiègne au plus tard à 17h45 …

ställa in [stèla ine] = annuler

ställas in [stèlas ine] = être annulé (forme passive)

inställd [in(e)stèlde] = annulé

Remarquez le changement de place de la particule in lors de la formation de l’adjectif.

J’avais compté sur quelques heures de battement pour me reposer un peu à l’hôtel, prendre une douche, me maquiller et me changer. L’hôtel s’est transformé en toilettes —heureusement que celles d’Arlanda sont relativement spacieuses et toutes dotées d’un lavabo et d’un miroir. Les heures d’attente à l’aéroport m’ont permis d’échanger quelques mails urgents avec une collègue du palais de Compiègne pour résoudre la situation au mieux, c’est-à-dire organiser notre transfert dans un taxi pour 5 personnes qui nous conduisent rapidement à notre destination du soir, le but étant d’arriver avant les invités de marque de l’événement : le couple royal de Suède, ni plus ni moins.

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Nous y sommes parvenus, mais notre entrée ne fut pas aussi discrète que nous l’aurions voulu : courir en talons, valises en main, sur les pavés du parvis et de la cour du palais, ce n’est pas du forcément du plus élégant… La soirée s’est finalement bien passée et j’étais très contente de voir l’exposition qui, par rapport à celle du Nationalmuseum l’an dernier, était plus aérée, plus épurée.

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Le lendemain, nous quittions Compiègne en taxi tôt le matin pour rejoindre Malmaison au plus tard à 9h30. Me croirez-vous si je vous raconte que nous sommes tombés en panne sur l’autoroute à mi-chemin ? C’est pourtant la vérité ! Et cette fois-ci, nous sommes arrivés à destination largement en retard, après le couple royal (mais qui n’a sûrement rien remarqué), après 10h…

L’ambiance entre mes collègues étaient malgré tout très bonne et nous préférions plaisanter en nous imaginant débarquer au château de Malmaison à bord du taxi hissé sur une dépanneuse ! 😀 Rassurez-vous : la dépanneuse est bien arrivée, mais aussi un autre taxi à bord duquel nous avons pu continuer notre trajet.

L’exposition à Malmaison est très bien intégrée dans les pièces du château et complétait magnifiquement les collections permanentes du château.

Inutile de vous dire que le week-end était le bienvenu ! Week-end que j’ai passé avec plaisir en famille. 🙂 Espérons que mon vol de lundi matin de retour sur Stockholm ne sera pas « inställd » …