Kategoriarkiv: Le mot de la semaine 2008—2013

Le mot de la semaine : « grillfest »

Le terme « grillfest » peut dérouter quelque peu les Français, car un barbecue n’est pas forcément une fête, surtout en été où ils peuvent être presque quotidiens si le temps s’y prête (mais peut-être peut-on faire la fête tous les jours ? 😉 ). Ou alors c’est parce que la météo suédoise n’est peut-être pas tous les jours propices à faire un barbecue, que quand on en a l’occasion, c’est la fête ? 😉

Toujours est-il que c’est le seul terme suédois existant pour désigner le barbecue en tant qu’événement (le barbecue en tant qu’objet s’appelle « grillen » [grilène]). Vous reconnaitrez sans problème la racine « grill- » qui vient du verbe « grilla » et qui signifie tout simple « (faire) griller ».

en grillfest [ène grilefèste] = un barbecue

grillfesten [grilefèstène] = un barbecue

grillfester [grilefèstère] = des barbecues

grillfesterna [grilefèstèr(e)na] = les barbecues

Une « grillfest » peut vraiment être l’occasion de mettre à l’épreuve le caractère des Suédois qui défient volontiers les humeurs changeantes de la météo. Comme je vous l’ai dit la semaine dernière, nous étions invités à un barbecue il y a deux semaines. Il était prévu quelques averses, mais les jours précédents nous avaient aussi appris à ne pas trop nous fier aux bulletins météorologiques.

La table était dressée à l’extérieur, à l’abri de quelques pommiers et poiriers. Le soleil brillait dans un ciel parsemé de quelques nuages pour le moins menaçant. Nous ne nous sommes pas découragés du tout quand quelques gouttes tombèrent légèrement. Il suffisait de déployer un parapluie au-dessus du barbecue pour l’empêcher de s’éteindre et nous pouvions ainsi continuer à griller la plus grande partie du repas : des boulettes de viandes et des saucisses pour les enfants, du chorizo pour les adultes, des steaks hâchés, des côtelettes de porc, des brochettes de légumes et du fromage halloumi.

Ce n’est qu’au moment où nous allions tous nous rassembler autour de la longue table que les nuages se sont fait plus menaçant et lâchèrent une belle averse. À l’abri de quelques parapluies, nous espérions un moment que ce ne serait que passager, comme les légères averses précédentes. Que nenni ! Nous fûmes donc obligés de battre en retraite et de chercher refuge dans la « stuga ». Elle n’était toutefois pas suffisamment grande pour abriter un groupe d’une quizaine de personnes et nous nous répartîmes donc entre la pièce principale et la terrasse protégée d’un toit en tôle plastique.


Il est inutile de préciser que la pluie a cessé une fois l’opération de retraite finie … Ceci est une scène typiquement suédoise : on espère avoir du beau temps, on ne s’avoue pas vaincu à la première goutte de pluie venue, puis on se résigne enfin à se mettre à l’abri et ensuite, il ne tombe plus une seule goutte de toute la journée, mais tout est tellement trempé qu’on ne peut pas profiter de la verdure. C’est une situation finalement assez cocasse dont les Suédois rigolent volontiers. Ils le prennent avec désinvolture et c’est ainsi qu’on peut passer un après-midi dans la bonne humeur malgré tout. 🙂

Le mot de la semaine : « kolonilott »

Dimanche dernier, mon « sambo » et moi étions invités à un barbecue par un couple d’amis franco-suédois qui possèdent un jardin ouvrier (ou jardin familial) à Årsta, à Dianelund, dans le sud de Stockholm.

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Le lieu était tout simplement idyllique, situé au bord de la rive du lac Mälaren. Les jardins s’y succèdent les uns aux autres le long d’un chemin de terre. Chaque parcelle à sa « stuga » (cabane ou petite maison), le plus souvent rouge et aux pignons et cadres de fenêtres peints blancs.

Ces parcelles ont des caractères très différents en fonction des goûts de leurs propriétaires : certaines ont des gazons, des buissons et des plantations très bien entretenus, d’autres ont un caractère un peu plus naturel pendant que quelques-unes sont en passe de retourner à l’état sauvage …

Les petites maisons de ce lotissement de jardins datent des années 1930. À cette époque d’entre-deux guerres, la ville de Stockholm louait à bail des parcelles de terrain aux habitants pour leur donner la possibilité de subvenir, en partie, à leurs propres besoins en fruits et légumes. Aujourd’hui, le côté utile de ces jardins est souvent combiné au côte esthétique avec la culture de fleurs. Nos amis ont plusieurs pommiers et un poirier sur leur terrain. La récolte annuelle de pommes est tellement abondante qu’ils sont obligés d’en donner à leurs amis.

La possession d’unjardin ouvrier/familial est très répandue et populaire, d’aucuns diront même que cela fait partie du patrimoine culturel suédois. Il faut parfois attendre une dizaine d’années avant d’avoir la possibilité d’acheter une parcelle, qui bien souvent reste dans la famille longtemps. C’est ainsi que des traditions de culture (dans les deux sens du terme) se transmettent de génération en génération.

Historiquement, les « kolonilott » suédois les plus anciens remontent à la fin du XIXème siècle. Le concept se répandit rapidement et en 1916, 37 villes suédoises en étaient dotés. Aujourd’hui, il y a environ 300 associations de jardins ouvrier/familiaux en Suède.

Le terme de « kolonilott » en lui-même a, pour une fois, une étymologie latine et vient de colōnia, colōnus = colonie, colons.

en kolonilott [ène kolonilote] = un jardin ouvrier/familial

kolonilotten [kolonilotène] = le jardin ouvrier/familial

kolonilotter [kolonilotère] = des jardins ouvriers/familiaux

kolonilotterna [kolonilotèr(e)na] = les jardins ouvriers/familiaux

Le mot de la semaine : « midsommar »

La nuit la plus courte de l’année

La grande fête de l’été suédois est « midsommar » [midsomare] qui célèbre le soltice d’été. Le solstice d’été tombe en général aux alentours du 20-21 juin, mais on fête « midsommardagen » [midsomaredagène] toujours un samedi, entre le 20 et le 26 juin ; c’est un « röddag », un jour férié. Le jour de fête en lui-même est en fait la veille, « midsommarafton » [midsomaraftone], donc un vendredi, qui n’est pas officiellement un jour férié, mais la plupart des Suédois sont quand même libres ce jour-là. Cela donne ainsi l’occasion d’un week-end de trois jours, qui souvent inaugure la période des congés payés en Suède.

De nombreux Suédois aiment partir à la campagne ou dans l’archipel (de Stockholm ou de Göteborg par exemple) pour fêter « midsommar ». Les villes se dépeuplent très clairement ce week-end-là, même si on peut aussi se rendre dans les parcs de la capitale par exemple, ou dans l’éco-musée Skansen pour une célébration traditionnelle.

Que la « midsommar » coïncide plus ou moins avec la Saint-Jean n’est pas un hasard. Tout comme Noël, « midsommar » est une fête païenne qui fût christanisée par l’Église au IVème siècle après J.-C. Mais sa célébration n’a rien de religieux.

« Midsommarstången »

Le « midsommarstång », mât de « midsommar », à la forme d’une croix avec deux anneaux aux extrémités de l’axe horizontal. Revêtu de feuilles de bouleau et de fleurs, ce mât est bien sûr un symbole de fécondité. Il semble que — tout comme l’arbre de Noël — ce soit une tradition d’origine germanique du XIV-XVème siècles. On l’appelle aussi « majstång » [maillestongue], ce qui n’a rien à voir avec le mois de mai (« maj »), mais avec le fait de le garnir de verdure : « maja = löva », de « löv » = feuille.

Il est aussi de coutume de tresser des couronnes de fleurs que les femmes et enfants surtout mais aussi les hommes portent.

Autour du mât de « midsommar », on effectue des danses traditionnelles suédoises, parfois en costume traditionnel. Quelques danses, comme celle des petites grenouilles (« Små grodorna » [smau groudourna]) sur l’air de ”Au pas camarade” (!), sont enfantines, mais les adultes s’y adonnent aussi volontiers. 🙂

Les célébrations de « midsommar » les plus traditionnelles sont celles de Dalécarlie. Le peintre Anders Zorn (1860–1920), originaire de Mora, a immortalisé les danses de « midsommar » dans cette peinture de 1897.

Midsommardans

”Midsommardans”. Huile sur toile, 140 × 98 cm.
Nationalmuseum, Stockholm, NM 1603
Don en 1903 de l’Académie royale des arts de Suède avec la contribution de
Pontus Fürstenberg, négociant, et son épouse Göthilda.

Croyances populaires

Autrefois, on recommandait de ne pas se baigner la nuit de « midsommar » pour ne pas risquer de faire la rencontre fatidique du nixe, esprit des eaux masculin.

Les jeunes filles qui cueillaient sept (ou neuf) sortes de fleurs différentes, de préférence au croisement de deux chemins, et les glissaient sous leur oreiller, pouvaient la nuit rêver de leur prince charmant. Sauter par-dessus neufs barrières pouvaient augmenter les chances de rêves prémonitoires.

À table

Pas de fête sans repas ! Le repas traditionnel de « midsommar » comprend, outre les boulettes de viande présentent à tous les repas de fêtes suédois, différentes sortes de harengs marinés, des pommes de terre nouvelles à l’aneth et en guise de dessert, un gâteau aux fraises, de préférences suédoises. Le tout est bien sûr arrosé de snaps ou aquavit. La boisson la plus courante est sinon la bière.

Le mot de la semaine : « överintendent »

Depuis le début de l’année, nous savions que la ”grande chef” du Nationalmuseum, « överintendenten » Solfrid Söderlind, quitterait son poste à la fin de l’année. C’est le gouvernement suédois qui nomme les directeurs des musées nationaux suédois et nous espérions savoir qui serait son successeur avant « midsommar ». C’est maintenant chose faite : jeudi dernier, nous étions appelés à nous rassembler dans l’auditorium du musée pour une réunion générale exceptionnelle, à 10h, au cours de laquelle le nom du prochain « överintendent » nous a été révélé, à l’heure même où le conseil des ministres se rassemblait pour prendre la décision officielle de nommer … Berndt Arell à la tête du Nationalmuseum, du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2017. (Ce poste peut ensuite être prolongé de trois ans, deux fois de suite ; cela fait donc un maximum de 12 ans.)

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(©Statens konstmuseum i Finland/Centralarkivet för bildkonst/Pirje Mykkänen)

Ce nom m’était totalement inconnu jusqu’à ce que je l’entende. Berndt Arell [bèrnte arèle] est Finlandais suédophone. Né le 26 décembre 1959 à Ekenäs (Tammisaari en finlandais), il détient un master en histoire de l’art de l’Académie d’Åbo (Turku en finlandais). Il a une longue carrière muséale derrière lui : il a été conservateur au Musée régional d’Ostrobotnie, à Vaasa (1985-1989), directeur du Musée d’art de Turku (1991-1993 et 1997-1999), directeur des exposition au Nordic Art Centre (1993-1996) à Helsinki, fondateur et directeur du Musée nordique de l’aquarelle (1999-2001) à Skärhamn, près de Göteborg, en Suède, directeur du musée des Beaux-Arts d’Helsinki (2001-2006), chief executive officer (CEO) du Conseil des Arts de Finlande (2009), directeur du Musée d’art contemporain d’Helsinki, Kiasma (2007-2010), et depuis 2010, directeur du Fonds culturel suédois à Helsinki.

Pour la petite histoire, il s’est converti au à l’orthodoxie, a trois enfants d’un mariage précédent et vit depuis 2002 en union civile avec Arto Vaahtokari, professeur à l’université d’Helsinki.

Tous ces antécédents, ces contacts entre les arts classiques et contemporains, et ceux entre deux pays nordiques au passé lourd d’histoire, font de lui une personne intéressante, je trouve, et j’espère qu’il apportera un peu de sang nouveau dans notre organisation, d’autant que nous serons à ce moment en pleine période de rénovation et de renouveau.

L’« intendent » [inetènedènete] suédois est l’équivalent du conservateur/conservatrice français, en général chargé des collections (ou d’une partie des collections) d’un musée. Le titre d’« överintendent » s’applique aux directeurs/directrices des musées nationaux suédois. En français, on pourrait également dire conservateur en chef (« över- » = supérieur). Au quotidien, mes collègues et moi disons « ÖI » [eu-i].

en överintendent [ène euveurinetèndènte] = un directeur de musée national

överintendenten [euveurinetèndèntène] = le directeur

överintendenter [euveurinetèndèntère] = des directeurs

överintendenterna [euveurinetèndèntèr(e)na] = les directeurs

Voici la liste des précédents « överintendenter » du Nationalmuseum de Stockholm :

1792-1083 : Carl Fredrik Fredenheim

1803-1805 : Fredrik Magnus Piper, architecte

1805-1813 : Abraham Niclas Edelcrantz, lui aussi né en Finlande, à Åbo/Turku

1813-1836 : Fredrik Samuel Silfverstolpe

1836-1844 : Fredrik Blom, architecte

1844-1858 : Mikael Gustaf Anckarsvärd, dessinateur et lithographe

1858-1864 : Gustaf Söderberg

1864-1866 : Nils von Dardel, peintre

Piper – Edelcrantz – von Dardel (autoportrait)

1866-1880 : Johan Christoffer Boklund, peintre

1880-1900 : Gustaf Upmark, historien d’art

1900-1915 : Ludvig Looström

1915-1919 : Richard Bergh, peintre

1919-1925 : Erik Folcker

 

Boklund – Bergh – Folcker (eau-forte de Carl Larsson)

1925-1942 : Axel Gauffin

1942-1950 : Erik Wettergren

1950-1958 : Otte Sköld, artiste

1958-1969 : Carl Nordenfalk

1969-1979 : Bengt Dahlbäck

1980-1989 : Per Bjurström

1989-2001 : Olle Granath, critique d’art

2001-2003 : Hans Henrik Brummer, historien d’art

2003-2012 : Solfrid Söderlind, historienne d’art, première « överintendent »-femme

Granath – Brummer – Söderlind (©Per-Åke Persson/Nationalmuseum)

Berndt Arell sera ainsi le 23ème directeur du Nationalmuseum.

Nationalmuseum, fasaden

(©Hans Thorwid/Nationalmuseum)

Le mot de la semaine : « värme »

Cette semaine, nous avons eu des températures largement au-dessus de la normale. De mes 12 ans en Suède, je ne me souviens pas avoir eu si chaud dès début juin. L’été est définitivement en avance par rapport aux années précédentes. Mais on ne s’en plaint pas vraiment non plus. 🙂

Cela fait un petit moment que je prends ma gamelle pour manger au bord de l’eau à midi, depuis cette semaine, je sors du bureau sans manteau, mais avec les lunettes de soleil. Cette semaine, j’ai pu aussi partir de chez moi, le matin, pour aller au boulot, sans veste. J’ai déjà pique-niqué, à l’ombre, mais j’ai aussi pris des coups de soleil en terrasse.

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Depuis vendredi, je suis constamment bras nus. La nuit, j’essaye de faire courant d’air entre le balcon et la chambre ; les températures nocturnes ne descendent plus en-dessous de 20 degrés. Ma consommation de glace a sérieusement augmenté et j’apprécie de boire mon thé froid. Et mes petites graines commencent à montrer le bout de leur petit nez vert. 🙂

Il a fait même plus chaud au nord de la Suède qu’à Stockholm, avec 32 degrés hier à Överkalix, à 50 km de la frontière avec la Finlande !

en värme [ène vèrmé] = une chaleur

värmen [vèrmène] = la chaleur

Le temps est pourtant au changement, et c’est peut-être aussi bien. Il devrait pleuvoir la semaine à venir et les températures vont baisser un peu. Mais aux alentours de 20 degrés, c’est tout à fait acceptable pour des latitudes suédoises.

Le mot de la semaine : « frö »

La Suède est gâtée en ce moment : long week-end de 5 jours et soleil et températures estivales. De quoi en prendre la notion du temps, de sorte que j’ai oublié d’écrire hier, comme tous les dimanches… :-/ Mais j’espère que mes fidèles lecteurs me le pardonneront : aujourd’hui est un peu comme un dimanche aussi. 😉

Pourquoi un week-end de 5 jours ? Il a commencé jeudi dernier avec l’Ascension, puis le pont vendredi, samedi et dimanche, et il s’achève aujourd’hui, lundi 6 juin, avec la fête nationale suédoise. 

Et qu’ai-je fait de ce long week-end ? Je me suis reposée, me suis couchée tard, me suis levée tard, ai tricoté un peu, ai profité du beau temps, passé plusieurs heures au soleil et à l’ombre, et puis j’ai un peu jardiné sur le balcon.

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Je suis très en retard cette année, mais vu le beau temps, je tente l’expérience du ”balcon à effet de serre”. Je n’ai rien planté, mais j’ai semé. Mais je n’avais pas la force de jeter toute la terre que j’ai dans les jardinières et les pots pour la remplacer avec du terreau de semis. J’ai donc mélangé ma vieille terre au compost alimentaire de la copropriété, puis j’ai étalé par-dessus une fine couche de terreau pour plantes fleuries, qui est sûrement un trop riche pour des petites graines, mais j’espère que ça marchera.

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« Graine » en suédois se dit « frö » et a une étymologie particulière : on retrouve ce mot dans toutes les langues nordiques — en danois frø, en norvégien fræ, frjo, frø, en islandais frjó, fræ — et il aurait la même origine que l’anglais fry, dans le sens de petit poisson ou œuf de poisson.

 

ett frö [ète freu] = une graine

fröet/fröt [freuète/freute] = la graine

frön [freune] = des graines

fröna [freuna] = les graines

Cette année, j’ai semé des œillets d’Inde = « tagetes » [taguétèsse], du thym = « timjan » [timyane], de l’origan = « oregano » [oréganô], de l’aneth = « dill » [dile], de la sauge = « salvia », de la marjolaine = « mejram » [méyerame], de la menthe = « mynta » [muneta], de la mâche = «machésallat », de la lavande = « lavendel » [lavènedèle] et des tournesols = « solrosor » [soulerousour]. Plus tard, quand mes plantes comestibles commenceront à faire surface, je sèmerais un peu d’herbe de décoration pour mettre un peu plus de verdure.

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Le mot de la semaine : « tak »

À prononcer [tâque] et non pas [taque] qui correspond au mot « tack » et signifie « merci ». La différence est primordiale puisque « tak » désigne le toit.

ett tak [ète tâque] = un toit

taket [tâquète] = le toit

tak [tâque] = des toits

taken [tâquène] = les toits

Vous vous souvenez de l’article d’une de mes découvertes du Stockholm souterrain ? Aujourd’hui, il s’agit du Stockholm aérien, « ovan jord » [ôvane yourde]. Le quotidien Dagens Nyheter offrait ce dimanche à ses abonnés de visiter de lieux qui permettaient d’admirer Stockholm depuis des toits situés pour la plupart à plusieurs centaines de mètres d’altitude. Cela nécessite d’escalader quelques escaliers, ou de prendre un ascenseur dans le meilleur des cas.

Pour avoir une vue sur tout Stockholm, c’est à Kaknästornet [kaknèss(e)tournète] qu’il faut se rendre. Bien qu’elle soit située à 20 min en bus du centre de Stockholm, à Gärdet, grand espace vert de la capitale, la vue sur la Venise du Nord y est incomparable. Pour accéder au 30ème étage, à 155 mètres d’altitude, on est reconnaissant d’avoir accès à l’ascenseur. 😉

Sur Kastellholmen, la petite île reliée à Skeppsholmen par un pont, depuis le sommet de Kastellet, à 20 mètres de hauteur, la vue sur les îles environnantes est charmante, Djurgården, Södermalm et Gamla Stan, et entourée de verdure.

L’ascension la plus impressionnante fut celle du clocher de l’église Hedvig Eleonora, dans Östermalm, dont l’escalier devenait de plus en plus étroit au fur et à mesure que l’on montait. La plus grosse cloche pèse 4 bonnes tonnes et fut installée au sommet au XVIIIème siècle. La descente fut plus lente.

La vue sur le centre de Stockholm depuis le toit de Konserthuset dévoile la ville sous son aspect le plus moderne, avec ses grandes artères, ses panneaux néons clignotants, ses gratte-ciels, ainsi que quelques toits écologiques. Le seul problème est que la visite était limitée à 15 min, dont 5 min pour monter et 5 min pour descendre. Cela ne laisse que 5 min pour prendre des photos …

Le mot de la semaine : « fakturor »

En ce moment, au boulot, je suis dans une période de facturation (« fakturering »). Les administrations publiques et les ambassades suédoises payent un somme à l’année en fonction du nombre et de la qualité des œuvres qu’elles empruntent à long terme ; ce sont ces factures qui dominent en ce moment. Et les musées qui empruntent à court terme payent des frais administratifs, de conservation et de transport ; ces factures sont étalées au cours de l’année.

Ça fait beaucoup de nombres et de chiffres à rentrer dans le logiciel de gestion : numéro de client, numéro de TVA européenne pour chaque nouveau client, numéro d’article, nombre d’articles, prix à l’unité, numéro d’ordre, numéro de facture, date de facturation… Cela peut paraître ennuyant, et j’avoue que je n’apprécierais sûrement pas de ne faire que des factures, mais de temps en temps, ça me convient. Ça se fait relativement rapidement, et si en plus le client accepte les factures électroniques, j’échappe à la corvée d’enveloppe (mais la e-facture met six minutes avant d’être disponible dans le système — on ne peut pas tout avoir).

Mardi prochain, c’est le 25 mai, jour de paye pour de nombreux Suédois, entre autres ceux qui sont dans la fonction publique. Ce sera donc pour moi l’occasion de faire l’opération-facture, mais dans l’autre sens : je paierai les miennes. En Suède, le chèque est quasi inexistant. On paye ses factures par « bankgiro » [banqueyiro] ou « postgiro » [posteyiro]. Toutes les banques suédoises offrent depuis de nombreuses années leurs services via internet. On se connecte à sa banque puis on rentre le numéro de compte bancaire du destinataire, la somme à payer, la date d’échéance de la facture ainsi que le numéro « OCR », un numéro de référence unique à chaque facture.

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Le numéro OCR est souvent très long et c’est ce qui rend les e-factures (« e-faktura ») beaucoup plus appréciables (à part le fait qu’on doit les payer…) En effet, certaines factures peuvent être envoyées de manière électronique directement vers le compte en banque du client, qui n’a ensuite qu’à l’approuver : tout est déjà rempli, il suffit de cliquer sur OK et elle sera payée à temps. Les fournisseurs économisent ainsi en papier, enveloppe et frais de port. Certains facturent même les factures-papier pour inciter leurs clients à passer aux e-factures.

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On peut aussi payer ses factures suédoises par « autogiro » [aotoyiro] = prélèvement bancaire. Je l’utilise surtout pour les factures régulières à sommes fixes.

en faktura [ène faktura] = une facture

fakturan [fakturane] = la facture

fakturor [fakturore] = des factures

fakturorna [fakturor(e)na] = les factures

Le mot de la semaine : « filmfestival »

Le mot de la semaine n’a sûrement pas besoin d’être traduit à un détail prêt : le mot suédois « film » peut signifier « film » mais aussi « cinéma » dans le sens de d’art. (Si on veut parler de salle de cinéma, on dit « bio », abréviation de « biograf », pour un complexe de cinéma,  ou « biosalong » pour la salle en elle-même.)

en filmfestival [ène filmefèstivale] = un festival de cinéma

filmfestivalen [filmefèstivalène] = le festival de cinéma

filmfestivaler [filmefèstivalère] = des festivals de cinéma

filmfestivalerna [filmefèstivalèr(e)na] = les festivals de cinéma

 

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La 13ème édition du festival de cinéma français, « den franska filmfestivalen », de Stockholm avait lieu du 5 au 15 mai au cinéma Sture, sur Birger Jarlsgatan, dans le qurtier d’Östermalm. Cette année, le choix des films s’est concentré en partie autour de jeunes réalisatrices françaises, que l’on retrouve également comme actrice, comme Isils Le Besco par exemple.

On y présentait les films suivants : Panique au village de Stéphane Aubier et Vincent Patar, Potiche de François Ozon, Incendies de Denis Villeneuve, De vrais mensonges de Pierre Salvadori, La vie au ranch de Sophie Letourneur, Contre toi de Lola Doillon, Un poison violent de Katell Quillévéré, Mes chères études de Emmanuelle Bercot, Bas Fonds de Isild Le Besco, Au fond des bois de Benoit Jacquot, À tout de suite de Benoit Jacquot, Belle épine de Rebecca Slotowski, Complices de Frédéric Mermoud, L’arbre et la forêt de Olivier Ducastel och Jacques Martineau, Pièce montée de Denis Granier-Deferre, Tipping point de Laurence Jourdan et Les mystères de Lisbonne de Raoul Ruiz.

J’ai raté Potiche, mais il sortira en Suède mi-juillet, donc tout n’est pas perdu. J’ai vu De vrais mensonges, Au fond des bois, et L’arbre et la forêt.

J’ai adoré De vrais mensonges ! Il est sorti en Suède vendredi et les critiques suédoises sont malheureusement très négatives : Dagens Nyheter et Svenska Dagbladet ne lui donnent que 2/5… 🙁 L’humour français serait-il incompréhensible pour les Suédois ? Personnellement, je suis plus d’accord avec les critiques du Monde et de Télérama. J’ai trouvé cet humour de situation très intelligent, les dialogues très bien écrits, le tout bien joué et bien filmé ; j’ai particulièrement aimé la scène filmée en ombres chinoises derrière un rideau.

Au fond des bois m’a laissé plus perplexe dans le sens où j’ai encore du mal à savoir quand l’actrice principale suivait son kidnappeur de plein gré ou contre sa force, mais le scénario ne m’a pas laissé complètement indifférente. J’ai préféré les scènes dans la forêt que celles au tribunal et la fin du film m’a laissé sur ma faim, car je la trouve peu probable. Qu’elle veuille présenter son bébé au kidnappeur peut paraître paradoxal, mais il semble qu’elle ressente une certaine sympathie pour lui quand même. Mais que son mari accepte cet enfant, résultat de cette fuite dans la forêt, j’ai du mal à y croire.

J’ai moins aimé L’arbre et la forêt. Le sujet — la reconnaissance officielle par l’état français de l’existence de la déportation des homosexuels dans les camps de concentration nazis, qui arriva bien tard par ailleurs : en 2001 !… — est évidemment important, mais je n’ai pas vraiment accroché à l’histoire, qui pour moi décrit plutôt une famille dysfonctionnelle, dû à l’homosexualité du père soit, mais ce n’était pas suffisant pour me captiver. Néanmoins, j’ai trouvé les personnalités de chaque rôle très bien décrites.

Le mot de la semaine : « kasse »

Vous le savez, j’aime faire la cuisine. J’aime organiser aussi et jusqu’à il y a quelques semaines, je prévoyais mes menus de la semaine pour mieux planifier mes achats. J’aime aussi faire les courses. Mais je n’aime pas avoir à ramener plusieurs kilos de provisions tous les week-ends. La solution est donc de … se faire livrer, tout simplement !

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Première livraison

Un nouveau service a le vent en poupe en Suède depuis quelques années : c’est justement la livraison à domicile de provisions. La concurrence est énorme. Rien que dans la région de Stockholm, il y a une bonne dizaine de petites entreprises qui se sont lancées sur ce marché. En voici quelques-unes : Linas matkasse, Middagsfrid (qui propose également des livraisons pour le petit-déjeuner et pour faire du pain), Matkonfort, Ecoviva (exclusivement bio), Mattid, Matlycka, Ätsmart, Framtidens mat, Handlat & klart, Tasteline, Mataffären …

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Soupe aux lentilles corail et salade de brocoli aux poires et aux noix — Saumon poché avec sauce aux oeufs d’ablette, carottes au thym et pommes de terre


Le concept est simple : ces entreprises créent des recettes (en général 5 pour 4 personnes) et livrent les ingrédients pour les réaliser. On peut choisir de se faire livrer toutes les semaines ou toutes les deux semaines et on peut interrompre l’abonnement n’importe quand. La première livraison est souvent à prix réduit, pour attirer les clients bien sûr.

Poulet au romarin avec sauce au poivron et fromage feta et bulgur — Saucisses épicées au bulgur et salsa fruitée — Boulettes de viande d’agneau farcies au fromage feta, pommes de terre au four et ratatouille


J’ai rejoint le mouvement juste avant Pâques. J’avais réfléchi longtemps avant, comparé les prix puis fait une sélection des entreprises les moins chères, avec pour critère que le prix par portion soit de moins de 40 kr. J’ai finalement jeté mon dévolu sur Linas matkasse (= le sac de provisions de Lina). Si je ne suis pas satisfaite, j’ai toujours la possibilité de me tourner vers sept autres entreprises qui rentrent dans mon critère de choix.

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Deuxième livraison


Après deux livraisons, je suis satisfaite et je ne suis pas sûre de vouloir en essayer d’autres, mais on verra à l’avenir. Pour 749 kr par livraison, je reçois à domicile, tous les deux lundis soirs, les ingrédients pour cinq repas pour quatre personnes. Mais les portions sont grosses, et je fais de chaque plats six portions. Cela fait au total trente portions et cela couvre largement nos besoins pour deux semaines, repas du soir et gamelles pour le midi.

Gnocchi fraîches aux haricots rouges marinés et salade tomate-mazzarella — la recette sur l’iPhone et le résultat


Sur les cinq repas, l’un est végétarien ; il y a une recette à base de poisson et les autres sont à base de viande. La livraison est constituée d’un grand sac en papier (« kasse »), avec les denrées les plus lourdes au fond, les légumes par-dessus et les denrées fraîches, qui exigent d’être réfrigérées, dans un sac en plastique qui n’est sorti du frigo qu’au moment de la livraison. La qualité des produits est bonne, dont une bonne partie est d’autant plus bio, les recettes variées et plus ou moins rapides à faire. La plus longue prend au maximum une heure.

Cabillaud à l’huile d’aneth et de citron, chips de jambon prosciutto, asperges et pommes de terre — la recette sur l’iPhone et le résultat


Avec la livraison, on reçoit une ”newletter” contenant la liste des commissions, quelques conseils ainsi que les recettes. Il existe aussi une app pour les ”smartphones”, dont la plupart des photos de cet article viennent. Certaines denrées ne sont pas livrées telles que les épices sèches, l’huile, le vinaigre, le riz etc. J’ai bien sûr besoin de compléter un peu, pour nos petits déjeuners par exemple, mais c’est minime et c’est surtout moins lourd à ramener du supermarché et prend moins de temps. Et puis j’ai changé mon carton de légumes bio d’Ekolådan contre un carton de fruits bio, qui m’est livré tous les deux vendredis.

Poulet au citron et à l’ail avec riz et salade d’épinard — Steacks hachés avec oignon, pommes de terre et airelles — Wok avec mini-maïs, viande de porc marinée au soja et nouilles asiatiques

Un « kasse » est un grand sac, en papier, plastique ou tissu. (Pour une dimension plus petite, on dit « påse » [paussé].)

en kasse [èn kassé] = un sac

kassen [kassène] = le sac

kassar [kassare] = des sacs

kassarna [kassarna] = les sacs