Kategoriarkiv: Le mot de la semaine 2008—2013

Le mot de la semaine : « körsbär »

Le mot « körsbär » désigne la cerise. Étymologiquement, le mot vient du haut allemand moyen-âgeux: kersebere (de kerse = cherry en anglais et de bere = berry) et du suédois ancien: kirsebär (kyrse-, körse-, kirsa-, kyrsa-, körsa-); on le retrouve aussi en danois et en norvégien : kirsebær. « Bär » désigne la baie.

ett körsbär [ète cheurchbère] = une cerise

körsbäret [cheurchbèrète] = la cerise

körsbär [cheurchbère] = des cerises

körsbären [cheurchbèrène] = les cerises

J’illustre le mot de la semaine par les cerisiers-fleurs japonais (sakura) de Kungsträdgården à Stockholm qui fleurissaient cette semaine. J’utilise l’imparfait à bon escient, car leur floraison ne dure en général qu’une semaine. Ce qui est bien dommage, car c’est magnifique !

Ces arbres ont été planté en deux allées en 1997-1998 lors d’une rénovation du parc lorsque Stockholm a été nommée capitale culturelle européenne.

On fête même cette explosion de fleurs avec Körsbärsblommans dag, = la journée du cerisier-fleur, organisé par l’association japonaise de Stockholm et le musée des arts asiatiques et qui propose nombre d’activités à caractère japonais : défilé de kimono, lecture de haiku, démonstration d’aikido, origami, etc…

Les mots de la semaine : « sill och potatis »

Le dénominateur commun de toutes les fêtes suédoises — Pâques, midsommar et Noël — sur le plan gastronomique, ce sont les harengs marinés et les pommes de terre.

Les harengs marinés se déclinent à toutes les sauces et assaisonnements possibles et imaginables, mais la recette de base se compose de vinaigre, sucre, poivre entier et oignons.

en sill [ène sile] = un hareng
sillen [silène] = le hareng
sillar [silare] = des harengs
sillarna [silar(e)na] = les harengs

En suédois, l’expression française « serrés comme des sardines » se traduit par « packade som sillar ».

N.B. : Ne pas confondre avec « sil », avec un long i, qui veut dire « passoire ».

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Les pommes de terre sont simplement cuites à l’eau. Au printemps et en été, on les assaisonne volontiers de beurre et d’aneth. Le ”must”, ce sont les pommes de terre nouvelles qui apparaissent en général pour la midsommar, on en trouvait dans les supermarchés pour les fêtes de Pâques 2011 ; il faut dire aussi que Pâques est tard cette année.

en potatis [ène potatisse] = une pomme de terre
potatisen [potatisène] = la pomme de terre
potatisar [potatisare] = des pommes de terre
potatisarna [potatisar(e)na] = les pommes de terre

Les mots de la semaine : « nationalpark » et « naturreservat »

Les mots de la semaine sont tellement faciles que vous en avez deux pour le prix d’un. 😉

Le premier signifie « parc national » et le second « réserve naturelle ».

en nationalpark [ène natchonalparque] = un parc national

nationalparken [natchonalparquène] = le parc national

nationalparker [natchonalparquère] = des parcs nationaux

nationalparkerna [natchonalparquèrena] = les parcs nationaux

ett naturreservat [ète naturrésèrevât] = une réserve naturelle

naturreservatet [naturrésèrevâtète] = la réserve naturelle

naturreservat [naturrésèrevâte] = des réserves naturelles

naturreservaten [naturrésèrevâtène] = les réserves naturelles

Nationalpark

Les parcs nationaux suédois appartiennent à l’État et sont administrés par Naturvårdsverket [naturvaurdj(e)vérkète/naturvaurds(s)vérkète], l’agence publique de protection environnementale de Suède (fondée en 1967), à l’exception de celui de Tyresta qui est géré par une fondation particulière. La Suède compte actuellement 29 parcs nationaux qui couvrent une superficie d’environ 7 000 km² (à comparer avec la superficie totale du pays: 449 964 km²). La Suède fut le premier pays d’Europe à créer des parc nationaux, en commençant par neuf en 1909 : Abisko, Garphyttan, Hamra, Pieljekaise, Sarek, Stora sjöfallet, Sånfjället, Ängsö ainsi qu’une partie de Gotska Sandön. En 2009, on fêtait ainsi les 100 ans des parcs nationaux et la première loi suédoise de protection de l’environnement. 2009 fut dédié à la nature, 2010 à la diversité biologique et 2011 et l’année de la forêt.

Bourgeons de saule


Selon Naturvårdsverket, un parc national doit remplir les critères suivants :

– représenter des types de paysages suédois uniques sur de grandes surfaces ;

– s’étendre sur 1 000 hectares au minimum ;

– présenter une nature aussiintacte que possible ;

– constituer des sites exclusifs et intéressants à voir ;

– avoir une haute valeur naturelle ;

– être protégés de manière efficace tout en permettant la recherche, les loisirs de plein-air et le tourisme sans que la nature soit endommagée.

Crottes d’élan

Naturreservat

Pour ce qui est des réserves naturelles suédoises, la législation est plus souple. La Suède en compte aujourd’hui 3027. 75 % de leurs surfaces sont des montagnes, mais on en a aussi créer dans la mer (37 %), des lacs et rivières (13 %), divers types de forêts (de pin 9 %, de sapin 6 %, mixtes 11 %) et des tourbières (8 %). Leur superficie totale est égale à celle de la Scanie, soit 9 % de la superficie du pays : au total 4 021 851 hectares, dont 3 416 408 ha sur la terre ferme.

Ce sont les régions ou les communes qui créent et administrent les réserves naturelles.

Selon le code de l’environnement, il existe cinq raisons légitimes de créer des réserves naturelles:

– préserver la biodiversité ;

– préserver des milieux naturels uniques ;

– répondre aux besoins humains en activités en plein-air ;

– protéger, restaurer ou recréer des habitats uniques ;

– protéger, restaurer ou recréer des habitats pour les espèces protégées.

On peut ainsi y construire des routes, des zones de stationnement, des sentiers, des refuges, des zones de camping et de baignade, des installations sanitaires ; éclaircir la végétation, faucher les prairies, pratiquer l’agriculture et l’élevage de bétail ; et mener des études sur les espèces animales et végétales et les conditions des sols et l’eau.

Stensjön — Mörstsjön — pique-nique au bord de Långsjön

Tyresta

Le parc national et la réserve naturelle de Tyresta, situés à cheval sur les communes de Tyresö (où j’habite) et de Haninge, est parc national depuis 1993 et a une surface d’environ 1 970 ha. La raison invoquée alors pour préserver ce morceau de nature était de préserver un paysage rocheux typique, avec des vallées profondes et étroites, couvertes de forêts primaires, ainsi que sa nature. Il y a un réseau de plusieurs petits lacs : Stensjön (= le lac rocheux), Mörtsjön (= le lac aux gardons) et Långsjön (= le long lac), où le plongeon arctique séjourne de temps en temps. Il y a aussi plusieurs sentiers de randonnée balisés, dont l’un adapté aux poussettes — accessibilité oblige ! 🙂 ; certains d’entre eux font partie de Sörmlandsleden.

Au cours de l’été 1999 (année de mon arrivée en Suède), un grand feu de forêt a dévasté une grande partie de Tyresta. Des espèces végétales rares, telles le géranium laineux et le géranium de Bohème, furent victimes des flammes. Mais suite à l’incendie, un nouvel écosystème s’est peu à peu recréé : portés par le vent, le pin sylvestre et l’épilobe en épi se sont établis en premier. Certaines espèces animales comme le grand tétras ont aussi souffert du feu tandis que d’autres en ont bénéficié, telle l’espèce pyrophile Melanophila acuminata = bupèstre pyromètre (merci JacquesG !).

Les photos de cet article ont été prises lors d’une randonnée d’une bonne dizaine de kilomètres, entre Tyresta by et Nyfors, organisée par Friskis & Svettis, que j’ai faite avec ma belle-mère. Une bonne occasion de ressortir les chaussures de randonnées et de profiter d’un soleil printanier dans un ciel bleu azur sans nuage ! 🙂

Fleurs de printemps suédoises:

Anémone hépatique, anémone sylvie ou anémone des bois, tussilage ou pas-d’âne.

Le mot de la semaine : « fackförening »

Depuis novembre dernier, je suis membre du bureau d’un des syndicats représentés au musée et jeudi et vendredi dernier j’ai participé à une formation organisée par mon syndicat où j’ai beaucoup appris. Un peu d’histoire du syndicalisme suédois, un peu de droit du travail, un peu de communication, mais surtout pas mal de discussions autour du rôle de représentant syndical, ses responsabilités, ses droits, ses limites. En tant que débutante, ce fut pour moi une formation très bénéfique.

en fackförening [ène faquefeuréning] = un syndicat

fackföreningen [faquefeuréninguène] = le syndicat

fackföreningar [faquefeuréninguare] = des syndicats

fackföreningarna [faquefeuréninguar(e)na] = les syndicats

Pour faire plus court, on peut dire :

ett fack [ète faque] = un syndicat

facket [faquète] = le syndicat

fack [faque] = des syndicats

facken [faquène] = les syndicats

(Ne me demandez pas pourquoi le « en » change en « ett » pour l’abréviation…)

Il existe en Suède trois grandes « fackförbund » [faquefeurbunede] = centrales syndicales :

– LO, Landsorganisation est la plus ancienne, fondée en 1898, et rassemble les ouvriers en 14 syndicats.

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– TCO, Tjänstemännens Centralorganisation, créée en 1944, rassemble les fonctionnaires (du secteur public) et les employés (du secteur privé) en 16 syndicats.

– SACO, Sveriges akademikers centralorganisation, fondée en 1947, rassemble les personnes ayant une formation académique en 23 syndicats.

Mon syndicat fait partie de de cette confédération et s’appelle DIK, Dokumentation Information Kultur (pas besoin de traduction 😉 ). DIK rassemble environ 22 000 membres qui ont les professions suivantes : archéologues, archivistes, bibliothécaires, ”Public Information Officers”, linguistes, orthophonistes et autres métiers de la culture (musées entre autres) et de la communication.

En Suède, près de 80 % de la population est syndiquée. Le syndicalisme suédois n’est pas aussi militant que le syndicalisme français et c’est peut-être pour cela qu’il n’est pas mal vu d’être syndiqué. Le but premier des syndicats est de défendre les droits et les conditions de travail (santé et sécurité, par exemple, physique et psychique – le domaine qui me tient plus à cœur) de leurs membres.

Il est extrêmement rare qu’un conflit entre un employeur et un syndicat mène à la grève. Si grève il y a, elle a toujours été précédée de longues discussions au cours desquelles on s’est efforcé de résoudre le problème. Au cours de mes (bientôt) 13 ans en Suède, je n’ai vécu que deux ou trois grèves : celle des chauffeurs de bus, des employés communaux et des personnels d’hôpitaux. Elles n’ont en général pas abouti au résultat espéré par les syndicats…

Les caisses d’assurance-chômage sont rattachées aux syndicats ; on a bien sûr droit à l’assurance-chômage même sans être syndiqué, mais elle est moins avantageuse. Par mon syndicat, j’ai aussi droit à une assurance complémentaire qui augmente un peu mon indemnisation-chômage, ce qui n’est pas du tout négligeable.

Le mot de la semaine : « svan »

en svan [ène svâne] = un cygne

svanen [svânène] = le cygne

svanar [svânare] = des cygnes

svanarna [svânarna] = les cygnes

Les cygnes sont peut-être mes oiseaux préférés. Je les trouve tellement majestueux, élégants et en même temps inaccessibles.

Ce n’est donc peut-être pas un hasard que mon ballet préféré soit le Lac des Cygnes : Tchaikovsky est un de mes compositeurs préférés, je ne peut rester insensible à la beauté de sa musique. Et la chorégraphie du ballet est tout simplement magnifique ! Je suis en extase quand les danseuses parviennent à reproduire l’illusion du mouvement des ailes !

en vit svan [ène vite svâne] = un cygne blanc

den vita svanen [dène vita svânène] = le cygne blanc

en svart svan [ène svarte svâne] = un cygne noir

den svarta svanen [dène svarta svânène] = le cygne noir

Svansjön [svâncheune] = Le lac des Cygnes

Vendredi, je suis allée voir ”Black Swan” de Darren Aronofsky avec entre autres Natalie Portman et Vincent Cassel. Je m’attendais à un film de danse. Ce n’est pas uniquement un film de danse, c’est surtout un thriller psychologique et je trouve que Natalie Portman joue son rôle à merveille ! Elle mérite véritablement son Oscar de la meilleure actrice. Un film à voir et à revoir !

Les mots de la semaine : « Lust & Last »

La nouvelle exposition du Nationalmuseum (24 mars — 14 août) s’intitule « Lust & Last » et aborde les thèmes de la nudité, de l’érotisme, de la sexualité, et surtout du regard sur ces thèmes-là à travers cinq siècles d’art.

Le mot « lust » signifie, de manière générale, « envie, désir » et « last » veut dire « défaut ». Pour traduire le titre de l’exposition en français, je choisis (comme pour le film « Des hommes et des dieux ») d’inverser les deux termes car cela sonne mieux : « Vice et luxure ».

L’exposition montre quelques 200 objets : peintures, dessins, sculptures, objets d’art, et même une ceinture de chasteté. Parmi les peintures, on retrouve des sujets bibliques ou mythologiques très connues qui étaient l’occasion pour les peintres des siècles passés de montrer des femmes (surtout) et des hommes plus ou moins nus, dans le but de moraliser autour des thèmes des vertus et des pêchés.

Diaporama présentant l’exposition

Le Nationalmuseum a une grande collection de dessins, et parmi eux, de nombreux dessins érotiques voire largement pornographiques. À la différence des peintures d’histoire mythologiques ou bibliques, ces dessins n’étaient pas censés être présentés à un large public. Johan Tobias Sergel et Carl August Ehrensvärd décrivent des scènes sexuelles cocasses où la fantaisie ne semble pas avoir de limite. L’une de mes préférées est celle qui montrent une demi-douzaine de fessiers féminins alignés qu’un homme s’apprête à chevaucher et dont la légende dit « Gör alla rätt! » = « Fais comme il faut ! » 🙂 (Si quelqu’un a une meilleure traduction, je suis preneuse.)

Une autre petite peinture montrant une religieuse agenouillée et priant amuse bien lorsque l’on regarde l’envers du tableau : en effet, elle a les jupes relevées et découvre ses fesses bien rondes. Du coup, l’homme qui la regarde sur la face du tableau, à l’arrière-plan, prend une toute autre dimension ! 🙂

On ne peut faire une telle exposition sans aborder le thème de la morale à travers les temps. Un phénomène intéressant est par exemple le fait que l’on dota, au cours du XVIIème siècle, pratiquement toutes les sculptures, contemporaines et anciennes, de feuilles de vigne pour dissimuler ce que l’on jugeait comme indécent. Les grecs et les romains n’étaient pas si prudes. 😉


Reportage de la télé suédoise

Les œuvres d’art contemporaines qui ont été empruntées pour cette exposition commentent, de manière moins équivoque que les œuvres anciennes, le thème du regard sur la nudité. Une de mes amies m’a raconté à quelle point elle se sentait mal à l’aise lorsqu’elle visitait l’exposition, non pas par les œuvres, mais par le regard que des hommes portaient sur elle quand elle regardait les œuvres en question. Une autre manière de dire que rien n’a beaucoup évolué…

L’exposition est ouverte à tous, le musée n’a pas la prétention de vouloir faire la distinction entre ce qui est bon ou mauvais, décent ou indécent. Mais on prévient les parents qu’ils peuvent être amenés à répondre à quelques questions embarrassantes posées par leurs enfants. 😉

Un panneau à l’entrée de l’exposition prévient que quelques œuvres peuvent être choquantes. Personnellement, aucune des œuvres classiques ne me choquent, ni les œuvres contemporaines qui traitent entre autre de la masturbation (féminine par un artiste-homme ou masculine par une artiste-femme). Ce qui me choque, c’est plutôt le fait qu’on ait, pendant des siècles, porté un regard réprobateur et culpabilisant sur la nudité des femmes — jamais celles des hommes. Le commentaire d’un portrait représentant Lucrèce, rappelant qu’elle fut violée et, se sentant coupable, se suicida, me met par exemple hors de moi. Il n’y a pas longtemps, un groupe d’hommes suédois ayant abusé sexuellement d’une adolescence handicapée mentale ont été libérés de tous soupçons sous prétexte que la jeune fille n’avait pas suffisamment résisté… Cela n’a rien à voir avec l’art, mais bien avec le regard que l’on porte, encore de nos jours, sur la nudité et la sexualité.

Pour ce qui est de la ”déclinaison” de ces deux mots, je choisis de les traduire dans leur sens plus général, sans la connotation morale.

en lust [ène luste] = une envie, un désir

lusten [lustène] = l’envie, le désir

lustar [lustare] = des envies, des désirs

lustarna [lustarna] = les envies, les désirs

L’expression « jag har lust att … » = « j’ai envie de … » est courante.

en last [ène laste] = un défaut

lasten [lastène] = le défaut

laster [lastère] = des défauts

lasterna [lastèrna] = les défauts

Le mot de la semaine : « bråka »

La vie n’est pas toujours toute rose. Cette semaine a été particulièrement difficile, ce que le mot de la semaine reflète bien. C’est un mot qui veut dire bien des choses, comme : briser, écraser ; raffiner (le pétrole par exemple) ; s’efforcer ; mais surtout : causer des problèmes ou des soucis, chercher querelle ou des noises, de manière bruyante et animée.

Deux de mes collègues s’en prennent à ma chef depuis plusieurs mois pour m’avoir diminuer mon temps de travail. Pour arriver à leurs fins, ils s’en prennent au fait que je fais partie du groupe prévention-santé, que je suis représentante syndicale, que je participe (quand j’ai le temps) aux visites guidées pour le personnel, et que je prends mes pauses (lesquelles je ne prends pas aussi régulièrement qu’auparavant d’ailleurs, mais ils ne semblent pas l’avoir remarqué…) Quand je demande en quoi cela gêne mon travail, ils ne peuvent présenter aucune preuve. Et j’ai finalement été accusée de faire du zèle pour obtenir un CDI à plein à temps et de faire tout mon possible pour devenir la chouchoute de la chef … Que j’affirme devant eux, et la chef, que j’ai déjà fais mes preuves et que je ne m’efforce pas particulièrement pour effectuer mes tâches de travail comme il se doit n’a aucune importance.

Je croyais au début qu’ils râlaient auprès de la chef pour obtenir d’elle que je travaille de nouveau à plein-temps, mais j’ai vite compris qu’ils m’utilisent en fait pour exprimer une frustration et une inquiétude non fondée face à l’avenir. Je finis même par croire que je dérange tout simplement car je suis appréciée de mes chefs et d’autres collègues.

Quand je repense à ma scolarité, il n’y a pas beaucoup de changement finalement. J’étais bonne élève (mais pas parfaite), obéissante et studieuse. Je n’étais pas insolente, je ne remettais pas en question l’autorité des professeurs, je n’ai jamais été une rebelle. Arrivée en Suède, je sais que cette éducation me colle à la peau, mais avec le temps, j’ai appris à argumenter, à remettre en question quand il en est besoin et à oser rester sur mes positions quand je suis convaincue de mes idées. C’est-à-dire que je ne me laisse pas piétiner n’importe comment, même si j’essaye de rester diplomatique, posée, professionnelle et rationelle. Et surtout je refuse de m’abaisser au niveau puéril de mes collègues quand ils ont décidé de « bråka ».

Heureusement, j’ai le soutien de ma chef, de la fonction RH et d’autres collègues. Cela m’a redonné un peu de force et je suis maintenant prête à attaquer une nouvelle semaine. Mercredi j’étais prête à jeter l’éponge, mais la nuit m’a portée conseil et je me suis réveillée jeudi matin avec un sentiment d’injustice : NON ! Ce n’est pas moi, qui aime mon travail et dont on est satisfaite, qui vais céder ! Je ne m’avoue pas vaincue si facilement. Non mais !

de bråkar [dome braukare] = ils causent des problèmes

de har bråkat [dome ‘hare braukate] = ils ont causer des problèmes

de bråkade [dome braukadé] = ils causaient des problèmes

de kommer att bråka [dome komeure ate brauka] = ils vont causer des problèmes

La semaine prochaine, j’espère pouvoir aborder un sujet plus joyeux. 🙂

Le mot de la semaine : « semla »

Mardi dernier, c’était la journée internationale des droits de la femme, la journée des crêpes et Mardi gras, soit le jour des « semlor » en Suède, ces petits pains au lait fourrés à la pâte d’amande et couronnée de crème fouettée.

Ils apparaissent dans les supermarchés dès après les festivités de Noël et du Nouvel An, et dans les pâtisseries et salons de thé peu après. Pour ma part, je me tiens à la règle traditionnelle : pas de « semla » avant Mardi gras. Puis je suis la tradition de ma belle-famille qui déguste un semla tous les mardis soirs, après la soupe, et ce jusqu’à Pâques.

Semlor

Comme chaque année, les journaux publient leurs tests de meilleurs « semlor » de Stockholm. Les résultats de ces tests m’ont toujours déçue quand j’ai cédé à la tentation d’acheter le « semla » gagnant. Mais je suis exigeante, je place la barre très haut dès le départ. Voici mes critères pour un bon « semla » : il doit y avoir de la cardamome dans la pâte, pâte qui ne doit pas avoir un aspect spongieux, le petit pain au lait doit être badigeonné d’oeuf battu, la pâte d’amande doit de préférence être mélangée à la mie du petit pain, la crème fouettée ne doit être trop sucrée. Résultat, je n’apprécie en général que les « semlor » fait-maison.

Semla au levain prêt-à-déguster

Mais cette année, un Stockholmois a relevé le défi de tester au moins un « semla » par jour entre le 1er février et le 8 mars et d’en faire la critique sur un blog qui a vite connu le succès. Il veut rester anonyme et a choisi pour pseudonyme « Semmelmannen » [sémèl(e)manène] (= l’homme aux « semlor »). Il étudie les « semlor » qu’il goûte de manière systématique et met des notes sur 5 pour l’apparence générale, le petit chapeau (qu’il préfère triangulaire et largement saupoudré de sucre glace), le petit pain, la pâte d’amande (qui doit contenir des morceaux d’amande) et la crème fouettée. La note finale est sur 5. Voici le palmarès final de Semmelmannen :

1. Tössebageriet, Karlavägen 77: 5/5

2. Xoko, Rörstrandsgatan 15: 5/5

3. Stinas bageri, Frejgatan 46A: 5/5

4. Söderbergs bageri, Telefonplan, Cedergrensvägen 55, Hägersten (banlieue de Stockholm) : 5/5

5. Bulleboden, Parmmätargatan 7: 4,5/5

Semlor de Xoko

Hier, je me suis offert le luxe de goûter aux « semlor » de Xoko (auxquel Semmelmannen a donné 5/5 partout sauf un 4/5 pour la pâte d’amande à cause de morceaux d’amande trop gros), un normal et un au chocolat. Il y avait du chocolat dans le petit pain, la pâte d’amande et dans la crème fouettée. C’était aussi bon qu’un chocolat chaud !

Semla au chocolat de Xoko

en semla [ène sèm(e)la] = un ”semla”

semlan [sèm(e)lane] = le ”semla”

semlor [sèm(e)lore] = des ”semlor”

semlorna [sèm(e)lorna] = les ”semlor”

Pour ma part, puisque je ne jure plus que par le levain, j’ai fait une fournée de « semlor » au levain dont je suis plutôt satisfaite. 🙂 Pour la recette, je me suis inspirée du blog de Sébastien Boudet, Brödpassion, qui tient la boulangerie-pâtisserie Petite France (mais je n’ai pas commis l’impair de remplacé la pâte d’amande par de la crème à la vanille !) ainsi que de celui de Joseph Fernando, Tankedegen. Si vous êtes intéressés par ma recette, cliquez sur ce lien.

Les mots de la semaine : « Gudar och människor »

Je suis allée au cinéma hier avec ma meilleure amie pour voir un film intitulé en suédois « Gudar och människor ». Ça fait un moment qu’il passe et nous ne voulions de risquer de le rater. En français, le titre est « Des hommes et des dieux ».  Traduit en suédois, il est inversé. Je trouve que c’est une bonne décision de traduction, cela sonne mieux comme ça en suédois.

« Gudar » est le pluriel de « gud ». Vous y reconnaissez sûrement le « god » englais ; c’est en effet un mot d’origine germanique : en allemand, c’est « gott », en danois et en norvégien, on dit aussi « gud », en islandais « guð » ou « goð ». Je ne serais pas étonnée si ce mot avait la même étymologie que l’adjectif « god, gott » en suédois, qui veut dire « bon ».

en gud [ène gude] = un dieu

guden [gudène] = le dieu

gudar [gudare] = des dieux

gudarna [gudarna] = les dieux

L’exclamation suédoise « herregud! » [‘hérégude] (où « herre » signifie « maître, seigneur ») correspond au « mon dieu ! » français. Les Suédois disent souvent « åh gud! » ou « nej men gud! » quand ils sont étonnés de quelque chose.

« Människor » est le pluriel de « människa ». C’est également un mot d’origine germanique : « menneske » en danois, « manneskja » en islandais, « mensch » en allemand, qui dérive qui substantif « man » = homme. Mais j’ai entendu dire que c’était aussi un mot d’origine indo-européen : il semblerait en effet que l’équivalent indien ressemble beaucoup au mot suédois. Intéressant !

en människa [ène mènicha] = un être humain

människan [mènichane] = l’être humain

människor [mènichore] = des êtres humains

människorna [mènichorna] = les êtres humains

Ce mot s’utilise souvent pour parler des gens en général, sans distinction de sexe. À noter néanmoins que l’on réfère à « människa » avec le pronom féminin « hon » = elle. Encore plus intéressant !

À part ça, j’ai trouvé le film très bien, avec un contenu dense, et bien filmé dans le sens où l’illusion du style documentaire est parfaite. Je ne suis pas croyante (je l’ai déjà dit…), mais j’ai ressenti beaucoup de respect envers ces moines trappistes de l’Atlas et la population musulmane du village pris en otage par le terrorisme. Le film aborde les sujets lourds tels que l’éthique, la responsabilité et la liberté de manière très compréhensible car issu d’un contexte réel. Il est impossible de ne pas ressentir de la sympathie pour les victimes du terrorisme. J’avoue même avoir versé quelques larmes lors de scènes très émouvantes. Lambert Wilson joue très bien son rôle de prieur, mais celui que j’ai préféré dans ce film est Michael Londasle, qui a d’ailleurs remporté le César du meilleur acteur dans un second rôle.

Le mot de la semaine : « arbetslöshetsersättning »

Pour ce dimanche, je vous propose un mot ”à décortiquer”. On abordera la prononciation petit-à-petit. 😉

Tout d’abord, voici les différentes parties du mot : « arbet-s-lös-het-s-ersätt-ning ».

« Arbete » [arbété], c’est le travail.

Le suffixe « -lös » [leusse] signifie « sans » ; cela donne donc « sans travail » ou « chômeur ». (On peut aussi former des mots tels que « hemlös » = sans-logis, « färglös » = sans couleur, « smaklös » = sans goût, « fantasilös » = sans fantaisie, etc…)

Le suffixe « -het » [‘hète] s’utilise souvent pour former des substantifs désignant des notions ou des concepts. « Arbetslöshet », c’est le chômage, tout bêtement.

Le verbe « ersätta » [érchèta] signifie « remplacer, compenser ». Avec le suffixe « -ning », on forme un substantif à partir du verbe, qui veut donc dire « remplacement, compensation ».

Enfin, le -s- entre les deux substantifs est nécessaire pour former le mot composé final, qui mot à mot signifie « compensation de chômage », et en langage plus courant « assurance-chômage ». D’ailleurs, on peut parfois rencontrer le mot suédois « arbetslöshetsförsäkring » (« försäkring » [feurchèkring] = assurance, de « försäkra » = assurer).

Enfin, pour la prononciation cela donne [arbéts(e)leusse’hèts(s)érchétning]. Simple, non ? 😉

Tout ça pour dire que ma caisse d’assurance-chômage m’a été accordée (« beviljat» [bévilyate]) mon assurance-chômage, à raison de 680 kr/jour pendant un maximum de 75 jours (au lieu de 300 jours si j’avais été au chômage à plein-temps — je ne vais pas me plaindre). Le langage bureaucratique suédois peut lui aussi être alambiqué, je vous rassure, ce n’est pas l’apanage de la langue française. 😉