Kategoriarkiv: Le mot de la semaine 2008—2013

Le mot de la semaine : « deltid »

« Tid », c’est le « temps », en suédois.

« Hel » signifie « entier, complet », « halv = demi, mi » et « del = en partie, partiel ».

« Att arbeta heltid » signifie donc « travailler à plein-temps », « halvtid = à mi-temps » et « deltid = à temps partiel ». (Noter l’absence de préposition entre le verbe « arbeta » et « hel-/halv-/deltid » en suédois.)

À partir de février et jusqu’à la fin de l’année, « jag arbetar deltid », 70 % soit 28 h/semaine jusqu’à fin septembre, puis 80 % soit 32 h/semaine d’octobre à décembre. Pour le moment, je travaille tous les jours mais finis plus tôt, le plus souvent à 15 h. Mais je vais voir s’il est possible d’avoir une journée entièrement libre.

C’est mon employeur qui m’impose cette solution, je ne l’ai pas voulu moi-même. Cela veut dire que je devrais avoir droit à l’assurance chômage. Cela implique à son tour que j’ai dû aller m’inscrire à Arbetsförmedlingen, le Pôle Emploi suédois, en tant que chômeuse à 30 %. Comme il y peut y avoir un CDI à plein-temps à la clé, à partir de 2012, j’ai l’impression qu’ils vont me laisser un peu tranquille et ne pas m’obliger à lâcher le Nationalmuseum pour un emploi à plein-temps ailleurs.

Mais cela n’empêche pas que je dois quand même postuler pour des postes correspondant à mes compétences, car c’est Arbetsförmedlingen qui signale à ma caisse de chômage si je remplis ma partie du contrat pour avoir droit à l’assurance. Ainsi, selon le plan d’action établi par Arbetsförmedlingen, je dois, par trois fois d’ici fin juillet, rendre compte du nombre de candidatures que j’ai envoyées. Fin juillet, je retourne à Arbetsförmedlingen pour faire le point et établir un nouveau plan d’action.

Ceci est le côté négatif.

Mais je compte faire plein de choses positives de cette période de chômage partiel ! 🙂

Ralentir le tempo un peu (quoique, étant donné la masse de travail à faire qui suffirait largement à remplir un plein-temps, je ne vais pas vraiment chômer au bureau). Mais je suis très à cheval sur mes horaires de travail et je pars à 15 h, point à la ligne ! Et si je ne fais pas sport après le travail, rentrer à la maison en fin d’après-midi est un vrai plaisir ! 🙂

J’ai retrouvé le plaisir de lire.

J’espère avoir l’occasion de tricoter, et de bloguer peut-être aussi, un peu plus souvent. 😉

Je compte aussi me replonger un peu dans mes études – je n’ai toujours pas abandonné mon projet de thèse en histoire de l’art mais ça demande pas mal de travail avant de présenter mon projet à la faculté de Stockholm.

Vous l’avez sûrement compris, je ne suis pas du genre à me tourner les pouces. 🙂

Le mot de la semaine : « nedtagning »

Le mot de la semaine se compose de trois parties : « ned – tag – ning » (et se prononce comme cela s’écrit).

Commençons par la racine, « tag », qui vient du verbe « att ta » = prendre. Le -g final est un reste de la forme ancienne de ce verbe, « att taga », que l’on note encore dans les formes conjuguées : « tog » à l’imparfait/passé simple, « tagit » pour le supin (voir paragraphe ”En suédois”).

Le suffixe « -ning » est communément utilisé en suédois pour former un substantif à partir d’un verbe. Le mot « Tagning! » s’utilise par exemple à la place de l’anglais « Action ! » ou du français « On tourne ! » quand on fait un film.

Le préfixe « ned- » provient de l’adverbe « ned/ner/neder » qui indique un mouvement vers le bas : par exemple « gå ner » = mot à mot aller en bas = descendre. Je crois que, dans la plupart des cas, on pourrait dire que le préfixe « ned- » peut se traduire par l’équivalent français « dé- ». Le verbe « ta ner/ned » signifie « démonter ». Le mot « nedtagning, -en, -ar, -arna » signifie donc « démontage ».

Après le montage d’une exposition (« installation » [inestalachoune] en suédois), suit son démontage, tout logiquement, après quelques mois d’ouverture au cours desquels un certain nombre de visiteurs la voit. La grande exposition de l’automne du Nationalmuseum, « Härskarkonst » en suédois (« Arts des pouvoirs » en français) a attiré un peu plus de 61 000 visiteurs ; on avait espéré au moins 100 000 visiteurs, mais l’Armée de terre cuite chinoise et Anders Zorn à Waldemarsudde nous ont fait de la concurrence. L’exposition fermait le 23 janvier, et dès le 24, nous entamions son démontage (« nedtagning ») qui prit au total presque trois semaines. La première semaine a été consacrée au démontage des objets russes, la deuxième aux objets prêtés par des musées français, la troisième aux objets suédois.

Le démontage d’une exposition est une mission secrète de par la valeur des objets exposés qui doivent être retournés aux emprunteurs sans encombre. Donc bouche cousue sur le planning de démontage, la venue des convoyeurs et le départ des transports, ainsi que leur route bien évidemment. À la date d’aujourd’hui, tous les objets sont de retour à leur propriétaires respectifs et c’est pour cela que je peux vous raconter seulement maintenant ce que j’ai fait ces dernières semaines.

Cette exposition a été une belle aventure mais j’avoue quand même que je suis contente que ce soit terminé. Surtout le montage et le démontage, planification en amont incluse, sont des périodes de travail très intensives et c’est seulement quand tout est fini qu’on s’autorise à souffler un peu. Dans mon cas, la fatigue vient après coup. Et c’est donc avec soulagement que j’entame une période de 11 mois de travail à temps partiel. J’y reviendrais bientôt ici-même, sur ce blog, peut-être déjà dimanche prochain, si rien d’exceptionnel n’arrive d’ici-là. 🙂

Si vous voulez voir des photos de l’exposition, je vous conseille un petit tour sur la page flickr du Nationalmuseum.

Le mot de la semaine : « hemlig »

L’adjectif « hemlig » [´hèm(e)ligue] signifie « secret ». Étymologiquement, il vient de l’ancien suédois « hemeliker, hemelikin, hemelig » — à comparer avec l’islandais heimiligr, le danois hemmelighet, ou l’allemand heimelich. Il construit sur le substantif « hem » qui signifie « maison », faisant ainsi référence à un espace fermé, sécurisé, échappant aux yeux de ceux qui n’en font pas partie. C’est plutôt logique.

Il se décline ainsi :

hemlig [´hèm(e)ligue] = forme indéfinie, singulier, devant en substantif en -n

hemligt [´hèm(e)likte] = forme indéfinie, singulier, devant en substantif en -t

hemliga [´hèm(e)ligua] = forme définie, singulier et pluriel

Un secret est « en hemlighet » [ène ‘hèm(e)lig’hète].

Pourquoi ai-je choisi ce mot pour cette semaine ?

Parce que j’étais en mission secrète au travail cette semaine (affaire à suivre dimanche prochain 😉 ). Et que mon « sambo » fête ses 30 ans en avril et que j’ai déjà trouvé son cadeau mais que je ne peux bien sûr pas révéler ce que c’est pour le moment. 😉

Le mot de la semaine : « inventera »

Vendredi dernier, j’ai fait une journée de travail de 12 h. Inutile de vous dire que j’étais éreintée en rentrant et que j’ai fait une bonne nuit ! Mais pourquoi travailler si longtemps ? D’abord, ma journée de travail habituelle au musée, certes un peu raccourcie. Puis exceptionnellement, l’inventaire de la boutique de bureautique où mon « sambo » travaillait jusqu’à il y a quelques semaines (il vient de reprendre ses études). Il avait promis à ces collègues de les aider vendredi soir et comme ils ont toujours besoin de personnel supplémentaire, il m’avait demandé si je voulais l’accompagner. J’ai pensé que ça pouvait être intéressant et je l’ai suivi. Aujourd’hui, je suis effectivement riche d’une expérience supplémentaire, mais je ne le referai pas.

Ma tâche était relativement simple — compter les articles sur les rayons. Compter des cinquantaines de rouleaux de papier-cadeau (quoiqu’ils sont les plus compliqués à compter), des douzaines d’agendas ou des centaines de sachets n’est pas très passionnant mais cela ne me gênait pas trop. Ça peut même devenir un peu méditatif.

Non, ce sont les conditions physiques de ce genre travail qui m’ont fait pas mal souffrir : soit accroupie pour compter les articles des étagères les plus basses, soit les bras en l’air pour atteindre les étagères supérieures, à soulever des dizaines d’articles au fur et à mesure du comptage, etc … Le tout pendant 6 heures …

En plus, je ne pouvais pas mon contenter de compter les articles, il fallait aussi que je trie les articles par couleurs ou grandeur quand je trouvais qu’il y en avait besoin — c’est mon côté perfectionniste. Les collègues de mon « sambo » vont peut-être me maudire lundi quand ils se rendrons compte que j’ai, à mes yeux, amélioré les piles de cahiers et de classeurs…

Le verbe « att inventera » veut dire « faire l’inventaire » :

jag inventerar [jâgue in(e)vèn(e)térar] = je fais l’inventaire

jag har inventerat [jâgue ‘hare in(e)vèn(e)térate] = j’ai fais l’inventaire

jag inventerade [jâgue in(e)vèn(e)téradé] = je faisais l’inventaire

jag ska inventera [jâgue ska in(e)vèn(e)téra] = je ferai l’inventaire

Le mot de la semaine : « oxveckor »

Le mot de la semaine est composé de « ox- » [ouxe] = bœuf et « vecka » [véka] = semaine, et « vecka » se décline de cette manière :

en vecka [ène véka] = une semaine

veckan [vékane] = la semaine

veckor [vékore] = des semaines

veckorna [vékor(e)na] = les semaines

« Oxveckor » [oux(e)vekore] est une expression qui nous vient du temps où la société suédoise était de majorité agraire et désigne une longue période de travail sans jour férié. Une période pendant laquelle les paysans travaillaient ”comme des bœufs” = « oxar » [ouxare].

Depuis l’Épiphanie (qui est férié en Suède) jusqu’à Pâques (qui tombe tard cette année : le 24 avril), cela fait 15 semaines de travail sans jour férié. Ces 15 « oxveckor » ont fait les grands titres des journaux début janvier, avec quelques bons conseils pour y survivre. À lire ces articles, on croirait que les Suédois ne vivent que pour les jours fériés et les vacances…

Pour ma part, je ne me plains pas car, à partir de février, je travaillerai à 70 %, ce qui veut dire que je finirai à 15h tous les jours au lieu de 17h. À ce régime-là, je crois que je m’en sortirai très bien, de ces « oxveckor », d’autant que j’ai des heures supplémentaires à récupérer. 🙂

Le mot de la semaine : « barnmorska »

Vendredi, j’ai assisté à la remise de diplôme d’une amie et vingt-neuf de ses camarades de classe qui, après un an et demi de formation, devenaient sages-femmes. La cérémonie avait lieu à 13h30 dans l’église Gustav Vasa, sur la place Odenplan, à Stockholm.

en barnmorska [ène barnemouscka] = une sage-femme

barnmorskan [barnemorskane] = la sage-femme

barnmorskor [barnemorskoure] = des sages-femmes

barnmorskorna [barnemorskourna] = les sages-femmes

L’étymologie de ce mot est incertaine, mais on croit qu’il est issu du mot « barnamoder », de « barn » [barne] = enfant + « moder » [moudère] = mère, lui-même issu du bas allemand « bademodersche ».

Le mot « ackuschörska » [akucheuska] = accoucheuse, semble également exister en suédois, mais je ne l’ai jamais entendu prononcé.

Autrefois, on appelait les accoucheuses suédoises : « jord(e)gumma » ou « jord(e)moder », de « jord » [yourde] = terre + « gumma » [guma] = femme ou « moder » = mère, car les femmes accouchaient à même le sol et la sage-femme était celle qui récupérait l’enfant la première. Les « jordgummor » n’avaient au début aucune formation médicale, mais une grande expérience de la vie et des accouchements. Leurs connaissances se transmettaient de mère en fille. On leur donnait parfois des dons magiques.

Les premiers livres sur l’art de l’accouchement furent écrits par des femmes au XVIIème siècle mais n’étaient pas diffusés dans les campagnes. C’est à la fin du XVIIème siècle que les médecins (hommes) commencèrent à s’intégrer dans cette sphère auparavant exclusivement réservée aux femmes. Les sages-femmes furent placées sous la tutelle des médecins suédois en 1663 ; un nouveau règlement leur interdisait dès lors à utiliser des instruments pour accoucher les femmes. Si l’usage d’instrument était nécessaire, il fallait faire appel à un médecin.

Le médecin Johan von Hoorn est le père de l’obstétrique suédoise. Il publia Then swenska wälöfwade jordegumman (La sage-femme bien formée) en 1697 et mit en place une formation de sages-femmes à Stockholm pour la première fois en 1708. À partir de 1711, une sage-femme devait suivre un apprentissage d’au moins deux ans. La première maternité, pour les femmes de la bourgeoisie, ouvrit en 1774. L’année suivante ouvrait une autre maternité pour les femmes pauvres et/ou non-mariées.

Jusqu’en 1819, les sages-femmes suédoises étaient organisées en guildes. Peu à peu, même les femmes non-mariées pouvaient devenir sages-femmes, puis on les a de nouveau autorisées à utiliser des instruments. À partir de 1856, les sages-femmes durent apprendre à soigner les nouveaux-nés. Dans les années 1960, on mit en place un certificat professionnel.

Aujourd’hui, les sages-femmes suédoises sont à la base infirmières (« sjuksköterska, – n, -or, -orna » [chukcheutèchka]) ou infirmier : il y avait une ”sage-femme homme” parmi les trentes diplômés — dix hommes au total dans toute la Suède exercent cette profession. La formation d’infirmière est de trois ans, en Suède. Ensuite, pour accéder à la formation de sage-femme, il faut avoir au moins douze mois d’expérience professionnelle. Les sages-femmes suédoises sont rattachées à un hôpital pour les accouchements, ou à un centre de soins médical et ont alors à charge les soins obstétricaux, gynécologiques et sexuels, ainsi que le suivi des maternités et les questions de contraception et d’avortement. (Un gynécologue suédois est un médecin spécialisé dans les maladies de l’appareil génital féminin.)

À gauche, la broche des sages-femmes suédoises, ornée de l’arbre de vie.

(Source Wikipédia, articles en suédois : barnmorska et Johan von Hoorn)

Les mot de la semaine : « skotta, ploga »

Depuis novembre, la région de Stockholm est sous la neige. Je crois qu’il est tombé un mètre de neige rien qu’entre Noël et le Nouvel An ! En tout cas, beaucoup plus que l’an dernier, et déjà l’an dernier, il y avait des gros risques d’effondrement de toits sous le poids de la neige.

Le gros avantage de vivre en appartement, c’est que le déneigement est fait par la copropriété. Des tracteurs dotés de chasse-neige plus ou moins larges en fonction des chemins à déneiger viennent régulièrement pour dégager la chaussée et permettre aux gens de se déplacer normalement.

Notre coproriété nous a également informé en fin de semaine dernière que les toits seraient déneigés dans la semaine. Peut-être pour cause de risques d’effondrement, mais plutôt de dégâts des eaux. Mieux vaut que la neige fonde quand elle est au sol, que sur le toits et qu’elle s’infiltre dans les murs. Voici donc ce que cela donnait mardi dernier, quand la neige étaient jetée par pelletés depuis le toit.

Pour désigner l’action de déneiger à l’aide d’une pelle, on utilise le verbe « skotta ».

de skottar [dome skotare] — présent, 3ème pers. du pluriel (car ce n’est pas moi qui le fait)

de har skottat [dome ‘hare skotate] — passé composé

de skottade [dome skotadé] — imparfait

de ska skotta [dome ska skota] — futur

Pour désigner l’action de déneiger à l’aide d’un chasse-neige, on utilise le verbe « ploga » (qui veut également dire « labourer »).

de plogar [dome plougare] — présent

de har plogat [dome ‘hare plougate] — passé composé

de plogade [dome plougadé] — imparfait

de ska ploga [dome ska plouga] — futur

La situation neigeuse de cette première semaine de janvier a pourtant été l’occasion d’irritations chez les personnes âgées et les handicapés moteurs qui critiquent la qualité du déneigement, que ce soit en ville et en campagne. De plus, nous avons connu un redoux ces derniers jours, et aujourd’hui, nous voyons l’asphalte apparaître de nouveau. Il a même plu hier, avec pour conséquence des plaques de verglas. Je crois que je vais enfiler mes crampons sur mes bottes demain.

Le mot de la semaine : « afton »

en afton [ène aftone] = une soirée

aftonen [aftonène] = la soirée

aftnar [aftnare] = des soirées

aftnarna [aftnarna] = les soirées (forme peu usitée)

Ce mot est par exemple utilisé dans l’expression « god afton » [gou(de) aftone] = bonne soirée, ou dans le mot composé « aftonklänning, -en, ar, -arna » [aftoneklèning] = robe de soirée.

C’est un mot d’origine germanique que l’on retrouve sous des formes similaires en islandais : aptan(n), aptunn, en norvégien : afta(n), en danois : aften, en hollandais : avond, et même en anglais : eren, eve (d’où découle : evening). Et c’est d’ailleurs dans ce dernier sens qu’il est couramment utilisé en suédois : pour désigner les veilles de fêtes.

« påskafton » [pauskaftone] = veille de Pâques (ou samedi de Pâques)

« valborgsmässoafton » [valboryeussemèssoaftone] = Nuit de Walpurgis

« midsommarafton » [midsomaraftone] = veille de la Saint-Jean

« julafton » [yulaftone] = veille de Noël

« nyårsafton » [nuyaurchaftone] = Saint-Sylvestre

En effet, les Suédois festoient les veilles de fêtes (pour mieux se reposer le jour de fête en lui-même ? 😉 ). Cette année, comme de coutume, nous avons passé « julafton » chez mes beaux-parents. Puis c’était à leur tour de venir chez nous « på nyårsafton ». (« På » [pô] est une préposition de lieu qui veut dire « sur » mais qui s’utilise également comme préposition de temps pour désigner une journée en particulier.)

Pour célébrer la fin de l’année 2010, j’avais concocté ce petit dîner :

– Mini-muffins aux poires et fromage bleu et salade de chou rouge aux marrons et aux raisins secs blonds

– Pâtes au cacao, coquilles de Saint-Jacques et sauce à l’orange, accompagné de ”tagliatelles” de carotte et de courgette

Le tout arrosé d’un Chardonnay argentin bio, Cameleon, de 2009.

Sur les coups de minuit, nous avons accueilli la nouvelle année avec un verre de vin mousseux, Swedish Amadeus, et une panna cotta à la cardamome et à la gelé d’argousier au safran. Ce fut une soirée délicieuse !

À tous mes lecteurs,

je souhaite une très bonne année 2011

sur hibiscusblog !


La phrase de la semaine : « Kalle Anka och hans vänner önskar God Jul »

Eh oui, depuis le temps que vous apprenez des mots et des verbes, je trouve que le moment est venu de passer au niveau supérieur : les phrases entières ! 🙂 Non ? Mais si ! On fait un essai cette semaine et vous me direz ce que vous en pensez, d’accord ? 😉

Décortiquons ensemble la phrase suivante, mot à mot :

« Kalle Anka och hans vänner önskar God Jul. »

« Kalle » [kalé] est le diminutif du prénom Karl. (Oui, d’accord, il n’y a pas moins de lettres que dans le prénom original, mais c’est comme ça, c’est tout.)

Un « anka » [an(e)ka] est un canard. Il s’agit donc d’un canard qui s’appelle Kalle (ou Karl ou Charles en français).

« och » [oque] veut dire « et ».

« hans » [‘han(e)sse] est un pronom possessif, masculin singulier, qui se rapporte à Kalle Anka = « son, sa, ses »

« vänner » [vènère] est la forme plurielle du substantif « vän » [vène] qui veut dire « ami ».

Le sujet est donc : Kalle le canard et ses amis.

Le verbe « att önska » [ate eun(e)ska] signifie « souhaiter ». Ici, il est conjugué au présent.

Et l’expression « God Jul » [goude yule], vous l’avez déjà rencontré sur le blog, il y a exactement deux ans. Vous ne vous en souvenez pas ? Alors je vous y renvoie ici …/… Ça y est, vous avez un petit bout de révision ? Bien ! Oui, cela veut dire « Bon Noël ».

Donc, si nous mettons tous les morceaux bout à bout, la phrase signifie : « Kalle le canard et ses amis souhaitent un Bon Noël. »

Mais qui peut bien être ce Kalle ??? Je vous donne un petit indice : Walt Disney … un canard de Walt Disney … Oui ! C’est Donald Duck ! 🙂 (Ne me demandez pas pourquoi il s’appelle Kalle en suédois, c’est comme ça, c’est tout.)

Cette phrase est le titre d’une émission télévisée culte que bon nombre de Suédois (moi y compris) regarde tous les ans, le 24 décembre (« julafton » [yulaftone] = veille de Noël), sur la première chaîne publique suédoise, SVT 1, à partir de 15h. C’est l’équivalent de « From All of Us to All of You ». C’est une des émissions suédoises qui a le plus d’audition (plus de trois millions de personnes) et qui est diffusée depuis 1960 ! En plus, à l’exception du dernier dessin animé, ce sont toujours les mêmes qui en font partie, mais ce sont vraiment des perles de Walt Disney. Voici le programme :

  • une scène de Cendrillon, quand les souris lui recousent sa robe de bal

  • une scène de la Belle et le Clochard, quand ils dégustent un plat de spaghettis en amoureux
  • une scène du Livre de la Jungle, quand Baloo rencontre Mowgli pour la première fois
  • une scène de Blanche-Neige, quand elle danse avec les sept nains

  • une scène de Robin des bois, quand il vole l’argent du roi et libère les pauvres emprisonnés

L’émission est devenue tellement populaire que le moindre changement au programme soulève un vent de protestation parmi les téléspectateurs, comme l’année où Ferdinand a été remplacé par le Vilain petit canard. Je dois dire que Ferdinand est le dessin animé que je préfère dans l’émission — peut-être parce que je ne l’avais jamais vu avant de venir en Suède et que je le trouve vraiment bien.

Alors, que pensez-vous de la phrase de la semaine ? 🙂

Au fait, j’espère que vous avez tous passé un bon Noël !

Ceci est le dernier billet de 2010. Rendez-vous dimanche prochain, en l’an 2011. Je vous souhaite dors et déjà une bonne Saint-Sylvestre !

Le mot de la semaine (dernière…) : « försenad »

C’est dimanche, je suis assise à la table de la cuisine et fais les mots croisés du Dagens nyheter de vendredi quand soudain, je lève les yeux pour regarder l’heure et me rends compte qu’il est 13:58. J’ai une séance de spinning/mindfulness de l’autre côté de Stockholm qui commence dans une heure et deux minutes !

Panique ! Vérifier que le sac de sport est prêt, enfiler les chaussures, le manteau et filer au plus vite attraper le premier bus qui vient. Un dimanche, ils ne passent pas toutes les dix minutes … Une fois dans le bus, j’essaye de me calmer un peu et de me raisonner : je ne peux pas faire avancer le bus plus rapidement, il faut que je me rende à l’évidence, j’arriverai en retard… Je serais « försenad ».

À Gullmarsplan, je prends le métro … qui s’arrête à Odenplan (grrr) où je dois de nouveau changer et prendre le métro suivant jusqu’à Lindhagen. J’y arrive à 14:58. De là, je me dépêche autant que je peux, dans des rues déjà plongées dans la nuit hivernale et vides de gens.

J’arrive au Friskis & Svettis, me déchausse, retire mon billet, monte au vestiaire, me change en quatrième vitesse, cadenasse mon casier, remarque que j’ai oublié d’y laisser mes gants et de prendre ma bouteille d’eau, le rouvre, fais l’échange, le referme. Passe rapidement aux toilettes, remplis ma bouteille d’eau, descend à la salle de spinning, fait une entrée la plus discrète possible, trouve un vélo libre tout au fond de la séance, m’y assieds et commence à pédaler.

J’ai loupé les quinze premières minutes d’échauffement mais d’un autre côté, mon stress y équivaut peut-être… Je me concentre à 100 % sur la musique, rentre dans le rythme et bientôt vient mon morceau préféré : « Pierre et le Loup » de Prokofiev, où le tempo augmente peu à peu comme dans un boléro. Je jubile !

J’ai malgré tout gardé ce sentiment de retard toute la journée et le soir arrivé, je me devais d’accepter le fait que je n’aurais pas le temps d’écrire pour le blog. Le blog était lui aussi « försenad ». Mais « bättre sent än aldrig » = mieux vaut tard que jamais. Ceci est le mot de la semaine que j’avais compté publier dimanche dernier et auquel j’ai pensé toute la semaine, avec un peu de mauvaise conscience, je dois dire — car j’ai des lecteurs fidèles à la limite de la dépendance. 😉

« Försenad » est composé de la préposition « för » [feur] = trop + « sent » [sèn(e)te] = tard. L’expression « för sent » [feurchèn(e)te] existe d’ailleurs et veut dire = trop tard. Être en retard/retardé se dit « att vara försenad » [ate vara feurchénade]. Au pluriel, on dit « försenade » [feurchénadé]. Un retard est « en försening (-en, –ar, –arna) » [ène feurchéning].