Kategoriarkiv: En français

Le mot de la semaine : « smak »

En août dernier, je vous parlais du sens du goût. Je reviens sur cette notion aujourd’hui après un dîner inoubliable au restaurant SMAK qui a un concept intéressant: on y sert des petits plats élaborés autour de goûts particuliers. La formule à 3 goûts (338 kr) correspond à un plat de résistance dans un restaurant ”normal”, la formule à 5 goûts (428 kr) à un repas avec entrée et plat de résistance, et la formule à 7 goûts (518 kr) à un « trerättersmiddag ». Il y a le choix entre 18 goûts salés et 5 goûts sucrés (ou dessert). Tous les plats présente la même quantité de nourriture, desserts compris.

en smak [ène smake] = un goût

smaken [smakène] = le goût

smaker [smakère] = des goûts

smakerna [smakèr(e)na] = les goûts

 

Voici la carte :

Les plats salés :

Raifort — ”Caviar” œufs de truite, omble chevalier

Aneth fleuri — ”Toast skagen” écrevisse, citron

Cresson — ”Œuf cocotte” girolles, œuf fermier

Yuzo — ”Tataki” thon, pastèque, wasabi

Citronnelle — ”Hot pot” dumpling au canard, shiitake

Gruyère — ”Quiche” porc grillé, pomme fermentée

Coriandre — ”Crabcake” avocat, citron vert, piment

Câpre — ”Anglais” foie gras, canard fumé, betterave

Basilic — ”Osso bucco” salade, jarret de veau, tomat

Ail — ”Millefeuille” escargot, persil

Gingembre — ”Carpaccio” renne, grenade, noix de cajou

Piment vert — ”Gratinée” fruits de mer, asperge, citronc

Truffe — ”Kroppkaka” lard, cèpe, airelles

Ras el hanout — ”Pastilla” agneau, merguez, menthe

Estragon — ”Steak confit” queue de bœuf, béarnaise

Les desserts :

Citron — ”Tarte” mangue, fromage frais, miettes de réglisse

Cannelle — ”Beignet” pomme, glace aux airelles

Thé — ”Sucette” parfait, baies boréales

Poivre long — ”Rumtopf” baies, yaourt, croutons

Café — ”Gâteau” chocolat, cerises

 

En accompagnement de chacun de ces plats est recommandé une boisson : bière, vin rouge, vin blanc ou vin liquoreux pour les desserts. On peut choisir une bouteille, un verre ou un verre de dégustation (plus petit).

 

J’avais invité mon « sambo » dans ce restaurant hier. Nous nous sommes contentés de la formule à 5 plats et en sommes ressortis satisfaits et repus.

Nous avons commencé par un cocktail chacun, le sien à base de gin, citron et menthe, le mien à base de vodka, champagne et fleur de sureau.

Voici les plats que j’avais choisi :

 

Yuzo — avec une petite réminiscence de sushi

 

Citronnelle — deux dumplings à la pâte translucide dans un bouillon succulent, servi dans un bol avec des baguettes

 

Câpre — je n’ai jamais mangé un foie gras à la poêle aussi bon !…

 

Gingembre — très délicat

 

Thé, accompagné d’une petit verre de Terrassen Beerenausles, vin autrichien de Wachau — mon penchant pour les baies boréales n’a pas été déçu.

Vous noterez une préférence pour la cuisine asiatique, de même que pour quelques produits de base typiquement français et suédois. 🙂

 

Nous ne pouvions pas nous empêcher de goûter à nos plats respectifs. 🙂 Voici donc les plats choisis par mon sambo :

 

Aneth fleuri — je savais pourquoi je ne l’avais pas choisi celui-là : j’ai du mal à apprécier l’aneth fleuri

 

Cresson — au goût très rond

 

Truffe — un plat typiquement suédois réinventé et allégé

 

Estragon — un autre plat suédois plus poussé vers le raffinement

 

Poivre long — l’acidité des fruits contre la rondeur du yaourt, mmm…

Inutile de vous faire remarquer l’élégance de la présentation tant pour ce qui est de la mise en valeur des plats que pour la vaisselle utilisée. Le goût est le sens central dans ce restaurant bien sûr (comme il devrait l’être dans tous les restaurants), mais la vue et l’odorat aussi. Côté déco, les tables vitrées sont remplies d’épices dans de petits compartiments et les abat-jours des lampes sont en porcelaine si fine qu’on les croirait en papier. Le tout en fait une sorte d’expérience totale et inoubliable.

 

L’addition même est présentée enroulée dans un petit cylindre, et la somme totale fut une heureuse surprise car, grâce à la baisse de la TVA (12 % applicable depuis le 1er janvier 2012) dans les restaurants suédois, les formules étaient moins chères que ce qui était affiché sur les menus (qui n’ont visiblement pas encore été mis à jour; quant à la TVA pour les boissons, elle est toujours fixée à 25 %.)

 

 

Version suédoise ici

 

Le mot de la semaine : « sova »

Après deux semaines de travail, je n’ai pas encore réussi à retrouver mon rythme d’avant les vacances de Noël où je me couchais entre 22h et 23h. Résultat : je dors trop peu dans la semaine et mes week-ends ne suffisent pas pour récupérer.

Lundi soir, nous avions une fête au travail, très réussie. Et bien que je ne sois pas rentrée trop tard, j’ai eu du mal à m’endormir. Mardi soir, j’espérais me coucher relativement tôt mais nous avons commencé à regarder un DVD, Au-delà, de Clint Eastwood avec Matt Damon et Cécile de France. D’habitude, nous coupons sans trop de problème au milieu des films, mais là, pas moyen ; résultat, couchée à minuit… Mercredi soir, j’étais de sortie : afterwork entre Français, rentrée vers 21h30, au lit une heure plus tard. Ce fut la seule nuit suffisamment longue de la semaine. Jeudi soir, rien de spécial, mais je n’ai pas éteint avant 23h.

att sova [ate sova] = dormir

jag sover [jâgue soveure] = je dors

jag har sovit [jâgue ‘hare sovite] = j’ai dormi

jag sov [jâgue sove] = je dormais

jag ska sova [jâgue ska sova] = je dormirais

Toute la semaine, j’ai senti que je n’avais toujours pas récupéré de la fête de lundi soir. Je n’ai plus 20 ans, certes, mais je n’avais bu de l’alcool qu’à l’apéritif, je n’avais pas beaucoup dansé et je suis rentrée relativement tôt. Mais chaque matin, je me sentais plus zombie que jamais. La seule chose que je pensais en arrivant au travail était :

jag vill sova [jâgue vile sova] = je veux dormir ! …

Sur ce, il est déjà minuit et je vous souhaite : God natt! [goude nate]

 

Version suédoise ici

La rédac du mois : Ma pire (?) rupture

Logo La Rédac du mois

Chaque mois, le même jour (le 15), à la même heure (12h), des rédac’ blogueurs écrivent un billet sur un sujet commun. Les sujets sont proposés par les participants puis tirés au sort. Le sujet du mois de janvier est proposé par Liam :

Votre pire rupture : Quelle a été votre pire rupture ? Amicale, amoureuse, au travail ? Comment l’avez-vous vécue ?

Et les participants en ce début d’année sont : Agnes, Denis, Julie, Le Gounjou, Levia, Liam, Steph, Vinie, Vladyk. Allez aussi lire leur point de vue, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires ! J’en profite pour souhaiter la bienvenue aux ”petits nouveaux”. 🙂

 

Je ne suis pas sûre que ceci soit le récit de ma pire rupture ; je ne veux peut-être même pas vous raconter ma pire rupture… Mais c’est une rupture que j’aurais voulu différente.

 

C’était il y a environ 12 ans. Après 7 mois comme jeune fille au-pair dans une famille diplomatique française à Stockholm (mon premier ”emploi” ici), j’avais décidé de rendre mon tablier. Je n’étais pas leur première (ni peut-être leur dernière) jeune fille au-pair. Celle qui m’avait précédée les avait quitté au bout de six mois pour cause de mal de pays. Je me plaisais bien dans ce nouveau pays, j’avais fait le choix personnel de venir m’y installer. Être jeune fille au pair était la première étape dans mon projet d’intégration suédoise. Si je m’étais plu dans cette famille, j’y serais volontiers restée plus longtemps. Mais ce n’était pas le cas.

Ce n’était pas la faute aux enfants, au nombre de trois, trois ans d’écart entre chaque. Même si le plus jeune était difficile, j’ai très vite compris qu’il ne se sentait pas bien du tout. Le fait que ses parents traduisent les colères où il se frappait lui-même comme des caprices et qu’on m’autorise en plus à lui donner la fessée dans ces occasions-là me fendait le cœur. Les enfants m’appréciaient, mais leur mère était rarement satisfaite de mes services bien que je me plie à ses souhaits (ordres ?) : repasser les housses de couettes et les draps des deux côtés, couper menus les morceaux de légumes pour faire une ratatouille (qui finissait en purée) ou forcer les enfants à manger une béchamel faite à base de bouillon de poisson (au point que la moyenne s’en est rendue malade) … Les enfants dînaient rarement avec leurs parents, leur mère ne travaillait pas mais j’étais plus souven à la maison qu’elle.

Dès le début, j’avais annoncé la couleur : j’avais choisi la Suède, non pas pour eux (faut quand même pas exagérer), mais parce que j’y avais des amis. Petit à petit, ils ont compris que l’un de ses amis était plus qu’un ami …, mais je ne voyais pas en quoi cela pouvait avoir de l’importance pour eux, pour mon travail chez eux. Ils auraient peut-être dû être contents que j’aie une vie sociale, si limitée soit-elle, en dehors de mes heures de travail ainsi qu’une raison de rester en Suède. Mais j’avais l’impression qu’ils se sentaient plutôt trahis. Du coup, la froideur dans nos relations est devenue de plus en plus grande.

À la fin, je ne me plaisais plus du tout en leur compagnie et dès que j’ai su que je pouvais être hébergée dans la famille de mon conjoint, j’ai rendu ma démission. Ils n’ont pas essayé de me retenir. J’avais un mois de préavis, fin 1999-début 2000 ; je peux vous dire que ce dernier mois a été très très long… J’avais acheté des cadeaux de Noël aux enfants ; on ne m’a pas laissé les leur donner en mains propres (je ne sais même pas s’ils les ont jamais reçu…). Mon dernier jour de travail, la mère était sortie avec les enfants (ce qu’elle faisait rarement seule), de sorte que je n’ai même pas pu leur dire au revoir. Ils étaient peut-être trop jeunes pour comprendre, mais j’aurais voulu qu’ils sachent que ce n’étaient pas à cause d’eux que je partais (qui sait ce que leur mère a bien pu leur raconter…)

Pour couronner le tout, leur père m’a fait la morale quand je suis venue rendre les clés et récupérer mon dernier salaire. ”Il ne fallait pas que je me fasse d’illusions, 99 % des mariages suédois finissaient en divorce et patati et patata…” Non mais de quoi j’me mêle ! J’ai un souvenir négatif de cette rupture car je me suis sentie méprisée et rabaissée. Même passé 20 ans, je n’étais à leurs yeux qu’une petite fille bien naïve de croire en ses rêves. Et j’ai horreur d’être traitée de cette manière-là !

Je sais qu’ils sont rentrés en France l’été qui suivait. Ils n’avaient sûrement jamais eu l’intention de s’installer en Suède pour de bon (ils se sentaient bien trop supérieurs aux Suédois pour ça), mais je me demande bien la tête qu’ils feraient aujourd’hui s’ils apprenaient où j’en suis arrivée, 11 ans plus tard, et que je suis, de surcroit, encore avec mon conjoint de l’époque …

 

Si vous aussi avez envie de vous prêter à ce jeu d’écriture qu’est la rédac’ du mois, n’hésitez pas à cliquer sur ce lien pour vous inscrire.

La photo du mois : Bulles

Chaque mois, les blogueurs qui participent à La photo du mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Le thème de la photo du mois de janvier a été choisi par Thibault : Bulles.

Des bulles pour fêter la fin et le début d’une année, c’est presque banal. 😉 Personnellement, j’avais une raison supplémentaire de faire ”pêter le champagne”, et ce juste avant Noël.

Bulles de champagne

Pour fêter ma titularisation. 🙂

 

Allez buller de blogs en blogs:

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Thèmes précédents :

2011
1. Juin : Clé
2. Juillet : Fenêtre
3. Août: Soleil
4. Septembre : Promenons-nous dans les bois
5. Octobre : Surnaturel
6. Novembre : Au bout bout du monde
7. Décembre : Bancs publics

Le mot de la semaine : « tillsvidareanställning »

J’ai appris la bonne nouvelle avant Noël et il n’y a pas de meilleure façon d’amorcer une nouvelle année sur le plan professionnel : je suis désormais « tillsvidareanställd » au Nationalmuseum, c’est-à-dire que j’ai un CDI ! 🙂

« Tillsvidare » signifie ”jusqu’à nouvel ordre” (à ne pas confondre avec « tills vidare » qui veut dire ”provisoirement, temporairement” …) et « anställning », c’est l’emploi. On utilise aussi souvent le mot « fastanställning » = emploi permanent (il n’y a pas d’emplois à vie en Suède à part éventuellement celui du roi), qui n’est pas vraiment un synonyme puisque ce terme n’est pas valable juridiquement, mais cela revient un peu au même quand même. C’est en tout cas toujours mieux qu’un CDD !

en tillsvidareanställning [ène tillssevidaréan(e)stèlning] = un CDI

tillsvidareanställningen [tillssevidaréan(e)stèlninguène] = le CDI

tillsvidareanställningar[tillssevidaréan(e)stèlningare] = des CDI

tillsvidareanställningarna[tillssevidaréan(e)stèlningar(e)na] = les CDI

J’ai achevé mes études universitaires en juin 2005. Depuis, j’ai collectionné les CDD : les remplacements se sont succédés aux missions, qui ont parfois été prolongées jusqu’à ce qu’il n’y ai plus d’argent. J’ai eu trois employeurs dans ce laps de temps : la commune de Sigtuna, le Nationalmuseum, le Moderna Museet puis de nouveau le Nationalmuseum que j’ai réintégré à l’automne 2008.

Le Nationalmuseum, Stockholm

Je ne l’ai pas vraiment ”décroché”, ce CDI, même si j’avais postulé suite à un départ à la retraite. Mais en cours de recrutement, j’ai été en fait « inLASad » [inelassade]. J’aime la langue suédoise qui peut former des mots à partir d’abréviations ! 😀 LAS, c’est « lagen om anställningsskydd », la loi sur la sécurité de l’emploi. Adoptée en 1982, elle règle les types et les préavis de licenciement ainsi que les CDD. La loi est contraignante mais peut être restreinte par les conventions collectives. Elle protège les employés contre les licenciements arbitraires ; on peut être licencié par manque de travail ou pour des raisons personnelles (grosse erreur professionnelle). Avant de licencier, on étudie toujours la possibilité de replacer l’employé.

Le texte de loi (en suédois) en entier ici.

Un CDD suédois peut être un remplacement (congé maladie de longue durée, congé parental, congé pour cause de CDD chez un autre employeur), une mission, un emploi saisonnier, une période d’essai ; il peut aussi être appliqué si l’employeur a 67 ans ou plus. Si, sur une période de 5 ans, un employé effectue un ou des remplacements de deux ans ou une ou des missions de deux ans, le CDD devient automatiquement un CDI. C’est ce que « inLASad » signifie ; cela équivaut à une titularisation en quelque sorte. C’est ce qui m’est arrivée, et je ne le vis pas comme une fatalité, ni mon employeur, ce qui est d’autant plus agréable à entendre ! 🙂

Mon bureau

 

Version suédoise ici.

Le mot de la semaine : « slappa »

Mes vacances de Noël touchent à leur fin. Je n’ai pas fait tout ce que je voulais faire : j’avais pensé tricoter et lire ; j’ai lu un petit roman de Tomas Tranströmer, mais je n’ai pas touché à une seule aiguille. Mais j’ai fait une chose que je voulais vraiment faire et c’est me re-po-ser. J’ai beaucoup dormi et pas mal paressé, je n’ai jamais autant regardé la télé que pendant ces vacances. (Et le blog m’a pris pas mal de temps aussi …)

Le verbe « slappa » vient de l’adjectif « slapp » qui signifie : mou, flasque, relâché, sans énergie, sans vigueur. Je traduis le verbe par : paresser.

jag slappar [jâgue slapare] = je paresse

jag har slappat [jâgue ‘har slapate] = j’ai paressé

jag slappade [jâgue slapadé] = je paressais

jag ska slappa [jâgue ska slapa] = je paresserai

Ces vacances sont pour moi synonyme de non-rutine : je me suis couchée et levée à pas d’heure, j’ai mangé à heure non fixe, pas mal de repas ne nécessitaient pas de faire la cuisine, je ne suis sortie que très peu. ”Home sweet home”…

Il est quand même grand temps de retrouver un peu ses routines — et c’est toujours pour moi relativement agréable après une telle coupure. Quand vous lirez ceci, je serais en France en train de pouponner mon troisième neveu qui est né le 3 décembre dernier. 🙂 Un voyage, si court soit-il, demande un peu de planning (comme de programmer l’article dominical du blog par exemple), d’organisation et qu’on respecte les horaires de bus, d’avion et de RER.

Je rentre lundi soir vers minuit et dès mardi, c’est retour à la réalité. Pas telle que je la connaissait avant les vacances ; je serais sûrement plus en forme et plus enthousiaste de reprendre mes vieilles habitudes. J’ai presque hâte d’embarquer de nouveau sur le bateau entre Slussen et Skeppsholmen. 😉

 

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « trerättersmiddag »

Voici un poste gourmand pour bien commencer l’année !

La dernière semaine de l’année 2011 a été pour moi l’occasion de reprendre du service aux fourneaux. J’y ai pris beaucoup de plaisir d’autant que je pouvais préparer une partie des mets la veille : cela permet de cuisiner sans stresser et de prêter toute l’attention nécessaire pour un repas réussi. En préparant une partie du plat principal et le dessert la veille, je pouvais tranquillement faire un peu de ménage, de rangement et mettre la table avant que les invités arrivent, pour ensuite préparer l’entrée juste avant de passer à table.

Aux oreilles d’un Suédois, un « trerättersmiddag » est luxueux, tandis que pour un Français cela n’a peut-être rien de très exceptionnel. En effet, un repas français se compose souvent d’une entrée, d’un plat de résistance et d’un dessert, et c’est ce que signifie « tre-rätter-s-middag », mot à mot : « trois-mets-dîner », c’est à dire un repas composé de trois plats. (Les Suédois mangent souvent une salade en accompagnement du plat principal, et ne prennent jamais de dessert au quotidien – mais ils peuvent manger une pâtisserie en cours de journée.)

en trerättersmiddag [ène trérèterchmiddâ(gue)] = un dîner composé de trois mets

NB: On peut ne pas prononcer le –g final dans la forme indéfinie du singulier.

trerättersmiddagen [trérèterchmiddâguèn] = le dîner …

trerättersmiddagar [trérèterchmiddâguare] = des dîners …

trerättersmiddagarna [trérèterchmiddâguar(e)na] = les dîners …

Le premier « trerättersmiddag » eut lieu le 29 décembre et nos invités étaient un couple d’amis et leurs deux enfants que nous n’avions pas vu depuis l’été dernier. C’est toujours pour moi un challenge de les inviter à dîner car le père est cuisinier de profession. Mais c’est également un plaisir d’avoir des invités qui partagent le même intérêt gastronomique que moi.

Le menu du 29 décembre se composait de :

  • en entrée (« förrätt ») : pâte en croûte (pas fait-maison, je l’avoue) et figue au Saint-Agur ;
  • en plat de résistance (« varmrätt ») : filet de porc aux pommes, gratin dauphinois et petits pois ;
  • en dessert (« efterrätt ») : bûche de Nöel aux marrons — qui a eu un succès monstre

« en förrätt, förrätten, förrätter, förrätterna » [ène feurrète, feurrètène, feurrètère, feurrètèrna] = entrée, hors d’oeuvre, où « för » signifie : avant (pré-).

« en varmrätt, varmrätten, varmrätter, varmrätterna » [ène varmrète, varmrètène, varmrètère, varmrètèrna] = plat principal, de résistance, où « varm » signifie : chaud.

« en efterrätt, efterrätten, efterrätter, efterrätterna » [ène éfteurrète, éfteurrètène, éfteurrètère, éfteurrètèrna] = dessert, où « efter » signifie : après (post-).

Pour le réveillon de la Saint-Sylvestre, « nyårsafton », nous avions invité les parents et le frère de mon sambo. Au menu :

  • en entrée : chèvre chaud et salade au canneberges sèches et pignons ;
  • en plat de résistance : bœuf bourguinon — le meilleur que j’ai jamais mangé ! — et puré de pommes de terre ;
  • en dessert : pâtisseries au chocolat et à la crème à l’orange sanguine.

 

Version suédoise ici

 

Le mot de la semaine : « julkalender »

Tous les ans, depuis 1960, la radio et la télévision suédoise diffuse chacune son calendrier de l’avent, à raison d’un épisode par jour, à partir du 1er décembre jusqu’au 24. Les épisodes filmés durent environ 15 min, soit au total 6 heures.

en julkalender [ène yulekalèn(e)dère] = un calendrier de l’avent

julkalendern [yulekalèn(e)dèr(e)ne] = le calendrier de l’avent

julkalendrar [yulekalèn(e)drare] = des calendriers de l’avent

julkalendrarna [yulekalèn(e)drar(e)na] = les calendriers de l’avent

Je me souviens encore de celui de 1999, l’année de mon arrivée en Suède. Étant jeune fille au pair à l’époque, je suivais assidûment et joyeusement chaque épisode avec les enfants, tous les soirs à 18h. C’était l’histoire de « Julens hjältar » [yulèn(e)sse ‘yèltar(e)na] = les héros de Noël, qui mettait en scène des décorations de Noël par erreur mises à la poubelle. D’épisode en épisode, une mascotte de l’équipe de football d’Hammarby en forme de chien aide le bouc, l’étoile, la boule, le bonhomme de pain d’épice et les deux petits nains de Noël à retourner dans leur famille pour finalement trouver leur place dans le sapin, juste à temps pour les fêtes de fin d’année.

Cette année, le « julkalender » s’appelle « Tjuvarnas jul » [chuvar(e)nasse yule] = le Noël des voleurs, et relate l’histoire d’une bande de voleurs de cadeaux de Noël,« klappsnapparna », finalement bien sympathiques. Leur existence est perturbée par l’arrivée de Charlie, orpheline de mère, qui prétend être la fille de l’un d’entre eux. Le film a été tourné en février dernier essentiellement à Skansen pour les scènes d’extérieur et dans des appartements du XIXème siècle pour les scènes d’intérieur. L’histoire se finit bien, évidemment, comme tout conte de Noël. Les suédophones apprécieront sûrement de pouvoir le visionner grâce à SVT Play. L’intégralité des épisodes est disponible jusqu’au 24 janvier.

Joyeux Noël à tous, chers lecteurs !

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « ljusstake »

Voici un mot composé de deux substantifs : « ljus » [yusse] = bougie, lumière, et de « stake » [stâké] = piquet, poteau, pieu, qui signifie chandelier, bougeoir.

en ljusstake [ène yusstâké] = un chandelier

ljusstaken [yusstâkène] = le chandelier

ljusstakar [yusstâkètare] = des chandeliers

ljusstakarna [yusstâkètar(e)na] = les chandeliers

En cette période de Noël, les Suédois ont l’habitude d’allumer, chaque dimanche de l’avent, une bougie supplémentaire à l’« adventljusstake ». Ces chandeliers sont souvent décoré de mousse à la base ; la nôtre est imprégnée pour ne pas prendre feu. Si l’on utilise de la mousse non-traitée, ramassée dans la forêt ou acheté chez le fleuriste, mieux vaut la vaporiser d’eau avant d’allumer les bougies pour éviter tout incident … incendie même. (Les pompiers suédois ont beaucoup à faire en période de Noël justement à cause de toutes ces bougies ”vivantes”, « levande ljus », qui donnent une ambiance tellement ”cosy” à la maison.)

En 1934, un certain Oscar Andersson (1909-1996), employé chez Philips à Göteborg construisit le premier chandelier de l’avent électrique en associant les bougies électriques d’une guirlande pour sapin et un chandelier arqué. Peu croyaient en l’idée, mais ce prototype servit de modèle et on commença à les fabriquer en masse en 1937. La production entière de cette année était vendue avant Noël.

Aujourd’hui, toutes les fenêtres suédoises, dans les maisons et appartements mais aussi dans les bureaux, sont ornées de ces « adventsljusstake » [advènt(e)ssyusstâké] à 5 ou 7 branches. Leur chaude lumière rendent les longues hivernales un peu plus agréables. Il sont souvent en bois, naturel ou peint en blanc, rouge ou bleu, mais on en trouve aussi en métal. Autour des bougies, on peut mettre des petites décorations représentant des feuilles de houx par exemple.

La photo du mois : Bancs publics

Chaque mois, les blogueurs qui participent à La photo du mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Le thème de la photo du mois de décembre a été choisi par Claude, inspiré par Brassens : Bancs publics.

Décidément, mes photos de l’été dernier semblent une mine inépuisable pour alimenter les thèmes de la photo du mois. 🙂

Ce mois-ci, je vous propose des bancs publics aux formes organiques.

Bancs publics 1

Bancs publics 2

Bancs publics 3

Promenez-vous de bancs en bancs sur les blogs suivants : 100driiine,  4 petits suisses dans un bol de riz,  A&G,  Agnès,  Alex,  Alexanne,  Alice,  Anne,  Anne Laure T,  Aparça ,  Aude,  Aurélie,  Ava,  Babou,  Belbe,  Bestofava,  blogoth67,  Boopalicious,  Calamity Scrap,  Carnets d’Images,  Caro,  Carole In England,  Caroline,  Cathy Brocard,  Cekoline,  Celiano,  Céline,  Céline in Paris,  Champagne,  Cherrybee,  Choupi,  Cindy Chou,  Clara,  Claude,  Clem et Chat,  Cynthia,  Doremi,  Doréus en Alberta,  Dorydee,  Dr.CaSo,  E,  Edegan,  El,  Emma,  Fabienne,  Filamots,  floflo,  Florian,  florianL,  Françoise Notfar,  François,  Frankonorsk,  Frédéric,  Galinette,  Gilsoub,  Gizeh,  Glose,  Guillaume,  hibiscus,  Hugo,  Ines meralda,  Isabelle,  Jean WILMOTTE,  Jen et dam,  Karrijini,  Krn,  Kyn,  La Fille de l’Air,  La Flaneuse,  La Godiche,  La Madame,  La Papote,  La Parigina,  Laurabreizh,  Laure,  Lauriane,  L’azimutée,  LE BOA BLEU ,  Le Loutron Glouton,  Le Mag à lire,  le via carmina,  Le-Chroniqueur,  Les voyages de Seth et Lise,  lesegarten,  Lhise,  Lucile et Rod,  M,  M.C.O,  magda627,  Mamysoren,  Mandy,  Manola,  Marie,  Marion,  Maureen,  M’dameJo,  Mérantaise,  Meyilo,  Muni57,  Nathalie,  Niwatori,  Nolwenn,  Nomade57,  Noon,  Nora,  Olivier,  Onee-Chan,  Ori,  Où trouver à Montréal? ,  Rene paul henry,  Sébastien,  Sephiraph,  Shandara,  Sinuaisons,  Sprout©h,  Stephane08,  Stéphie & les Cacahuètes,  Surfanna,  Tam,  Tambour Major,  Terhi,  The Mouse,  Thib,  Titem,  Un jour-Montreal,  Une niçoise,  Urbamedia,  Vanilla,  Viviane,  Xavier Mohr.

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