Kategoriarkiv: En français

La photo du mois : Glace

Chaque mois, les blogueurs qui participent à La photo du mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Le thème du mois de mars est proposé par Blogoth67 : ”Glace”

Alors, vous allez peut-être trouver que je triche, mais j’ai tourné et re-tourné le problème et j’en suis arrivée à la conclusion que je ne peux pas m’empêcher cette fois-ci de partager avec vous, non pas une photo, mais un petit film.

C’est un de mes moments préférés des hivers suédois, quand la Baltique commence à geler et que le bateau qui m’emmène au travail s’y fraye un chemin. Le bruit est très impressionant. Si en plus, il fait soleil et que la brume s’élève entre la surface de l’eau et l’air, c’est un moment carrément magique !…

 

J’espère que vous aurez la patience de rester sur mon blog les 6 minutes que durent ce film avant d’aller faire le tour des autres blogs ”glacés” pour l’occasion :

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Thèmes précédents :

2011

1. Juin : Clé

2. Juillet : Fenêtre

3. Août: Soleil

4. Septembre : Promenons-nous dans les bois

5. Octobre : Surnaturel

6. Novembre : Au bout bout du monde

7. Décembre : Bancs publics

 

2012

8. Janvier : Bulles

9. Février : Mon rêve …

La rédac’ du mois : Comment voyez-vous l’an 2030 ?

 

Logo La Rédac du mois

Chaque mois, le même jour (le 15), à la même heure (12h), des rédac’ blogueurs écrivent un billet sur un sujet commun. Les sujets sont proposés par les participants puis tirés au sort. Le sujet du mois de février est proposé par Agnes qui pose la question suivante :

Dans les années 1980 (bien avant même) on pensait qu’en l’an 2000 les voitures voleraient, que l’on irait vivre sur la lune, que l’on se nourrirait de pilules… Comment voyez-vous l’an 2030 ?

Et les participants sont : Agnes, Denis, Julie, Levia, Liam, Steph, Vinie et Vladyk. Laissez-vous transporter dans un voyage vers le futur et n’hésitez pas à laisser vos commentaires !

En 2030, j’aurai 52 ans. Ce n’est pas très original comme point de départ, mais j’ai besoin de me situer dans le temps pour m’imaginer la vie telle qu’elle pourrait l’être à ce moment-là.

Je ne crois pas que les voitures voleront, mais peut-être qu’elles se déplaceront complètement à l’électricité et sans conducteur. Je pense à quelque chose du genre PRT (Personal Rapid Transit), entre l’automobile individuelle et le transport en commun. D’une manière générale, je crois que notre monde sera de plus en plus automatisé pour, encore et toujours, rendre plus efficace nos modes de travail, de déplacement, de production, etc. C’est déjà en cours et je ne crois pas qu’on va (ou même puisse) freiner ce développement. Le télé-travail sera sûrement encore plus répandu qu’aujourd’hui grâce à internet et les vidéoconférences ; on pourrait s’imaginer que nombre de bureaux soient transformés en logements. Seules certaines professions bien spécifiques requerront un lieu de travail spécifique, tels les usines, les hôpitaux, les écoles, même si les universités dispenseront de plus en plus leurs cours à distance.

Au niveau nourriture, j’espère qu’on ne s’alimentera ni de pilules, ni de viande reconstituée ou de légumes OGM. Ce serait vraiment dommage si faire la cuisine et manger cessaient d’être des plaisirs ! Pour ce qui est des autres loisirs, je ne crois pas révéler de grand secret en prévoyant la mort du livre-papier : les e-livres existent depuis déjà un moment, et quand on voit que des classes de primaires suédoises lancent déjà des projets d’enseignement avec des iPads, je crois que c’est vraiment dans ce sens-là que va la progrès : l’an 2030 sera sans aucun doute plus numérique que l’an 2010.

Je ne sais pas si nos ancêtres voyaient l’avenir de manière pessimiste ou optimiste. Mais si je regarde en arrière, il est très rare que je me dise que « c’était mieux autrefois » et je crois que ce sera, en général, mieux demain, même si c’est déjà bien maintenant. Chaque progrès a ses conséquences plus ou moins négatives, mais au bout du compte, je crois que la plupart y gagne. C’est peut-être une manière naïve de voir les choses, mais je ne peux tout simplement pas croire qu’il vaudrait mieux aller en arrière.

Ce que j’espère, c’est que les progrès fais dans les années à venir pourront être à la portée d’un plus grand nombre et que l’écart entre les pays dits développés et sous-développés se réduise petit à petit. Mais là, je frôle peut-être la démagogie …

 

Si vous aussi avez envie de vous prêter à ce jeu d’écriture qu’est la rédac’ du mois, n’hésitez pas à cliquer sur ce lien pour vous inscrire.

 

Le mot de la semaine : « passion »

Le mot de la semaine n’est ni difficile à traduire, ni difficile à prononcer, même si sa prononciation suédoise diffère un peu de la française : on dit à peut près [pachoune]. Il se décline de cette manière-là :

en passion [ène pachoune] = une passion

passionen [pachounène] = la passion

passioner [pachounère] = des passions

passionerna [pachounèr(e)na] = les passions

Ce mot, en suédois comme en français, a changé de signification à travers les âges. Une passion, aujourd’hui, correspond à un sentiment très fort et a une connotation souvent positive ; autrefois, le mot désignait toute émotion forte, positive ou négative. C’est dans ce sens qu’il est utilisé dans le titre de la nouvelle exposition du Nationalmuseum, inaugurée le 7 mars par la ministre suédoise de la culture, Lena Adelsohn Liljeroth : « Passioner. Konst och känslor genom fem sekler » en suédois, « Passions. Five Centuries of Art and Emotions » en anglais, ou « Passions. Cinq siècles d’art et d’émotions » en français.

Passioner – konst och känslor genom fem sekler from Nationalmuseum on Vimeo.

Le point de départ de l’exposition sont les Caractères de Charles Le Brun, dessins à travers lesquels il essayait au XVIIème siècle de systématiser les expressions des sentiments et qui ont inspiré de nombreux artistes postérieurs. Mais l’expression des sentiments est quelque chose qui a toujours intéressé et interrogé les artistes, comme en témoigne la copie en plâtre du célèbre Laocoon, dont l’original, datant du IIème och Ier siècle avant J.-C., fut redécouvert en Italie en 1506 et est désormais exposé au musée Pio-Clementino au Vatican.

Laocoon
Laocoon et ses fils (Source : Wikipedia. Photo © JuanMa 2005)

L’exposition du Nationalmuseum se base essentiellement sur les riches collections du musée dont les peintures, sculptures, dessins et gravures regorgent d’exemples illustrant des sentiments, ou l’absence de sentiments pour certaines. On y voit des œuvres de l’Hollandais Rembrandt, du Suédois Sergel, et du Français Coypel pour n’en citer que quelques-uns.

Franz Xaver Messerschmidt, Le Bailleur, étain
Franz Xaver Messerschmidt, Le bailleur, étain (Source : www-nationalmuseum.se. Photo © Museum of Fine Art, Budapest)

Pour compléter et élargir l’argument, des œuvres plus modernes ont été empruntées à d’autres musées, par exemple Edvard Munch, Charlie White, Absalon. De nombreux livres ayant trait à la physiognomie sont également exposés. Les œuvres vidéo de Bill Viola constituent le fil rouge de l’exposition : les six œuvres empruntées sont issues d’une série de 24 intitulée justement Passions à travers laquelle il réinterprète des thèmes courants de l’histoire de l’art en les rendant universel et plus humains, comme par exemple dans Dolorosa.

Bill Viola: Dolorosa
Bill Viola, Dolorosa (Source: www.nationalmuseum.se Photo © Bill Viola/Kira Perov)

Mon œuvre préférée, dans cette exposition, est celle de l’artiste hollandaise Rineke Dijkstra : une œuvre vidéo sur trois grands écrans intitulée Wheeping Woman, qui met en scène un groupe d’écoliers faisant face à une œuvre de Picasso lors d’une visite à la Tate Liverpool. Le côté génial de l’œuvre de Dijkstra est qu’on ne voit jamais l’œuvre de Picasso, mais seulement la réaction des enfants. Une réaction par les mots mais aussi par les gestes, dans leur interaction entre eux-mêmes et surtout entre eux et la peinture de Picasso. Le visage d’un des garçons exprime l’empathie qu’il ressent en étudiant le visage de Dora Maar pleurant. Pour moi, c’est l’œuvre la plus pertinente de l’exposition car elle montre comment l’être humain réagit aux sentiments de son prochain, par la sympathie et l’empathie. Cela rejoint le choix de scénographie de la première salle de l’exposition, pour l’occasion couverte de miroirs, justement pour refléter les sentiments des visiteurs au vue des œuvres accrochées aux murs.

Rineke Dijkstra, Wheeping Woman
Rineke Dijkstra, Wheeping Woman (Source: www.nationalmuseum.se Photo © Rineke Dijkstra)

Ce n’est donc pas une exposition abordant le thème de l’amour passionnel par exemple (à part éventuellement celui de la Passion du Christ) et la plupart des sentiments ne sont pas joyeux. Mais si vous voulez rire et sourire, je vous conseille vivement l’exposition parallèle, située au rez-de-chaussée du musée, qui traite de l’art de la caricature en Suède depuis le XVIème siècle jusqu’à nos jours. C’est une exposition très intéressante du point de vue historique et pleine d’humour tant par son contenu que par son accrochage.

Ces deux expositions se complètent très bien (prévoyez donc une bonne heure de visite si ce n’est plus) et elles sont ouvertes jusqu’au 12 août.

Version suédoise, ici

Le mot de la semaine : « beroende »

iPhone 4S blackMon iPhone est à l’agonie, le verdict est inéluctable : un dégât des eaux est fatal pour un iPhone …

Avant l’accident, j’étais déjà consciente que je ne pouvais pas m’en passer ; il est devenu un outil essentiel de ma vie quotidienne, privée et professionnelle … Cela fait maintenant deux semaines que je ne peux plus m’en servir ; je vais encore devoir attendre environ deux semaines avant d’en obtenir un nouveau … Un mois sans iPhone ?! Mais comment je vais faire ?… J’en suis vraiment devenue dépendante.

 

att vara beroende [ate vara bérouendé] = être dépendant/e

 

ett beroende [ète bérouendé] = une dépendance, une addiction

beroendet [bérouendète] = la dépendance, l’addiction

beroende [bérouendé] = des dépendances, des addictions

beroenden [bérouendène] = les dépendances, les addictions

 

Ce n’est pas seulement les passe-temps et divers loisirs qu’un iPhone peut procurer par l’intermédiaire des applications Facebook, Wordfeud etc… qui me manquent.

icône Facebook icône Wordfeud icône Whatsapp icône Momento

Ce sont tous les applications pratiques qui me manquent aussi : le calendrier, les mails, la possibilité de réserver (ou d’annuler) une place de yoga deux matins par semaine, consulter les horaires de bus …

icône iCal icône Friskis & Svettis icône transports en commun Stockholm icône carte

Un exemple tout récent : avec l’application-carte, je serais arrivée hier à la pâtisserie-boulangerie Petite France plus vite que prévu au lieu de tourner en rond dans le quartier à la recherche de la bonne rue. Bon, il faisait soleil, ça sentait le printemps, ce n’était pas désagréable, et bien que j’arrive 30 min en retard, j’étais une des premières au rendez-vous. Mais quand même …

Bien sûr, on survit sans son iPhone, mais ça tombe vraiment mal à pic quand c’est justement au moment où j’ai le plus besoin, professionnellement, d’être joignable. Car l’iPhone n’est pas seulement un téléphone, mais à la base, c’est quand même le but premier : pouvoir téléphoner et être joignable. En attendant d’en obtenir un nouveau (vive l’assurance tout risque!), j’ai pu glissé la carte SIM dans un vieux téléphone — à touches ! — et je suis de nouveau joignable. Ce n’est pas non plus un téléphone de l’âge préhistorique, donc je peux même « facebooker » un peu. Youpie !

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « födelse »

Le choix du mot de la semaine s’est révélé être évident après l’heureux évènement qui a engagé des nombreux Suédois depuis jeudi matin. Je veux parler bien sûr de la naissance du premier enfant de la princesse héritière Victoria et du prince Daniel, une petite fille. le 23 février à 4h26 à l’hôpital de Karolinska.

À 7h du matin, un père ému et fier annonçait à la presse que la mère et l’enfant se portaient à merveille. La princesse mesurait 51 cm et pesait 3 280 grammes à la naissance. L’accouchement avait pris environ 3 heures et la petite famille rentrait chez elle, au château d’Haga, seulement 8 heures après la naissance.

en födelse [ène feudèlesé] = une naissance

födelsen [feudèlesène] = la naissance

födelser[feudèlesère] = des naissances

födelserna[feudèlesèr(e)na] = les naissances

ou:

en födsel [feudsèle] = une naissance

födseln[feudsèl(e)ne] = la naissance

födslar[feudslare] = des naissances

födslarna [feudslar(e)na] = les naissances

 

Une naissance dans la famille royale donne lieu à plusieurs cérémonies traditionnelles d’origine plus ou moins anciennes. La première est la coutume de tirer 21 coups de canon dans les heures qui suivent l’accouchement. Dans le cas d’un enfant héritier du trône, on tire 2 fois 21 coups, c’est-à-dire 42 coups, et c’est ce qui s’est passé jeudi à midi, en plein Stockholm, depuis l’île de Skeppsholmen, puisque la princesse nouvelle-née (dont on ne connaissait pas encore le nom) est deuxième dans l’ordre de succession au trône suédois, après sa mère.

42 coups de canon pour la naissance de la princesse Estelle
Photo de Holger Ellgaard. Source : Wikipedia

Juste à ce moment-là, jeudi à midi, je sortais du Nationalmuseum et j’ai été frappée de voir qu’autant de monde était venu assisté à cette cérémonie ! Le pont qui mène à Skeppsholmen, la rive qui fait face au Palais royal, la place à gauche du Palais, et jusque devant l’Opéra royal : tout était noir de monde. (La dernière fois qu’on a tiré 42 coups de canon, c’était pour la naissance du prince Carl Philip, qui est né prince héritier en 1979 mais perdit sa place en 1980 à l’avantage de sa grande sœur après un changement de la constitution suédoise, et le public était loin d’être aussi nombreux.) C’était finalement assez émouvant de témoigner de la popularité de cette naissance, même si les principaux protagonistes n’étaient pas présents.

Faire-part de naissance publié sur le site de la cour royale suédoise

La deuxième tradition est que le président du parlement suédois, Per Westerberg, le premier ministre, Fredrik Reinfeldt, le maréchal du royaume de Suède, Svante Lindqvist et la maîtresse de la garde-robe royale, Alice Trolle-Wachtmeister rendent visite aux jeunes parents pour témoigner de la naissance, ce qui eut lieu le lendemain, le vendredi 24 février.

Ensuite, lors d’un conseil extraordinaire au Palais royal, l’actuel roi de Suède, Carl XVI Gustav, a annoncé au gouvernement suédois les prénoms et titre de la jeune princesse : elle s’appelle ainsi Estelle, Silvia (après sa grand-mère maternelle), Ewa (après sa grand-mère paternelle) et Mary et elle a été faite duchesse d’Östergötland, dont la plus grande ville est Linköping (voir le mot de la semaine dernière).

Le choix du prénom Estelle a étonné tout le monde. Certains ont trouvé que ce n’était pas un prénom royal, mais qu’est-ce qu’un prénom royal ? Que les parents aient choisi de ne pas suivre la tradition n’est, à mes yeux, pas du tout choquant. Et pourtant, cela a choqué un Suédois en particulier, le journaliste et historien populaire Herman Lindqvist, qui trouvait qu’il était inadéquat pour une princesse de porter le nom d’une ”reine de discothèque” (ne me demandez pas d’où lui vient cette association…) Mais c’est un prénom qui existe dans la famille Bernadotte : Folke Bernadotte, petit-fils d’Oscar II, diplomate de profession, s’était en effet marié à Estelle Manville.

 

Prénoms et titre de la princesse Estelle publiés sur le site de la cour royale suédoise

La dernière cérémonie traditionnelle suivant la naissance d’un prince ou d’une princesse suédoise est une d’action de grâce religieuse, un Te Deum, dans l’église du Palais royal qui rassemblait la famille royale, la famille du prince Daniel, le gouvernement suédois ainsi que les têtes des partis politiques, et le personnel de la cour royale. Le baptême devrait avoir lieu dans les trois mois à venir.

Te Deum i Slottskyrkan from Kungahuset on Vimeo.

Je ne suis pas royaliste, mais je n’ai malgré tout pas pu m’empêcher de me laisser emportée par l’effervescence causée par cette naissance. J’ai été touchée par les réactions en majorité positive du peuple suédois, mais en même temps, j’ai pensé plusieurs fois : ”Si elle savait ce qui l’attend …” La petite Estelle n’est pas à plaindre, mais sa voie est toute tracée depuis les premières heures de sa vie. Même si la famille royale suédoise veut être très proche du peuple, on ne peut pas faire abstraction de leurs conditions de vie très privilégiée ni des contraintes que leur fonction, héréditaire et donc anti-démocratique, implique.

Armoiries de la princesse Estelle. Source : Wikipedia
Armoiries de la princesse Estelle

Et quand le premier ministre, Fredrik Reinfeldt, en adressant ses plus sincères félicitations aux heureux parents, achève en disant que la Suède fait maintenant face à une nouvelle ère de reines, cela ne donne aucun espoir d’abolition de la monarchie suédoise dans un avenir proche. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Je ne sais pas … Toujours est-il que la famille royale a gagné énormément en popularité ces derniers jours et j’imagine que de nombreux Suédois se réjouissent déjà à l’avance d’une nouvelle ère d’« Hagasessor » ; ce mot, formé de « Haga » et de « sessor », diminutif de « prinsessor » = princesses, fait référence aux sœurs de l’actuel roi de Suède, lorsqu’elles étaient enfants et qu’elles vivaient au château d’Haga.

Maison où jouaient l'actuel roi de Suède et ses sœurs quand ils étaient enfants
Photo de Holger Ellgaard. Source: Wikipedia

 

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « köping »

« Köping » [cheuping] a la même racine que le verbe « köpa » [cheupa] qui signifie « acheter ». C’est un mot qui désignait autrefois les agglomérations suédoises qui constituaient des centres marchands mais qui n’avaient pas le statut juridique de ville qui était délivré par le pouvoir royal. (Ce statut juridique disparu en 1971).

Aujourd’hui, on trouve les traces historiques de ces « köping » dans la toponymie suédoise : 10 villes, toutes situées dans le sud ou le centre de la Suède, ont un nom qui finissent en effet par « -köping ».

Je vous emmène faire le tour des « köping », un tour de presque 1000 km. Partons de Stockholm (L), vers l’ouest.

Google maps

 

Le premier « köping » que nous trouvons est Enköping [ènecheuping] (B), sur les rives du lac Mälaren. Continuons sur la même route, passons Västerås et nous arrivons à Köping (C). Passons Örebro et le lac Hjälmaren et prenons la route qui longe la rive est du lac Vänern. Après Mariestad, nous trouvons Lidköping [lidecheuping] (D) traversé par la rivière Lidan. Passons par Falköping [falecheuping] (E) où « fal », provenant de « fala », signifie pâturage, avant d’arriver à Jönköping [yeunecheuping] (F) située à la pointe sud du lac Vättern. Remontons ensuite en direction de Stockholm, en suivant l’autoroute E4. Après Mjölby, nous traversons Linköping [linecheuping] (G), puis Norrköping [norecheuping] (H) où « norr » signifie nord, située à l’embouchure de la rivière Motala. Söderköping [seudeurecheuping] (I) où « söder » signife sud, est situé à une quinzaine de km au sud-est de Norrköping. En remontant vers Stockholm le long de E4, nous arrivons à Nyköping [nucheuping] (J). Enfin Malmköping (K) [malmecheuping] où « malm » signifie minerai.

Est-ce que cela vous étonne si je vous avoue que je les mélange tous, ces « köping » ? Je ne peux jamais les situer de mémoire.

 

 

La photo du mois : Mon rêve …

Chaque mois, les blogueurs qui participent à La photo du mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Le thème du mois de février est proposé par 100driiine, qui rêve d’ailleurs : ”Mon rêve serait…”

 

Mon rêve ne serait pas mais EST cette maison :

Mon rêve

Depuis que je suis arrivée en Suède (juillet 1999), cette maison m’a toujours fait rêver. Située sur mon île stockholmoise préférée, Skeppsholmen, vêtue de rouge et arborant fièrement ses tourelles décoratives, elle attire l’œil des visiteurs dès qu’ils entreprennent la traversé du pont.

Vous imaginez donc ma joie quand on nous annonça qu’elle abriterait une partie des bureaux du Nationalmuseum ! Nombre de mes collègues regrettaient alors de s’éloigner des quartiers commerciaux d’Östermalm où nous étions logés à l’époque (en 2009), se plaignant également du manque de restaurants sur l’île. Mais je n’avais que faire de ces points de vue : je ne viens pas au travail pour faire du shopping à l’heure du déjeuner et je n’ai pas les moyens de déjeuner à l’extérieur tous les jours. Par contre, j’apprécie énormément, quand la météo s’y prête, de pouvoir faire le tour de l’île en 20 minutes avant de déjeuner. Le petit trajet en bâteau de 5 min tous les matins n’est pas négligeable non plus. Enfin, depuis que je suis titularisée, la certitude de rester dans cette maison encore pas mal d’années n’est pas pour me déplaire. 🙂

Voilà donc un rêve qui s’est réalisé et avant d’imaginer le suivant, je me contente d’en profiter ! 🙂

 

Je vous invite maintenant à aller visualiser les rêver des blogueurs suivants: 100driiine, 4 petits suisses dans un bol de riz, A&G, A&Y, Agnès, Alexanne, Anaou, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, Aparça, Aude, Ava, Babou, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Boopalicious, Carnets d’images, Caro, Carole In England, Caroline, Cathy, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Champagne, Cherrybee, Chris et Nanou, Cindy Chou, Clara, Claude, Clem et Cha, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dorydee, Dr CaSo, E, Edegan, Eff’Zee’Bee, Emi London, Emily58, Emilyinfrance, Emma, Fabienne, Fanny et Vincent, Florian, florianL, François, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Grignette, Guillaume, Hugo, Isabelle, J’adore j’adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Julien, Karrijini, Kia909, Krn, Kyn, Kyoko, La Fille de l’Air, La Flaneuse, La Madame, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaGodiche, L’atelier azimute, Laure, Lauriane, L’Azimutée, Le Mag à lire, Le-Chroniqueur, Les Maudits Expats, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, Lhise, Louiki, Loutron glouton, Lucile et Rod, Lyonelk, M, Ma, Madame zaza of mars, magda627, Mamysoren, Mandy, Manola, Marion, M’dame Jo, Meyilo, Mgie les bons tuyaux, Narayan, Nataru, Nathalie, Niwatori, Nomade57, Noon, Nora, Nous4auQuébec, Ori, Où trouver à Montréal ?, Pitch, Quelbazar, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Shandara, Sinuaisons, Soiz, Sprout©h, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Surfanna, Suzie, Tam, Tambour Major, The Parisienne, Thib, Titem, Ty, Une niçoise, Urbaine, Urbamedia, Vanilla, Vinie, Violette, Viviane, Voyagesetc, Xavier Mohr, Zaromcha.
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Thèmes précédents :

2011

1. Juin : Clé

2. Juillet : Fenêtre

3. Août: Soleil

4. Septembre : Promenons-nous dans les bois

5. Octobre : Surnaturel

6. Novembre : Au bout bout du monde

7. Décembre : Bancs publics

 

2012

8. Janvier : Bulles

La rédac du mois : Le stress et vous ?

 

Logo La Rédac du moisChaque mois, le même jour (le 15), à la même heure (12h), des rédac’ blogueurs écrivent un billet sur un sujet commun. Les sujets sont proposés par les participants puis tirés au sort. Le sujet du mois de février est proposé par Vladyk qui pose la question suivante :

Le stress et vous : Comment gérez-vous le stress au quotidien ?

Et les participants sont : Agnes, Denis, Julie, Levia, Liam, Steph, Vinie, Vladyk. Allez aussi lire leur point de vue, sans stresser ! 🙂 et n’hésitez pas à laisser vos commentaires !

 

Pour moi, il y a deux sortes de stress, enfin trois. La première sorte est le stress positif, le stress qui ”booste” : quand on a beaucoup à faire, mais qu’on aime faire ce qu’on fait, qu’on ressent qu’on se rend utile, bref, le stress qui aboutit sur quelque chose de constructif. Il y a toujours de la satisfaction à la fin. On pouvait avoir le trac au début, ne pas être sûr de réussir, mais au final, on se rend compte qu’on a bien résolu le problème, et c’est toujours bon pour le moral et la confiance en soi.

Ensuite, il y a le stress négatif. Et dans le stress négatif, deux sortes de stress différentes. La première, aux conséquences moindres, est de courte durée. Ça peut être la photocopieuse ou l’imprimante qui tombe en panne au moment où il ne faut pas, le bus qui passe trop tôt ou trop tard (avec le même résultat d’être retardé), un(e) collègue qui vous rajoute du boulot quand vous en avez déjà jusqu’au cou, etc. Dans ces cas-là, on s’énerve souvent et cela prend souvent des conséquences disproportionnées, parfois même irréalistiques. C’est-à-dire que l’on croit le problème être plus important qu’il ne l’est en réalité. Personnellement, je fais face à ce genre de stress en, dans l’ordre : 1) râlant/soupirant, 2) respirant un bon coup, 3) relativisant. Si j’ai la possibilité, je vais faire autre chose pour essayer de me calmer un peu, laissant le problème se poser, avant d’y retourner à tête plus reposée.

La deuxième sorte de stress négatif est celle qui dure sur le long terme et dont on a du mal à se protéger. J’ai beaucoup de mal à rester indifférente à ce genre de stress. J’essaye toujours, et par tous les moyens, d’y trouver une solution ; je ne suis pas du genre à me plaindre sans vouloir résoudre un problème. Mais si la solution n’est pas de mon ressort, alors je me sens impuissante et devient rapidement désespérée. Et c’est là où le concept de mindfulness peut apporter un peu de réconfort. Cela ne résoud en aucun cas le(s) problème(s), mais cela permet de prendre un peu de distance, éventuellement de dédramatiser et, espérons-le, une manière de voir la situation sous un autre angle (ce qui peut parfois résoudre le problème). Dans tous les cas, la mindfulness et une dix de minutes de méditation par jour m’ont beaucoup aidé, ces dernières années, à décompresser, prendre une pause si petite soit-elle, et à adopter une autre vision de la vie et de ses aléas.

 

Pour conclure, voici une image pleine de bon sens : cela paraît si simple qu’on a du mal à croire que cela puisse marcher, mais elle peut s’appliquer dans bon nombre de situations quotidiennes. En gros : ne vous laissez pas enquiquiner par ce qui n’en vaut pas la peine. Plus facile à dire qu’à faire, mais essayez, et vous verrez que ce n’est pas toujours faux. 🙂

 

Si vous aussi avez envie de vous prêter à ce jeu d’écriture qu’est la rédac’ du mois, n’hésitez pas à cliquer sur ce lien pour vous inscrire.

Le mot de la semaine : « misslyckas »

Personne n’est parfait, ou comme les Suédois disent: « även solen har fläckar » = même le soleil a des tâches.

J’étais invitée hier chez mon ancienne prof de suédois qui est devenue presque une voisine en achetant une maison à quelques minutes à pied de chez moi. Je m’étais proposée de venir lui rendre visite avec un gâteau fait-maison. J’ai cru faire simple en choisissant la recette d’un gâteau marbré et étant un peu en retard, je me suis contentée de sortir le gâteau du four après une heure de cuisson et de l’emballer dans un torchon avant de partir.

C’est après l’avoir démoulé et coupé quelques tranches dans la cuisine de ma prof que je me suis rendue compte qu’il était non pas mal cuit, mais tout simplement raté … Elle a fait contre mauvaise fortune bon cœur en affirmant qu’un gâteau est toujours meilleur un peu coulant au milieu, même quand il ne s’agit pas d’un fondant au chocolat, et je la remercie de son indulgence polie. Elle n’en a mangé qu’une demi-part ; je ne lui en est pas voulu. Ni quand elle m’a dit que je pouvais remmener le gâteau avec moi, après une bonne heure de discussion certes agréable. Je ne lui aurait jamais fait l’affront de lui proposer d’en garder ne serait-ce qu’un morceau …

 

Dans le verbe « misslyckas », il y a le mot « lycka » = chance, bonheur, joie. En rajoutant un -s à la fin, on obtient le verbe « lyckas » = réussir, prospérer, aboutir, avoir du succès. En rajoutant « miss- » au début, on obtient l’inverse, c’est à dire = échouer, mal tourner, rater.

jag misslyckas [jâgue misselukasse] = je rate

jag har misslyckats [jâgue ‘hare misselukat(e)sse] = j’ai raté

jag misslyckades [jâgue misselukadèsse] = je ratais

jag ska misslyckas [jâgue ska misselukasse] = je raterais

En remplaçant le -s final par un -d, on obtient l’adjectif « misslyckad » = raté, échoué. En rajoutant -ande, « misslyckande », on obtient le substantif = échec, fiasco.

 

La raison du ”râtage” est, je crois, que j’ai dû casser les blancs en neige en les mélangeant aux deux pâtes : l’une au chocolat, l’autre à la fleur d’oranger. Résultat : elles se sont bien mélangées dans le moule pendant la cuisson en formant une masse compacte dans les deux tiers inférieurs du gâteau. Seule la surface donnait un semblant de gâteau marbré. Mais le fait est qu’il est mangeable, après avoir refroidi. Cela donne une sorte de flan au chocolat à la fleur d’oranger. Une nouvelle variante du gâteau manqué ? 😉

Version suédoise ici

Le mot de la semaine : « hotell »

ett hotell [ète ‘hautèle] = un hôtel

hotellet [‘hautèlète] = l’hôtel

hotell [‘hautèle] = des hôtels

hotellen [‘hautèlène] = les hôtels

Le Grand Hôtel à Stockholm n’est pas le seul hôtel 5 étoiles de la capitale suédoise mais certainement le plus ancien. Il fut créé par le Français Jean-François Régis Cadier (1829-1890) (ce qui explique sûrement le nom français de l’hôtel) en 1872 et ouvrit ses portes le 14 juin 1874. L’architecte qui en dessina les plans s’appelait Axel Kumlien (1833-1913) qui, à en croire son ”œuvre”, semblait plutôt spécialisé dans la construction d’hôpitaux et de sanatorium.

Le Grand Hôtel compte aujourd’hui 307 chambres dont 40 suites, 35 salles de conférences et de fêtes, un bar, deux restaurants (dont un a obtenu 2 étoiles dans le Guide Michelin en 2009, tenu par par le chef Mathias Dahlgren) et un spa. Il appartient à Investor AB qui est contrôlé par la famille Wallenberg, la famille la plus riche de Suède.

 

Jeudi dernier, j’ai eu l’occasion de profiter un peu du luxe de cet hôtel à l’occasion d’un afternoon tea avec ma meilleure amie. Confortablement assises dans deux fauteuils du Cadierbaren, alors que la neige tombait paisiblement à l’extérieur, nous avons dégusté des sandwiches, des scones et des pâtisseries, les uns plus délicieux que les autres, accompagnés d’un thé noir de Chine aromatisé aux agrumes, ”Finest Tea Bland of Grand Hôtel”. Le service était impeccable et très professionnel, sans être maniériste. La présentation des mets était exquise.

 

Pour l’occasion, j’avais fait un petit effort vestimentaire et avait presque honte d’être chaussée de mes bottes d’hiver, mais j’ai poussé un soupir de soulagement quand j’ai vu que la plupart des hôtes étaient habillés de manière très quotidienne. (Il m’arrive souvent d’être trop bien habillée, comme quand je vais au théâtre ou à l’opéra, et je suis même presque déçue que les Suédois ne s’efforcent pas un peu plus de temps en temps…) On peut sûrement y voir une sorte de démocratisation des plaisirs plus ou moins luxueux en Suède, dans la mesure où il suffit de pouvoir payer pour y avoir accès sans être obligé de porter la cravate ou une belle tenue, mais personnellement, j’aime bien marqué ce genre d’occasions justement en m’habillant un peu plus élégamment. Finalement, ce n’est pas tous les jours qu’on prend un afternoon tea au Grand Hôtel de Stockholm. 🙂

 

Les sandwiches :

  • Saumon fumé au pesto
  • Crevettes, raifort et aneth
  • Veau grilllé, cornichons et crème à l’estragon
  • Tomates séchées, feta, persil et fromage frais

Les scones :

  • Scones natures
  • Scones aux céréales
  • accompagnés de beurre noisette, de crème fouettée, fromage frais à la vanille, curd à la mangue (tellement bon que nous l’avons fini à la petite cuillère, tel quel !…) et marmelade au pamplemousse rose au gingembre

 

Les pâtisseries :

  • Cheesecake citron/chocolat
  • Pannacotta mangue/fruit de la passion, gelé à la framboise et biscuit au caramel
  • Gâteau roulé au goût de tiramisu
  • Mini-semla

 

Version suédoise ici