Kategoriarkiv: Le mot de la semaine 2008—2013

Le mot de la semaine : « museum »

Mardi dernier, pendant que les déménageurs pour le Nationalmuseum faitsaient la navette entre « VF » et Amiralitetshuset, j’ai fait les musées. Armée de ma carte des musées suédois, je suis entrée dans quatres musées sans débourser une couronne. (Raison de plus pour faire quelques achats dans les boutiques des dits musées. 😉 )

090628_2090628_4Le mot « musée » en suédois se décline d’une manière un peu particulière, car les formes au pluriel diffèrent de celles qui habituellement appartiennent au groupe des substantifs en -et.

ett museum [ète mucéume] = un musée

museet [mucéète] = le musée

museer [mucéère] = des musées

museerna [mucéèr(e)na] = les musées

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J’ai commencé par Dansmuseet = le Musée de la Danse, qui proposait une exposition sur les Ballets russes à l’occasion du centenaire (ils commençaient à se produire à Paris en 1909). Le Dansmuseet possède une des plus belles collections de costumes de scènes, et ceux créés par Léon Baskt entre autres plongent dans l’ambiance toute particulière du début du XXème siècle.

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Au Medelhavsmuseet = Musée de la Méditerrannée, j’ai pu admirer des poteries de Chypre, comme par exemple celles retrouvées par milliers à Ajia Irini. La collection des arts de l’Islam n’est pas grande, mais les miniatures peintes sont magnifiques, et cela m’a rappelé un peu ma « jeunesse ».

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Au Nordiska museet = Musée Nordique, j’ai vu l’exposition Fair Fashion? qui expose les problèmes de la production de coton dans les pays sous-développés pour les besoins de la consommation extrême des pays riches occidentaux. En ce moment, il y a aussi une exposition sur le peuple Sami (les Lappons), répatis dans les régions nords de la Norvège, de la Suède et de la Finlande. (L’exposition sur le mariage était peu intéressante, ça m’a fait pensé à un mini-salon du mariage.)

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À Liljevalchs, la galerie d’art de la Ville de Stockholm, j’ai vu avec une amie une exposition IKEA. Plutôt sympa comme concept, avec une entrée à 69 kr (au lieu des 70 kr habituelles), des étiquettes datant les objets tels que les étiquettes avec les prix dans les magasins, des installations presques acrobatiques de chaises, des tissus couvrant les murs, des couleurs vives etc. sur un fond d’histoire du design.

Le mot de la semaine : « att flytta »

Le verbe « flytta » siginifie « changer qch de place » et par extention « déménager ». Il se conjugue de manière régulière :

jag flyttar [jâgue flutare] = je déménage
jag har flyttat [jâgue ’har flutate] = j’ai déménagé
jag flyttade [jâgue flutadé] = je déménageais/je déménagea
jag ska flytta [jâgue ska fluta] = je déménagerai

Il y a 4 ans presque jour pour jour les bureaux administratifs du Nationalmuseum quittaient un bâtiment appelé « Ostindiefararen » (car il avait appartenu à la compagnie des Indes orientales – désormais hôtel de luxe, voisin de Grand Hôtel) puisque le propriétaire Vasakronan (autrefois propriété de l’État suédois, aujourd’hui en régie privée) avait augmenté le loyer de telle manière que le Nationalmuseum n’avait plus les moyens d’y rester. C’était très dommage, car sa proximité par rapport au Nationalmuseum était très pratique.

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Depuis 2005 donc, les nouveaux bureaux se situent dans l’aile gauche du Musée de l’Armée, propriété de l’État par l’intermédiaire de Statens Fastighestverk (SFV) appelé « VF » par les collègues (pour « vänstra flygeln » = aile gauche). J’y ai travaillé par deux fois : la première période, pendant 7 mois en 2006, et la deuxième, depuis octobre 2008 jusqu’à maintenant. Au début de l’année 2009, SFV nous proposait d’emménager dans Amiralitetshuset sur Skeppsholmen que l’Association nationale de tourisme quittait pour des locaux moins chers. SFV avait alors à peine 6 mois pour rénover l’intérieur du bâtiment en fonction de nos besoins. Il était prévu qu’on déménage début juin, mais cela a été retardé (comme toujours sur les chantiers, je suppose) et nous déménageons maintenant à partir de demain.

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Cela veut dire que nous avons été dans les cartons jusqu’au cou toute la semaine passée. J’en ai profité pour jeter pas mal de documents inactuels et j’en ai archivé une partie, mais j’ai quand même réussi à tout caser dans 12 cartons. Mon collègue en avait largement plus.

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Les nouveaux meubles (tables, étagères etc …) sont déjà en place. Lundi, ils commencent à déménager les meubles que l’on garde, puis les ordinateurs et enfin les cartons. On nous a recommandé de ne pas mettre les pieds au bureau avant mercredi pour ne pas gêner le travail des déménageurs. Je suis en congé demain et mardi, je vais faire quelques visites de musée. Et à partir de mercredi, je me replonge dans les cartons pour tout remettre sur les étagères.

Sincèrement, j’ai vraiment hâte d’y être. Skeppsholmen est peut-être mon île stockholmoise préférée. Je suis impatiente de reprendre mes promenades de midi autour de l’île de même que les trajets en ferry depuis Slussen pour aller au travail. De plus, j’aurai une vue imprenable sur Gamla Stan et Slussen, à coup sûr très agréable en toute saison. Mes collègues regrettent déjà VF car nous nous éloignons des quartiers commerciaux et des restaurants d’Östermalm, mais je ne vais pas au boulot pour faire du shopping (encore moins dans Östermalm …), donc ça me gêne moins. Nous aurons désormais seulement un petit pont (certes venteux et glissant en hiver…) à traverser pour rejoindre nos collègues encore en place dans le Nationalmuseum, et pour ce qui est des restaurants, ils ne manquent pas sur cette petite île. Ce que je regretterais éventuellement un peu en quittant VF, c’est le carillon de l’église Hedvig Eleonora et la relève de la garde royale en musique qui part du Musée de l’Armée au printemps et en été.

Le mot de la semaine : « gruva »

« Gruva », c’est la mine, en suédois, la mine que l’on creuse pour en extraire des métaux. Le mot est d’origine germanique; ceux qui ont fait de l’allemand auront peut-être reconnu le mot « Grube ».

en gruva [ène gruva] = une mine

gruvan [gruvane] = la mine

gruvor [gruvoure] = des mines

gruvorna [gruvouna] = les mines

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Il y a un peu plus d’un mois, j’étais en Dalarna et j’ai visité la mine de cuivre de Falun.  C’était un vendredi matin et j’étais seule à suivre la guide dans les méandres humides de la mine. Ce fut une visite inoubliable et très intéressante !

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Après m’être parée d’une cape imperméable et d’un casque anti-choc, j’ai descendu à pied des centaines et des centaines de marches. Au fur et à mesure de la visite, j’ai découvert la vie souterraine des mineurs des siècles passés. En effet, on croit que cette mine était déjà utilisée par les vikings. Toutefois, la première mention écrite date du XIIIème siècle. On a extrait du minerai de cuivre, mais aussi de sulfure, de zinc, de mercure, de bismuth, d’or et d’argent jusqu’en 1992, mais déjà à partir des années 1970, on pouvait visiter des parties de la mine désaffectées. Aujourd’hui, la seule production industrielle de la mine est le pigment de cuivre, avec lequel on fait le célèbre rouge de Falun dont on peint nombre de maisons en bois suédoises.

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Pour briser la roche, on utilisait une méthode dite « tillmakning » selon laquelle on montait un bûcher contre la paroi qui brûlait toute la nuit, ce qui provoquait des fissures et facilitait donc l’extraction du minerai dans la journée.

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Pour monter le minerai à la surface, où il était transformé en métal, on le chargeait dans des seaux en bois énormes, qui pouvaient aussi servir d’ « ascenceur » aux mineurs (8 par seau environ). On utilisait la force de chevaux pour monter ou descendre les charges.

090614_08Un sapin est conservé dans la mine pour démontrer le climat spécial qui y régne. Je ne me souviens plus quel âge a ce sapin, mais vous avez sûrement tous l’expérience des sapins de Noël qui perdent leurs aiguilles au bout de quelques semaines. Celui-ci, malgré qu’il n’ait plus de racines, tient encore debout, et avec toutes ses aiguilles.

Il y a longtemps, on découvrit le corps d’un jeune mineur. Il était si bien conservé qu’on croyait d’abord qu’il s’agissait d’un homme de l’époque. Mais personne ne le reconnaissait … sauf une vieille femme d’environ 80 ans qui pendant 60 ans avait attendu sont fiancé qui ne vint jamais à la cérémonie du mariage à l’église de Falun … Une fois remonté à l’air libre, il y eut une sorte de réaction chimique et le corps se solidifia. C’était une telle sensation qu’on l’exposa dans un coffre vitré avant de l’enterrer.

Les mines suédoises sont une des fiertés du pays et ont souvent reçu la visite de rois et de reines. Dans la mine de Falun, on peut voir les signatures des visiteurs qui ont ensuite étaient dorées.

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La mine de Falun appartient au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Peu après, j’ai appris que l’excursion annuelle du printemps pour le personnel du Nationalmuseum avait pour destination Sala. Au programme, la visite du musée Aguéli (que je connaissais déjà) et des mines d’argent de Sala.  J’étais bien sûr impatiente d’y aller ! C’était lundi dernier.

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Vous n’imaginez pas ma déception quand j’ai compris qu’on nous avait réservé une visite en surface … Nous avons vu un puits de descente, celui dit de la reine Christine, un trou énorme dans la montagne, dans laquelle s’ouvrait des couloirs, un champs qui était autrefois le lieu du village des mineurs et … c’est tout …

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En revenant à la réception, j’ai pu photographié un plan de la mine.

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Sur les panneaux informant des diverses visites, j’ai pu lire que la nôtre coûtait 80 kr/personne (au lieu de 100 kr/pers pour les visites souterraines)…

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Pour finir sur une note moins triste: Vous vous demandez peut-être pourquoi on trouve le symbole astronomique de Vénus (ou de la femme) dans la mine de Falu ? C’est parce que c’est aussi le symbole du cuivre. On retrouve le symbole sur les armes de la ville de Falun. De la même manière, l’argent de Sala est symbolisé par la Lune, que l’on voit aussi sur les armes de Sala.

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Le mot de la semaine : « rösta »

J’espère que vous n’êtes pas comme un quart des Suédois qui ont l’air d’avoir loupé qu’il y avait des élections européennes en cours ce dimanche… La campagne a été courte certes, mais j’ai du mal à comprendre comment on a pu ne pas voir les affiches en villes, les pubs à la télé, dans les journaux, les débats télévisés et les « stugas » qui se sont dressées le long des trottoirs pour convaincre les électeurs.

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En Suède, on pouvait voter déjà dès le 20 mai dans de nombreuses bibliothèques et autres lieux publics, comme la gare centrale de Stockholm. Pour « förstidsrösta » (de « förtid » = en avance + « rösta » = voter), il suffisait de se présenter dans un de ces nombreux bureaux de vote (n’importe lequel) muni de sa carte d’électeur (expédiée par la poste environ un mois avant les élections) et d’une pièce d’identité.

Un des avantages de voter à l’avance, outre le fait de pouvoir le faire et quand on veut, c’est qu’on peut changer d’avis et retourner voter le jour J soit aujourd’hui. (Votre première voix est donc supprimée, bien évidemment.) Et puis avec la possibilité de voter à l’avance, on ne peut pas trouver l’excuse qu’on ne pouvait pas aller voter aujourd’hui (parce qu’on préférait par exemple faire un barbecue dans l’archipel)…

« Rösta » est un verbe régulier qui se conjugue comme ceci :

jag röstar [jâgue reustare] = je vote

jag har röstat [jâgue ’hare reustat] = j’ai voté

jag röstade [jâgue reustadé] = je vota/votais

jag ska rösta [jâgue ska reusta] = je voterai

Le verbe provient probablement du mot « röst » qui signifie « voix ». (N’oubliez pas le tréma sur le o, sinon ça fait « rosta » qui veut dire « griller ». 😉 )

L’acte de voter est ici un peu moins solennel qu’en France. Aujourd’hui, le bureau était pratiquement vide quand j’y suis rentrée. J’ai pris le bulletin du parti pour lequel je voulais voter, on m’a tendu une enveloppe, derrière une sorte de paravent j’ai mis une croix devant le nom de la personne que j’avais choisie, j’ai glissé le bulletin dans l’enveloppe, fermé l’enveloppe, que j’ai tendu avec ma carte d’électeur et ma carte d’identité. Une femme a lu mon nom et mon numéro d’électeur, une autre a fait une croix dans la liste devant mon nom et la première a glissé l’enveloppe dans l’urne.

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Ça me manque un peu de pouvoir lâcher moi-même l’enveloppe dans l’urne et d’entendre « a voté ! » 😉 J’ai désormais ce plaisir une fois tous les 5 ans, quand je me rends à l’ambassade de France pour élire un président de la République.

Le mot de la semaine «: « jordgubbar »

Les hirondelles sont de retour, l’été est arrivé. Oui, en Suède, l’hirondelle ne fait pas le printemps, mais l’été. 🙂 D’autres signes d’été sont les températures entre 25 et 30 degrés, un ciel bleau azur, presque jour comme nuit puisque les nuits sont désormais courtes et claires, et un soleil resplendissant. (Quelques gouttes de pluies de temps en temps, mais c’est seulement pour faire plaisir à la nature et rafraîchir le fond de l’air.) Ce week-end a été splendide ! Un temps idéal pour courir le Marathon de Stockholm, ou faire un pique-nique dans un parc d’Uppsala (dans mon cas).

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L’été arrive un peu plus tôt que d’habitude cette année, et cela se remarque aussi sur les étalages de fruits des supermarchés. On a de la rhubarbe depuis plusieurs semaines. Et aujourd’hui, alors que j’étais à la recherche de beaux fruits pour faire une salade de fruits rafraîchisante, j’ai trouvé des fraises suédoises ! Les premières de l’année pour ma part. (En général, les fraises suédoises sont tout juste en vente pour la « midsommar » … qui est dans trois semaines.) C’est important qu’elles soient suédoises. Il y en avait des belges aussi, largement moins chères, mais sans même les goûter, je savais que les fraises suédoises étaient cent fois meilleures. De passage en Suède en été, il faut absolument penser « local » et goûter aux fraises suédoises. (J’en mangerai des belges le jour où j’irais en Belgique.)

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Le mot suédois pour « fraise » est « jordgubbe » (mot-à-mot : homme de terre – ben oui, on a bien les pommes de terre nous ! 😉 ) C’est un mot simple à décliner :

en jordgubbe [ène yourd(e)gubé] = une fraise

jordgubben [yourd(e)gubène] = la fraise

jordgubbar [yourd(e)gubare] = des fraises

jordgubbarna [yourd(e)gubarna] = les fraises

Pour les fraises des bois, on dit « smultron »:

ett smultron [ète smul(e)trone] = une fraise des bois

smultronet [smul(e)tronète] = la fraise des bois

smultron [smul(e)trone] = des fraises des bois

smultronen [smul(s)tronène] = les fraises des bois

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Le mot de la semaine : « träna »

Ça faisait longtemps qu’on avait pas vu un verbe. (À vrai dire, j’ai hésité entre ce mot-là et le substantif « dator », mais j’aurai sûrement l’occasion de parler de ce dernier un autre fois.)

« Träna », si vous pensez à l’anglais, « train » (pas au mot français svp !), vous en devinez peut-être la signification. Cela veut dire « s’entraîner, faire de l’exercice physique/de la gym ». C’est un verbe très pratique car il s’applique à toutes les formes de sport.

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J’ai pas fait de sport depuis quelques années. J’en ai fait pas mal quand j’étais plus jeune, sous forme de danse, classique puis jazz. En arrivant en Suède, j’ai trouvé un cours de jazz, puis j’ai essayé un peu « Friskis & Svettis » ; enfin j’ai fait quelques années de gym Pilates avant que ma fibromyalgie me mette des bâtons dans les roues. Pilates, c’est vraiment la forme d’exercice physique que j’appréciais le mieux, et j’espère pouvoir m’y remettre dans quelques temps. J’ai fait aussi un peu de qi-gong et de tai chi, mais même ça, c’était éreintant pour moi, surtout au niveau des genoux. Pendant un moment, j’ai cru que je ne pourrais plus jamais refaire de sport.

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Cette semaine, je me suis dis : « allez, il faut que je fasse un essai ! ». Je suis un programme que j’ai vu dans un magazine de santé. À peu près tous les deux jours, j’alterne une série d’exercice avec des altères (je commence sans poids…) et une série d’exercices plus concentrée sur les abdominaux. Et je continue bien sûr mes promenades les jours de travail.

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À propos de travail, à partir de juin, un concours de marche est lancé pour les collègues qui sont intéressés. On nous a distribué il y a peu un podomètre. Pour le concours, il faut faire un minimum de 60 km par mois. Sans avoir le but de gagner quelque chose, je fais déjà 130 km/mois, donc je compte bien participer !

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Revenons à ma gym. J’ai des courbatures, bien sûr, mais dans un sens, je sais pourquoi j’ai mal, donc c’est plus facile à accepter. Et la motivation est au top, donc j’espère vraiment que je vais bientôt arriver à retrouver une forme digne de ce nom.

Le verbe « träna » est régulier et se conjuge comme ceci :

jag tränar [jâgue trènare] = je m’entraîne

jag har tränat [jâgue ’hare trènate] = je me suis entraînée

jag tränade [jâgue trènadé] = je m’entraînais

jag ska träna [jâgue ska trèna] = je m’entraînerai

(Les photos viennent d’ici.)

Le mot de la semaine : « kronprinsessa »

Au Nationalmuseum, je travaille à 50 % avec une exposition internationale qui ouvrira en septembre 2010 et qui aura pour sujet « L’art du pouvoir – Napoléon, Karl XIV Johan, Alexander Ier ».

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(Source des photos de Napoléon, Karl XIV Johan et Alexandre 1er)

Nous avons commencé le projet depuis quelque temps déjà, mais cette semaine, nous avons reçu nos collègues de de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg pour une réunion de trois jours, pour bien ancrer l’exposition des deux côtés. C’est dans ce cadre que j’ai eu l’honneur de serrer la main de Victoria, la princesse héritière de Suède, qui était invitée à assister à notre réunion de jeudi matin.

Inutile de vous dire que j’étais assez nerveuse en vue de cette rencontre. Je ne suis pas impressionnée par les titres de noblesse, comme nos collègues russes ou même certaines de mes collègues, mais la princesse sera dans le futur amenée à représenter la Suède, et ce n’est quand même pas si facile que cela. Je crois que j’aurais été aussi nerveuse si nous avions eu la visite du premier ministre ou même de la ministre de la culture (bien que je ne l’apprécie guère en ce moment – je reviendrais peut-être sur le sujet un de ces jours). Devant ces trois personnes, il est important de faire bonne impression, quelqu’en soit la raison.

Pour ce qui est de l’étiquette, il faut savoir qu’on ne tutoye ni vouvoie un membre de la famille royale. Soit on évite ce genre de formulation, soit on dit « Sa Majesté », quand il s’agit du roi ou de la reine, et « Son Altesse Royale » quand il s’agit des enfants du couple royal. Ou tout simplement « Kronprinsessan » quand il s’agit de la princesse héritière.

Le mot est composé de « kron- », de « krona » = couronne, et de « prinsessa » = princesse, qui se décline comme suit :
en prinsessa [ène princéssa] = une princesse
prinsessan [prinecéssane] = la princesse
prinsesssor [prinecéssore] = des princesses
prinsessorna [prinecéssor(e)na] = les princesses

victoria_danielVictoria et Daniel Westling (source photo)

Victoria est née le 14 juillet 1977 comme premier enfant de la famille royale. Elle a un frère, Carl Philip, né en 1979, et une sœur, Madeleine, née en 1982. Au moment de la naissance de Victoria, l’héritier du trône était encore, selon la loi, le fils aîné du couple royal. Mais en 1980, le parlement suédois a fait voté la loi selon laquelle l’enfant aîné, fille ou garçon, devient héritier. Victoria a donc été élevée et éduquée dans ce but-là. Elle vit depuis de nombreuses années avec un « roturier », Daniel Westling. Leur fiançailles ont été annoncées ce printemps et le mariage est fixé au 19 juin 2010. La famille royale actuelle est descendante de Jean-Baptiste Bernadotte, maréchal de Napoléon, qui fut élu prince héritier suédois en 1810 et prit le nom de Karl XIV Johan. Cela fera donc 200 ans l’an prochain et c’est justement à cette occasion que nous organisons cette grande exposition.

Au cours de notre réuninon de jeudi, la princesse héritière a montré beaucoup d’intérêt à notre projet d’exposition en posant des questions et en faisant des commentaires. Elle a fait preuve d’humour et a réussi à détendre l’atmosphère par son seul comportement naturel et simple. Pas de « chichi », simplement habillée, très discrètement maquillée, les cheveux réunis à l’arrière de la tête par une simple pince à cheveux, pas de bijoux ostentatoires (mais LA bague de fiançailles ornée d’un diamant). À table, elle a accordée son attention à ceux qui étaient le plus proche d’elle. Et avant de partir, elle a tenu à serrer la main et à remercier tout le monde.

Au cours de ces quelques heures, je n’ai eu que l’occasion de lui dire bonjour et mon nom puis de la remercier à mon tour à la fin. Je ne me faisais aucune illusion, il n’y avait aucune raison qu’elle m’adresse la parole plus que cela. Je ne suis que secrétaire d’exposition, et je ne m’attendais pas un traitement de faveur. Mais cette rencontre m’a donné une image très agréable de la princesse héritière.

Que je sois pour ou contre la monarchie n’a aucune importance dans ce contexte. On peut en effet remettre en question l’existence de la famille royale suédoise qui n’a aujourd’hui aucun pouvoir politique, « seulement » un rôle représentatif. Mais le fait est qu’elle est très populaire, auprès des Suédois comme des étrangers. Et les récentes fiançailles n’ont pas apaisé cet engouement. On peut aussi remettre en question le fait de se marier avec un roturier. Le fait est que son père, le roi lui-même, l’a fait, même si la reine Sylvia est issue d’une famille bourgeoise aisée. Pour moi, la situation actuelle est la preuve que la monarchie n’a plus aucune raison d’être dans notre monde d’aujourd’hui, et que c’est d’une certaine manière, le début de la fin. Mais en attendant que la monarchie suédoise se dissolve d’elle-même, il faut faire avec. Et tant que les membres de la famille royale font leur travail et sont populaires, je ne vois pas vraiment de gros problème.

Le mot de la semaine : « häst »

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Pour la première fois depuis que je suis en Suède, je suis allée au nord d’Uppsala. Je connais déjà un peu le sud et les régions du Småland [smaulande] et de Skåne [skauné] (Scanie, en français). Il était temps que je découvre un peu le nord. Le nord de la Suède est immense. J’ai commencé par le Dalarna (Dalécarlie, en français). Dans quelque temps, ce sera au tour de l’Ångermanland [onguermanelande]. 😉

Le Dalarna [Dâlarna], c’est la région qui symbolise la Suède entière. Je veux dire par là que les « symboles » de la Suède viennent de cette région. Comme les maisons rouges aux fenêtres blanches, par exemple. Ou les « dalahästar » = chevaux de Dalécarlie.

En Dalarna, l’artisanat du bois est très répandu, et ce qu’on sculpte le plus, ce sont des chevaux. Les chevaux typiques sont bleus ou rouges. Mais ils se déclinent dans toutes les couleurs et les formes possibles et imaginables. Dans les rayons des boutiques touristiques, ils sont sagement alignés tel une armée.

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On les voit aussi imprimés sur des tissus, des tabliers, des maniques, des sac en tissus. On en fait des bougeoirs, en bois ou en métal, des dessous de plats, des plateaux, des porte-clés, des boucles d’oreilles, des magnets, des autocollants … (Remarquez que les élans ne sont pas rares non plus !)

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Quand on visite une telle boutique, on ressent une sorte d’overdose et on respire un grand coup avant d’entrer dans la suivante. Un point positif, c’est que j’ai quand même vu un certain développement. Dans certains cas, un apaisement dans les couleurs ; j’apprécie spécialement les noirs et les blancs au décor plus sobre de « kurbits ». Dans d’autres cas, l’introduction de l’humeur, avec des chevaux courants ou assis sur les pattes arrières. J’aime bien aussi ceux qui font « anciens ». En somme, il y en pour tous les goûts !

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Je ne croyais pas que j’achèterais un jour un « dalahäst », mais j’en avais un noir dans mes bagages quand je suis rentré à la maison. 🙂

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090510_13« Häst », c’est donc le cheval. N’oubliez pas de bien prononcer le h du début.
en häst [ène ’hèste] = un cheval
hästen [’hèstène] = le cheval
hästar [’hèstare] = des chevaux
hästarna [’hèstarna] = les chevaux

Pour désigner les chevaux en bois du Dalarna, il suffit d’ajouter « dala- » [dâla] au début du mot.

Et si vous voulez savoir comment un cheval « fait » « en suédois », je vous conseille la lecture de cet article. 😉

Le mot de la semaine : « brasa »

Billet en musique ! Cliquez ici :

Feu de Valborg

À la jointure d’avril et de mai, les Suédois fêtent le retour du printemps en chantant et en faisant de grands feux dans la nature. La sécheresse de cette année a obligé de nombreuses communes à interdire les feux chez les particuliers, seuls les grands feux sous contrôle et même survolés par des hélicoptères-pompiers étant autorisés.

Feu de Valborg

J’ai souvenir de Valborgs  frileux, mais cette année le ciel était dégagé, il faisait même presque trop clair pour vraiment apprécier la lumière provenant du feu qui chauffait largement à plusieurs mètres de distance. (Les volontaires qui contrôlaient le feu de près suaient.)

Valborg est vraiment une fête populaire. Autour du feu, on peut acheter des saucisses grillées, de la barbe à papa, des ballons pour les enfants. Tout le monde assiste à cette célébration, bébés, enfants, adultes, personnes âgées. Et personne ne voudrait fêter Valborg sans les chants traditionnels. (C’est aussi malheureusement la première fête de l’année au cours de laquelle de nombreux jeunes boivent plus qu’ils ne devraient …)

Feu de Valborg

« Brasa », c’est le feu, dans le sens de « bûcher ».

en brasa [ène brâssa] = un feu
brasan [brâssane] = le feu
brasor [brâssore] = des feux
brasorna [brâsorna] = les feux

Le feu, dans le sens de l’élément, c’est « eld ».

en eld [ène èlde] = un feu
elden [èldène] = le feu
eldar [èldare] = des feux
eldarna [èldarna] = les feux

(Les formes plurielles de « eld » ne s’utilisent pas trop souvent.)

Feu de Valborg Feu de Valborg Feu de Valborg

 

Le mot de la semaine : « korsord »

Aujourd’hui, j’ai choisi un mot composé simple. On y trouve le mot « kors » qui signifie croix et le mot « ord » qui signifie … mot. Le mot composé en lui-même signifie donc … mot croisé ou plutôt mots croisés, vous l’aviez sûrement deviné.

ett korsord [ète korchourde]* = une grille de mots croisés
korsordet [korchourdète] = la grille de mots croisés
korsord [korchourde] = des grilles de mots croisés
korsorden [korchourdène] = les grilles de mots croisés

(* Dans pas mal de régions suédoises, les lettres « rs » quand elles se trouvent côte-à-côte, fusionnent, en quelque sorte, et se prononcent à peu près comme [rch], le r disparaissant un peu. Mais en Scanie par exemple, on prononce les deux lettres normalement, par exemple : [korsourde].)

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Depuis quelques temps, je me suis mise aux mots croisés suédois. En fait, ce sont plutôt des mots fléchés, mais ici on dit « korsord » quand même. J’ai mis du temps à m’y mettre, car j’ai longtemps eu du mal à comprendre comment ils étaient construits. Une des grosses différences avec les mots croisés français, c’est que les suédois peuvent avoir un ensemble de mot comme solution, par exemple un titre de film ou le prénom et le nom d’une personne. Les mots sont alors « séparés » par une flèche rouge.

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Dans les mots croisés suédois, les mots peuvent aussi changer de direction. Je veux dire par là qu’ils peuvent commencer à l’horizontale, puis une petite flèche indique qu’ils continuent à la verticale. Un peu déconcertant au début, mais on s’y fait peu à peu.

Je fais les mots croisés du quotidien Dagens Nyheter. Ceux du lundi sont « faciles » et ceux du dimanche sont les plus « difficiles ». Le niveau de difficulté augmente au fur et à mesure que la semaine avance. Pour l’instant, je n’ai par pu but de résoudre tous les mots croisés. Je me dis que je me trouve encore en phase d’apprentissage et si je ne remplis pas une grille entière, ce n’est pas grave.

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Les constructeurs de mots croisés suédois aiment bien les questions, l’humour et les jeux de mots. Comme par exemple celui-ci très actuel : « On y trouve barack » en trois lettres, c’est évidemment USA, mais une « barack » en suèdois, ça peut aussi être une « baraque » (tout simplement). Ce jeu de mot est simple, mais il y en a des plus durs, et c’est ce que je trouve d’intéressant avec les mots croisés : ça ne fait pas appel qu’à mes connaissances linguistiques et culturelles en général, mais cela me force aussi à penser différemment. C’est cela, je crois, qui fait le plus grand bien au cerveau quand on fait des mots croisés : provoquer des associations inhabituelles.