Kategoriarkiv: Le mot de la semaine 2008—2013

Le mot de la semaine : « bröllop »

Je croyais déjà avoir écrit sur le mot « bröllop », mais non. Inconsciemment, j’avais peut-être réservé ce mot pour LE mariage dont tous les Suédois parlent ou surtout entendent parler en ce moment : celui de la princesse héritière, Victoria, et de son prince charmant (de sang non-royal), Daniel.

ett bröllop [ète breulope] = un mariage

bröllopet [breulopète] = le mariage

bröllop [breulope] = des mariages

bröllopen [breulopène] = les mariages

Je me suis longtemps posée la question si j’allais en parler sur mon blog. Mais le fait est qu’on n’y échappe nulle part et que c’est vraiment un grand événement. Aucun Suédois, à mon avis, n’est complètement indifférent à cet évènement : que l’on soit royaliste ou républicain, pour ou contre la famille royale suédoise, chacun à son avis sur la question.

Mâts à drapeaux autour de Skeppsholmen:

Les émissions et les reportages télévisés sur le sujet se sont multipliés ces derniers temps. Il ne se passe pas un jour sans que les journaux tabloïds aient une rubrique ayant trait aux préparatifs du mariage (cela inclut aussi la rupture des fiançailles de la petite soeur). On spécule sur les invités, la somme finale de la fête, on débatte sur qui doit mener Victoria à l’autel — son père le roi ou son fiancé (selon la tradition suédoise) ? —, sur la fonction du futur prince, on devine la destination du voyage de noces, on discute de l’être ou non-être de la monarchie suédoise.

Dans mon supermarché :

Petit à petit, des tas de produits plus ou moins banals ont changé d’apparence, portant désormais le monogramme des futures mariés, pour être vendu au profit de la fondation du couple princier. Les marques en questions sont les suivantes : Arvid Nordquist (café), Cloetta (chocolat), Delicato (pâtisseries), Ekelund (textile de table en lin), Frödinge Mejeri (gâteaux), Gustavsbergs Porslinsfabrik (porcelaine), Kiviks Musteri (jus de pomme), Mema/GAB (couverts de table), Opto Design (plateaux, sous-verre), Orrefors, Kosta Boda et Reijmyre Glasbruk (verre d’artisanat), Rörstrand (porcelaine de table), Skultuna (bijoux), Svenskt Tenn (ameublement), Upside (souvenirs), 
Weibulls (fleuriste), Åhléns (objets divers). Vous trouvez que c’est beaucoup ? Je peux rajouter qu’il y a les timbres du mariage, la glace en cornet du mariage (je l’ai goûté : rien d’extraordinaire) etc …

À Gallerian :

À Åhléns :

J’avoue qu’il y a quelques semaines, j’en avais plein la tête de ce mariage… Je n’aime pas le côté mercantilisme de cet évenement, mais il semblerait que cela tous ces produits se vendent comme des petits pains. Il y en a pour tous les goûts (sauf le mien : je n’aime pas du tout le décor de fond rempli de couronnes, d’étoiles (l’étoile du Nord) et trèfles à quatre feuilles (?)…) et tous les prix. Les soldes d’après-mariage que certains attendent avec impatience n’auront peut-être pas lieu. (Mais c’est peut-être tout simplement une manière de faire vendre encore plus avant le mariage. Comme quand on nous annonce chaque année que les dépenses de Noël dépassent le record de l’année passée …)

Vitrine de NK — Le gâteau de mariage ”du peuple” — Une variante bon marché au rayon surgelé

La ville de Stockholm a investi énormément d’argent (que je lui souhaite de récupérer…) dans l’organisation de deux semaines defestival précédant la cérémonie qui porte le nom de ”LOVE Stockholm 2010” . En l’espace que quelques jours, des pavillons sont sortis de terre ça et là comme des champignons sur Skeppsbron et sur Blasieholmen, faisant face au Palais royal. IKEA a construit une version miniature du château d’Haga (future résidence du couple princier) et y a aménagé 14 pièces. Arlanda s’est pour l’occasion rebaptisé « Love airport ». Une scène a été levée pour y accueillir des concerts tout au long du festival. Des cafés et restaurants temporaires se dressent à distance régulière pour désaltérer et rassasier les passants. Un restaurant flottant, une piste de danse et des stands vendant des produits ayant trait à « Stockholms skärgård » (l’archipel de Stockholm, vous avez la mémoire si courte ? ;- ) ) ont pris place à l’entrée de Skeppsholmen. Le Festival de Jazz annuel de Stockholm a déplacé ses dates pour avoir lieu dans le cadre de LOVE 2010. Le navire Götheborg jettera demain l’ancre en bordure de la même île (presque sous la fenêtre de mon bureau !). Tout ceci crée une ambiance estivale bien agréable et c’est vraiment un bon coup de pub de la part de Stockholm pour susciter l’intérêt du grand public.

SVT, la télé suédoise, s’installe autour du Nationalmuseum avec ses camions et ses studios et sur le toit de l’Opéra royal. TV4, concurrent de SVT dans ce contexte, a son studi plus près du Palais royal. Des écrans géants sur Skeppsbron et Kungsträdgården retransmettront la cérémonie religieuse, qui aura donc lieu samedi 19 juin (même date que le mariage du couple royal actuel), dans Storkyrkan, rénovée pour l’occasion, à deux pas du Palais royal dans Gamla stan. Le trajet du cortège pour saluer la foule est déjà planifié depuis longtemps et traversera la ville jusqu’à Djurgården pendant 2h30 (!!!), parsemé de musique militaire, avant de s’achever par le retour vers le Palais en chaloupe.

Les festivités pour le couple et leurs invités dureront quatre jours : une fête sur le Götheborg le 16 organisée par les préfets suédois, une fête privée à Drottningholm l’avant-veille, le 17 juin, organisé par le couple royal, une fête organisée par le Parlement suédois la veille, à Stadshuset (Hôtel de ville de Stockholm), et la fête du mariage en elle-même au Palais royal le 19 au soir. Différentes organisations et représentants de la société suédoise ont déjà remis leurs présents aux futurs mariés. Le livre du mariage sera mis en vente dès le jour J.

Oui, tous ces préparatifs fatiguent un peu. Certains jours, pour ma part, « bröllopsyra » [breulop(e)sura] (« yra » = exaltation, ivresse) se transforme en « bröllopshysteri » [breulop(e)s’hustéri] (vous n’avez pas besoin de traduction, là ?). Je craignais d’en faire une overdose avant le mariage en lui-même, mais je dois dire que l’aspect festif que Stockholm revêt depuis quelques jours m’a redonné un peu d’enthousiasme et je reconnais que je passerais quelques heures devant une télé samedi prochain. 🙂

(Non, je ne mettrais pas les pieds dans la capitale ce jour-là : je veux pouvoir voir quelque chose !)

Le mot de la semaine : « skärgård »

Mercredi dernier, j’avais une heure « à tuer » et comme il faisait beau, je suis allée m’asseoir sur un des bancs du quai tout juste rénové devant le Nationalmuseum. Il s’avérait que c’était « skärgårdsbåtens dag » = la journée des bateaux de l’archipel. Six bateaux avaient — avec difficulté pour cause de courant trop fort — accosté et accueillaient à leur bord de nombreuses personnes, retraitées pour la plupart. C’était une journée idéale , bleuté et ensoleillée, pour partir faire un tour en bateau dans l’archipel !

Car « skärgård » signifie « archipel ». C’est un mot composé de « skär » = petite île, et de « gård » = domaine, propriété. « Skär » est un mot d’ancien suédois tandis que « gård » est d’origine germanique (cf. yard en anglais ou Garten en allemand). Le mot « skärgård » désigne souvent les archipels suédois, de Stockholm ou de Göteborg par exemple. (Le mot « arkipelag » existe aussi mais vient du grec arkhipelagos, par l’intermédiaire de l’italien arcipelago. Un autre signe distinctif de « skärgård » par rapport à « arkipelag » est que le premier est souvent proche des côtes.)

en skärgård [ène chuèr(e)gaurde] = un archipel

skärgården [chuèregaurdène] = l’archipel

skärgårdar [chuèregaurdare] = des archipels

skärgårdarna [chuèregaurdar(e)na] = les archipels

N.B. : On retrouve ici la prononciation difficile de la combinaison de lettres « sk » comme dans « skidor ».

« Stockholms skärgård », l’archipel de Stockholm, compte quelques 30 000 îles, petites et grandes, habitées ou désertes, et s’étend sur une surface de 1 700 km2, 80 km d’ouest en est et de 150 km du nord au sud. Je peux dans ce contexte aborder un sujet géologique intéressant, j’ai nommé l’élévation de la croûte terrestre, car c’est ainsi que l’archipel s’est formé. Oui, vous avez bien lu : l’élévation de la croûte terrestre ou rebond post-glaciaire (« landhöjningen » en suédois). Nous avons tous entendu parler à l’école de l’élévation du niveau de la mer, mais celui de la croûte terrestre ? J’étais bien étonnée moi aussi quand j’ai entendu parler de ce phénomène la première fois. Mais c’est d’ailleurs pour cela que les ports de Stockholm sont en train de rénover Strömkajen [streumekaillène], le quai le long du Nationalmuseum et du Grand Hôtel, pour justement le rabaisser.

On retrouve ce phénomène aussi au Canada ; il s’explique par le fait que ces régions ont longtemps étaient couvertes d’un glacier continental ou calotte glacière (inlandsis), épais de plusieurs kilomètres, qui exerçait une pression sur la croûte terrestre. Quand le glacier a fondu, la pression a disparu et la croûte terrestre s’est donc élevée. Les chercheurs croient que l’élévation était de 75 mm/an pendant une période de 2000 ans, au fur et à mesure que le glacier fondait. Depuis que la calotte glacière a complètement disparu, l’élévation de la croûte terrestre a été de moins en moins importante, aujourd’hui, dans la région de Stockholm, d’environ quelques mm/an. Mais on prédit que cette élévation durera encore 10 000 ans. (En même temps, le réchauffement du climat cause une hausse du niveau de la mer, même en Scandinavie, ce qui relativise un peu l’élévation de la croûte terrestre.)

L’archipel de Stockholm est une des destinations favorites des Stockholmois et des touristes, surtout en été, mais il est aussi accessible une grande partie de l’hiver. Les bateaux à vapeur du début du siècle sont le moyen de transport le plus usité. On peut souvent y dîner si l’excursion est suffisamment longue. Je ne me suis pas encore trop aventurée dans l’archipel, mais j’ai l’expérience du site touristique par excellence, Vaxholm,  comme celle de l’île isolée et relativement peu peuplée, Landsort.

Ces bateaux ne voyagent pas seulement vers l’est, dans l’archipel de Stockholm, mais aussi vers l’ouest, dans le lac Mälaren. Dans ce sens-là, je vous recommande entre autre d’embarquer à destination des châteaux de Gripsholm et de Drottningholm ou de Birka, une des premières villes suédoises connues pour ces vestiges de l’époque viking. Pour Mariefred/Gripsholm et Birka, il s’agit d’une excursion d’une journée, aller-retour. Pour Drottningholm, on y est en une heure.

Pour en revenir à mon moment de lecture au soleil sur Strömkajen, je dois vous avouer que je n’ai pas lu autant que j’avais espéré, mais l’expérience n’en était pas moins désagréable pour autant. J’ai bien envie de faire quelques excursions dans l’archipel stockholmois cet été ! 🙂

Le mot de la semaine : « flygplats »

Mardi dernier, je quittai le bureau vers 14h pour me rendre à la gare centrale de Stockholm prendre le train de banlieue pour Märsta. Arrivée au terminus, je pris le bus 583 pour faire le dernier bout de chemin jusqu’à l’aéroport de Stockholm, Arlanda.

Mon « sambo » devait y atterrir vers 15h35 ; l’avion fut ponctuel, voire même un peu en avance. Une vingtaine de minutes plus tard, je le voyais (mon « sambo », pas l’avion) sortir par cette porte. Il ne me vit pas d’abord, car il ne savait pas que j’étais venue le chercher. Ce fut une surprise bien appréciée. 🙂

Pour rentrer sur Stockholm, nous avons pris la navette bus Arlanda-Stockholm puisque mon « sambo » avait déjà son billet de retour. Le bus mis malheureusement environ une heure à rentrer sur Stockholm à cause des embouteillages de fin d’après-midi. Nous étions à la maison avant 18h et pouvions enfin profiter de notre première soirée ensemble depuis bien longtemps – 6 semaines pour être exact.

« Flygplats » est composé de « flyg(a) » = vol, voler et de « plats » = place. C’est l’équivalent suédois du mot « aéroport ».

en flygplats [ène flugueplatse] = un aéroport

flygplatsen [flugueplatsène] = l’aéroport

flygplatser [flugueplatsère] = des aéroports

flygplatserna [flugueplatsèr(e)na] = les aéroports

Récapitulons les différents modes de transport pour se rendre du centre de Stockholm à Arlanda (ou l’inverse), du moins cher au plus cher:

  1. Train de banlieue + bus = 36 + 15 min. Ne coûte rien de plus si on est déjà en possession d’une carte SL périodique.
  2. Flygbussen (navette-bus) = 30 min sans arrêt, sinon 45 min. 99 kr l’aller (198 kr l’aller-retour) si on achète à l’avance en ligne ; 119 kr l’aller si on paye à bord du bus (attention ! seulement par carte). Risque de bouchons mais il y a, sur certains tronçons, des files réservées aux bus.
  3. Arlanda express (navette-train) = 20 min ! 240 kr l’aller ; 460 kr l’aller-retour. Bien pratique quand on est pressé ou qu’on décolle tôt d’Arlanda et qu’on ne veut pas avoir besoin de partir de chez soi au petit matin. Il y a souvent des offres en période de vacances estivales et autour de Noël.
  4. Enfin, le taxi met environ 30 min (voire moins) si ça roule bien et coûte presque 500 kr pour un aller. Risque de bouchons aux heures de pointes.

Le saviez-vous ? Arlanda est un aéroport silencieux. Cela veut dire que les informations sur les vols ne sont pas annoncées par les haut-parleurs de l’aéroport. Les voyageurs sont informés par des écrans sur la rangée d’enregistrement, les heures d’arrivées et de départs, la porte d’embarquement, la salle de récupération des bagages etc.

Le mot de la semaine : « vulkan »

Vous avez sûrement tous entendu parler de du volcan islandais Eyjafjöll qui en cours d’éruption depuis le 13 avril.

Mon « sambo » était parti pour Taiwan juste avant que le nuage de cendres s’étende au-dessus de l’Europe provoquant la fermeture de nombres d’aéroports. Un coup de chance … Et il s’agit vraiment de chance car on ne peut pas prévoir comment le nuage se déplace. Au moment de son départ depuis Taipei, l’aéroport d’Amsterdam, où mon sambo devait faire escale pour ensuite rentrer sur Stockholm, était fermé. Et il n’a donc pas pu partir …

Ma période de « gräsänka » ne touchait donc pas à sa fin comme je m’y attendais si impatiemment. La semaine passée a été terriblement longue car plongée dans l’incertitude. Il a été question d’un retour le 23 au soir, puis le 31 mai !!! J’ai cru que j’allais m’évanouir quand j’ai entendu cette date. La date actuelle est maintenant le 25 mai et je croise les doigts pour que le nuage de cendres ne revienne pas troubler l’espace aérien d’Amsterdam et de Stockholm dans les jours à venir.

Eyjafjöll est un terme islandais signifiant en français « montagnes des îles ». Il est composé de fjöll, pluriel de fjall, « montagne », et eyja, génitif pluriel de ey, « île ». Les îles en question sont vraisemblablement les îles Vestmann situées juste au sud-ouest et visibles depuis l’Eyjafjöll.

Dans l’alphabet phonétique international, Eyjafjöll se prononce [ˈɛɪjaˌfjǫɬ]

(Source : Wikipédia)

Pour la prononciation, je vous recommande la vidéo suivante : 🙂

Et si vous voulez en savoir plus sur le volcan, je vous conseille la lecture de deux articles sur Wikipédia : Eyjafjallajökull et Éruption de l’Eyjafjöll en 2010.

Pour ce qui est du mot de le semaine, il est facile à prononcer. 😉

en vulkan [ène vulkâne] = un volcan

vulkanen [vulkânène] = le volcan

vulkaner [vulkânère] = des volcans

vulkanerna [vulkânèr(e)na] = les volcans

Le mot de la semaine : « gräsänka »

Depuis bientôt cinq semaines, je mène la vie de célibataire. Mon « sambo » s’est découvert une passion pour Taïwan, il y a quelques années et c’est son deuxième séjour. L’an dernier, il y était resté environ trois semaines; cette année, cinq.

Et moi pendant ce temps ? Et bien j’en ai profité pour rencontrer mes amis un peu plus souvent que je n’ai l’habitude de le faire. Non pas que mon « sambo » m’en empêche, mais nous avons aussi des activités communes. Disons que du fait de son absence, j’ai eu pas mal de temps libre. C’est surtout les week-ends qui, quand je suis à la maison, m’ont paru longs et ennuyeux. Alors, j’essayais toujours de me trouver des activités.

Je suis allée au théâtre voir l’« Avare », j’ai rencontré mon cercle de lecture et discuté d’un roman de Janet Frame, j’ai participé à la Nuit de la Culture, j’ai revu l’exposition « Rubens & van Dyck », je suis allée au cinéma deux fois (« The Ghost Writer » et « Women without men »), j’ai rencontré des Français, je me suis essayée au flamenco, j’ai suivi mes collègues pour un after-work bien sympa avec cocktail en terrasse puis dîner dans un pub irlandais, j’ai participé à une soirée-tricot et j’en ai organisé une — ce vendredi, plus longue que d’habitude puisque la plupart faisait le pont de la Pentecôte. J’ai aussi fait des semis que j’ai aujourd’hui mis en pots sur le balcon.

Le côté négatif de la situation était de faire à manger pour moi tout seule, de dîner seule les soirs, quand j’étais à la maison, et de déjeuner aussi seule les samedis et dimanches matins. Aujourd’hui, j’ai retrouvé le plaisir de faire les courses de la semaine car je sais que la plupart des choses sera pour nous deux.

« Veuf, -ve d’un soir » en suédois se dit « gräsänkling » [grèssènkling] pour les hommes et « gräsänka » [grèssènka] pour les femmes (de « änkling/änka » = veuf/veuve). (N’oubliez pas le tréma sur le a- de « änka », sinon ça fait « anka » et cela veut dire canard.) J’ai été « gräsänka » pendant 35 soirs. Je n’ai pas besoin de vous dire avec quelle joie je vais accueillir mon « sambo » mardi … 🙂

en gräsänka [ène grèssènka] = une veuve du soir

gräsänkan [grèssènkane] = la veuve du soir

gräsänkor [grèssènkore] = des veuves du soir

gräsänkorna [grèssènkor(e)na] = les veuves du soir

Le mot de la semaine : « prova-på »

Le verbe « att prova » [ate prouva] signifie « essayer ».

L’expression « prova-på » [prouva pô] s’utilise souvent en suédois quand on veut parler d’une sorte d’introduction à un sport ou une activité. Au travail, nous avions par exemple organisé, dans le cadre de la prévention-santé, «prova-på qigong » et «prova-på yoga ». Après, c’est aux gens de voir s’ils veulent continuer de leur côté ou non. Ça évite par exemple de s’inscrire à quelque chose qui se révèle ne pas être ce qu’on croyait.

Personnellement, cela fait un moment que je voulais apprendre à danser le flamenco. En faisant une recherche sur internet pour des cours de flamenco, je suis tombée par hasard sur le site d’ABF qui proposait un cours « prova-på flamenco » ce week-end ! Deux heures samedi et dimanche. Je me suis inscrite, j’y suis allée et j’ai adoré !

C’est une très bonne idée ce genre d’activité : court mais intensif, ça donne une bonne image de ce qu’un cours entier peut impliquer. Et dans mon cas, je suis encore plus convaincue qu’avant d’essayer ! Le prof que nous avions aura des cours dès l’automne prochain, sous la régie d’ABF. Je vais donc guetter impatiemment le catalogue du programme d’automne.

En attendant, je peux essayer de répéter à la maison la chorégraphie qu’on a appris (la vidéo que vous pouvez voir sur cet article), écouter autant de musique flamenco que je veux grâce à Spotify et m’abîmer les yeux à regarder des vidéos de flamenco sur YouTube. (Vive internet !) 🙂

Si vous êtes intéréssés, voici quelques noms pour la musique flamenco :

  • Camarón de la Isla
  • Marina Heredia
  • José Mercé
  • El Bicho

… et quelques danseurs de flamenco :

Vous pouvez aussi regarder le film de Carlos Saura « Flamenco ».

Le mot de la semaine : « surdegsbröd »

Cela fait quelques années (quand même …) que je me dis que je devrais essayer de faire du pain au levain. Entre-temps, c’est devenu très à la mode, mais malgré le nombre d’articles et de livres publiés à ce sujet, je ne m’y mettais pas. Je crois que c’est le nombre d’étapes qui me retenait, et puis la peur de rater bien sûr : que faire avec un levain raté ?…

Je m’y suis finalement mise, en suivant bien les instructions d’une recette publiée dans un supplément du dimanche de Dagens Nyheter. J’avais pour l’occasion acheté un bocal en verre d’un litre. J’éxecutais soigneusement les différentes étapes :

  • 1er jour, matin : 60 g de farine de seigle et 120 g d’eau
  • 1er jour, soir : 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle
  • 2ème jour, matin : 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle – là, selon la recette, le levain aurait dû commencer à prendre, mais comme je n’en avais pas l’impression, j’y rajoutai aussi, selon les conseils de la recette, un peu de miel et je laissais le bocal à température ambiante une journée de plus.
  • 3ème jour, matin : 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle – je ne trouvais toujours pas que mon levain ”faisait des bulles”, mais je le mis quand même au frigo.

Quelques jours plus tard, je préparais une pâte à pain à partir d’une partie de mon levain, et je laissais le tout à température ambiante, espérant que cela aller lever pendant la nuit… Que nenni … 🙁 Je laissais la pâte lever une journée de plus … sans évolution … J’avais besoin de conseil et en attendant, je mis la pâte au frigo. Après avoir conféré avec l’ami d’une amie expert en levain, je me décidai à « tricher », c’est-à-dire à utiliser de la levure de boulanger. Je mis à lever à froid dans le frigo une nuit, et le lendemain matin – enfin ! – je pouvais remarquer que la pâte avait levé un peu.

Elle était trop collante pour pouvoir en faire deux boules de pain et j’y rajoutai donc de la farine. Je laissais lever quelques heures de plus. Je pouvais ensuite former deux boules, les faire lever une heure de plus, puis les enfourner et le faire cuire pendant une heure. L’utilisation d’une pierre réfractaire et de quelques glaçons en début de cuisson donna une belle croûte.

Je ne suis pas trop satisfaite de la texture de mon pain. Il se tient bien mais est très compact. Mais c’est peut-être comme cela que ça doit être. Ce n’est peut-être que le levain de farine de blé qui fait un pain plus aéré. Au goût, il est néanmoins tout à fait acceptable.

Il me reste bien évidemment du levain au frigo, que je m’applique à alimenter régulièrement de 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle. Je vais définitivement continuer l’aventure du pain au levain en essayant d’autres recettes. Avec le temps, je devrais m’améliorer.

Le levain en suédois, c’est « surdeg » [suredègue], de « sur » = acide, aigre et « deg » = pâte (à pain). Le pain se dit « bröd » [breude]. Et le pain au levain, « surdegsbröd » [suredèguesbreude]. Le -s- entre les deux mots se prononce.

ett surdegsbröd [ète suredèguesbreude] = un pain au levain

surdegsbrödet [suredèguesbreudète] = le pain au levain

surdegsbröd [suredèguesbreude] = du/des pains au levain

surdegsbröden [suredèguesbreudène] = les pains au levain

Le mot de la semaine : « Kulturnatten »

Hier soir, c’était « Kulturnatten », la Nuit de la Culture. Pour seulement 150 kr, on avait accès à plein de musées, lieux de culture, théâtres, concerts, cinémas etc… de 18h à minuit. J’espère que c’est un événement qui deviendra annuel.

en natt [ène nate] = un nuit

natten [natène] = la nuit

nätter [nètère] = des nuits

nätterna [nètèr(e)na] = les nuits

Ce fut pour moi l’occasion de suivre une visite au Nationalmuseum sur le thème de l’érotisme dans l’art, de découvrir l’hôtel particulier Hallwyl, désormais musée, d’assister à un consert à l’Opéra Royal présentant différentes œuvres du répertoire actuel, et enfin d’entrer pour la première fois dans Stadshuset, l’hôtel de ville de Stockholm. C’était d’autant plus agréable que calme et vide des hordes de touristes qui y défilent chaque jour.

Stadshuset fut construit entre 1911 et 1923 d’après les plans de l’architecte Ragnar Östberg qui se laissa inspirer par la Renaissance italienne. Stockholm n’est pas la Venise du Nord pour rien ! 😉

Le bâtiment est organisé autour de deux ”piazza”, l’une constituant la cour intérieure avec une colonnade donnant sur le lac Mälar, l’autre formant « Blå hallen », le hall bleu … qui n’est pas bleu. Il était prévu de le peindre en bleu, mais l’architecte appréciait tant la couleur ocre des briques des murs, qu’il les laissa à nu. Mais le nom est resté. Personellement, j’aime beaucoup les différentes colonnes qui supportent les murs.

C’est cette salle qui est utilisée lors du banquet Nobel.

À l’étage, on trouve « Gyllene salen », la salle dorée … qui est vraiment dorée car ses murs sonts couverts du sol au plafond de mosaïque dorée. Le décor en mosaïque est dû à Einar Forseth : 18,6 millions de morceaux de verre dépeignent des épisodes de l’histoire de Suède. Sur le mur nord, on peut voir la reine du Mälar, symbole de Stockholm, qui tient dans ses mains un sceptre et une couronne. Sur les genoux, elle porte une représentation de Stadshuset.

Sur le mur sud sont présentés différents motifs de Stockholm tel que le port de Stockholm, l’ascenseur de Katarina et l’église de Riddarholmen. Au dessus de la porte, on peut voir une représentation de l’ancien palais royal Tre Kronor (= Trois couronnes). Si vous regardez bien juste sous le plafond, vous y verrez Saint Erik à cheval, sans tête … Ce n’est pas parce qu’on a rabaissé le plafond plus tard, mais parce qu’on avait mal calculé la hauteur du décor. Cela aurait coûté trop cher de refaire la mosaïque ou de réhausser le plafond, donc on laissa le décor tel quel. 🙂

C’est dans cette salle longue de 44 m qu’a lieu le bal après le banquet Nobel.

La Galerie du prince, le long de la façade sud et donnant sur le lac Mälar, est ornée d’une fresque peinte par prince Eugen, frère du roi Gustave V et artiste.

J’ai aussi beaucoup aimé le toit de la Salle du Conseil où le conseil municipal de Stockholm se rassemble toutes les trois semaines. La photo n’est malheureusement pas de la meilleure qualité…

Le mot de la semaine : « majblomman »

Au cours des deux dernières semaines d’avril, on peut voir des enfants porter une sacoche autour du cou remplie de broches décorées de fleurs bleu ciel en carton. C’est la « majblomman », la fleur de mai.

« Maj » [maille], c’est le mois de mai. Et « blomman », c’est la fleur.

en blomma [ène blouma] = une fleur

blomman [bloumane] = la fleur

blommor [bloumoure] = des fleurs

blommorna [bloumour(e)na] = les fleurs

« Majblomman » est une organisation qui œuvre contre la pauvreté des enfants suédois. Elle agit en fonction des demandes qu’elle reçoit et veille à ce que les lois soient appliquées pour le bien des enfants. Elle soutient aussi des projets de recherche qui traitent de la santé et des conditions de vie des enfants.

Voici quelques-uns des combats de « majblomman » :

  • les communes doivent suivre la loi scolaire et ne pas accepter de frais cachés à l’école,
  • les conseils généraux (qui en Suède se chargent surtout des questions de santé) doivent considérer le port de lunettes comme un traitement médical,
  • les communes doivent prendre leurs responsabilités envers les enfants même pendant les onzes semaines de vacances scolaires d’été.

La « majblomman » ne coûte que quelques dizaines de couronnes en fonction du modèle. Elle est vendue par les enfants eux-mêmes dans un but pédagogique : leur apprendre l’empathie envers leurs camarades d’école moins bien lotis.

Cette année, j’ai acheté la couronne de fleurs, pour 30 kr. Je l’ai épinglée sur mon nouveau manteau. Outre la bonne action, je trouve qu’elle est un signe de printemps supplémentaire. Et c’est indéniablement bon pour le moral ! 🙂

Le mot de la semaine : « kappa »

Quand j’étais petite, mes soeurs et moi attendions toujours avec impatience l’arrivée des catalogues des 3 Suisses et de La Redoute, ceux de la saison automne-hiver plus que que ceux de la saison suivante. Je crois que c’est parce que ça correspondait avec la rentrée des classes, et nous aimions retourner à l’école avec des vêtements neufs. À l’époque, ma mère passait les commandes par minitel. Un autre âge. 🙂

Aujourd’hui, je suis très contente que La Redoute se soit implantée en Suède. Cela fait déjà quelques années maintenant. Je feuillette toujours les catalogues dès leur arrivée (ou presque) et fais la liste des vêtements qui me plaisent. C’est plus facile de les retrouver quand les offres de réductions et promotions arrivent. 🙂

Dans le dernier catalogue automne-hiver, j’avais repéré un manteau, mais le prix était trop élevé pour mon porte-monnaie. Dès que les soldes sont arrivés et que j’ai vu qu’il était à -50 %, je n’ai pas pu me retenir (même si ça fait toujours une belle somme) !

Le mieux dans l’histoire, c’est que mon « sambo » trouve qu’il est « skit snygg » = vachement beau. Sincèrement, j’avais un peu peur du contraire… Le noeud dans le dos est amovible et peut être placé au col. J’avais pensé ne pas l’utiliser du tout. Mais mon « sambo » trouve définitivement que je dois l’utiliser, mais seulement dans le dos. (C’est lui qui a pris les photos.)

Le mot suédois pour « manteau » est « kappa ». Personnellement, je l’associe au mot français « cape » et d’une certaine manière, je trouve que le mot suédois fait plus élégant que le mot français. Et ce manteau est on ne peut plus élégant !

en kappa [ène kapa] = un manteau

kappan [kapane] = le manteau

kappor [kapore] = des manteaux

kapporna [kaporna] = les manteaux

(« Cape » se dit en suédois « mantel » [man(e)tèle] ou « cape » [kèpe]. Ils inversent tous les Suédois … 😉 Même chose avec les crêpes et les galettes, mais je vous raconterai ça une autre fois.)