Kategoriarkiv: Le mot de la semaine 2008—2013

Le mot de la semaine : « turist »

Bien que j’ai repris le travail, cette semaine, j’ai fait la touriste, à mes heures perdues. Un couple d’amis français sont venus passer leurs vacances à Stockholm et ce fut l’occasion de bons moments ensemble à leur faire découvrir nos endroits préférés de Stockholm et quelques éléments de la culture suédoise, comme les « fika » ou la « tvättstuga » (non, nous ne les avons pas mis de corvée de lessive, rassurez-vous !)

Nous avons fait des promenades dans Gamla Stan, mangé des glaces dans Gamla Stan, dîné à bord du bateau af Chapman (qui fait aussi office d’auberge de jeunesse), fait une promenade autour de Skeppsholmen et de Kastelholmen à la nuit tombante et nous sommes assis un moment sur les rochers pour regarder les manèges de Gröna Lund, sur l’autre rive.

Nous avons visité l’exposition de l’été du Nationalmuseum, sur le thème des intérieurs dans la peinture scandinave (désormais fermée), pris un « fika » dans Gamla Stan (pour nous consoler d’être arriver trop tard au musée du Moyen-Âge), introduit nos invités au « blodpudding » (le ”boudin noir” suédois), dîné dans Gamla Stan (au Restaurang JT), déjeuné sur Skeppsholmen (au Hjerta).

Quand nous travaillions, nos amis ont suivi quelques-uns de nos conseils : balade sur Djurgården, « fika » aux jardins de Rosendal, exposition photographique au Nationalmuseum (gratuite !), shopping… Il leur reste encore au moins Vasamuseet, Skansen et une balade en bateau sous les ponts de Stockholm.

Nous n’étions pas les seuls à profiter des derniers jours d’été suédois : l’auto-proclamée « capitale scandinave » accueille de nombreux touristes, désormais toute l’année, mais bien sûr plus en été. Parmi eux, de nombreuses familles françaises. (Même en Suède, on n’est plus tranquilles … 😉 )

en turist [ène turiste] = un/une touriste

turisten [turistène] = le/la touriste

turister [turistère] = des touristes

turisterna [turistèr(e)na] = les touristes

Le mot de la semaine : « tal »

Il y a plusieurs étapes dans l’intégration d’un étranger à la vie en Suède.

La première est l’obtention du « personnummer », le numéro sans lequel vous n’êtes personne, le numéro qui est attribué aux bébés avant même leur prénom, le sésame qui vous ouvrira toutes les portes. Pour un Européen, il est relativement facile à obtenir.

La deuxième étape est, à mon avis, l’apprentissage de la langue, « svenskan ». D’aucun vous diront qu’on se débrouille très bien avec l’anglais, surtout à Stockholm. Certes, ce n’est pas faux, mais pour avoir le sentiment d’appartenir et surtout, de pouvoir participer à la société suédoise en générale, je trouve qu’il est important de maîtriser la langue suédoise. Pour moi, ce fut facile. Pour d’autres, cela peut prendre un peu plus de temps.

La troisième étape est de trouver un travail. J’ai obtenu mes premiers boulots grâce à ma maîtrise de la langue française : prof de français (il allait de soit que j’avais un certain avantage) et guide dans des châteaux royaux (même si j’ai finalement rarement guidé en français). Le jour où j’ai été embauchée grâce à ma formation universitaire suédoise, en tant qu’archiviste, un emploi dans lequel le français ne jouait aucun rôle, fut un grand jour pour moi. Je sentais qu’on me traitait à l’égal d’un(e) Suédois(e).

Une étape supplémentaire est de s’entourer d’amis suédois. Ce n’est pas l’étape la plus simple, car elle est longue, mais le résultat est solide.

Une autre étape importante, à mes yeux, est d’avoir l’opportunité, que dis-je ?, l’honneur de faire un discours lors d’un mariage suédois. Il est en effet coutume de faire des discours au cours des repas de mariage. Les parents respectifs des mariés, leurs frères et soeurs, leurs amis, chacun y va de son petit discours, plus ou moins sérieux, plus ou moins touchant, plus ou moins humoristique. Dans certains mariages, on a l’impression d’être interrompu à chaque bouchée tellement il y a de monde qui demande la parole ; on peut vraiment parler de repas qui traînent en longueur … Dans d’autres mariages, l’équilibre est mieux respecté. Sur les cartons d’invitations, on indique souvent qui sera le « toastmaster », la personne à qui l’on doit annoncer que l’on souhaite parler au cours du repas.

Vendredi dernier, mon « sambo » et moi étions invités à une fête de mariage. (Le mariage avait en fait eu lieu l’an dernier, un peu à la va-vite, puis l’arrivée d’une petite fille n’a pas permis l’organisation de la fête avant cet été.) Les mariés avaient exprimé leur désir que je fasse un petit discours pour raconter aux invités comment ils s’étaient rencontrés. Or, le mari étant français et la mariée suédoise, les invités étaient aussi de nationalités différentes et ils avaient donc besoin de quelqu’un qui parle les deux langues.

J’étais flattée et honorée qu’on fasse appelle à mes services, mais je ne vous raconte pas le trac le moment venu… Après seulement quelques phrases, je demandais déjà un verre d’eau, car j’avais la bouche pâteuse de nervosité ; j’avais besoin de me tenir d’une main à une table tellement mes jambes qui tremblaient ; et j’utilisais des mots français quand je parlais suédois et inversement ….

Je crois malgré tout m’être bien acquittée de ma tâche. Car je ne crois pas que j’aurais été remerciée tant de fois par les mariés, ni félicitée spontanément par plusieurs des invités, si cela n’avait pas été le cas. Et une fois le discours fait, je pouvais jouir à cent pour cent d’un soirée d’été magnifique, dans une maison rouge en bois entourée de verdure et faisant face au lac Mälaren, en compagnie de gens d’horizons très divers mais tout aussi intéressants, et dégustant de mets suédois délicieux – tous très appréciés des invités français ! Une soirée idyllique, typiquement suédoise, telle qu’on les aime ! …

ett tal [ète tâle] = un discours, une allocution

talet [tâlète] = le discours (aussi : la parole)

tal [tâle] = des discours

talen [tâlène] = les discours

N.B.: Ce mot, avec la même déclinaison, signifie aussi « nombre », et par extention « problème mathématique ».

Le mot de la semaine : « lugn »

J’ai repris le travail depuis une semaine et demie. Je craignais un peu ce retour au bureau : je m’imaginais des tonnes de mail à lire et qu’il s’était passé beaucoup de choses en mon absence. 79 mails m’attendaient dans ma boîte de réception et le peu de problèmes survenus entre temps avaient été résolus avant mon retour. Aucun souci à se faire donc.

Les deux premiers jours, j’étais seule dans mon service, seule à mon étage ; nous étions peut-être cinq-six (sur trente) dans le bâtiment.

Cette semaine, deux de mes collègues sont revenues et quelques autres dans les autres étages. Il y avait du travail à faire, mais les pauses-café/thé et déjeuner étaient un peu plus longues que d’habitude. 🙂 Mais le fait de parler boulot parfois pendant ces pauses nous culpabilisaient moins de ne pas être devant nos ordinateurs huit heures d’affilé.

Peu de coup de téléphone, peu de mails, le calme et le silence dans les couloirs et les bureaux voisins … J’aime travailler dans ces conditions-là, sans collègue qui stressent et exigent que tout soit fait ”là maintenant, au mieux hier”… Pourtant, nous sommes en pleine préparation d’exposition, en pleine relecture d’épreuve de catalogue, en pleine organisation de transport, déballage et installation d’œuvres d’art. Mais dans le calme.

Le calme en suédois, c’est « ett lugn, lugnet » [ète lugne, lugnète]. « Det är lugnt » [dé ère lugnte] veut dire « c’est calme » mais aussi « c’est bon, pas de problème ». « Att ta det lugnt » [ate ta dé lugnte] signifie « être tranquille, prendre les choses calmement ». L’expression « Ta det lungt! » incite quelqu’un à rester calme.

Je dois dire que je redoute un peu la journée de demain, avec le retour de deux collègues qui parlent beaucoup (parfois pour ne rien dire), longtemps et fort. Comme je travaille avec les deux, ils arrivent que les deux viennent dans mon bureau, en même temps, pour me parler, et là je suis obligée de dire « Stop ! Un à la fois, merci ! »

Mais dans un sens, c’est aussi bien que je sois déjà replongée dans le bain quand ils reviennent. J’ai la situation sous contrôle et j’espère pouvoir continuer à travailler « i lugn och ro » [i lugne ô rou] (tranquillement).

NB! Attention à la prononciation de « lugn » : il faut bien prononcer le g avant le n. Il existe un mot suédois très semblable, « lunga » avec le n avant le g, qui signifie « poumon » et ce n’est pas vraiment la même chose. Je le fait remarquer car j’ai moi-même fait la faute de nombreuses fois et cela provoque soit l’étonnement soit l’hilarité chez les interlocuteurs suédois. Je veux vous éviter cette situation génante. 🙂

Le mot de la semaine : « Pride-veckan »

Le mot de la semaine est, cette fois-ci, anglo-suédois, une des preuves que l’on peut sans problème former de nouveaux suédois basés sur un mot anglais. Dans ce cas-là, il s’git simplement d’accoler un mot anglais, « pride » = fierté, à un mot suédois, « vecka » = semaine.

en vecka [ène vécka] = une semaine

veckan [véckane] = la semaine

veckor [véckore] = des semaines

veckorna [véckor(e)na] = les semaines

La « semaine des fiertés » donc. Stockholm Pride est un festival annuel qui, depuis 1998, s’étend sur une semaine fin juillet-début août, remplie de conférences, de concerts et d’activités diverses et qui s’achève par la « Prideparaden » ou le défilé qui prend agréablement des allures de carnaval.

C’est un événement populaire mais aussi politique car durant cette semaine sont soulevées des questions qui ont trait aux discriminations envers les homo-, bi- et transsexuels (= HBT, comme on abrége en suédois, ou LGBT en français et en anglais) et à leurs conditions de vie dans la société. On croirait que tout est pour le mieux en Suède, qui est si tolérante, si ouverte, si égalitaire, etc. C’est sûr qu’il vaut mieux être homo en Suède qu’au Nigeria mais il y a visiblement toujours des progrès à faire.

Saviez-vous par exemple qu’on force les transsexuels qui subissent une opération pour changer de sexe à  la stérilisation ? Oui, en Suède !…

Entre les années 1930 et 1970, on stérilisait de force surtout les handicapés mentaux mais aussi les gens du voyage. La loi qui autorisait ces stérilisations fut abolie en 1976 car on considérait, à juste titre, qu’elle constituait un crime contre l’humanité. Mais je ne savais pas que c’était encore en pratique envers les transsexuels …

Les journaux suédois ont publié chaque jour des reportages et des interviews sur des thèmes divers dans le cadre de cette « Pride-veckan ». Les musées et différentes institutions culturelles ont redoublés d’effort pour proposer des visites et des activités queer. Les hommes et femmes politiques se sont succédés sur scène au cours du festival pour montrer leur soutien et promettre des réformes (n’oublions pas que nous sommes en pleine campagne électorale !) Il est désormais presque de mauvais ton, voire politiquement incorrect, de refuser une invitation à participer au festival.

Dans les rues de Stockholm, sur les bus, les devantures des magasins (surtout dans Södermalm, le quartier ”bobo” qui participait à l’opération SoFo goes homo), partout on voyait des drapeaux aux couleurs de l’arc-en-ciel, donnant ainsi un air de fête à la capitale suédoise. Même Jakobs kyrka (l’église St Jacques) dans Kungsträdgården avait orné son clocher du drapeau multicolore. ”Même”, comme si c’était étonnant que l’église suédoise apporte son soutien à l’événement … Mais le fait est que les questions HBT ne sont pas si évidentes que ça dans certaines catégories professionnelles. C’est désormais relativement accepté par l’église protestante (qui autorise depuis le 1er novembre 2009 le mariage homosexuel), mais l’église catholique doit faire encore quelques efforts. De même, les policiers ou militaires HBT/LGBT ne sont pas toujours acceuillis à bras ouverts.

Dans le défilé de samedi (photos ici), on pouvait voir des gens de tous âges, de couleurs politiques, de religion et de professions différentes, tous réclamant les mêmes droits pour tous, les même droits que les hétérosexuels.

Le mot de la semaine : « vad? »

Ce soir, gros trou noir devant la page blanche de mon ordinateur … Je n’ai absolument aucune idée pour écrire mon billet hebdomadaire … Pour tout vous avouer, je suis même sacrément en retard, et je vais l’anti-dater un peu pour qu’on croit que je l’ai posté dimanche, mais il est en fait minuit passé, et donc déjà lundi …

Rentrée de France mercredi soir tard, je n’ai pas encore retrouvé mes repères et mes rutines d’avant les vacances. Un peu déboussolée, je ne sais pas pourquoi … Trois semaines de vacances à l’étranger, serait-ce trop long ?…

Quoiqu’il en soit, je vais essayer de faire de mon mieux pour ce billet et m’inspirer de mon absence d’inspiration en vous apprenant quelques pronoms interrogatifs. 😉

Commençons par « vad?» [vâde] qui signifie « quoi ? ».

Puis « vem? » [vème] = qui ?

Puis « var? » [vâre] = où ?

Et enfin « när? » [nère] = quand ?

Allez, je vous en rajoute un : « varför? » [varefeure] = pourquoi ?

Une question en suédois se construit toujours de la même manière : pronom interrogatif – verbe – sujet. On ne peut pas faire, comme en français un peu relâché, une question d’une affirmative en montant le ton de la voix à la fin de la phrase. D’ailleurs, les Suédois ne montent pas toujours le ton de la voix à la fin d’une question. Le fait de commencer par un pronom interrogatif et l’inversion du sujet et du verbe suffisent à montrer qu’il s’agit d’une question.

Vous avez remarqué qu’il n’y a pas d’espace avant le point d’interrogation, en suédois ? C’est une règle de typographie à laquelle j’ai du mal à me faire. Je mets presque toujours un espace, qu’il faut que je supprime après …

En espérant avoir meilleure inspiration dimanche prochain, je vous souhaite à tous une bonne semaine !

Le mot de la semaine : « familjen »

Comme bien souvent (et nombre d’entre vous, je suppose), je passe mes vacances en famille. Étant loin d’elle le reste de l’année, je profite de mes trois semaines en France pour lui rendre visite (et aussi à quelques amies).

Je commence par une escale à Neauphle-le-château chez ma ”moyenne” soeur, son conjoint et leurs deux enfants, deux garçons, de 4 ans et demi et de 7 mois.

Puis à quelques kilomètres de distance, deuxième escale chez ma petite soeur et son conjoint, à Montigny-le-Bretonneux (Saint-Quentin-en-Yvelines), où je retrouve l’univers des trois années qui ont précédé mon départ en Suède.

Mes deux neveux ont été baptisés – comme raconté plus tôt – et cela a été l’occasion de faire la connaissance des familles de mes deux ”beaux-frères” (nombreuse pour celle du premier, et dont je vous épargnerais les détails) et de revoir d’autres membres et quelques anciens amis de famille.

Dans la foulée, une visite chez ma grand-mère maternelle à Lucé (commune voisine de Chartres) s’imposait.

Mon oncle habite à Mennecy, dans l’Essonne, mais je n’ai pas pu le voir cette fois-ci, car il vole par monts et par cieux. Mais j’ai vu ma tante et mes cousines. Voici pour la région parisienne.

Mes vacances s’achèvent ensuite par une semaine dans les Alpes, en Champsaur, à une vingtaine de kilomètres au nord de Gap, chez mes parents.

« Familjen », c’est donc la famille.

en familj [ène familye] = une famille

familjen [familyène] = la famille

familjer [familyère] = des familles

familjerna [familyèr(e)na] = les familles

Le père, c’est « far » [fare] (contraction de « fader » [fadère]) — ou « pappa » pour papa.

La mère, c’est « mor » [moure] (contraction de « moder » [moudère]) — ou « mama » pour maman. Cela donne les parents = « föräldrarna » [feurèl(e)drarna].

Une sœur = « en syster » [ène sussetère] et un frère = « en bror » [ène broure] (contraction de « broder »).

Après, les autres liens de parenté se construisent de manière logique. « Farfar » [farefare] et « farmor » [faremoure] sont les grands-parents paternels (far + far/mor) et « morfar » [mourefare] et « mormor » [mouremoure] les grands-parents maternels (mor + far/mor).

« Farbror » [farebroure] (far + bror) et « faster » [fassetère] (contraction de far + syster) sont les oncles et tantes paternels, tandis que « morbror » [mourebroure] (mor + bror) et « moster » [moussetère] (contraction de mor + syster) sont du côté maternel. « Kusiner » [cussinère], filles et/ou garçons, sont les cousins.

Mes neveux sont mes « systersöner » [sussetèrcheunère], de « syster » + « söner » (qui lui est le pluriel de « son » [sône] = fils). Dans le cas de fille, on dirait une « systerdotter » [sussetèredotère], plusieurs « systerdöttrar » [sussetèredeutrar]. Et si j’avais eu un frère qui avait eu un fils et une fille, ils seraient mon « brorson » [brourchône] et ma « brorsdotter » [brourchdotère].

Pour faire plus simple, on peut parler de « syskonbarn » [susseconn(e)barn(e)] (mot-à-mot = enfants des frères et soeurs, donc neveux et nièces). Oui, plus simple, car en suédois on peut n’utiliser qu’un mot pour désigner les deux. (Par contre, ce n’est peut-être pas plus simple pour votre mémoire. 😉 ) On peut bien sûr aussi dire « systersbarn » [sussetèrchbarn(e)] (les enfants d’une soeur) ou « brorsbarn » [brourchbarn(e)] (les enfants d’un frère).

Ce que je trouve ingénieux en suédois, c’est ce système d’emboîtement de mots. Si je vous parle de mon « farfars far » [farefarche far], je suis sûre que vous comprendrez de qui je veux parler. Je me trompe ? (Le système français a sa logique aussi, bien sûr, mais elle est moins évidente et demande plus d’effort pour se souvenir du vocabulaire.) Ce qui peut par contre être compliqué en suédois, c’est de savoir quand on utilise le -s- pour faire la liaison du génitif ou pas. Comparez par exemple « brorsdotter » et « systerdotter ». (Je n’ai pas d’explication pour ce phénomène. Parfois, certains choses sont ”comme ça” et puis c’est tout.)

Je crois qu’on va en rester là pour le moment, je vous fais grâce des beaux-frères, des belles-soeurs et compagnie. 😉

Le mot de la semaine : « hushållsassistent »

Ou : J’en ai rêvé, KitchenAid l’a fait. Remarquez, ç’aurait pu être une autre marque, mais c’est celle-là que j’ai choisie.

« Hushållsassistent » est formé de deux mots : « hushåll » (qui lui même contient le mot « hus » = maison) = ménage plutôt dans le sens de foyer, et « assistent », qui n’a peut-être pas besoin de traduction. Mot à mot, cela peut se traduire par « assistant de ménage ». Le nom de la marque est bien choisi : « aide de cuisine ». Mais en bon français, cela signifie « robot de cuisine ».

en hushållsassistent [ène ‘husse’haul(e)sasistèn(e)te] = un robot de cuisine

hushållsassistenten [‘husse’haul(e)sasistèn(e)tène] = le robot

hushållsassistenter [‘husse’haul(e)sasistèn(e)tère] = des robots

hushållsassistenterna [‘husse’haul(e)sasistèn(e)tèr(e)na] = les robots

Je tiens tout d’abord à remercier NetOnNet qui m’a permis de commandé en ligne et a assuré la livraison (par la poste) en 3 jours. J’ai passé la commande un lundi soir et le jeudi suivant, je recevais un sms m’annonçant que je pouvais aller le chercher au comptoir de la poste du supermarché Coop.

Je lui ai tout de suite fait de la place à côté du micro-onde, du blender et d’un autre robot de cuisine plus petit. Je l’ai mis à l’épreuve dès le premier soir. L’épreuve n’était néanmoins pas insurmontable : il s’agissait de mélanger une pâte à gâteau pour le gâteau aux fraises du lendemain, pour Midsommarafton.

Mais surtout, je remercie Skatteverket (l’Agence suédoise des impôts) qui, par le remboursement d’impôts, m’a permis de réaliser un rêve que j’ai eu longtemps et qui s’est intensifié depuis que j’ai commencé à faire du pain au levain. Mon pauvre batteur électrique s’échauffait énormément sans réussir à bien mélanger la pâte. J’avais donc vraiment besoin d’un robot de cuisine qui ait la force de malaxer ces pâtes robustes pendant plusieurs minutes.

Ce fut la deuxième épreuve, bien plus exigeante que la première. Ce fut un plaisir énorme de voir le crochet à pétrin tourner sur son axe et entraîner la pâte à levain. La texture obtenue était parfaite, bien compacte, bien dense, bien élastique. Mes deux premiers pains faits grâce au robot n’ont pas levé autant que je l’espérais, mais le résultat est satisfaisant quand même. La consistance et de le goût de la mie sont exactement celles auxquelles je m’attendais.

Je suis vraiment contente de ce premier essai. Je suis aussi contente d’avoir eu le temps de faire cet essai avant de partir en vacances en France.

Le mot de la semaine : « dop »

Cette année, du fait d’événements professionnels importants en début d’automne prochain, je suis obligée de prendre mes vacances relativement tôt. Je fais comme une bonne partie des Suédois : midsommar marque, de manière festive, le début de cette pause annuelle bien méritée, qui s’étend donc, pour ma part, du 25 juin au 25 juillet.

Ce qui tombe d’autant mieux, c’est que je suis invitée au baptême civil de mes deux neveux le 3 juillet. Impeccable !

Étant donné que je ne savais pas quelles possibilités j’allais avoir de bloguer ou non pendant mes vacances, j’ai décidé de pré-programmer les « mots de la semaine » qui tombent pendant les trois semaines que je passe en famille en France. Ce qui me permet donc de prendre des vacances de mon blog aussi, sans pour autant priver mes fidèles lecteurs de leur article dominical. 🙂

Je ne peux donc pas vous relater la journée d’hier. Mais je peux vous raconter comment je comptais y participer : en apportant une petite touche suédoise au buffet qui doit rassasier la soixantaine d’invités. 🙂 Des « köttbullar » (= boulettes de viande) étaient toutes indiquées car très pratiques à servir, chaudes comme froides, à l’aide de cure-dents. Quelques bocaux de harengs marinés accompagnés de bon « knäckebröd » (du pain « Wasa » – mais pas forcément de la marque Wasa). Une spécialité typiquement suédoise sur les buffets de fêtes d’été est la « smörgåstårta » : un gâteau-sandwich. Cela sonne peut-être étrange aux oreilles françaises, mais j’espère bien avoir convaincu les papilles des mêmes Français. 😉 En dessert, je pensais à un « kladdkaka » (= un fondant au chocolat) qui, lui, devrait disparaître sans problème. 😀

Le concept de baptême civil n’existe pas en Suède. (Je ne savais même pas que cela existait en France avant d’en entendre parler par ma soeur.) Un baptême, « dop », est forcément religieux en Suède, puisque c’est une cérémonie d’introduction à une paroisse. Pourtant, l’idée en elle-même me séduit — athéiste que je suis — mais surtout parce que je trouve que c’est important de considérer tout enfant qui naît comme un citoyen en devenir. Et le fait est qu’en français, le verbe « baptiser » s’applique aussi à des situations non-religieuses, dans le sens de : donner un nom. En suédois, il y a le terme de « namngivningsceromoni », qui est une cérémonie informelle au cours de laquelle les parents présentent leur enfant à la famille et à l’entourage et lui donne un nom. Mais je crois que vous préférez apprendre la prononciation et la déclinaison du mot « dop », non ? 😉

ett dop [ète doupe] = un baptême

dopet [doupète] = le baptême

dop [doupe] = des baptêmes

dopen [doupène] = les baptêmes

Le mot de la semaine : « bergrum »

La roche de Skeppsholmen est comme un fromage de gruyère : sous le musée des Arts Asiatiques et l’église de Skeppsholmen, il y a huit cavernes en forme de tunnel, résultat d’un complexe militaire creusé dans les années 1940 pour y abriter le chef de la marine et son état-major en cas de guerre. D’une surface de 4 800 m² et doté de six issues, dont l’une est accessible aux véhicules militaires, on y avait aménagé entre autres des chambres et des dortoirs, une cantine, un hôpital et un depôt de mines et de torpèdes.

Tout ceci a été démoli dans les années 1990 et depuis, en attendant de trouver une utilisation plut ou moins permanente pour ces tunnels, on y a par exemple tourné quelques films de Martin Beck et des épisodes de la sérié télévisée policière « Kommissionen ».

Pour plus de lecture – en suédois – à ce sujet : Wikipedia et SFV.

À partir de la fin août, ces cavernes retrouveront leur ambiance militaire en accueillant l’exposition organisée par le musée des Arts Asiatiques : l’armée en terre cuite de l’empereur Qin. Enfin, pas toute l’armée, mais quand même quelques 320 pièces. L’effet n’en sera pas moins imposant et impressionnant.

J’ai eu cette semaine l’occasion de visiter les tunnels qui sont en cours d’aménagement pour l’exposition. Les photos de cet article sont prises lors de cette visite.

Le mot « bergrum » est composé du mot « berg » [berye] (et non pas [bergue]) = montagne, roche et de « rum » = pièce, salle.

ett bergrum [ète beryerume] = une caverne

bergrummet [beryerumète] = la caverne

bergrum [beryerume] = des cavernes

bergrummen [beryerumène] = les cavernes

Le mot de la semaine : « bruk »

Chaque année au mois de juin, le Nationalmuseum organise pour son personnel une excursion d’une journée qui a toujours pour but un site historique. Lundi dernier, le 14 juin, nous quittions le musée vers 8h30 en direction de Lövstabruk. L’ancienne orthographe vous aidera à prononcer ce nom: Leufstabruk.

Lövsta est le nom du lieu, situé dans la province d’Uppland, dans la « préfecture » d’Uppsala, c’est-à-dire au nord de Stockholm, à environ 140 km de la capitale.

« Bruk » se traduit par « usine », mais je trouve que ce mot ne convient pas vraiment dans le contexte historique des XVI-XVIIIème siècles. « Manufacture » est peut-être plus approprié dans ce cas-là. Le mot « bruk » ne s’utilise, à ma connaissance, que dans le cas d’anciens sites industriels. Pour les usines de nos temps modernes, on dit plutôt « fabrik ».

La façade du manoir en cours de restauration – La façade arrière du manoir

La façade du manoir, en cours de rénovation Le manoir vu depuis le parc

« Bruk » est d’origine germanique, bien sûr :-), comme pas mal d’autres mots suédois. Aujourd’hui, on l’utilise plus souvent dans les sens d’« usage, emploi, coutume, pratique, culture (agricole) ». À partir de ce mot, on peut construire le verbe « bruka » qui signifie « utiliser, employer, cultiver, exploiter », mais aussi « avoir l’habitude de ».

ett bruk [ète bruque] = une manufacture

bruket [bruquète] = la manufacture

bruk [bruque] = des manufactures

bruken [bruquène] = les manufactures

Le parc

Lövstabruk est donc une ancienne manufacture de fer dont l’histoire remonte aussi loin qu’en 1596. On plaça cette manufacture juste à cet endroit pour exploiter la force de l’eau des nombreux lacs et cours d’eau descendant vers la mer Baltique et en même temps pour sa proximité des ports de la côte qui permettait l’exportation du fer vers l’Europe. Cependant, les bâtiments actuels datent des années 1720. En effet, le site fut brûlé en juillet 1719 par les Russes lors de la Grande guerre du Nord qui opposa la Suède (alliée à l’empire ottoman) à la Russie (alliée au Danemark et à plusieurs principautés allemandes) entre 1700 et 1721. Charles de Geer (1660-1730) fit reconstuire le site entier, c’est-à-dire les habitations des ouvriers, le manoir et l’église, cette fois-ci en pierre.

Pancartes – Une oeuvre d’art sculptée – Boîtes aux lettres en rang

Depuis 1641, le site appartenait à la famille d’origine hollandaise De Geer, qui importa la méthode wallonaise de raffinement du fer qui, lui, venait de Dannemora, à 30 km de Lövsta. De nombreux ouvriers à Lövsta étaient des immigrants wallonais. Ils participèrent à faire de Lövsta un des plus grands centres de production de fer au monde au XVIIIème siècle. L’activité sidérurgique de Lövsta s’arrêta définitivement en 1926 ; on avait depuis un moment changé de processus de raffinement et adopté la méthode de Lancashire.

Une fenêtre vitrée – Une façade bien fleurie – La pancarte de l’auberge – L’entrée de l’auberge

On dit que cette manufacture forma une communauté très particulière, relativement fermée au monde extérieur, au sein de laquelle les ouvriers vivaient au rythme des forges et dont les besoins étaient pourvus par leurs maîtres, la famille De Geer, sous forme d’école pour les enfants, de médecin pour les soins du corps et d’église pour les soins de l’âme. Les habitations des ouvriers sont en partie conservées et s’alignent le long de la rue qui fait face au manoir.

La volière – L’orangerie – L’allée d’ormes avec un arbre malade

Le manoir (« herrgård » [‘hèregaurde] en suédois) est composé d’uncorps principal et de deux ailes sur deux étages. Un peu plus loin s’élèvent deux ailes en demi-cercle qui servait de logement pour le personnel et de réserves. L’intérieur du manoir date essentiellement du XVIIIème siècle. Au rez-de chaussé, une grande salle à manger, et à l’étage, les chambres. Dans les ailes, les chambres d’invités et les cuisines. De part et d’autre du manoir, près de l’eau, ont été construits deux pavillons pour abriter l’un une bibliothèque qui est l’une des plus riches du pays avec ses nombreux volumes du XVIIIème siècle, l’autre un cabinet de curiosité comprenant essentiellement des animaux empaillés et des minéraux.

Le parc baroque est une reconstruction du XXème siècle d’après des plans originaux de 1769. L’orangerie résista aux Russes car elle avait été construite en pierre dès le début et constitue donc le seul bâtiment d’origine du complexe de Lövsta. On y cultive aujourd’hui le pélargonium dit de Lövsta. L’allée d’ormes est malheureusement touchée par le graphiose (ou « maladie hollandaise de l’orme », mais qui en fait est peut-être d’origine asiatique) contre lequel on ne peut rien faire.

L’autel de l’église – La chaire à prédiquer – Le clocher, comme bien souvent en Suède, séparé de l’église

Dans le petit village, très charmant, formé par les anciennes habitations des ouvriers, on trouve aussi une auberge (où nous avons déjeuné après avoir visité le manoir) et une église qui est surtout réputée pour son orgue magnifique. Il a été construit en 1728 (restauré en 2006) par Johan Niclas Cahman (né entre 1670 et 1680-mort en 1737) à qui l’on doit 35 orgues en Suède, dont seulement 6 ont été conservés jusqu’à nos jours (entre autres, l’orgue de la chapelle du château de Drottningholm). Juste au moment où nous y étions, l’organiste jouait après avoir accordé l’instrument en question : ce fut un des plus beaux moments de cette excursion !

L’église – Son orgue