Gâteau aux marrons ardéchois


À la demande expresse de deux gourmands, voici la recette d’un gâteau délicieux !
La recette vient du livre « Pâtisseries maison » de Florence Edelman, paru chez Marabout, mais je l’ai changée un peu.

  • 2 c. à s. de maïzena
  • 1 c. à c. de levure chimique
  • 3 œufs
  • 100 g de beurre
  • 750 g de crème de marron
  • 100 g de chocolat noir pour le glaçage

1. Préchauffez le four à 150°C. Beurrez un moule carré 20 x 20 cm. Tapissez le de papier sulfurisé et beurrez également ce dernier. N’ayant de ce genre de moules, j’ai utilisé deux moules à cake que je n’ai pas beurrés mais tapissés de feuilles de cuisson en silicone.
2. Cassez les œufs en séparant les jaunes des blancs. Réservez.
3. Dans un saladier, ajoutez le beurre ramolli à la crème de marron et mélangez bien. Incorporez les jaunes d’œufs et le mélange maïzena-levure.
4. Montez les blancs en neige et incorporez-les très délicatement à la préparation. Versez le mélange dans le moule et faites cuire au four 40 minutes. Les miens ont pris le double de temps.
5. Laissez refroidir le gâteau pendant 30 minutes avant de le démouler et d’oter le papier sulfurisé.
6. Lorsque le gâteau est froid, preparez le glaçage en faisant fondre le chocolat. Recouvrez le gâteau avec une spatule en lissant. Pour servir, découper le gâteau en carré, si vous avez utilisé un moule carré, ou tout bêtement en tranches, si vous avez utilisé des moules à cake.
Avertissement ! Bombe calorique. 🙂
D’ailleurs, je n’ai pas de photos à publier sur cet article, car le gâteau disparut trop vite ! 🙂 Et pour ceux pour qui une bombe calorique ne suffit pas, voici une autre recette toute aussi explosive ! 😉

Le mot de la semaine : « surdegsbröd »

Cela fait quelques années (quand même …) que je me dis que je devrais essayer de faire du pain au levain. Entre-temps, c’est devenu très à la mode, mais malgré le nombre d’articles et de livres publiés à ce sujet, je ne m’y mettais pas. Je crois que c’est le nombre d’étapes qui me retenait, et puis la peur de rater bien sûr : que faire avec un levain raté ?…

Je m’y suis finalement mise, en suivant bien les instructions d’une recette publiée dans un supplément du dimanche de Dagens Nyheter. J’avais pour l’occasion acheté un bocal en verre d’un litre. J’éxecutais soigneusement les différentes étapes :

  • 1er jour, matin : 60 g de farine de seigle et 120 g d’eau
  • 1er jour, soir : 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle
  • 2ème jour, matin : 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle – là, selon la recette, le levain aurait dû commencer à prendre, mais comme je n’en avais pas l’impression, j’y rajoutai aussi, selon les conseils de la recette, un peu de miel et je laissais le bocal à température ambiante une journée de plus.
  • 3ème jour, matin : 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle – je ne trouvais toujours pas que mon levain ”faisait des bulles”, mais je le mis quand même au frigo.

Quelques jours plus tard, je préparais une pâte à pain à partir d’une partie de mon levain, et je laissais le tout à température ambiante, espérant que cela aller lever pendant la nuit… Que nenni … 🙁 Je laissais la pâte lever une journée de plus … sans évolution … J’avais besoin de conseil et en attendant, je mis la pâte au frigo. Après avoir conféré avec l’ami d’une amie expert en levain, je me décidai à « tricher », c’est-à-dire à utiliser de la levure de boulanger. Je mis à lever à froid dans le frigo une nuit, et le lendemain matin – enfin ! – je pouvais remarquer que la pâte avait levé un peu.

Elle était trop collante pour pouvoir en faire deux boules de pain et j’y rajoutai donc de la farine. Je laissais lever quelques heures de plus. Je pouvais ensuite former deux boules, les faire lever une heure de plus, puis les enfourner et le faire cuire pendant une heure. L’utilisation d’une pierre réfractaire et de quelques glaçons en début de cuisson donna une belle croûte.

Je ne suis pas trop satisfaite de la texture de mon pain. Il se tient bien mais est très compact. Mais c’est peut-être comme cela que ça doit être. Ce n’est peut-être que le levain de farine de blé qui fait un pain plus aéré. Au goût, il est néanmoins tout à fait acceptable.

Il me reste bien évidemment du levain au frigo, que je m’applique à alimenter régulièrement de 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle. Je vais définitivement continuer l’aventure du pain au levain en essayant d’autres recettes. Avec le temps, je devrais m’améliorer.

Le levain en suédois, c’est « surdeg » [suredègue], de « sur » = acide, aigre et « deg » = pâte (à pain). Le pain se dit « bröd » [breude]. Et le pain au levain, « surdegsbröd » [suredèguesbreude]. Le -s- entre les deux mots se prononce.

ett surdegsbröd [ète suredèguesbreude] = un pain au levain

surdegsbrödet [suredèguesbreudète] = le pain au levain

surdegsbröd [suredèguesbreude] = du/des pains au levain

surdegsbröden [suredèguesbreudène] = les pains au levain

Le mot de la semaine : « Kulturnatten »

Hier soir, c’était « Kulturnatten », la Nuit de la Culture. Pour seulement 150 kr, on avait accès à plein de musées, lieux de culture, théâtres, concerts, cinémas etc… de 18h à minuit. J’espère que c’est un événement qui deviendra annuel.

en natt [ène nate] = un nuit

natten [natène] = la nuit

nätter [nètère] = des nuits

nätterna [nètèr(e)na] = les nuits

Ce fut pour moi l’occasion de suivre une visite au Nationalmuseum sur le thème de l’érotisme dans l’art, de découvrir l’hôtel particulier Hallwyl, désormais musée, d’assister à un consert à l’Opéra Royal présentant différentes œuvres du répertoire actuel, et enfin d’entrer pour la première fois dans Stadshuset, l’hôtel de ville de Stockholm. C’était d’autant plus agréable que calme et vide des hordes de touristes qui y défilent chaque jour.

Stadshuset fut construit entre 1911 et 1923 d’après les plans de l’architecte Ragnar Östberg qui se laissa inspirer par la Renaissance italienne. Stockholm n’est pas la Venise du Nord pour rien ! 😉

Le bâtiment est organisé autour de deux ”piazza”, l’une constituant la cour intérieure avec une colonnade donnant sur le lac Mälar, l’autre formant « Blå hallen », le hall bleu … qui n’est pas bleu. Il était prévu de le peindre en bleu, mais l’architecte appréciait tant la couleur ocre des briques des murs, qu’il les laissa à nu. Mais le nom est resté. Personellement, j’aime beaucoup les différentes colonnes qui supportent les murs.

C’est cette salle qui est utilisée lors du banquet Nobel.

À l’étage, on trouve « Gyllene salen », la salle dorée … qui est vraiment dorée car ses murs sonts couverts du sol au plafond de mosaïque dorée. Le décor en mosaïque est dû à Einar Forseth : 18,6 millions de morceaux de verre dépeignent des épisodes de l’histoire de Suède. Sur le mur nord, on peut voir la reine du Mälar, symbole de Stockholm, qui tient dans ses mains un sceptre et une couronne. Sur les genoux, elle porte une représentation de Stadshuset.

Sur le mur sud sont présentés différents motifs de Stockholm tel que le port de Stockholm, l’ascenseur de Katarina et l’église de Riddarholmen. Au dessus de la porte, on peut voir une représentation de l’ancien palais royal Tre Kronor (= Trois couronnes). Si vous regardez bien juste sous le plafond, vous y verrez Saint Erik à cheval, sans tête … Ce n’est pas parce qu’on a rabaissé le plafond plus tard, mais parce qu’on avait mal calculé la hauteur du décor. Cela aurait coûté trop cher de refaire la mosaïque ou de réhausser le plafond, donc on laissa le décor tel quel. 🙂

C’est dans cette salle longue de 44 m qu’a lieu le bal après le banquet Nobel.

La Galerie du prince, le long de la façade sud et donnant sur le lac Mälar, est ornée d’une fresque peinte par prince Eugen, frère du roi Gustave V et artiste.

J’ai aussi beaucoup aimé le toit de la Salle du Conseil où le conseil municipal de Stockholm se rassemble toutes les trois semaines. La photo n’est malheureusement pas de la meilleure qualité…

Donner son sang

J’ai commencé à donner mon sang il y a bientôt deux ans maintenant.

Conditions pour pouvoir donner son sang

Pour donner son sang en Suède, il faut avoir entre 18 et 60 ans et peser au moins 50 kilos. Ils prennent 4,5 dl à chaque fois.

Formalités administratives

Je vais à Södertappen, à côté de la station de métro de Skanstull. J’y vais tous les 4 mois (c’est tout les 3 mois pour les hommes), quand je reçois une convocation me rappelant que je peux y retourner. À chaque fois, il faut remplir un formulaire où je certifie que je ne suis pas enceinte, ni sous traitement médicamenteux, que je n’ai pas changé de partenaire depuis la dernière fois etc …

Le don en lui-même

Puis je vais m’allonger sur une couchette, je tends mon bras droit, en l’occurrence, et pendant que l’infirmière prend ma tension, elle me demande mon « personnummer » (pour vérifier que je suis vraiment moi), si j’ai bien mangé dans la journée, si tout va bien. Elle sont bien sympa les infirmières, elles s’intéressent aux gens et pourtant on ne reste pas plus de 10 min.

Puis elle enfonce l’aiguille dans la veine (c’est le seul moment un peu désagréable, mais ça ne dure qu’un quart de seconde), me met une balle en mousse dans la main droite que je dois serrer de temps en temps pour accélerer la circulation du sang et me donne un jus de fruit à boire en attendant que le sac se remplisse de mon sang. Je suis toujours étonnée de la chaleur et de la couleur du sang. On voit souvent dans les films que c’est bien rouge, mais en fait c’est un peu plus foncé, presque bordeau, comme du vin ;-), mais plus épais évidemment. À la fin, elle me mets un pansement à l’endroit où elle a piqué l’aiguille, me recommande de ne pas me lever trop rapidement, et me donne des tablettes de fer, à prendre une fois par jour pendant 3 semaines.

« Fika » (ou collation)

Après avoir donner son sang, il est recommandé de prendre une petite collation. C’est gratuit. Il y a de quoi faire des tartines avec des petits pains, du beurre, du paté ou du jambon, du fromage et des crudités. Il y a une machine à café qui sert aussi du thé, du chocolat chaud ou de la soupe de myrtille (« blåbärssoppa » miam !). Et puis des petits gâteaux.

Cadeau

Pour remercier les donneurs du sang, on a droit à un petit cadeau. Ça peut être un t-shirt, une serviette éponge, un sac, un parapluie etc, à l’effigie de l’établissement du don du sang, ou un billet de loterie, des livres de poche, des produits de toilette ou encore des vases, des verres, des tasses. Je prend presque toujours une tasse, bleue marine, produite spécialement par Rörstrand pour les donneurs du sang (« blodgivare »), tirée de leur série « Swedish Grace ». La différence c’est que les « vraies » tasses Swedish Grace ont une anse. Moi, sincèrement, je les préfère sans, je trouve leur design plus élégant. Mais j’ai aussi pris une fois une tasse thermos, de la crème pour les mains et pour les lèvres.

Anecdote « bleu »

La première fois que j’ai donné mon sang, je suis allée faire des courses après et je suis rentrée à la maison en portant pas mal de sacs. Je me suis retrouvée avec un bleu énorme au bras qui de jour en jour est passé du bleu violet au vert jaune. Il a mis pas mal de temps à se résorber. C’était en été en plus et je n’osais pas mettre de t-shirt de peur que les gens croient que j’étais battue. :-S

Anecdote « dans les pommes »

Une autre fois, je devais retrouver mon sambo après le don du sang, pour nous rendre à une visite guidée du palais Wrangelska (où réside la cour de justice suédoise), dans Gamla stan (la Vieille ville). Nous étions un peu en retard et nous avons couru à peine une minute pour retrouver le groupe avec qui nous allions faire la visite. Heureusement que mon sambo et d’autres amis étaient à côté de moi, parce que tout d’un coup, j’ai senti que tout tournait autour de moi, les bruits se faisaient très lointains, et je ne sentais plus mes jambes. Une sensation très bizarre, mais pas vraiment effrayante. D’une certaine manière, je comprenais ce qui m’arrivait et que je n’aurais pas dû courir. Je ne crois pas avoir été inconsciente plus d’une minute. Je m’en suis remise assez vite et je pouvais suivre la visite, soutenue par mon sambo, quand même. J’ai eu les jambes en coton assez longtemps après, mais j’étais de bonne humeur. 🙂 C’était la première fois que je m’évanouissais.

Donc, morale de l’histoire : ne courrez jamais après avoir donner 4,5 dl de votre sang !

En France

Je viens de voir que les conditions sont un peu

différentes pour donner son sang en France. Plus d’informations ici.

Commentaire de : GDF – Le 18 mai 2006

donnez votre sang, vous sauverez des vies!!

Le mot de la semaine : « majblomman »

Au cours des deux dernières semaines d’avril, on peut voir des enfants porter une sacoche autour du cou remplie de broches décorées de fleurs bleu ciel en carton. C’est la « majblomman », la fleur de mai.

« Maj » [maille], c’est le mois de mai. Et « blomman », c’est la fleur.

en blomma [ène blouma] = une fleur

blomman [bloumane] = la fleur

blommor [bloumoure] = des fleurs

blommorna [bloumour(e)na] = les fleurs

« Majblomman » est une organisation qui œuvre contre la pauvreté des enfants suédois. Elle agit en fonction des demandes qu’elle reçoit et veille à ce que les lois soient appliquées pour le bien des enfants. Elle soutient aussi des projets de recherche qui traitent de la santé et des conditions de vie des enfants.

Voici quelques-uns des combats de « majblomman » :

  • les communes doivent suivre la loi scolaire et ne pas accepter de frais cachés à l’école,
  • les conseils généraux (qui en Suède se chargent surtout des questions de santé) doivent considérer le port de lunettes comme un traitement médical,
  • les communes doivent prendre leurs responsabilités envers les enfants même pendant les onzes semaines de vacances scolaires d’été.

La « majblomman » ne coûte que quelques dizaines de couronnes en fonction du modèle. Elle est vendue par les enfants eux-mêmes dans un but pédagogique : leur apprendre l’empathie envers leurs camarades d’école moins bien lotis.

Cette année, j’ai acheté la couronne de fleurs, pour 30 kr. Je l’ai épinglée sur mon nouveau manteau. Outre la bonne action, je trouve qu’elle est un signe de printemps supplémentaire. Et c’est indéniablement bon pour le moral ! 🙂

Tarte froide au saumon et aux crevettes

Je ne me souviens plus vraiment d’où vient cette recette ; je crois que je l’ai récupérée dans un supermarché. Depuis quelques années, cette tarte salée figure toujours sur notre table de Pâques et de la Saint-Jean. Même si ce n’est pas un plat traditionnel, ça l’ai devenu dans notre famille.

Ingrédients :
Pour la pâte à tarte :
200 g de « kavring » (un pain noir, au sirop, de Scanie)
50 g de beurre
Pour la farce :
150 g de saumon fumé, découpé en petits morceaux
200 g de crevettes roses, décortiquées et hachées
2 œufs durs, hachés
2 avocats, découpés en petits morceaux
1 petit oignon rouge, finement haché
1 dl de crème fraîche
3 c. à s. de mayonnaise
1 c. à c. de jus de citron
sel et poivre
Pour la décoration :
100 g d’œufs de lump
1 citron, découpé en tranches
aneth

1. Coupez le kavring en dés et réduisez-le en miettes dans le robot de cuisine. Faites fondre le beurre et mélangez-le au pain émietté, toujours à l’aide du robot. Étalez le mélange dans un plat à tarte et appuyez avec les doigts pour en faire un fond de tarte. Réservez au frais.
2. Mélangez le saumon, les crevettes, les œufs, les avocats et l’oignon rouge à la crème fraîche et à la mayonnaise. Assaisonnez avec le jus de citron, le sel et le poivre.
3. Étalez la farce sur le fond de tarte et remettez au frais, de préférence plusieurs heures avant de servir.
4. Juste avant de servir, garnissez de tranches de citron, d’œufs de lump et d’aneth.
La première part est difficile à prendre de manière élégante. Mais la deuxième personne à se servir (et les autres après) ne court plus aucun risque de se ridiculiser devant le reste des invités. 🙂
Cette tarte est encore meilleure le lendemain, 🙁 mais malheureusement plus vraiment présentable, puisque l’avocat, malgré le jus de citron, a commencé à noircir. 🙁

Le mot de la semaine : « kappa »

Quand j’étais petite, mes soeurs et moi attendions toujours avec impatience l’arrivée des catalogues des 3 Suisses et de La Redoute, ceux de la saison automne-hiver plus que que ceux de la saison suivante. Je crois que c’est parce que ça correspondait avec la rentrée des classes, et nous aimions retourner à l’école avec des vêtements neufs. À l’époque, ma mère passait les commandes par minitel. Un autre âge. 🙂

Aujourd’hui, je suis très contente que La Redoute se soit implantée en Suède. Cela fait déjà quelques années maintenant. Je feuillette toujours les catalogues dès leur arrivée (ou presque) et fais la liste des vêtements qui me plaisent. C’est plus facile de les retrouver quand les offres de réductions et promotions arrivent. 🙂

Dans le dernier catalogue automne-hiver, j’avais repéré un manteau, mais le prix était trop élevé pour mon porte-monnaie. Dès que les soldes sont arrivés et que j’ai vu qu’il était à -50 %, je n’ai pas pu me retenir (même si ça fait toujours une belle somme) !

Le mieux dans l’histoire, c’est que mon « sambo » trouve qu’il est « skit snygg » = vachement beau. Sincèrement, j’avais un peu peur du contraire… Le noeud dans le dos est amovible et peut être placé au col. J’avais pensé ne pas l’utiliser du tout. Mais mon « sambo » trouve définitivement que je dois l’utiliser, mais seulement dans le dos. (C’est lui qui a pris les photos.)

Le mot suédois pour « manteau » est « kappa ». Personnellement, je l’associe au mot français « cape » et d’une certaine manière, je trouve que le mot suédois fait plus élégant que le mot français. Et ce manteau est on ne peut plus élégant !

en kappa [ène kapa] = un manteau

kappan [kapane] = le manteau

kappor [kapore] = des manteaux

kapporna [kaporna] = les manteaux

(« Cape » se dit en suédois « mantel » [man(e)tèle] ou « cape » [kèpe]. Ils inversent tous les Suédois … 😉 Même chose avec les crêpes et les galettes, mais je vous raconterai ça une autre fois.)

Le mot de la semaine : « förkortad arbetsdag »

Le week-end de Pâques (« påskhelgen » [pauske’héljène]) est, pour la plupart des Suédois, un long week-end. Même si le pays est protestant, le Vendredi Saint (« långfredag » [longuefrédâgue] = mot à mot, vendredi long) est férié. Et bien souvent, les veilles de jours fériés, la journée de travail est raccourcie. Dans le cas du jeudi saint (« skärtorsdag » [chèretourchdâgue] = le jeudi du lavement des pieds), il s’agit de deux heures. (Si le jour férié tombe un samedi, comme le 1er mai 2010 par exemple, le vendredi le précédant est raccourci de 4 heures.) Le lundi de Pâques (« annandag påsk » [ananedague pauske]) est férié aussi. Cela fait donc un week-end de 4 jours – pas mal non ? 🙂

L’expression « förkortad arbetsdag » se décompose comme ceci = för-kort-ad arbet-s-dag.

  • « kort » [korte] = court –> « förkorta » [feurekorta] = raccourcir
  • « arbete » [arbété] = travail
  • « dag » [dâgue] = jour

en förkortad arbetsdag [ène feurkortade arbèts(e)dâgue] = un jour de travail raccourci

den förkortade arbetsdagen [dène feurkortadé arbèts(e)dâguène] = le jour de travail raccourci

förkortade arbetsdagar [feurkortadé arbèts(e)dâguare] = des jours de travail raccourcis

de förkortade arbetsdagarna [dé/dome feurkortadé arbèts(e)dâguar(e)na] = les jours de travail raccourcis

Même si jeudi dernier était donc « en förkortad arbetsdag », la plupart de mes collègues avaient pris un jour de congé (ou récupéré des heures – les horaires de travail des employés de bureau du musée sont flexibles). Je savais donc que je risquais de me retrouver plus ou moins seule de 8h30 à 15h (au lieu de 17h) et j’avais demandé à travailler à domicile.

Résultat des courses: même en ne prenant pas les deux pauses-thé habituelles du matin et de l’après-midi et à peine une heure au déjeuner, j’ai fini à … 17h30 … 🙁

Même si j’avais été au bureau, je crois que je serais restée jusqu’à cette heure-là, car je voulais vraiment finir la traduction de ce texte avant Pâques. Ces heures-là, je les compte dans mes heures à récupérer, donc ce n’est pas un gros problème. Du coup, je vais peut-être ne pas travailler du tout la veille du 1 er mai. 😉 (J’ai plus d’heures que ça à récupérer – pour faire taire les mauvaises langues qui veulent faire croire qu’on se tourne les pouces dans un musée…)

Une franco-suédoise stockholmoise sur des skis en Dalécarlie

J’avais hâte de faire ce voyage de deux heures en train pour rejoindre Borlänge et aller faire du ski dans la région la plus typiquement suédoise du pays, où il y a, à cette époque de la saison, encore suffisamment de neige pour faire du ski.

Je n’en avais pas fait depuis … vingt ans, mais je garde encore aujourd’hui un bon souvenir de cette classe de neige que j’avais fait à l’époque avec mes camarades, dans le Jura, à Lamoura, et je me souvenais que j’avais préféré le ski de fond au ski alpin.

Mon « sambo » et moi sommes partis vendredi soir, nous logions chez un ami à Borlänge et samedi nous sommes allés tous les trois à Orsa Grönklitt plein d’espoir, malgré un ciel gris. Nous avons loué deux paires de ski avec les chaussures et les bâtons et nous sommes partis plein d’entrain et de bonne humeur. Nous avons pris les premières chutes en riant.

Mais il s’est avéré que j’avais un très mauvais équilibre et je tombais de plus en plus. Le plus souvent en arrière (le sac à doc amortissais quelque peu les chocs) et quelques fois en avant. Les montées étaient difficiles car j’avais la mauvaise technique et je re-glissais souvent en arrière. Finalement, mon ami m’aidait à monter en me tirant avec un de ses bâtons…

Les descentes se révélèrent quand même être mes pires expériences de ce week-end. Les premières étaient amusantes, quand je prenais de la vitesse et que je sentais le vent souffler de chaque côté. Mais elles s’achevaient pratiquement toutes par une chute… Plus je tombais, et plus je me sentais faible dans les jambes et les bras qui ne cessaient de trembler (d’épuisement, déjà ?). À la fin, je ne pouvais plus me relever seule, de mes propres forces et je retombais sitôt redressée …

Ajoutez à cela la pluie et la grêle qui alourdissait la neige sur laquelle je tombais

sans cesse et qui imprégnaient les vêtements jusqu’à la peau presque. Nous étions rapidement trempés « de chez trempé »; bientôt, nous ne savions plus si c’était la sueur ou la pluie qui dégoulinait dans le dos ou refroidissait les doigts dans les gants malgré tout fourrés … Nous n’avons vraiment pas eu de chance avec le temps.

Après environ 2,5 km, j’ai vu une pente assez ardue s’achevant par un virage et une montée et je ne pensait qu’une seule chose : ”NO WAY, aldrig i livet!” (= jamais de la vie). J’avais déjà une fois retiré mes skis pour une descente sur laquelle je ne voulais pas me lancer à skis mais à pied, puis rechaussé les skis. Arrivée à cette descente-là, je me décidai à retirer les skis définitivement et continuer à pied. Nous étions sur un circuit de 10 km, indiqué en vert … Mon « sambo » et notre ami continuèrent à ski.

Faire 8 km à pied, même dans la neige, ce n’est pas un gros problème pour moi. (À part quand on s’enfonce jusqu’aux genoux à certains endroits …) Mais là, je portais les skis et les bâtons — j’ai opté entre diverses méthodes au cours de ma promenade —, il pleuvait, j’étais déjà bien fatiguée et j’étais la plupart du temps seule. Je me suis fait dépassée par peu de personnes, mais l’une d’entre elles me dépassa deux fois, à ski, et c’était un peu déprimant … Une autre ralentit un peu pour gentiment me demander comment j’allais puis elle continua son chemin en disant qu’elle trouvait le temps agréable … 8-/ Le temps était mauvais, rien d’agréable, et ne me permettait même pas d’admirer le paysage ni de prendre de belles photos…

À chaque kilomètre, un panneau annonçait à quel stade du circuit j’en étais, et je les attendais tous avec impatience : 4 km (plus que 6), 5 km (plus que 5), 6 km (plus que 4) … Passé le 8ème kilomètre, je me suis retrouvée sur un circuit bleu avec un panneau indiquant 22 km ! Je croyais avoir manqué une bifurcation, je revins sur mes pas, rencontra un jeune skieur de fond qui me confirma que j’étais bien dans la bonne direction et je repartis donc dans ce sens. Quelques centaines de mètres après le panneau du circuit bleu, je voyais celui du circuit vert. Je n’avais alors plus qu’un kilomètre à marcher.

Entre-temps, mon « sambo » et mon ami essayaient de me téléphoner sur mon portable. J’entendais la sonnerie mais le réseau étais trop faible pour qu’on puisse avoir une conversation téléphonique. J’essayai d’envoyer des sms pour les rassurer, mais ils ne parvinrent jamais à destination. À la fin, j’éteignis le son du portable pour ne plus avoir à entendre les sonneries. Que faire d’autre ?… C’est une des choses que j’ai trouvé la plus inquiétante : seule dans la nature suédoise, sans couverture téléphonique. Si jamais il m’étais arrivée quelque chose de grave, je ne sais pas comment j’aurai pu appeler au secours. Mais tout c’est bien fini.

Assis dans la voiture, trempés de la tête au pied, nous nous sommes réchauffés avec du thé chaud (le thermos était encore entier malgré les chutes) et rassasiés de fruits et de biscuits. Cette aventure n’avait pas trop entamée notre bonne humeur et nous pouvions discuter et blaguer de nos expériences individuelles de cette après-midi-là. Une fois rentrés à la maison, la douche était la seule solution pour supprimer cette sensation humide et froide.

Cette expérience certes difficile n’est pas négative pour moi. Je crois qu’une des principales raisons pour lesquelles je fus obligée d’abandonner les skis était que je me croyais suffisamment forte pour le faire, mais mon manque d’équilibre et les douleurs m’ont rappelés le diagnostic que j’ai reçu il y a un et demi. Malgré le fait que je fasse régulièrement du sport, ma fibromyalgie est bien là et se fait rappeler de temps en temps, le plus souvent dans des situations extrêmes. J’aurai peut-être dû prendre un circuit de 2 km et le faire plusieurs fois si je m’en sentais la force, plutôt que de m’engager sur un circuit de 10 km.

Finalement, j’aurais peut-être dû intituler ce billet ”Une fibromyalgique sur des skis”… Je ne m’avoue pas vaincue pour autant. Je crois que si j’avais la possibilité de m’entraîner sur un terrain relativement plat pour commencer (ce qui est possible à côté de chez nous), je pourrais améliorer ma technique et mon équilibre et petit à petit faire quelques montées, puis quelques descentes pour ainsi m’habituer à la vitesse et apprécier de plus en plus ce sport de glisse. Il faudrait pour cela que nous nous procurions nos propres skis, mais ce n’est pas le plus dure à faire. À méditer d’ici l’hiver prochain … Dans la région de Stockholm, la saison de ski de fond est maintenant terminée.

Le mot de la semaine : « åka skidor »

Avec un hiver tel qu’on a eu cette année, il aurait été dommage de ne pas s’essayer à un des sports de glisse très apprécié des Suédois, j’ai nommé le ski de fond. La plupart des Suédois ont des skis dans leur garage. Les Stockholmois ne les ont peut-être pas trop utilisés ces dernières années, mais cet hiver, je crois que pas mal de paires de ski ont repris du service.

Je n’ai pas mes skis à moi, ni mon « sambo ». Dans la région de Stockholm, il y a de nombreuses pistes de ski de fond, souvent assez proches des zones résidentielles, comme chez nous par exemple. Mais il est très difficile de trouver des skis à louer. La solution est donc, par exemple, d’aller en Dalarna (Dalécarlie en français), plus précisément à Orsa Grönklitt, où il y a des pistes de ski de fond et de ski alpin et où l’on peut louer le matériel adéquat pour une somme toute à fait raisonnable : 120 kr pour les skis de fond, les bâtons et les chaussures, et 40 kr pour l’accès aux pistes pour la journée.

Les skis, en suédois, c’est « skidor ». C’est assez compliqué à prononcer au début. Je ne peux le transcrire que comme ceci : [chuidor], mais c’est la version facile. 😉 Il y a dans ce son [ch] un petit son [r] qui n’est pas facile à maîtriser pour un Français débutant en suédois. Mais ce n’est pas grave, les Finlandais ont aussi du mal à prononcer ce son autrement que [ch] et les Suédois les comprennent quand même. Avec le temps, le bon son arrive. 🙂

Et « faire du ski », c’est « åka skidor » [auka chuidor]. Vous vous souvenez de mon article sur le verbe « gå » = aller ? Il ne s’utilise que pour dire qu’on « va à pied ». Dès qu’on utilise un moyen de transport (voiture, métro, train, avion, vélo, patins à glace, ski, etc …), on utilise le verbe « åka ».

jag åker skidor [jâgue aukeure chuidor] = je fais du ski

jag har åkt skidor [jâgue ‘hare aukte chuidor] = j’ai fais du ski

jag åkte skidor [jâgue aukté chuidor] = je faisais du ski

jag ska åka skidor [jâgue ska auka chuidor] = je ferais du ski

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