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Le jour où je suis devenue invisible

Pendant deux jours, j’ai préparé cette fête traditionelle suédoise. J’ai fait les courses et le ménage, j’ai préparé un buffet froid : du salé et du sucré, du salé-sucré, j’ai fait cuire le vin rouge avec les épices, j’ai décoré l’appartement pour lui donner un air un peu plus festif… Et juste au moment où les invités commencent à arriver, je deviens invisible ! Mon conjoint, croyant que je me suis éclipsée pour me refaire une beauté, les accueille les uns après les autres. Je vois les manteaux s’entasser sur le meuble de l’entrée, les chaussures s’aligner devant la porte et les gens peu à peu se disperser dans la cuisine et le salon.

Comme je ne réapparais point, mon conjoint donne le feu vert pour attaquer le buffet. Quelques voix s’extasient devant la quantité, d’autres s’interrogent sur le contenu de certaines assiettes, puis les langues se délient après quelques tasses de vin chaud. Une amie enceinte est touchée que j’aie pensé à une alternative sans alcool.

Tous les invités ne se connaissent pas, mais les sujets de discussion ne tarissent pas. Comment ils m’ont rencontrée, par exemple : les uns à la fac, les autres au boulot, d’autres encore au cours de rencontres entre Français.

Je me glisse discrètement et silencieusement de groupe en groupe. La curiosité est un vilain défaut et je risque d’entendre des choses qui m’étonneront ou me blesseront, mais je ne peux résister à la tentation.

Entre les bouchées, on se félicite de ma cuisine, mais on ne s’étonne pas non plus que j’ai pris du poids ces derniers temps. Une mauvaise langue raconte même qu’il croyait un moment que j’étais enceinte …

Une ancienne collègue regrette de ne plus avoir ma compagnie au travail mais se réjouit que je me plaise à mon nouveau travail où je peux faire preuve d’autres compétences et toujours tirer profit de mon bilinguisme. « D’ailleurs, vous trouvez pas qu’elle a un petit accent bizarre quand elle parle français ? »… « Peut-être, mais son accent français quand elle parle suédois est tellement charmant ! » … Il y en a encore qui s’étonnent que je parle couramment suédois. Mon conjoint intervient et fait remarquer que c’est tout à fait normal : 9 ans en Suède à fréquenter beaucoup de Suédois, je n’ai autrement dit aucun mérite.

« Tiens, raconte-nous comment vous vous êtes rencontrés ! C’était à Paris, j’imagine », demande quelqu’un qui n’a encore jamais entendu l’histoire. Et mon conjoint de démentir et de raconter mes difficiles débuts de conversation en anglais avec un accent français à couper au couteau, ma timidité, mes lettres de plusieurs pages qui lui donnait une telle angoisse quand il s’attelait à la tâche d’y répondre … Quelqu’un trouve que c’est romantique que j’ai fait l’effort de venir en Suède ; mon conjoint rétorque que c’est tout de ma faute : je l’ai devancé, il avait pensé venir s’installer en France. Mais, à la réflexion, il valait peut-être mieux que j’apprenne le suédois que lui le français, cette langue qui ne se prononce pas comme elle s’écrit !

« Mais elle a bien quelques défauts quand même, non ? » … Oh que oui !… Même si elle a appris à moins râler là-dessus, elle est assez exigeante pour ce qui est du ménage et de la vaisselle. Surtout, elle a horreur d’être en retard ! Elle stresse si on rate un bus alors qu’il y en a un autre dans dix minutes. Elle est organisée, mais des fois, trop, c’est trop ! Lever à telle heure, les courses à telle heure, telle émission à la télé à telle heure etc … Et son blog ! Qu’est-ce qu’elle y passe du temps, des fois ! « Qu’est-ce qu’elle y raconte sur son blog d’ailleurs ? Il est en français, je peux pas le lire », achève mon conjoint.

Les lecteurs présents parmi les invités racontent les tranches de vie dont je fais part sous différents aspects, que je suis assez irrégulière dans mon écriture : une fois par semaine pendant de longues périodes, plus intensivement pendant des périodes plus courtes. L’un raconte qu’on tombe sur mon blog en googlant « hibiscus » et « nourriture ». Tous rigolent ! Un autre se moque gentiment de mes récits de soirées-tricot. Un autre encore trouve que suis parfois un peu trop informative, voire encyclopédique, sur certains articles.

« Et au travail, elle est comment ? » Ambitieuse, au sens suédois du terme, effective, appliquée. Naïve parfois quand elle s’étonne de certaines pratiques, mais aussi perspicace à d’autres moments. Dans les moments de détente, elle est toujours sympa, même si elle est fatiguée. Au cours des pauses-déjeuners, on peut aborder toutes sortes de sujets : actualité, littérature, films, recettes …

« Et en tant que Française ? » Elle n’est plus vraiment Française … Déjà, elle a un accent suédois. Ensuite, elle critique pas mal la France, affirme toujours qu’elle se plait mieux en Suède même si elle reconnaît que tout n’y est pas mieux qu’en France. Mais elle sait encore râler comme une Française !

N’empêche, c’est quand même pratique de connaître quelqu’un qui a vécu si longtemps en Suède : on est pratiquement toujours sûr d’obtenir une réponse quand on lui pose une question. Elle aime bien aider ses compatriotes même si elle trouve parfois qu’ils devraient faire un peu d’efforts pour trouver eux-mêmes une information facile à trouver.

« Bon, c’est pas tout ça, mais il commence à se faire tard… Dommage qu’on ne l’ai pas vue. Il était vraiment bon ce buffet ! »

 

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Ce que vous venez de lire est ma participation à la rédac du mois de février. Le sujet est : VOUS. Que disent vos amis, ennemis ou connaissances quand ils parlent de vous croyant que vous n’entendez pas ? Exercice pas évident, qui révèle ce qu’on croit et/ou espère que les autres pensent de nous. Allez lire ce que mes co-blogueurs croient que les autres pensent d’eux : ckankonvaou, Avec nous en Floride…, Le blog de Laetitia Beranger, Le blog d’Orchidee, D’Athènes à Montréal, En direct des iles, Zürichardie, Il était une fois dans le sud…, le Denis Blog, tranche de vie, Chocobox, good.mood, mouton.bergerie, une parisienne à Athènes, Gazou, Sur les traces du chevalier ours, Betty looo-les cornus et Le chat qui.

Le mot de la semaine : « alla hjärtans dag »

Exceptionnellement cette semaine, je publie le mot de la semaine un samedi – et non pas un dimanche – car 1) demain, ce sera trop tard (vous allez vite comprendre pourquoi), 2) demain, c’est le 15 du mois, donc la rédac.

Aujourd’hui, c’est le 14 février donc … la Saint-Valentin. Bravo, vous avez bien deviné !! Mais vous ne voyez peut-être pas toujours le rapport avec le titre de ce billet hebdomadaire ? …

Si je vous dis que « alla » signifie « tous », « hjärtan » = « les cœurs » et « dag » = « jour », est-ce que vous commencez à voir le rapport ? …

Il y un « -s » qui vous gêne ? C’est très simple à expliquer en fait. Vous savez, le « ’s » anglais ? Ben c’est la même chose que le « -s » suédois : si vous ajoutez un -s à la fin d’un substantif suédois, vous formez un génitif. Il suffit juste de vous rappelez d’inverser l’ordre des mots par rapport en français, comme en anglais.

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Sachant cela, vous en avez maintenant sûrement déduit que la Saint-Valentin en suédois, ça se dit « alla hjärtans dag », mot à mot « le jour de tous les cœurs ».

Pour cette occasion, en Suède comme en France et dans pas mal d’autres pays du monde, les magasins (et les magazines aussi !) regorgent d’offres spécifiques pour la Saint-Valentin : cartes, tasses, coussins, sous-vêtements, gâteaux, idées de recettes,  bouquets, etc … Et aussi des bonbons. Car les Suédois raffolent de bonbons (même ceux qui sont pas bons) !

Les bonbons de la Saint-Valentin sont des petits cœurs en gelée rouge recouverte de sucre, un peu comme les fraises Tagada, sauf que mon souvenir des fraises Tagada est bien meilleur que celui de ces bonbons … Ces bonbons se vendent dans des boîtes en forme de … cœur. Original … (Moi, je suis presque contente que ça tombe un samedi cette année, car je ne risque pas de me sentir obligée de prendre un bonbon que je ne trouve pas bon.)

Si un collègue suédois en présente une boîte au cours de la pause-« fika », ce n’est pas pour déclarer son amour à tous les collègues présents, et vous ne vous engager donc à rien en en piochant un. C’est seulement « histoire de … ».

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ett hjärta [ète ’yèreta] = un coeur
hjärtat [’yèretat] = le coeur
hjärta [’yèreta] = des coeurs
hjärtan [’yèretane] = les coeurs

« Alla hjärtans dag » se prononce [alla ’yèretanece dâgue].

Sur ce, bonne Saint-Valentin à ceux qui la fête !

Le mot de la semaine : « ost »

J’ai la chance d’avoir un « sambo » suédois qui apprécie les fromages français. Une année, je lui ai offert un service à raclette dotée d’une plaque en pierre pour faire griller du bacon et des légumes frais par exemple. (Un jour peut-être, je vous raconterai l’histoire de son rapatriement en avion …) Et de temps en temps, nous invitons des amis pour une soirée-raclette.

Mai où trouver du fromage à raclette en Suède ? À Stockholm, ce n’est pas un problème. Si vous êtes très riche, je vous conseille le fromager français Androuet à Nybrogatan. On en trouve aussi aux Halles d’Östermalm et celles d’Hötorget ainsi qu’au supermarché Hemköp au sous-sol d’Åhléns City.

2 kg de fromage raclette Fromage raclette

Pour la soirée-raclette de ce soir, j’ai suivi le conseil de Ludo et j’ai rendu visite au grossiste de Wijnjas Grosshandel, cinq minutes avant la fermeture du soir … Je croyais qu’on allait me jeter des regards mécontents, mais j’ai au contraire été accueillie par un personnel compétent et aimable. Entre de la raclette suisse pasteurisée et de la raclette française non-pasteurisé, je n’ai pas hésité, d’autant plus que la raclette française était moins chère que la suisse. Ce fromager ne vend pas que des fromages français et suisses, mais aussi espagnols et italiens, de la charcuterie, de la moutarde de Dijon, différentes huiles et confitures, du chocolat belge, etc … On trouve de tout, même du pain Poilâne, mais pas de « rattmuff » (comprenne qui pourra !)

Pain Poilâne

Je suis ressortie de chez le grossiste avec 2 kg de raclette, un quart de miche Poilâne, un morceau de jambon de Bayonne, du jambon Serrano et des petits saucissons, le tout pour un peu plus de 300 kr. Pour le repas, j’ai complété avec des crudités : tomates cerises, champignons de Paris, courgettes, poivron, bacon et d’autres sortes de pains cuits au feu de bois (achats dans mon ICA). Sans oublier bien sûr de bonnes pommes de terre cuites à l’eau. Cette tradition culinaire franco-suisse a l’air d’avoir été appréciée par nos amis suédois.

Service à raclette

Une autre fois, je vous parlerai des fromages suédois, mais pour aujourd’hui, on va s’en tenir là, en concluant par l’équivalent suédois de « fromage » : « ost ». C’est un mot facile à décliner :

en ost [ène ouste] = un fromage
osten [oustène] = le fromage
ostar [oustare] = des fromages
ostarna [oustarna] = les fromages

et puis comme c’est simple, je rajoute :

en bit* ost [ène bite ouste] = un morceau de fromage

* On ne fait pas de blagues en-dessous de la ceinture sur ce mot-là dans les commentaires, merci !…

Le mot de la semaine : « växter »

Dans les maisons suédoises, vous verrez sous chaque fenêtre un étagère d’une vingtaine de centimètres de profondeur et de la largeur de la fenêtre. Ces étagères sont très souvent utilisées pour y mettre des plantes d’intérieur, et j’aime beaucoup ce genre d’aménagement. Dans notre appartement, il n’y a qu’une seule de ces étagères qui supporte notre modeste collection de DVD. Sur toutes les autres, nous avons des plantes vertes et des fleurs. Plus quelques autres dans quelques coins.

Saint-Paulia, aloe vera, monsterra, géranium, hibiscus …

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Depuis ce week-end, nous avons en plus un géranium de trente ans et un hibiscus de vingt ans. Les parents d’une copine franco-suédoise ont récemment déménagé dans un appartement plus petit et ils étaient obligés de se défaire de quelques plantes d’intérieur. Quand j’ai entendu parler d’un hibiscus, je n’ai fait ni une ni deux : je devais le sauver du risque de se retrouver dans une poubelle ou au mieux un compost. Je me plais à dire que je l’ai adopté, et le géranium aussi. Et je vais faire de mon mieux pour leur apporter tout le soin dont ils ont besoin. Des plantes si vieilles, je me sens en quelque sorte respectueuse envers elles et d’une certaine manière redevables envers les personnes qui leurs ont permis de devenir aussi vieilles.

Et je prends le relais plus que volontiers !

« Växter », en suédois, cela signifie « plantes » en général.
en växt [ène vèxte] = une plante
växten [vèxtène] = la plante
växter [vèxtère] = des plantes
växterna [vèxtèrna] = les plantes

Le substantif vient du verbe « växa » = grandir.
jag växer [jâgue vèxère] = je grandis
jag har vuxit [jâgue ’har vuxite] = j’ai grandi
jag växte [jâgue vèxté] = je grandis/grandissais
jag ska växa [jâgue ska vèxa] = je grandirai

Le mot de la semaine : « kontor »

Cela n’a sûrement pas échappé à mes fidèles lecteurs : depuis début janvier, je travaille au Nationalmuseum, comme avant Noël, mais j’ai changé d’équipe et donc de bureau. Voici donc venu le fameux de la semaine auquel je voulais vous introduire la semaine dernière et la semaine d’avant aussi…

Bureau, dans le sens de la pièce à travailler, se dit « kontor » en suédois. C’est un mot en -et:
ett kontor [ète kon(e)toure] = un bureau
kontoret [kon(e)tourète] = le bureau
kontor [kon(e)toure] = des bureaux
kontoren [kon(e)tourène] = les bureaux

Et comme il s’agit de mon bureau, je dis « mitt kontor » [mite kon(e)toure].

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Les pronoms possessifs suédois se déclinent, comme en français, en genre et en nombre. Comme pour les adjectifs, il y a une forme en -n, une en -t et une en -a pour le pluriel et la forme définie :
min, mitt, mina [mine, mite, mina] = mon, ma, mes
din, ditt, dina [dine, dite, dina] = ton, ta, tes
hans [’han(e)sse]= son, sa, ses (si le possesseur est masculin)
hennes [’hénèsse] = son, sa, ses (si le possesseur est féminin)
sin, sitt, sina [sine, site, sina] = son, sa, ses (réflexif)
vår, vårt, våra [vaure, vaurte, vaura] = nos
er, ert, era [ère, èrte, èra] = vos
deras [dérasse] = leur(s)

NB : Souvenez-vous bien qu’il n’y a pas de masculin ni féminin en suédois, et que l’équivalent de « min » n’est donc pas « mon » ni celui de « mitt » « ma ». Vous suivez ? À la place, il faut penser que devant un susbstantif en -en, on utilise « min », devant un en -et, on utilise « mitt » et devant un au pluriel, on utilise « mina ».

Ensuite, si je veux dire « mon nouveau bureau », je mets l’adjectif « ny, nytt, nya » [nuiye, nuyte, nuiya] entre le pronom possessif et le substantif. Et comme le pronom possessif définie le substantif, j’utilise donc la forme définie de l’adjectif. Logique non ? Cela donne : « mitt nya kontor » [mite nuya kon(e)toure]. Il faut avouer que ces combinaisons de pronom-adjectif-substantif peuvent être un peu compliquées à assimiler donc on s’arrête là pour ajourd’hui.

Voici donc « mitt nya kontor » :

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Il est nettement plus grand que celui que j’avais avant Noël, car il contient pas mal de placards pour les dossiers suspendus qu’on avait avant qu’on mette en place une base de données ; c’est comme une mini-archive on pourrait dire. Comme ces vieux dossiers peuvent être encore utiles, ils restent dans le bureau jusqu’à nouvel ordre.

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Ensuite, j’ai une table beaucoup plus grande et qui en plus est réglable en hauteur et me permet donc de travailler debout de temps en temps. La chaise est beaucoup plus confortable avec son haut dossier. Dans le travail quoditien, je ne me sers que de quelques classeurs qui sont sur les étagères à gauche. J’ai un téléphone qui affiche le numéro qui appelle, ce qui m’évite de décrocher en disant : « Nationalmuseum, département des dépositions, hibiscus » quand un collègue m’appelle.

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La vue donne sur la rue Riddargatan (beaucoup plus calme que la rue perpendiculaire Sibyllegatan) et le bâtiment de l’autre côté de la rue en brique rouge est une partie des Écuries Royales qui datent des années 1890 et qui sont aujourd’hui reconvertis en logements et écurie.

Je m’y plais bien dans ce bureau ! 🙂

Le mot de la semaine : « finger »

Vous n’allez pas le croire : j’ai encore oublié de prendre la photo que je voulais déjà pour le mot de la semaine dernière !… Dans la semaine, je me suis dit qu’il fallait que je programme un rappel dans mon téléphone portable, mais même ça, j’ai oublié … Maintenant, c’est fait et j’espère ne pas oublier la semaine prochaine. Il faut dire que cette semaine a été riche en événements, mais je vous en reparlerai la semaine prochaine. 🙂

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un accident de cuisine qui m’est arrivé en début de semaine. Âmes sensibles s’abstenir ! 😉

En rentrant du travail, j’avais faim et j’avais bien envie de quelques tartines de marmelade d’orange. Je saisis donc le couteau à pain et je commence à trancher : une tranche, deux tranches, tro… AÏE !!! Je sens les dents du couteau couper dans la chair de mon index gauche, je lâche tout, je regarde l’extrémité de mon doigt blessé : un morceau de peau pend, mais ça ne saigne pas encore … j’arrache un morceau de papier absorbant que j’enroule au tour du bout de mon doigt tout en me dirigeant vers la salle de bain, j’ouvre le placard, saisis un rouleau de sparadrap et un flacon de désinfectant, retire le papier et là, ça pisse le sang, bien rouge foncé ! Comme je suis résolue à me faire mes tartines puis à faire à manger pour le dîner, je me fais un gros pansement avec du coton et que j’enroule de sparadrap en serrant bien pour arrêter le saignement. Et je retourne en cuisine.

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Peu après, je me suis dis que c’était peut-être une sorte de punition pour être si gourmande, mais la marmelade d’orange sur une tranche de pain frais, je ne peux pas résister…

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Plus tard dans la soirée, j’ai retiré le gros pansement, re-nettoyé la plaie et appliqué un pansement papillon. (Je les trouve drôlement pratiques ces pansements spéciaux pour les doigts !) Et le reste de la semaine, je ne me suis servie que de neuf doigts. Comme c’était l’index gauche et que je suis droitière, ça ne m’a pas trop handicapée. Ce week-end, j’ai laissé la plaie à l’air libre. La cicatrisation évolue assez vite et bientôt, ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

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« Finger » veut donc dire « doigt » en suédois. C’est un mot en -et qui perd son -e- aux formes définies [prononcer -ing- comme dans « camping »]:
ett finger [ète finguère] = un doigt
fingret [fingrète] = le doigt
finger [fineguère] = des doigts
fingren [fingrène] = les doigts

L’index, c’est  « pekfingret » [pèquefingrète] (de « peka » = montrer du doigt), le majeur, c’est  « långfingret » [longuefingrète] (de « lång » = long ), l’annulaire, c’est « ringfingret » [ringfingrète] (de « ring » = bague) et l’auriculaire, c’est « lillfingret » [lilefingrète] (de « liten, litet, lilla » = petit).
Le pouce, c’est « tummen » [tumène].

Remous

C’est court, un seul mot, mais très efficace. Parce que c’est là que votre cerveau commence à faire des associations, des associations beaucoup plus libre que quand on vous demande de faire le récit de vos dernières vacances à la mer.

Au début, « remous » … je pensais que c’était négatif, pessimiste. Mais pas longtemps. Mes neurones ont rapidement changé de connexion et tout est devenu d’un coup positif et optimiste et ensoleillé et clair et beau ! Presque un compte de fées…

Non mais, sérieusement, pourquoi le mot « remous » aurait une connotation négative ? Ou : pourquoi préfère-je une connotation positive ? Là, maintenant, à ce moment-là de ma vie ? Peut-être tout simplement parce que je suis confiante en l’avenir. Je suis de nature plutôt optimiste, mais ça n’empêche pas parfois d’avoir ses mauvais jours ou ses périodes grises. Mais là, en ce moment, je suis dans une période optimiste de me vie, une période avec un peu de remous.

Souvent, on perçoit les changements avec un peu d’appréhension : la peur du nouveau, de devoir changer ses bonnes vieilles habitudes. Mais sincèrement, en ce moment, le remous de ma vie me plait. Peut-être avais-je besoin de changement ?

Le changement le plus marquant est au niveau professionnel. Je travaille toujours au Nationalmuseum, mais depuis 01/01/09, j’ai changé d’équipe, donc de tâches de travail, donc de collègues (même si je fréquente toujours les anciens). J’ai gagné au change, je trouve. Pas au niveau des collègues, non, ce serait méchant de dire ça. J’ai gagné au change, car j’ai maintenant un vrai bureau, avec plein de vieux dossiers et de classeurs partout. Une vrai table de bureau, plus grande, plus longue, en angle et en plus réglable en hauteur. Une meilleure chaise de bureau avec un dossier qui dépasse ma tête (quand je suis assise) et un petit coussin pour décontracter le cou quand on a besoin. J’ai une boîte à mail qui reçoit plus de mails qu’avant. Je reçois du courrier interne et bientôt sûrement du courrier de l’extérieur. Tout de suite, je me sens un peu plus importante. Non pas que le travail que je faisais auparavant n’était pas importante, mais c’était assez solitaire. Maintenant, il faut que je prenne contact avec des tas de gens. Parfois, je vous l’avoue, ça me fait un peu peur quand même … Mais une demie-seconde seulement : pourquoi n’y arriverais-je pas ? Évidemment, j’ai beaucoup à apprendre au début, je suis dans un période de transition où je ne suis pas toujours certaine à 100 % de ce que je fais, mais dans le pire des cas, je compte sur mes collègues pour me jeter une bouée.

L’année 2009 sera l’année du changement, je crois. Nous allons changer de locaux au courant de l’été ou de l’automne et emménager dans un bâtiment sur Skeppsholmen, l’île bien sympa où j’ai déjà passé 2 ans quand je travaillais au Moderna. J’aime beaucoup cette île. C’est un peu comme une oasis en plein centre-ville ! On s’éloigne des boutiques et des restaurants, mais on se rapproche du musée et le cadre est vraiment agréable : je vais pouvoir reprendre mes promenades digestives.

Les prochaines années seront aussi des années de changement pour le Nationalmuseum puisqu’il est prévu une rénovation qui débutera en 2011 et s’étendra sur quelques années. Mon contrat au musée s’achève fin 2009, donc je ne veux pas anticiper sur les événements, mais j’espère quand même avoir une possibilité de prolongation ou, encore mieux, une proposition de CDI, parce que j’ai vraiment envie de vivre cette période de changement et de renouveau. Car pour moi, cette rénovation est une occasion de renouveau, de repenser les activités du musée, d’ouvrir de nouvelles perspectives. Certains de mes collègues sont inquiets à l’idée de ces travaux. Moi, aucunement. Mais c’est peut-être parce que j’apprécie le remous actuellement, alors que mes collègues préfèrent la tranquilité. Nous ne sommes pas en phase tout simplement. En tout cas, je me sens très en phase avec moi-même en ce moment, donc je souhaite la bienvenue au remous !

 

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Qu’en disent mes co-blogueurs ? Et oui c’était la rédac’ du mois. Allez lire leurs avis : ckankonvaou, Avec nous en Floride…, Le blog de Laetitia Beranger, Le blog d’Orchidee, D’Athènes à Montréal, En direct des iles, Zürichardie, Il était une fois dans le sud…, le Denis Blog, tranche de vie, Chocobox, good.mood, mouton.bergerie, une parisienne à Athènes, Lodi, Gazou, Sur les traces du chevalier ours, Betty looo-les cornus sans oublier Le Chat qui !

Le mot de la semaine : « att glömma »

Pour cette semaine, un verbe un irrégulier, mais rien de très dur quand même. « Att glömma » veut « oublier » er se conjugue comme ceci :

jag glömmer [yâg gleumeure] = j’oublie
jag har glömt [yâg ’har gleumte] = j’ai oublié
jag glömde
[yâg gleumdé] = j’oubliai/j’oubliais
jag kommer att glömma [yâg kommeure ate gleuma] = je vais oublier
jag ska glömma [yâg ska gleumma] = j’oublierai

NB : La double consonne disparaît quand elle est suivie d’une autre consonnante, mais pas quand elle est suvie d’une voyelle !

Avec la même racine « glöm- », on peut obtenir le substantif « glömska, -n » [gleumska] = l’oubli, de même que l’adjectif « glömsk, -t, -a » [gleumsk] = distrait, étourdi.

Pourquoi j’ai choisi ce mot-là ? Parce que je suis « glömsk » ! « Jar har glömt » de prendre les photos pour le mot de la semaine que j’avais choisi au début … 😛

Je vais tâcher de ne pas « glömma » de les prendre cette semaine, et je vous dis à dimanche prochain ! 😀

Signé : hibicus-tête-en-l’air …

hibiscus

Le mot de la semaine : « Gott nytt år ! »

p1020972Nous commençons la nouvelle année sur les chapeaux de roue en retrouvant l’accord de l’adjectif.

« År », c’est l’année, en suèdois, et c’est un mot en -et.
ett år [ète aure] = une année
året [aurète] = l’année
år [aure] = des années
åren [aurène] = les années

« God, gott, goda » [goude, gote, gouda] signifie « bon » et « ny, nytt nya » [nu, nute, nuia] « nouveau ».

p1020973Si vous rajoutez donc ces deux adjectifs devant le substantif « år » – aussi en -tt donc, vous obtenez l’expression suivante : « Bonne année » [gote nute aure] (ou « bonne nouvelle année » selon la traduction mot à mot) !

Enfin, passé le 1er janvier, les Suédois disent plus vonlontiers « God forsättning ! » [goude fouchètening] (= « bonne continuation »), mais c’est une autre histoire ! 😉

Bonne année 2009 à tous !

Gott nytt år på er alla !

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Bienvenue sur mon blog !

Quoi de mieux que d’inaugurer l’année 2009 avec un nouveau blog ? 🙂

Ne vous affolez pas, le contenu reste le même !

Ce qui change, c’est l’apparence et l’adresse du blog. J’ai désormais MON propre blog, sur un domaine qui est à MOI et je blogue maintenant sous WordPress. Le plus gros changement est en fait pour moi qui doit de nouveau déménager tous mes articles depuis l’ancien blog. Cela va prendre un petit moment, car je n’ai pas accès à la base de données de mon ancien blog (une des raisons pour lesquelles je déménage), et la seule solution est donc de faire du copier/coller. Mais ça avance petit à petit.

L’idée, avec ce nouveau blog, est entre autre de rassembler tous mes blogs en un seul. Vous retrouverez la plupart de ceux du blog d’hibiscus dans la catégorie « hibiscus en Suède ». Toutes les recettes sont désormais dans la catégorie « les délices d’hibiscus » – que vous visitez à vos risques est périls ! ;-). Mes ouvrages de tricot et de crochet seront bientôt transférés dans la catégorie « les aiguilles d’hibiscus ». Dans la catégorie « le jardin d’hibiscus », vous lirez mes articles sur mes essais de plantations sur le balcon et mes réflexions écologiques. Enfin, dans la catégorie « la plume d’hibiscus », vous retrouverez mes essais « littéraires » de même que mes participations à la rédac’ du mois.
Chaque catégorie à son tour divisée en sous-catégories, tel que vous pouvez le voir dans la colonne de droite.

Le nouveau blog n’est pas encore parfait (et ne le sera peut-être jamais), mais il va évoluer dans sa mise en page dans les semaines, peut-être les mois à venir. N’hésitez pas à me faire part de vos idées d’amélioration ! Inscrivez-vous à la newsletter aussi, si vous le souhaitez. Et mettez à jour vos marque-pages pour revenir ici facilement ! 🙂

(NB : L’ancien blog est toujours accessible, jusqu’à ce que j’ai déménagé tous les articles, mais j’y ai supprimé la possibilité d’ajouter des commentaires.)


Je tiens à remercier Johan, qui a consacré pas mal de son temps libre à discuter avec moi de mon projet de nouveau blog, à m’aider à installer WordPress et le thème de mon blog, à fignoler le design et à répondre à toutes mes questions de débutante par téléphone, mail ou sur msn. Je remercie aussi Ludo, pour m’avoir donné envie de changer de blog ainsi que Stéph pour avoir implanté dans ma petit tête l’idée d’un blog plus personnel. Merci à tous les trois ! 🙂