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Le mot de la semaine : « skärgård »

Mercredi dernier, j’avais une heure « à tuer » et comme il faisait beau, je suis allée m’asseoir sur un des bancs du quai tout juste rénové devant le Nationalmuseum. Il s’avérait que c’était « skärgårdsbåtens dag » = la journée des bateaux de l’archipel. Six bateaux avaient — avec difficulté pour cause de courant trop fort — accosté et accueillaient à leur bord de nombreuses personnes, retraitées pour la plupart. C’était une journée idéale , bleuté et ensoleillée, pour partir faire un tour en bateau dans l’archipel !

Car « skärgård » signifie « archipel ». C’est un mot composé de « skär » = petite île, et de « gård » = domaine, propriété. « Skär » est un mot d’ancien suédois tandis que « gård » est d’origine germanique (cf. yard en anglais ou Garten en allemand). Le mot « skärgård » désigne souvent les archipels suédois, de Stockholm ou de Göteborg par exemple. (Le mot « arkipelag » existe aussi mais vient du grec arkhipelagos, par l’intermédiaire de l’italien arcipelago. Un autre signe distinctif de « skärgård » par rapport à « arkipelag » est que le premier est souvent proche des côtes.)

en skärgård [ène chuèr(e)gaurde] = un archipel

skärgården [chuèregaurdène] = l’archipel

skärgårdar [chuèregaurdare] = des archipels

skärgårdarna [chuèregaurdar(e)na] = les archipels

N.B. : On retrouve ici la prononciation difficile de la combinaison de lettres « sk » comme dans « skidor ».

« Stockholms skärgård », l’archipel de Stockholm, compte quelques 30 000 îles, petites et grandes, habitées ou désertes, et s’étend sur une surface de 1 700 km2, 80 km d’ouest en est et de 150 km du nord au sud. Je peux dans ce contexte aborder un sujet géologique intéressant, j’ai nommé l’élévation de la croûte terrestre, car c’est ainsi que l’archipel s’est formé. Oui, vous avez bien lu : l’élévation de la croûte terrestre ou rebond post-glaciaire (« landhöjningen » en suédois). Nous avons tous entendu parler à l’école de l’élévation du niveau de la mer, mais celui de la croûte terrestre ? J’étais bien étonnée moi aussi quand j’ai entendu parler de ce phénomène la première fois. Mais c’est d’ailleurs pour cela que les ports de Stockholm sont en train de rénover Strömkajen [streumekaillène], le quai le long du Nationalmuseum et du Grand Hôtel, pour justement le rabaisser.

On retrouve ce phénomène aussi au Canada ; il s’explique par le fait que ces régions ont longtemps étaient couvertes d’un glacier continental ou calotte glacière (inlandsis), épais de plusieurs kilomètres, qui exerçait une pression sur la croûte terrestre. Quand le glacier a fondu, la pression a disparu et la croûte terrestre s’est donc élevée. Les chercheurs croient que l’élévation était de 75 mm/an pendant une période de 2000 ans, au fur et à mesure que le glacier fondait. Depuis que la calotte glacière a complètement disparu, l’élévation de la croûte terrestre a été de moins en moins importante, aujourd’hui, dans la région de Stockholm, d’environ quelques mm/an. Mais on prédit que cette élévation durera encore 10 000 ans. (En même temps, le réchauffement du climat cause une hausse du niveau de la mer, même en Scandinavie, ce qui relativise un peu l’élévation de la croûte terrestre.)

L’archipel de Stockholm est une des destinations favorites des Stockholmois et des touristes, surtout en été, mais il est aussi accessible une grande partie de l’hiver. Les bateaux à vapeur du début du siècle sont le moyen de transport le plus usité. On peut souvent y dîner si l’excursion est suffisamment longue. Je ne me suis pas encore trop aventurée dans l’archipel, mais j’ai l’expérience du site touristique par excellence, Vaxholm,  comme celle de l’île isolée et relativement peu peuplée, Landsort.

Ces bateaux ne voyagent pas seulement vers l’est, dans l’archipel de Stockholm, mais aussi vers l’ouest, dans le lac Mälaren. Dans ce sens-là, je vous recommande entre autre d’embarquer à destination des châteaux de Gripsholm et de Drottningholm ou de Birka, une des premières villes suédoises connues pour ces vestiges de l’époque viking. Pour Mariefred/Gripsholm et Birka, il s’agit d’une excursion d’une journée, aller-retour. Pour Drottningholm, on y est en une heure.

Pour en revenir à mon moment de lecture au soleil sur Strömkajen, je dois vous avouer que je n’ai pas lu autant que j’avais espéré, mais l’expérience n’en était pas moins désagréable pour autant. J’ai bien envie de faire quelques excursions dans l’archipel stockholmois cet été ! 🙂

Le mot de la semaine : « flygplats »

Mardi dernier, je quittai le bureau vers 14h pour me rendre à la gare centrale de Stockholm prendre le train de banlieue pour Märsta. Arrivée au terminus, je pris le bus 583 pour faire le dernier bout de chemin jusqu’à l’aéroport de Stockholm, Arlanda.

Mon « sambo » devait y atterrir vers 15h35 ; l’avion fut ponctuel, voire même un peu en avance. Une vingtaine de minutes plus tard, je le voyais (mon « sambo », pas l’avion) sortir par cette porte. Il ne me vit pas d’abord, car il ne savait pas que j’étais venue le chercher. Ce fut une surprise bien appréciée. 🙂

Pour rentrer sur Stockholm, nous avons pris la navette bus Arlanda-Stockholm puisque mon « sambo » avait déjà son billet de retour. Le bus mis malheureusement environ une heure à rentrer sur Stockholm à cause des embouteillages de fin d’après-midi. Nous étions à la maison avant 18h et pouvions enfin profiter de notre première soirée ensemble depuis bien longtemps – 6 semaines pour être exact.

« Flygplats » est composé de « flyg(a) » = vol, voler et de « plats » = place. C’est l’équivalent suédois du mot « aéroport ».

en flygplats [ène flugueplatse] = un aéroport

flygplatsen [flugueplatsène] = l’aéroport

flygplatser [flugueplatsère] = des aéroports

flygplatserna [flugueplatsèr(e)na] = les aéroports

Récapitulons les différents modes de transport pour se rendre du centre de Stockholm à Arlanda (ou l’inverse), du moins cher au plus cher:

  1. Train de banlieue + bus = 36 + 15 min. Ne coûte rien de plus si on est déjà en possession d’une carte SL périodique.
  2. Flygbussen (navette-bus) = 30 min sans arrêt, sinon 45 min. 99 kr l’aller (198 kr l’aller-retour) si on achète à l’avance en ligne ; 119 kr l’aller si on paye à bord du bus (attention ! seulement par carte). Risque de bouchons mais il y a, sur certains tronçons, des files réservées aux bus.
  3. Arlanda express (navette-train) = 20 min ! 240 kr l’aller ; 460 kr l’aller-retour. Bien pratique quand on est pressé ou qu’on décolle tôt d’Arlanda et qu’on ne veut pas avoir besoin de partir de chez soi au petit matin. Il y a souvent des offres en période de vacances estivales et autour de Noël.
  4. Enfin, le taxi met environ 30 min (voire moins) si ça roule bien et coûte presque 500 kr pour un aller. Risque de bouchons aux heures de pointes.

Le saviez-vous ? Arlanda est un aéroport silencieux. Cela veut dire que les informations sur les vols ne sont pas annoncées par les haut-parleurs de l’aéroport. Les voyageurs sont informés par des écrans sur la rangée d’enregistrement, les heures d’arrivées et de départs, la porte d’embarquement, la salle de récupération des bagages etc.

Le mot de la semaine : « vulkan »

Vous avez sûrement tous entendu parler de du volcan islandais Eyjafjöll qui en cours d’éruption depuis le 13 avril.

Mon « sambo » était parti pour Taiwan juste avant que le nuage de cendres s’étende au-dessus de l’Europe provoquant la fermeture de nombres d’aéroports. Un coup de chance … Et il s’agit vraiment de chance car on ne peut pas prévoir comment le nuage se déplace. Au moment de son départ depuis Taipei, l’aéroport d’Amsterdam, où mon sambo devait faire escale pour ensuite rentrer sur Stockholm, était fermé. Et il n’a donc pas pu partir …

Ma période de « gräsänka » ne touchait donc pas à sa fin comme je m’y attendais si impatiemment. La semaine passée a été terriblement longue car plongée dans l’incertitude. Il a été question d’un retour le 23 au soir, puis le 31 mai !!! J’ai cru que j’allais m’évanouir quand j’ai entendu cette date. La date actuelle est maintenant le 25 mai et je croise les doigts pour que le nuage de cendres ne revienne pas troubler l’espace aérien d’Amsterdam et de Stockholm dans les jours à venir.

Eyjafjöll est un terme islandais signifiant en français « montagnes des îles ». Il est composé de fjöll, pluriel de fjall, « montagne », et eyja, génitif pluriel de ey, « île ». Les îles en question sont vraisemblablement les îles Vestmann situées juste au sud-ouest et visibles depuis l’Eyjafjöll.

Dans l’alphabet phonétique international, Eyjafjöll se prononce [ˈɛɪjaˌfjǫɬ]

(Source : Wikipédia)

Pour la prononciation, je vous recommande la vidéo suivante : 🙂

Et si vous voulez en savoir plus sur le volcan, je vous conseille la lecture de deux articles sur Wikipédia : Eyjafjallajökull et Éruption de l’Eyjafjöll en 2010.

Pour ce qui est du mot de le semaine, il est facile à prononcer. 😉

en vulkan [ène vulkâne] = un volcan

vulkanen [vulkânène] = le volcan

vulkaner [vulkânère] = des volcans

vulkanerna [vulkânèr(e)na] = les volcans

Le mot de la semaine : « gräsänka »

Depuis bientôt cinq semaines, je mène la vie de célibataire. Mon « sambo » s’est découvert une passion pour Taïwan, il y a quelques années et c’est son deuxième séjour. L’an dernier, il y était resté environ trois semaines; cette année, cinq.

Et moi pendant ce temps ? Et bien j’en ai profité pour rencontrer mes amis un peu plus souvent que je n’ai l’habitude de le faire. Non pas que mon « sambo » m’en empêche, mais nous avons aussi des activités communes. Disons que du fait de son absence, j’ai eu pas mal de temps libre. C’est surtout les week-ends qui, quand je suis à la maison, m’ont paru longs et ennuyeux. Alors, j’essayais toujours de me trouver des activités.

Je suis allée au théâtre voir l’« Avare », j’ai rencontré mon cercle de lecture et discuté d’un roman de Janet Frame, j’ai participé à la Nuit de la Culture, j’ai revu l’exposition « Rubens & van Dyck », je suis allée au cinéma deux fois (« The Ghost Writer » et « Women without men »), j’ai rencontré des Français, je me suis essayée au flamenco, j’ai suivi mes collègues pour un after-work bien sympa avec cocktail en terrasse puis dîner dans un pub irlandais, j’ai participé à une soirée-tricot et j’en ai organisé une — ce vendredi, plus longue que d’habitude puisque la plupart faisait le pont de la Pentecôte. J’ai aussi fait des semis que j’ai aujourd’hui mis en pots sur le balcon.

Le côté négatif de la situation était de faire à manger pour moi tout seule, de dîner seule les soirs, quand j’étais à la maison, et de déjeuner aussi seule les samedis et dimanches matins. Aujourd’hui, j’ai retrouvé le plaisir de faire les courses de la semaine car je sais que la plupart des choses sera pour nous deux.

« Veuf, -ve d’un soir » en suédois se dit « gräsänkling » [grèssènkling] pour les hommes et « gräsänka » [grèssènka] pour les femmes (de « änkling/änka » = veuf/veuve). (N’oubliez pas le tréma sur le a- de « änka », sinon ça fait « anka » et cela veut dire canard.) J’ai été « gräsänka » pendant 35 soirs. Je n’ai pas besoin de vous dire avec quelle joie je vais accueillir mon « sambo » mardi … 🙂

en gräsänka [ène grèssènka] = une veuve du soir

gräsänkan [grèssènkane] = la veuve du soir

gräsänkor [grèssènkore] = des veuves du soir

gräsänkorna [grèssènkor(e)na] = les veuves du soir

Le mot de la semaine : « prova-på »

Le verbe « att prova » [ate prouva] signifie « essayer ».

L’expression « prova-på » [prouva pô] s’utilise souvent en suédois quand on veut parler d’une sorte d’introduction à un sport ou une activité. Au travail, nous avions par exemple organisé, dans le cadre de la prévention-santé, «prova-på qigong » et «prova-på yoga ». Après, c’est aux gens de voir s’ils veulent continuer de leur côté ou non. Ça évite par exemple de s’inscrire à quelque chose qui se révèle ne pas être ce qu’on croyait.

Personnellement, cela fait un moment que je voulais apprendre à danser le flamenco. En faisant une recherche sur internet pour des cours de flamenco, je suis tombée par hasard sur le site d’ABF qui proposait un cours « prova-på flamenco » ce week-end ! Deux heures samedi et dimanche. Je me suis inscrite, j’y suis allée et j’ai adoré !

C’est une très bonne idée ce genre d’activité : court mais intensif, ça donne une bonne image de ce qu’un cours entier peut impliquer. Et dans mon cas, je suis encore plus convaincue qu’avant d’essayer ! Le prof que nous avions aura des cours dès l’automne prochain, sous la régie d’ABF. Je vais donc guetter impatiemment le catalogue du programme d’automne.

En attendant, je peux essayer de répéter à la maison la chorégraphie qu’on a appris (la vidéo que vous pouvez voir sur cet article), écouter autant de musique flamenco que je veux grâce à Spotify et m’abîmer les yeux à regarder des vidéos de flamenco sur YouTube. (Vive internet !) 🙂

Si vous êtes intéréssés, voici quelques noms pour la musique flamenco :

  • Camarón de la Isla
  • Marina Heredia
  • José Mercé
  • El Bicho

… et quelques danseurs de flamenco :

Vous pouvez aussi regarder le film de Carlos Saura « Flamenco ».

Bilan

Le blog a un an ! 🙂

Un peu de statistiques

Il y a une cinquantaine de billets.

Le billet le plus lu est « Comment j’ai appris le suédois ».

14 % de mes chers lecteurs viennent visiblement du Forum Franco-suédois.

La fréquentation du blog n’a cessé d’augmenter depuis mai 2005, avec un pic au mois de mars.

Moteur de recherche

Voici les mots qui, ces deux derniers jours, ont mené à mon blog quand les gens ont utiliser un moteur de recherche tel que Google : « marche nordique », « apprendre la langue suédoise gratuit », « comment parler suédois », « container pour plantes », « hibiscus » (évidemment), « questionnaires test pour blog », « sac a papier pour particulier », « gastronomie suède », « trop plein+pot de fleur », « grammaire suedoise », « faire une petite repas ». De là, on peut en déduire que mes centre d’intérêts sont : la langue suédoise, le jardinage, la cuisine, un peu de sport et les questionnaires. C’est pas totalement faux ! 😉

Mon bilan à moi

Je sais pas vous, mais moi, je l’aime bien mon blog ! 🙂 Et depuis que j’ai un appareil-photo numérique, je trouve que ça lui donne une allure bien plus attrayante.

Il n’est pas rare que, sur la route du travail, quand je fais de la marche nordique ou autre chose, que je pense à ce que je vais raconter sur le blog, à d’éventuels nouveaux sujets. Je crois que plus on écrit, plus on a envie d’écrire, et je me sens inspirée assez souvent. De là à dire que je ne vis que pour mon blog, il y a quand même un grand pas. 😉

Pour finir, je tiens à remercier tous ceux qui prennent le temps de me lire et ceux qui postent des commentaires. 🙂

Je compte bien continuer cette aventure virtuelle et j’espère vous y rencontrer de temps en temps ! Vous savez où me trouvez de toutes manières ! 🙂

Commentaire de : Nickie – Le 6 mai 2006

Bravo à toi hibiscus.. et surtout bonne continuité! 😉

Commentaire de : Steph the cat – Crashlyon – Le 6 mai 2006

Joyeux anniversaire et longue vie à toin blog !!!! (et à toi aussi par la même occasion…)

Moi aussi je l’aime bien ton blog, et c’est vrai que c’est plus sympa avec des photos ! Alors bonne continuation,à bientôt et plein de rencontres virtuelles…

bises

=^.^=

Commentaire de : Yang – Le 6 mai 2006

Bon anniversaire ! 🙂

Ca ne m’étonne pas qu’on tombe sur toi en cherchant ”gastronomie suédoise” !

Ca ne fait pas si longtemps que ca que je connais ton blog, mais en tout cas pour moi c’est toujours une excellente occasion de se détendre ; et tu as toujours plein de choses intéressantes à raconter ! Continue ! 🙂

Commentaire de : gici – Le 6 mai 2006

toujours un plaisir de te lire

même sans cigarette lol

Commentaire de : isa – Le 6 mai 2006

Bon anniversaire à ton blog que le lis régulièrement !

Commentaire de : fouchepate – Le 7 mai 2006

happy birthday, en anglais car je ne connais pas le suédois!

Commentaire de : deline – Le 9 mai 2006

Et il faut faire un cadeau comme pour tous les autres anniversaires ??? 😛

J’ai quand même une remarque…plus de photos !!!! mais bon je sais que tu veux pas te montrer…alors…

Le mot de la semaine : « surdegsbröd »

Cela fait quelques années (quand même …) que je me dis que je devrais essayer de faire du pain au levain. Entre-temps, c’est devenu très à la mode, mais malgré le nombre d’articles et de livres publiés à ce sujet, je ne m’y mettais pas. Je crois que c’est le nombre d’étapes qui me retenait, et puis la peur de rater bien sûr : que faire avec un levain raté ?…

Je m’y suis finalement mise, en suivant bien les instructions d’une recette publiée dans un supplément du dimanche de Dagens Nyheter. J’avais pour l’occasion acheté un bocal en verre d’un litre. J’éxecutais soigneusement les différentes étapes :

  • 1er jour, matin : 60 g de farine de seigle et 120 g d’eau
  • 1er jour, soir : 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle
  • 2ème jour, matin : 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle – là, selon la recette, le levain aurait dû commencer à prendre, mais comme je n’en avais pas l’impression, j’y rajoutai aussi, selon les conseils de la recette, un peu de miel et je laissais le bocal à température ambiante une journée de plus.
  • 3ème jour, matin : 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle – je ne trouvais toujours pas que mon levain ”faisait des bulles”, mais je le mis quand même au frigo.

Quelques jours plus tard, je préparais une pâte à pain à partir d’une partie de mon levain, et je laissais le tout à température ambiante, espérant que cela aller lever pendant la nuit… Que nenni … 🙁 Je laissais la pâte lever une journée de plus … sans évolution … J’avais besoin de conseil et en attendant, je mis la pâte au frigo. Après avoir conféré avec l’ami d’une amie expert en levain, je me décidai à « tricher », c’est-à-dire à utiliser de la levure de boulanger. Je mis à lever à froid dans le frigo une nuit, et le lendemain matin – enfin ! – je pouvais remarquer que la pâte avait levé un peu.

Elle était trop collante pour pouvoir en faire deux boules de pain et j’y rajoutai donc de la farine. Je laissais lever quelques heures de plus. Je pouvais ensuite former deux boules, les faire lever une heure de plus, puis les enfourner et le faire cuire pendant une heure. L’utilisation d’une pierre réfractaire et de quelques glaçons en début de cuisson donna une belle croûte.

Je ne suis pas trop satisfaite de la texture de mon pain. Il se tient bien mais est très compact. Mais c’est peut-être comme cela que ça doit être. Ce n’est peut-être que le levain de farine de blé qui fait un pain plus aéré. Au goût, il est néanmoins tout à fait acceptable.

Il me reste bien évidemment du levain au frigo, que je m’applique à alimenter régulièrement de 60 g d’eau et 60 g de farine de seigle. Je vais définitivement continuer l’aventure du pain au levain en essayant d’autres recettes. Avec le temps, je devrais m’améliorer.

Le levain en suédois, c’est « surdeg » [suredègue], de « sur » = acide, aigre et « deg » = pâte (à pain). Le pain se dit « bröd » [breude]. Et le pain au levain, « surdegsbröd » [suredèguesbreude]. Le -s- entre les deux mots se prononce.

ett surdegsbröd [ète suredèguesbreude] = un pain au levain

surdegsbrödet [suredèguesbreudète] = le pain au levain

surdegsbröd [suredèguesbreude] = du/des pains au levain

surdegsbröden [suredèguesbreudène] = les pains au levain

Le mot de la semaine : « Kulturnatten »

Hier soir, c’était « Kulturnatten », la Nuit de la Culture. Pour seulement 150 kr, on avait accès à plein de musées, lieux de culture, théâtres, concerts, cinémas etc… de 18h à minuit. J’espère que c’est un événement qui deviendra annuel.

en natt [ène nate] = un nuit

natten [natène] = la nuit

nätter [nètère] = des nuits

nätterna [nètèr(e)na] = les nuits

Ce fut pour moi l’occasion de suivre une visite au Nationalmuseum sur le thème de l’érotisme dans l’art, de découvrir l’hôtel particulier Hallwyl, désormais musée, d’assister à un consert à l’Opéra Royal présentant différentes œuvres du répertoire actuel, et enfin d’entrer pour la première fois dans Stadshuset, l’hôtel de ville de Stockholm. C’était d’autant plus agréable que calme et vide des hordes de touristes qui y défilent chaque jour.

Stadshuset fut construit entre 1911 et 1923 d’après les plans de l’architecte Ragnar Östberg qui se laissa inspirer par la Renaissance italienne. Stockholm n’est pas la Venise du Nord pour rien ! 😉

Le bâtiment est organisé autour de deux ”piazza”, l’une constituant la cour intérieure avec une colonnade donnant sur le lac Mälar, l’autre formant « Blå hallen », le hall bleu … qui n’est pas bleu. Il était prévu de le peindre en bleu, mais l’architecte appréciait tant la couleur ocre des briques des murs, qu’il les laissa à nu. Mais le nom est resté. Personellement, j’aime beaucoup les différentes colonnes qui supportent les murs.

C’est cette salle qui est utilisée lors du banquet Nobel.

À l’étage, on trouve « Gyllene salen », la salle dorée … qui est vraiment dorée car ses murs sonts couverts du sol au plafond de mosaïque dorée. Le décor en mosaïque est dû à Einar Forseth : 18,6 millions de morceaux de verre dépeignent des épisodes de l’histoire de Suède. Sur le mur nord, on peut voir la reine du Mälar, symbole de Stockholm, qui tient dans ses mains un sceptre et une couronne. Sur les genoux, elle porte une représentation de Stadshuset.

Sur le mur sud sont présentés différents motifs de Stockholm tel que le port de Stockholm, l’ascenseur de Katarina et l’église de Riddarholmen. Au dessus de la porte, on peut voir une représentation de l’ancien palais royal Tre Kronor (= Trois couronnes). Si vous regardez bien juste sous le plafond, vous y verrez Saint Erik à cheval, sans tête … Ce n’est pas parce qu’on a rabaissé le plafond plus tard, mais parce qu’on avait mal calculé la hauteur du décor. Cela aurait coûté trop cher de refaire la mosaïque ou de réhausser le plafond, donc on laissa le décor tel quel. 🙂

C’est dans cette salle longue de 44 m qu’a lieu le bal après le banquet Nobel.

La Galerie du prince, le long de la façade sud et donnant sur le lac Mälar, est ornée d’une fresque peinte par prince Eugen, frère du roi Gustave V et artiste.

J’ai aussi beaucoup aimé le toit de la Salle du Conseil où le conseil municipal de Stockholm se rassemble toutes les trois semaines. La photo n’est malheureusement pas de la meilleure qualité…

Donner son sang

J’ai commencé à donner mon sang il y a bientôt deux ans maintenant.

Conditions pour pouvoir donner son sang

Pour donner son sang en Suède, il faut avoir entre 18 et 60 ans et peser au moins 50 kilos. Ils prennent 4,5 dl à chaque fois.

Formalités administratives

Je vais à Södertappen, à côté de la station de métro de Skanstull. J’y vais tous les 4 mois (c’est tout les 3 mois pour les hommes), quand je reçois une convocation me rappelant que je peux y retourner. À chaque fois, il faut remplir un formulaire où je certifie que je ne suis pas enceinte, ni sous traitement médicamenteux, que je n’ai pas changé de partenaire depuis la dernière fois etc …

Le don en lui-même

Puis je vais m’allonger sur une couchette, je tends mon bras droit, en l’occurrence, et pendant que l’infirmière prend ma tension, elle me demande mon « personnummer » (pour vérifier que je suis vraiment moi), si j’ai bien mangé dans la journée, si tout va bien. Elle sont bien sympa les infirmières, elles s’intéressent aux gens et pourtant on ne reste pas plus de 10 min.

Puis elle enfonce l’aiguille dans la veine (c’est le seul moment un peu désagréable, mais ça ne dure qu’un quart de seconde), me met une balle en mousse dans la main droite que je dois serrer de temps en temps pour accélerer la circulation du sang et me donne un jus de fruit à boire en attendant que le sac se remplisse de mon sang. Je suis toujours étonnée de la chaleur et de la couleur du sang. On voit souvent dans les films que c’est bien rouge, mais en fait c’est un peu plus foncé, presque bordeau, comme du vin ;-), mais plus épais évidemment. À la fin, elle me mets un pansement à l’endroit où elle a piqué l’aiguille, me recommande de ne pas me lever trop rapidement, et me donne des tablettes de fer, à prendre une fois par jour pendant 3 semaines.

« Fika » (ou collation)

Après avoir donner son sang, il est recommandé de prendre une petite collation. C’est gratuit. Il y a de quoi faire des tartines avec des petits pains, du beurre, du paté ou du jambon, du fromage et des crudités. Il y a une machine à café qui sert aussi du thé, du chocolat chaud ou de la soupe de myrtille (« blåbärssoppa » miam !). Et puis des petits gâteaux.

Cadeau

Pour remercier les donneurs du sang, on a droit à un petit cadeau. Ça peut être un t-shirt, une serviette éponge, un sac, un parapluie etc, à l’effigie de l’établissement du don du sang, ou un billet de loterie, des livres de poche, des produits de toilette ou encore des vases, des verres, des tasses. Je prend presque toujours une tasse, bleue marine, produite spécialement par Rörstrand pour les donneurs du sang (« blodgivare »), tirée de leur série « Swedish Grace ». La différence c’est que les « vraies » tasses Swedish Grace ont une anse. Moi, sincèrement, je les préfère sans, je trouve leur design plus élégant. Mais j’ai aussi pris une fois une tasse thermos, de la crème pour les mains et pour les lèvres.

Anecdote « bleu »

La première fois que j’ai donné mon sang, je suis allée faire des courses après et je suis rentrée à la maison en portant pas mal de sacs. Je me suis retrouvée avec un bleu énorme au bras qui de jour en jour est passé du bleu violet au vert jaune. Il a mis pas mal de temps à se résorber. C’était en été en plus et je n’osais pas mettre de t-shirt de peur que les gens croient que j’étais battue. :-S

Anecdote « dans les pommes »

Une autre fois, je devais retrouver mon sambo après le don du sang, pour nous rendre à une visite guidée du palais Wrangelska (où réside la cour de justice suédoise), dans Gamla stan (la Vieille ville). Nous étions un peu en retard et nous avons couru à peine une minute pour retrouver le groupe avec qui nous allions faire la visite. Heureusement que mon sambo et d’autres amis étaient à côté de moi, parce que tout d’un coup, j’ai senti que tout tournait autour de moi, les bruits se faisaient très lointains, et je ne sentais plus mes jambes. Une sensation très bizarre, mais pas vraiment effrayante. D’une certaine manière, je comprenais ce qui m’arrivait et que je n’aurais pas dû courir. Je ne crois pas avoir été inconsciente plus d’une minute. Je m’en suis remise assez vite et je pouvais suivre la visite, soutenue par mon sambo, quand même. J’ai eu les jambes en coton assez longtemps après, mais j’étais de bonne humeur. 🙂 C’était la première fois que je m’évanouissais.

Donc, morale de l’histoire : ne courrez jamais après avoir donner 4,5 dl de votre sang !

En France

Je viens de voir que les conditions sont un peu

différentes pour donner son sang en France. Plus d’informations ici.

Commentaire de : GDF – Le 18 mai 2006

donnez votre sang, vous sauverez des vies!!

Le mot de la semaine : « majblomman »

Au cours des deux dernières semaines d’avril, on peut voir des enfants porter une sacoche autour du cou remplie de broches décorées de fleurs bleu ciel en carton. C’est la « majblomman », la fleur de mai.

« Maj » [maille], c’est le mois de mai. Et « blomman », c’est la fleur.

en blomma [ène blouma] = une fleur

blomman [bloumane] = la fleur

blommor [bloumoure] = des fleurs

blommorna [bloumour(e)na] = les fleurs

« Majblomman » est une organisation qui œuvre contre la pauvreté des enfants suédois. Elle agit en fonction des demandes qu’elle reçoit et veille à ce que les lois soient appliquées pour le bien des enfants. Elle soutient aussi des projets de recherche qui traitent de la santé et des conditions de vie des enfants.

Voici quelques-uns des combats de « majblomman » :

  • les communes doivent suivre la loi scolaire et ne pas accepter de frais cachés à l’école,
  • les conseils généraux (qui en Suède se chargent surtout des questions de santé) doivent considérer le port de lunettes comme un traitement médical,
  • les communes doivent prendre leurs responsabilités envers les enfants même pendant les onzes semaines de vacances scolaires d’été.

La « majblomman » ne coûte que quelques dizaines de couronnes en fonction du modèle. Elle est vendue par les enfants eux-mêmes dans un but pédagogique : leur apprendre l’empathie envers leurs camarades d’école moins bien lotis.

Cette année, j’ai acheté la couronne de fleurs, pour 30 kr. Je l’ai épinglée sur mon nouveau manteau. Outre la bonne action, je trouve qu’elle est un signe de printemps supplémentaire. Et c’est indéniablement bon pour le moral ! 🙂