Un mois à Drottningholm

J’avais pensé écrire de temps en temps pendant ce mois de travail et vous raconter mes « aventures » au château, mais je n’ai jamais eu le temps. Les soirées passaient trop vite… Maintenant, je suis en vacances pour un mois, alors je vais essayer de rattraper le temps perdu !

Drottningholm, le retour

J’avais déjà travaillé l’été dernier au château de Drottningholm et c’était vraiment un plaisir d’y retourner cet été. L’ambiance entre collègues est vraiment sympa !

Je n’y travaillais qu’en juin, seulement, mais c’est le meilleur mois en fait. Avant l’invasion des touristes de juillet… Début juin, on avait des visites guidées publiques, toutes les heures, seulement les samedis et dimanches. En semaine, on avait déjà pas mal à faire avec les classes scolaires. Et puis à partir du 11 juin, c’était visite guidée publique, toutes les heures, tous les jours, mais encore assez calme. Pour plus d’informations (en anglais) et quelques images (en français).

Les guides employé(e)s (la plupart sont des femmes) par le château peuvent guider en suédois, en anglais, en allemand et en français. Il y a aussi pas mal de groupes qui viennent avec leur propre guide, ce qui est aussi bien, parce que pour guider en chinois ou en japonais, c’est dur dur … (Oui, je sais, je devais me mettre au japonais, mais je ne l’ai pas encore fait…  Je vais essayer de profiter de ce mois de vacances.)

Visites guidées publiques

Les visites guidées publiques sont en suédois et en anglais. On remarque rapidement une différence entre les deux sortes de groupes.

… En suédois

Les groupes suédophones sont bien souvent moins nombreux, mais surtout beaucoup plus distants. J’ai déjà parlé de la distance « réglementaire » d’au moins 60 cm entre deux personnes suédoises. Mais là, ils exagéraient : des fois, ils se mettent carrément de l’autre côté de la pièce, comme si j’avais une maladie contagieuse, et je peux vous dire que dans ce cas-là, il est difficile d’avoir un contact agréable avec les gens. D’autant plus qu’ils posent rarement des questions (alors que je les y encourage toujours, c’est plus sympa quand il y a une sorte de dialogue), sûrement parce qu’ils ont peur de poser des questions bêtes. (« Il n’y pas de questions bêtes ! » comme me disait une de mes profs de suédois.) Et même des fois, ils ne regardent pas en direction de ce qu’on montre, mais ils fixent le guide, comme si c’était le plus important…

… En anglais

Les groupes anglophones, au contraire, sont beaucoup plus variés, puisque ce ne sont pas que des Anglais ou des Américains, mais aussi des gens d’autres nationalités qui comprennent l’anglais. Ça peut être des Espagnols, des Hollandais, des Français etc… Là, la « règle » des 60 cm n’existe pas, et des fois ils peuvent être vraiment très (voire trop) près du guide ! 😉 Et puis ils sont souvent plus joyeux, plus communicatifs, rigolent à nos petites pointes d’humour. (Vous pouvez pas savoir à quel point on se sent ridicule quand on raconte quelque chose rigolo et que personne ne réagit, pas même un peu petit sourire…) Ce n’est pas un cours dans un amphi qu’on tient, on essaye seulement de faire découvrir aux touristes ce qui est intéressant à savoir sur le château, et ce de manière détendue.

Visites guidées réservées

Et puis il y a les groupes qui ont réservés une visite guidée, dans les quatre langues citées plus haut. Ce sont des groupes en général sympa, puisqu’ils se connaissent déjà, ils ne sont pas mal à l’aise dans ce groupe (comme s’ils étaient parmi 20 autres étrangers).

… Les Français

Les groupes français que j’ai eu cette année étaient très sympa ! Ils appréciaient beaucoup le château (pas comme un groupe l’an dernier qui, entre deux salles, sort : « C’est quand même bien entretenu par ici ! »  Et pourquoi ça ne le serait pas ???) et étaient ravis de bénéficier d’une visite guidée en français. Ce sont même eux qui m’ont donné le plus des pourboires ! 🙂

Des fois, ils étaient vraiment très très proches de moi… C’est là que je me rends compte que je me suis quand même bien adaptée à la société suédoise ! 😉

… Les Américains

Les Américains sont faciles à satisfaire, puisqu’ils trouvent que tout est tellement magnifique, et fabuleux etc… « Gorgeous », c’est pratiquement le seul mot qu’ils ont à la bouche ! Et puis cette année, j’ai eu pas mal de questions en ce qui concerne l’authenticité des meubles et des peintures exposés. « Is it original or restaured? » C’est un peu difficile de répondre, parce que ça peut être original mais restauré par endroits, alors je me demande ce qu’ils veulent dire par « restaured ». Je crois qu’on n’a pas vraiment les même notions dans ce domaine-là.

« Est-ce que c’est original ? »

À propos d’original, une anecdote de l’année passée : un touriste tapotait du doigt une des peintures du XVIIème siècle, un garde arrive de suite pour lui dire qu’il ne faut pas toucher, et le touriste de répondre (je ne me souviens plus dans quelle langue) : « Je voulais seulement vérifier que c’était une vraie toile ! ». Quoi ? Il s’imaginait peut-être que c’était une affiche ??? Des fois, on se demande vraiment quelles habitudes muséales les touristes ont…

Anecdote de cette année : des Espagnoles sont venues se plaindre à l’une de nos guides (qui parle espagnol) pour lui dire qu’elles trouvaient que le château était moche et que rien n’était original, que c’était à la limite du scandale … Elles venaient de St-Pétersbourg, et là, ça avait l’air d’être autre chose, et à Versailles aussi … Oui, pour quelque chose qui est complètement rénové et redoré, évidemment, ça en met plein la vue … Mais la Suède a eu la chance de ne pas subir de révolutions destructrices pour les arts et tout est vraiment original, donc un peu vieilli, donc moins doré …

Les touristes italiens

Les touristes qui m’énervent le plus … désolée … ce sont les Italiens. Quoique les Allemands n’étaient pas mal cette année, non plus. On dirait qu’ils se sont dévergondés depuis l’an dernier. Les Italiens et les Allemands étaient les spécialistes « d’ouverture de fenêtre ». Il faut bien ouvrir les fenêtres de temps en temps dans ce château du XVIIème siècle, sinon on crèverait de chaud, mais à cause du vent et des oiseaux qui pourraient rentrer, on les ouvre à l’espagnolette. Eh bien, non il faut toujours que ces touristes-là les ouvrent tout grand, même les fenêtres qui sont complètement fermées !!! On accoure pour les fermer aussitôt, et dès qu’on a tourné le dos, ils les rouvrent ! Si c’est pas du culot ça ?

Les touristes japonais

Les touristes que je préfèrent sont les Japonais (quoique les Chinois arrivent de plus en plus aussi et ils sont du même genre que les Japonais). Les Japonais sont toujours bien organisés, bien disciplinés et aimables. Ils arrivent en grands groupes, « armés » de leurs appareils ou caméras – désormais numériques –, mais ne les utilisent jamais à l’intérieur, parce qu’ils savent que c’est interdit. Ils ont toujours des petits sacs en bandoulière, pour ne pas perdre de temps à les laisser et les récupérer au vestiaire (il faut laisser les grands sacs), comme ça il sont rapidement de retour dans leur bus pour la prochaine visite. Avec mes collègues, on s’est souvent demandé ce que les Japonais et les Chinois pensent et se souviennent de « notre » château. Ils font en général le tour de l’Europe en une ou deux semaines, tout doit se mélanger dans leurs têtes…

De « vieilles bonnes femmes » …

Une anecdote très spéciale concernant les Japonais. Un groupe d’hommes japonais débarque à la boutique de souvenirs, accompagné de leur guide japonaise-suédoise, qui se plaint, en suédois, aux caissières, de leur comportement. Ils ne font que se plaindre que le château n’est pas beau et que les femmes qui y travaillent sont des « vieilles bonnes femmes » !!! On est en moyenne aux alentours de 25—30 ans, mais visiblement, au Japon, ils sont habitués à voir des jeunes et jolies filles de moins de 20 ans qui les accueillent avec leur plus beau sourire. Rien que pour ça, ils ont refusé d’acheter quoique ce soit dans la boutique. Et pourtant, la guide a essayé de leur expliquer que c’est une autre culture ici, et qu’on est qualifié (parfois trop … mais c’est un autre problème) pour faire ce boulot. Mais rien n’y a fait…

Au début, ça nous a choqué cette histoire, parce que ça en dit quand même pas mal sur la situation de la femme au Japon. Et puis on n’aime quand même pas se faire traiter de « vieilles bonnes femmes » ! 😉 Mais maintenant, je préfère en rire. Ce n’était le cas que d’un seul groupe de Japonais ; en comparaison avec tous les autres qui nous rendent visite, c’est une goutte d’eau dans l’océan.

Commentaire de : Deline

Le 5 juillet 2005

C’est marrant…on s’est amusé au chateau de Versailles l’autre jour en regardant les groupes de touristes…alors moi je peux te dire que les japonais ils savent peut etre que les photos sont interdites mais ils se genent pas. et les pire c’etait les gens (pas forcement japonais) qui prenait les panneaux d’explication dans la galeries des glaces pour des bancs alors qu’on etait en train de les lire…qu’est ce que tu veux leur dire ?? on devait etre 3 a parler francais dans tout le chateau ! par contre, les gens qui fixent leur guides ca on a vu…on a mm bien rigolé…on a mm subtilisé leurs guides de temps en temps en tendant l’oreille 🙂

ouh c pas bien !!! ben oui mais comme ca on a revisé notre anglais, notre espagnol et notre…francais !

Commentaire de : p110257r

Le 7 juillet 2005

Je n’ai jamais trop aimé les visites ”guidées” lorsque je voyage. Les seules fois où je les ”subis” (c’est pas une critique) c’est lorsque c’est ”obligatoire”.

J’aime bien me retrouver seul (avec mon épouse bien sur) lors d’une visite, et alors je me mets à rêvasser et à imaginer ce que devait être la vie des ”gens” de l’époque. C’est juste mon avis mais je trouve que les visites guidée se font suivant un ”timing” et j’ai l’impression lorsque je sors d’avoir visité l’endroit ”au pas de charge” (Il faudra que je pense à remercier l’inventeur des guillements).

Par exemple à Varberg, lorsque je me retrouve devant les restes de ”Bockstensmannen” et que je regarde ce qu’il portait, je m’arrête au détails, comme l’assemblage des vêtements ou des chaussures, et je m’imagine  celui/celle qui les as assemblé.

Idem pour le mobilier etc …

Le pire que j’ai observé lors de mes périgrination c’est un groupe de francophones (mais à l’accent des français, soit de Paris soit du nord de la France mais je ne suis pas assez expert que pour les placer sur la moitié nord de la France) qui suivaient un groupe guidé suédois/anglais et qui ne se privaient pas de faire des remarques désobligeantes sur l’endroit et sur la pauvre guide. J’avais l’impression qu’elle comprenait mais n’a pas (osé ?) réagir. Avec le recul je me dis que j’aurais du le faire.

Et pour les suédois qui se tenaient de l’autre côté de la pièce comme si tu étais atteinte d’une maladie contagieuse, eh ben oui, tu parles avec un accent, quelle horreur ! J’ai connu ça, mais dans lautre sens. Ce serait trop long à expliquer ici.

Commentaire de : nadou

Le 10 juillet 2005

Ciao!

Je n’ai jamais été une fana des visites guidées. Au château de Turku, les visites guidées sont principalement en Finnois, en Suèdois et en Anglais. On peut réserver un guide pour une visite familiale, aussi.

Comme il se passe toujours quelquechose au château, chacun trouve son bonheur.

Mon légitime a visité le Musée de l’Ermitage, à Saint Petersbourg et en a gardé un souvenir émerveillé. C’est l’un des endroits que je visiterais bien!

Amicalement,

Nadine

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